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Category:

Afrique

À la UneAfrique

La CIRGL face à ses contradictions : le ministre Anzuluni sonne l’alerte

by admin9775 11 novembre 2025
written by admin9775

La 20e réunion de la CIRGL s’est ouverte à Kinshasa sur un constat sévère et un appel à la lucidité. Présidant les travaux, le ministre congolais de l’Intégration régionale, Floribert Anzuluni, a tiré la sonnette d’alarme : l’organisation doit se réformer ou risquer l’obsolescence.

Dans un discours sans concession, le ministre a dénoncé pêle-mêle les « prolongations irrégulières des mandats » et la faible gouvernance du Secrétariat exécutif. Derrière les termes diplomatiques se cache une critique acerbe d’une machine bureaucratique qui semble fonctionner en déconnexion des réalités brûlantes du terrain.

Alors que la région saigne de conflits armés, de pillage de ses ressources et de violations de souveraineté, la RDC, en tant qu’hôte, rappelle à l’institution ses engagements fondateurs. Le message est clair : il est temps que la CIRGL passe des discours aux actes. L’avertissement solennel du ministre – « L’histoire interrogera les efforts fournis » – résonne comme un ultimatum avant le sommet des chefs d’État.

Par Pascal Kabeya
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À la UneAfrique

Samia Suluhu Hassan réélue présidente de Tanzanie avec 97,66 % des voix dans un scrutin contesté

by admin9775 1 novembre 2025
written by admin9775

Dar es-Salaam, 1er novembre 2025 – La présidente sortante tanzanienne Samia Suluhu Hassan a été réélue samedi avec un score écrasant de 97,66 % des voix, selon les résultats définitifs annoncés par la commission électorale. Cependant, ce plébiscite officiel est assombri par de graves accusations de violences et de répression de l’opposition.

Un résultat qui laisse « songeur »

Le président de la commission électorale a déclaré à la télévision publique : « Je déclare Samia Suluhu Hassan présidente élue de la République-Unie de Tanzanie, avec le parti CCM [Parti de la révolution]. » Ce score quasi-unanime intervient dans un contexte où les deux principaux adversaires de la présidente sortante étaient soit disqualifiés, soit emprisonnés.

Des violences électorales meurtrières

L’opposition tanzanienne a fait état d’un lourd bilan humain. John Kitoka, porte-parole du parti d’opposition Chadema – exclu des élections et ayant appelé au boycott – a affirmé : « Au moment où nous parlons, le nombre de morts à Dar [es-Salaam] est d’environ 350 et il y en a plus de 200 à Mwanza [nord du pays]. Si l’on ajoute les chiffres des autres endroits dans le pays, on arrive à un total d’environ 700 morts. »

Déni du gouvernement et inquiétude internationale

Le ministre des Affaires étrangères tanzanien, Mahmoud Thabit Kombo, a contesté ces accusations sur Al-Jazira : « Il n’y a eu aucun usage excessif de la force. Nous n’avons encore aucun chiffre pour aucune victime dans le pays. »

Face à cette situation, le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, s’est dit « très inquiet » et a demandé vendredi une « enquête minutieuse et impartiale sur les accusations d’utilisation excessive de la force », appelant toutes les parties à la « retenue ».

Contexte politique tendu

Samia Suluhu Hassan est présidente de la Tanzanie depuis la mort de son prédécesseur John Magufuli en 2021. Si son action d’assouplissement des restrictions de ce dernier avait d’abord été saluée, elle a ensuite été accusée de mener une répression contre l’opposition.

Le scrutin s’est déroulé dans un climat de tensions, avec des coupures d’internet et une faible affluence rapportée dans les bureaux de vote, la contestation s’étant propagée à travers le pays de 68 millions d’habitants.

Cette réélection, bien que massive selon les résultats officiels, place Samia Suluhu Hassan devant d’importants défis de légitimité et de réconciliation nationale, dans un pays où les divisions politiques semblent s’être accentuées durant ce processus électoral.

Par Pascal Kabeya
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À la UneAfrique

Sahara occidental: le Conseil de sécurité de l’ONU apporte son soutien au plan marocain

by admin9775 31 octobre 2025
written by admin9775

Le Conseil de sécurité de l’ONU a apporté vendredi son soutien au plan marocain d’autonomie du Sahara occidental. Malgré l’opposition de l’Algérie – qui a refusé de participer au vote –, ce plan a été estimé comme la solution « la plus réalisable » pour le territoire disputé.

