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Category:

Afrique

À la UneAfrique

Gabon: Pascaline Bongo relaxée lors de son procès à Paris pour soupçons de corruption

by Ruben Yale 22 avril 2024
written by Ruben Yale

Pascaline Bongo, aînée du défunt président gabonais Omar Bongo, soupçonnée de corruption passive d’agent public étranger au début des années 2010 au Gabon, a été relaxée lundi par le tribunal correctionnel de Paris. Aux côtés de la sœur du président déchu Ali Bongo, âgée de 68 ans, ont comparu début 2024 la société d’ingénierie française Egis et trois de ses anciens cadres, ainsi que l’homme d’affaires gabonais Franck Ping et l’avocate Danyèle Palazo-Gauthier. Tous ont été relaxés.

Pascaline Bongo, la sœur de l’ex-président gabonais Ali Bongo et fille aînée de feu Omar Bongo, a été relaxée lors de son procès à Paris pour corruption passive d’agent public étranger, a annoncé le tribunal lundi 22 avril. Aucune infraction n’a été retenue contre Pascaline Bongo, qui n’était pas présente à l’audience, rapporte notre envoyé spécial au Tribunal judiciaire de Paris, Sébastien Németh.

Pascaline Bongo, 67 ans, a assisté à toutes les audiences de son procès. Devant le Tribunal judiciaire de Paris, elle avait rejeté les accusations du Parquet national financier français. Celui-ci la soupçonnait