À l’initiative des États-Unis de Donald Trump, le Conseil de sécurité de l’ONU a apporté, vendredi 31 octobre, son soutien au plan marocain d’autonomie du Sahara occidental, qu’il estime être la solution « la plus réalisable » pour le territoire disputé, malgré l’hostilité de l’Algérie – une décision saluée comme un « changement historique » par le roi Mohammed VI.

« Nous ouvrons un nouveau chapitre victorieux dans le processus de consécration de la marocanité du Sahara, destiné à clore définitivement ce dossier », a affirmé le souverain marocain dans un discours, lors duquel il a fait part de son « immense fierté ».

Le Sahara occidental, colonie espagnole jusqu’en 1975, est contrôlé en majeure partie par le Maroc mais considéré comme un territoire non autonome par les Nations unies. Un conflit y oppose Rabat aux indépendantistes du Front Polisario, soutenus par l’Algérie.

Jusqu’alors, le Conseil de sécurité pressait le Maroc, le Polisario, l’Algérie et la Mauritanie de reprendre des négociations – interrompues depuis 2019 – pour parvenir à une « solution politique réalisable, durable et mutuellement acceptable ».

Mais à l’initiative des Américains, en charge de ce dossier au Conseil, la résolution adoptée par 11 voix pour, aucune contre et trois abstentions – l’Algérie ayant refusé de participer au vote – prend position pour le plan présenté par Rabat en 2007 : une autonomie sous souveraineté marocaine pour ce vaste territoire désertique, riche en phosphate et aux eaux poissonneuses.

Le texte note le « soutien exprimé par de nombreux États membres » au plan marocain et estime qu' »une véritable autonomie sous souveraineté marocaine pourrait représenter la solution la plus réalisable ».

Dans ce contexte, il appelle le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres et son émissaire sur ce dossier, Staffan de Mistura, à mener des négociations « sur la base » de ce plan pour parvenir à un accord mutuellement acceptable.

Le Front Polisario veut un référendum

« Mon pays n’a pas participé au vote sur ce projet de résolution. Par cette absence et en toute responsabilité, l’Algérie a tenu à illustrer sa prise de distance avec un texte qui ne reflète pas fidèlement, qui ne reflète pas suffisamment la doctrine onusienne en matière de décolonisation », a réagi l’ambassadeur algérien Amar Bendjama.

« Le texte est en deçà des attentes et des aspirations légitimes du peuple du Sahara occidental représenté par le Front Polisario », qui « depuis plus de 50 ans résiste pour avoir, lui seul, son mot à dire sur son propre destin », a-t-il ajouté.

Le ministre des Affaires étrangères du Polisario, Mohamed Yeslem Beissat, a récemment indiqué à l’AFP que le mouvement indépendantiste serait prêt à accepter ce plan, mais uniquement si la population sahraouie le validait par référendum.

L’Algérie, en revanche, s’est toujours opposée à cette idée.

Alger a regretté en avril la réaffirmation par Washington de son soutien à Rabat. Et ses relations avec Paris sont au plus bas depuis l’été 2024 et la reconnaissance par la France du plan marocain.

« Plus de détails »

Après l’annonce spectaculaire en 2020 par Donald Trump du soutien américain à cette proposition en échange d’une normalisation de ses relations avec Israël, le Maroc a obtenu successivement l’appui d’une série de pays, dont l’Espagne, la France, l’Allemagne et le Royaume-Uni.

Lors d’une réunion à huis clos du Conseil de sécurité début octobre, Staffan de Mistura, saluant les « efforts diplomatiques » américains sur ce conflit, avait répété ses inquiétudes sur le « flou » du plan marocain, selon le texte de son discours vu par l’AFP.

« Il est désormais crucial que le Maroc donne plus de détails et développe sa proposition », y compris concernant le « principe d’autodétermination » du peuple sahraoui, avait-il insisté.

La résolution adoptée vendredi prolonge d’autre part d’un an la mission de maintien de la paix de l’ONU au Sahara occidental (Minurso).

Une précédente version du texte vue par l’AFP prévoyait seulement six mois d’extension mais la version votée prolonge finalement la mission pour un an, demandant toutefois au secrétaire général d’en réaliser d’ici six mois une « évaluation stratégique ».

AFP

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À la UneAfrique

Soudan: les armes émiriennes, facteur décisif dans la chute d’El-Fasher

by admin9775 29 octobre 2025
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Le Wall Street Journal s’appuie sur plusieurs agences de renseignement américaines pour affirmer que les Émirats arabes unis avaient accéléré cette année leurs fournitures d’armes aux Forces de soutien rapide (FSR) au Soudan, pays sous embargo international en ce qui concerne les livraisons d’armes. 

Selon le journal américain, Abou Dhabi a livré des drones chinois sophistiqués « à une importante milice soudanaise », renforçant ainsi « un groupe accusé de génocide et jetant de l’huile sur le feu dans un conflit qui a créé l’une des pires crises humanitaires au monde ».

Des armes livrées par les Émirats arabes unis

Selon d’autres informations fondées sur le renseignement soudanais, et qui vont dans le même sens que les affirmations du journal américain, 52 vols cargo ont transmis du matériel militaire vers l’Est et le Sud libyens, dirigés par le maréchal Khalifa Haftar, allié des Émirats, entre le 2 et le 27 octobre. Ces armes ont été acheminées ensuite par voie terrestre, vers le Darfour, comme depuis le début de la guerre.

Ces vols partaient de l’aéroport de Bosaso en Somalie ou d’aéroports aux Émirats. Il s’agit d’appareils cargos de transport militaire : des Ilyushin II-76 ou des Boeing 747. Ces avions dépendent d’Abou Dhabi ou de Khalifa Haftar. Ils atterrissent à la base el-Khadem à Benghazi ou à al-Koufra dans le Sud-Est libyen.

Libya Osint a récemment repéré cinq avions-cargos à l’aéroport militaire d’al-Koufra, non loin de là, où il y a un camp de ravitaillement et de repos pour les FSR. Ce camp a été investi la semaine dernière par les combattants de l’ANL. Quant aux drones, il s’agit, selon nos informations, de la marque chinoise Sunflower, dont la portée pourrait atteindre 2 000 kilomètres. Ce sont ces mêmes drones qui ont visé la semaine dernière l’aéroport de Khartoum le 23 octobre, un jour avant sa réouverture.

La Libye pointée du doigt

Depuis la chute d’El-Fasher, plusieurs sources au Soudan pointent du doigt la Libye, affirmant que les drones qui ont frappé la localité venait de l’extérieur du pays. L’observateur soudanais Machad affirme que sept des drones qui ont visé El-Fasher le 26 octobre, ont été lancés depuis la Libye.

Par ailleurs, à plusieurs reprises, des véhicules militaires Spartan 2-Mav fabriqués aux Émirats ont été vues sur le terrain au Kordofan et au Darfour. Certains sont passés lors des combats aux mains de l’armée régulière lors des combats. D’autres types d’armes sophistiqués venant d’Abou Dhabi ont été détruits autour d’El-Fasher et de Nyala, comme les systèmes de défense et antiaérien et les systèmes de brouillage.

Un rapport récent exposé devant l’ONU a démontré que des armes britanniques et des moteurs de véhicules militaires exportés par Abu Dhabi ont été utilisées par sur les tanks Nemr fabriqués aux Émirats et retrouvés sur le terrain en Libye. L’information a été révélée dans le quotidien The Guardian.

RFI

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À la UneAfrique

Vincent Karega, ancien expulsé de RDC, devient ambassadeur du Rwanda en Algérie

by admin9775 29 octobre 2025
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Alger, 29 octobre 2025 – Le diplomate rwandais Vincent Karega, persona non grata en République démocratique du Congo en 2022, fait son retour sur la scène internationale. Ce mardi, il a présenté ses lettres de créance au président algérien Abdelmadjid Tebboune, devenant ainsi le premier ambassadeur résident du Rwanda en Algérie.

Une nomination symbolique

Dans un message publié sur son compte officiel, Vincent Karega a déclaré : « Je suis honoré de présenter officiellement au président Tebboune d’Algérie mes lettres de créance en tant que premier ambassadeur rwandais résident. Le Rwanda et l’Algérie sont déterminés à élever nos relations bilatérales et continentales au plus haut niveau. »

Un parcours diplomatique mouvementé

Cette nomination marque un rebond dans la carrière de ce diplomate expérimenté :

  • 2022 : Expulsé de RDC où il était accusé de tenir des propos « arrogants » face à la crise sécuritaire dans l’Est du Congo
  • 2023 : Sa demande d’accréditation rejetée par la Belgique
  • 2025 : Retour en grâce avec cette nomination stratégique en Afrique du Nord

Repositionnement diplomatique

Cette affectation semble indiquer que Kigali souhaite repositionner cet ambassadeur chevronné au cœur de ses relations avec l’Afrique du Nord, une région stratégique pour la diplomatie rwandaise. Le choix d’Alger comme nouvelle destination représente un défi important pour Karega, mais aussi une opportunité de redorer son blason diplomatique.

Un signal fort de Kigali

La nomination de Vincent Karega en Algérie peut être interprétée comme un signal de la part du Rwanda :

  • Confiance maintenue envers un diplomate controversé
  • Volonté de renforcer les relations avec le Maghreb
  • Démontrer que les critiques internationales n’affectent pas ses choix diplomatiques

Cette nouvelle affectation place Vincent Karega au cœur des enjeux de diplomatie continentale, dans un contexte où les relations entre le Rwanda et plusieurs pays africains restent tendues, notamment avec la RDC voisine.

Par Marius Bopenga
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À la UneAfrique

Soudan: le général al-Burhan reconnaît que l’armée s’est retirée d’El-Fasher

by admin9775 28 octobre 2025
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Le général al-Burhan a reconnu lundi que l’armée « s’est retirée » d’El-Fasher, son dernier bastion, dans l’ouest du pays. Il s’agit de la première prise de parole du chef de l’armée depuis l’annonce, dimanche par les paramilitaires, de leur victoire dans cette ville du Darfour du Nord hautement stratégique. Dimanche 26 octobre, dans un communiqué sur le réseau de messagerie Telegram, les paramilitaires FSR du général Hemedti avaient revendiqué la ville, qui était assiégée depuis 18 mois. L’ONU met en garde contre des « atrocités » à motivation ethnique et Antonio Guterres appelle les pays qui « fournissent des armes aux belligérants d’y mettre un terme ». 

Le chef de l’armée soudanaise, le général Abdel Fattah al-Burhan a reconnu lundi 27 octobre que « l’armée s’est retirée d’El-Fasher » au lendemain de l’annonce de la prise de la ville par les paramilitaires des Forces de soutien rapide (FSR) que ses troupes combattent depuis avril 2023.

« Nous avons accepté le retrait de l’armée d’El-Fasher vers un lieu plus sûr », a déclaré le général al-Burhan dans un discours diffusé à la télévision nationale, en affirmant que son camp « se vengera » et se battra « jusqu’à purifier cette terre ».

Depuis les premières heures de ce lundi, sur Telegram, les FSR ont posté des vidéos de leurs soldats posant devant le quartier général de la sixième division d’infanterie de l’armée, abandonnée dimanche par ses soldats. Sur le réseau social X, le gouverneur du Darfour, nommé par l’Alliance Tasis – l’alliance loyale aux FSR qui a formé un gouvernement parallèle à celui de Port-Soudan cette année –, se réjouit de la « libération d’El-Fasher ».

L’armée était d’abord restée silencieuse, avant la reconnaissance ce soir par le général al-Burhan de la chute de El-Fasher. Le ministre de l’Information avait publié un communiqué lundi matin, pour louer la « détermination » des soldats soudanais qui continuaient de « repousser » l’offensive des FSR sur El-Fasher. Les comités civils de résistance, quant à eux, assuraient que la ville ne se rendrait pas aux paramilitaires.

Le gouverneur du Darfour du Nord appelle à « la protection des civils »

Quoi qu’il en soit, la situation humanitaire risque encore de se dégrader. Après 18 mois de siège dans une situation de famine, la population d’El-Fasher se retrouve au cœur des combats. Mini Minawi, le gouverneur du Darfour du Nord, nommé par l’armée, demande sur son compte X, « la protection des civils », ce que les FSR ont promis d’assurer dans leur dernier communiqué.

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D’après l’ONG Solidarités International, quatre camions des FSR sont arrivés dimanche soir à Tawila, à soixante kilomètres d’El-Fasher, transportant entre 200 et 400 personnes. Ces déplacés se trouvent dans un état de santé grave, ils sont malnutris et déshydratés. Depuis avril, plus d’un demi-million de déplacés ont rejoint Tawila.

L’ONU déplore une « terrible escalade du conflit »

La situation humanitaire au Darfour inquiète le chef de l’ONU qui déplore une « terrible escalade du conflit » et les appels internationaux se multiplient pour permettre un accès humanitaire aux civils qui cherchent à quitter la ville…

« Cela représente une terrible escalade du conflit », a réagi ce lundi Antonio Guterres en réponse à une question de l’AFP lors d’une conférence de presse à Kuala Lumpur, la capitale malaisienne.

Antonio Guterres appelle les pays qui fournissent des armes aux belligérants d’y mettre un terme : « Je pense qu’il est grand temps que la communauté internationale dise clairement à tous les pays qui interviennent dans cette guerre et qui fournissent des armes aux belligérants d’y mettre un terme. Car le niveau de souffrance que nous constatons au Soudan est insupportable », a-t-il souligné.

Le chef des opérations humanitaires de l’ONU, Tom Fletcher, a demandé un passage sûr pour les civils alors que les voies d’évacuation sont coupées : « Des centaines de milliers de civils sont piégés et terrifiés – bombardés, affamés, et sans accès à la nourriture, aux soins ou à la sécurité », a-t-il déclaré. De leur côté, le réseau des médecins du Soudan a dénoncé une nouvelle fois les exactions qui touchent le corps médical à El-Fasher. 

« Risque de violations et d’atrocités à grande échelle motivées par des raisons ethniques »

Le Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l’homme, Volker Türk, a averti lundi que la ville d’El-Fasher était dans une « situation extrêmement précaire », avec un risque croissant de « violations et d’atrocités motivées par des raisons ethniques ».

« Le risque de violations et d’atrocités à grande échelle motivées par des raisons ethniques à El-Fasher augmente chaque jour », a déclaré Volker Türk dans un communiqué, appelant à « une action urgente et concrète (…) pour garantir la protection des civils à El-Fasher et un passage sûr pour ceux qui tentent de rejoindre un lieu relativement sûr ».

Le seul hôpital de El-Fasher bombardé dimanche

L’inquiétude est d’autant plus forte que le seul hôpital qui fonctionne encore à El-Fasher a été bombardé dimanche. « Un crime de guerre », dénonce auprès de RFI par Tasneem al-Amin, l’une des porte-paroles du réseau des médecins du Soudan.

Ce bombardement a entraîné la mort d’un membre du cadre médical et a blessé trois autres. Cela s’inscrit dans la continuité d’une série d’attaques perpétrées par les Forces de soutien rapide contre les civils et les secteurs de la santé au Darfour. Cibler des hôpitaux et des établissements de santé constitue un crime de guerre et une violation flagrante du droit international humanitaire. Le réseau appelle la communauté internationale à prendre des mesures immédiates et urgentes pour protéger les civils d’El-Fasher, soumis depuis hier [dimanche] à des bombardements intenses de missiles guidés de tous types. Nous appelons également l’Organisation mondiale de la Santé à assurer sa responsabilité de protéger les installations médicales et le personnel soignant, devenu la cible directe des attaques répétées des Forces de soutien rapide.

Tasneem al-Amin, porte-parole du réseau des médecins du Soudan (Sudan Doctors Network)Houda Ibrahim

Le directeur général de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a dénoncé lundi une attaque ayant visé le seul hôpital encore partiellement opérationnel de la ville appelant à la fin immédiate des hostilités. La maternité de l’hôpital saoudien « a été de nouveau attaquée hier. Selon certaines informations, une infirmière a perdu la vie et trois autres soignants ont été blessés », a déclaré Tedros Adhanom Ghebreyesus sur X, déplorant qu’une coupure de communication « nous empêche de vérifier l’évolution de la situation à l’hôpital et dans ses environs ».

RFI

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À la UneAfrique

Présidentielle en Côte d’Ivoire: Alassane Ouattara largement vainqueur, selon les résultats provisoires

by admin9775 28 octobre 2025
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Alassane Ouattara, qui dirige la Côte d’Ivoire depuis 2011, est donné très large vainqueur de la présidentielle du 25 octobre 2025 avec 89,77 % des voix, selon des résultats globaux provisoires communiqués par la Commission électorale indépendante (CEI) ce 27 octobre. Le Conseil constitutionnel prononcera les résultats définitifs après une période de contentieux électoral.

« Alassane Ouattara, 89,77 % ! » Et le président de la Commission électorale indépendante (CEI) annonça « le coup KO » du chef de l’État au premier tour de la présidentielle ivoirienne 2025. Même s’il s’agit encore de résultats non définitifs, celui qui dirige la Côte d’Ivoire depuis 2011 fonce vers un quatrième mandat à la tête du pays, après ses réélections en 2015 et en 2020. Ce lundi, la CEI a en effet indiqué qu’Alassane Ouattara, 83 ans, devance très largement ses quatre adversaires : Simone Ehivet du Mouvement des générations capables (2,42 %), Jean-Louis Billon du Congrès démocratique (3,09 %), l’indépendant Ahoua Don Mello (1,97 %), et Henriette Lagou du Groupement des partis politiques pour la paix (1,15 %).

Un peu plus tôt, dimanche soir, Jean-Louis Billon avait déjà adressé à Alassane Ouattara « [s]es félicitations pour sa réélection »  Commission électorale indépendante. Il arrive en tête avec 89,77 % des voix. Parmi ses adversaires, Jean-Louis Billon a reconnu sa défaite avant même la fin de la proclamation des résultats, tout en affirmant que « le processus n’a pas été exempt d’irrégularités » et pointant « un très faible taux de participation, particulièrement dans certaines régions ».

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Très largement en tête dans toutes les circonscriptions

Par rapport à la précédente présidentielle, en 2020, Alassane Ouattara fait légèrement moins bien (95,31 % il y a cinq ans) et mieux qu’en 2015 (83,66 %). Ses scores frôlent les 100% dans plusieurs départements du nord du pays, comme celui de Kani (99,68 % des voix avec 99,08 % de participation). Et il est arrivé très largement en tête dans absolument toutes les circonscriptions (départements, communes, centres de vote à l’étranger).

Ces 89%, c’est l’énergie des jeunes qui ont soutenu le président et qui l’ont fait asseoir aujourd’hui sur le trône de la Côte d’Ivoire.

Au quartier général du RHDP, les soutiens d’Alassane Ouattara affichent leur satisfactionBineta Diagne

Le taux de participation, lui, est en légère baisse, selon ces chiffres officiels – 50,10 % contre 53,90 % en 2020 et 52,86 % en 2015 – avec des scores parfois très faibles selon les zones géographiques, comme dans le département de Gagnoa (20,68 %) ou des communes d’Abidjan telles que Cocody (19,24 %).

Place désormais au Conseil constitutionnel, seul juge du scrutin, et à une période de contentieux électoral. C’est à l’issue de celle-ci que la juridiction prononcera les résultats définitifs de cette septième présidentielle depuis l’avènement du multipartisme en Côte d’Ivoire.

Le Front commun exige « de nouvelles élections crédibles »

Samedi, si l’élection s’est déroulée globalement dans le calme, des incidents ont été signalés dans 2% des lieux de vote, soit environ 200 endroits, selon un bilan des forces de l’ordre transmis à l’Agence France-Presse. Au total, dix personnes sont mortes depuis mi-octobre en marge du processus électoral, dont six avant le scrutin, selon le Conseil national des droits de l’homme (CNDH). Lundi matin, le candidat Ahoua Don Mello a déploré des « atrocités commises à Nahio », dans le département du Haut-Sassandra (centre-ouest), où deux personnes ont été tuées. En Côte d’Ivoire, les élections présidentielles ont souvent été des moments de tensions pouvant dégénérer en violences, notamment lors de la crise post-électorale de 2010-2011 ayant fait environ 3 000 morts.

Les deux principaux leaders de l’opposition, Laurent Gbagbo du Parti des peuples africains – Côte d’Ivoire (PPA-CI) et Tidjiane Thiam du Parti démocratique de Côte d’Ivoire-Rassemblement démocratique africain (PDCI-RDA), étaient les deux grands absents de cette présidentielle 2025. Leurs candidatures avaient été recalées par le Conseil constitutionnel.

Dans un communiqué, dimanche soir, la plateforme commune au PPA-CI et au PDCI-RDA, le Front commun, a exigé « l’organisation de nouvelles élections crédibles, transparentes, inclusives et strictement conformes à la Constitution », dénonçant une « mascarade électorale » et un « coup d’État civil ».

Présidentielle en Côte d’Ivoire 2025 : des observateurs saluent globalement le déroulement du scrutin

Ces dimanche et lundi, plusieurs missions d’observation électorale (MOE) ont présenté leurs premières constatations au sujet du déroulement du scrutin du 25 octobre 2025. Parmi elles, le Conseil national des droits de l’homme (CNDH) qui revendique 2350 observateurs déployés dans les 31 régions du pays et les districts autonomes d’Abidjan et Yamoussoukro. « Le scrutin s’est globalement déroulé dans un climat serein, propice au respect des droits de l’homme », affirme le CNDH, recommandant aux candidats « de recourir uniquement aux voies légales de contestation devant les organes compétents ». De son côté, le Consortium des organisations de la société civile pour les élections en Côte d’Ivoire (Coscel-CI) – 60 observateurs sur le terrain et trois faisant de la veille numérique – pointe « une prolifération de fausses informations construites pour manipuler l’opinion » et encourage par ailleurs les partis et les candidats à « former leurs militants et sympathisants à la culture démocratique et à la non-violence ». La Communauté des États sahélo-sahariens (CEN-SAD), elle, donnant un satisfecit aux autorités ivoiriennes, a appelé la Communauté internationale à « continuer à soutenir la République de Côte d’Ivoire dans ses efforts de renforcement de la démocratie et de l’État de droit ».

RFI

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À la UneAfrique

Présidentielle au Cameroun: les partisans de Issa Tchiroma Bakary dans les rues à la veille des résultats officiels

by admin9775 27 octobre 2025
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Les partisans d’Issa Tchiroma Bakary sont descendus dans les rues du Cameroun ce dimanche 26 octobre. L’opposant qui revendique sa victoire a la présidentielle du 12 octobre avait lancé un appel à des rassemblements pacifiques. Quatre personnes ont été tuées et plusieurs autres blessées dans des manifestations à Douala, selon le gouverneur de la région du littoral. Le ministère de l’Administration territoriale indique, de son côté, que 106 interpellations administratives ont également eu lieu. Le Conseil constitutionnel camerounais annoncera ce lundi matin les résultats officiels de l’élection. 

À Yaoundé, la journée a été relativement calme ce dimanche 26 octobre 2025, jusqu’en début de soirée, où de premiers incidents ont été signalés dans les quartiers Mokolo et Tsinga, pas très loin de la présidence de la République.

Mais l’épicentre de cette journée de mobilisation s’est situé, comme attendu, dans les régions septentrionales, dans les villes de Garoua, Maroua et même Kondengui. Des partisans de Issa Tchiroma Bakary ont investi les rues par milliers, chantant à la gloire de leur champion.

Quatre morts et plusieurs blessés à Douala

Dans la capitale économique, Douala, dans la zone de l’aéroport et au quartier New Bell, de gros remous ont été signalés. Le gouverneur de la région du littoral a indiqué, dans un communiqué publié dimanche soir, que quatre personnes ont été tuées et plusieurs autres blessées au cours de ces manifestations à Douala. De jeunes assaillants « sous emprise de stupéfiants et animés par un esprit criminel […] ont tenté de prendre d’assaut une brigade de gendarmerie et un commissariat de police », ajoute le gouverneur, qui précise que des enquêtes sont ouvertes pour faire la lumière sur ces incidents. La ville de Nkongsanba a aussi connu des tensions.

106 interpellations administratives

Ainsi, sur dix régions que compte le pays, quatre ont été particulièrement mouvementées et une dizaine de villes ont suivi l’appel. Le ministère de l’Administration territoriale camerounais a fait état de 106 interpellations administratives.

Pour le reste de la nuit, le dispositif de veille et de dissuasion mis en place par les autorités devait rester en place jusqu’au matin de ce lundi 27 octobre, jour de la proclamation des résultats.

RFI Avec son correspondant à Yaoundé, Polycarpe Essomba

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À la UneAfrique

Paul Biya, 92 ans, réélu pour un huitième mandat à la tête du Cameroun

by admin9775 22 octobre 2025
written by admin9775

Le président en poste depuis 1982 l’emporte avec 53,66 % des voix dans un scrutin marqué par la continuité

Yaoundé, 20 octobre 2025 – Huit jours après la tenue de l’élection présidentielle, la Commission nationale de dépouillement des votes a proclamé les résultats provisoires confirmant la réélection de Paul Biya, 92 ans, pour un huitième mandat consécutif. Le chef de l’État sortant a recueilli 53,66 % des suffrages exprimés lors du scrutin du 12 octobre, perpétuant un règne entamé en 1982.

Un palmarès électoral sans surprise

Selon les résultats annoncés par la Commission électorale, Issa Tchiroma Bakary arrive en deuxième position avec 35,19 % des voix, suivi de Cabral Libii qui obtient 3,41 %. Ces chiffres restent provisoires dans l’attente de la validation définitive par le Conseil constitutionnel, seule institution habilitée à proclamer les résultats finaux.

Un règne qui entre dans l’histoire

À 92 ans, Paul Biya, souvent surnommé « le Sphinx d’Etoudi », confirme sa stature de doyen des dirigeants africains encore en fonction. Son dernier mandat s’inscrit dans une présidence qui aura durablement marqué l’histoire contemporaine du Cameroun, avec plus de quatre décennies de pouvoir ininterrompu.

Réactions contrastées

Alors que ses partisans célèbrent sa longévité politique et saluent sa « main ferme » à la tête du pays, ses détracteurs dénoncent une gouvernance caractérisée par la centralisation du pouvoir, la persistance des inégalités socio-économiques et une certaine stagnation dans plusieurs secteurs clés.

L’ultime décision du Conseil constitutionnel

Tous les regards se tournent désormais vers le Conseil constitutionnel, dont la décision finale déterminera l’officialisation de ce nouveau chapitre dans l’exceptionnelle longévité politique de Paul Biya. Le pays s’engage ainsi dans une nouvelle période de sa vie politique, entre continuité affichée et aspirations au changement d’une partie de la population.

Cette réélection intervient dans un contexte régional marqué par d’importants bouleversements politiques, faisant du Cameroun l’une des dernières nations d’Afrique centrale à maintenir un pouvoir en place depuis aussi longtemps.

Par Marius Bopenga
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À la UneAfrique

Présidentielle au Cameroun: Issa Tchiroma Bakary revendique la victoire mais avec des documents incohérents

by admin9775 21 octobre 2025
written by admin9775

Les camerounais demeurent toujours dans l’attente des résultats officiels et définitifs de l’élection présidentielle du 12 octobre. Un délai durant lequel Issa Tchiroma Bakary, un des candidats, a revendiqué la victoire. Sauf que les documents présentés censés prouver sa victoire présentent des incohérences.

Les Camerounais patientent toujours pour connaître officiellement leur président. lssa Tchiroma Bakary (FSNC), lui, n’a pas voulu attendre et a pris les devants. Dans la nuit de dimanche à lundi 20 octobre, il a publié en ligne des procès-verbaux issus de l’élection et qui, d’après lui, le donnent vainqueur. Des documents évidemment largement commentés et sujets à des controverses.

L’une d’elles repose sur plusieurs erreurs grossières de calculs apparues dans les résultats présentés par le candidat. Certaines sommes de points de pourcentage donnent 102% d’électeurs dans un département, ou 105% dans un autre. Aussi, à certains endroits, les votants se retrouvent plus nombreux que les électeurs inscrits. Des aberrations statistiques qui n’ont assurément pas échappé aux équipes du RDPC, le parti présidentiel, et d’autres observateurs. De quoi discuter sérieusement la véracité des procès-verbaux.

« Nous n’avons pas fabriqué de chiffres, nous les retranscrivons »

Ces dénonciations ont conduit le camp du candidat du FSNC à s’expliquer. Dans un communiqué, le parti d’Issa Tchiroma Bakary affirme : « Nous n’avons pas fabriqué de chiffres. Nous les retranscrivons ».  Les incohérences seraient alors dues à « des irrégularités commises avant ou pendant le dépouillement comme le bourrage d’urnes, et le vote multiple ».

Le prétendant au poste de président, lui, n’en démord pas. Il maintient être le vainqueur et annonce, par la voix de son équipe de campagne, « attendre sereinement la proclamation de sa victoire par le Conseil constitutionnel ». Du côté de l’institution, la seule habilitée à proclamer ces résultats, une session consacrée à l’examen des recours contentieux a été convoquée pour mercredi. Avant-dernière étape avant la proclamation, enfin, du nom du vainqueur officiel de la présidentielle.  

RFI

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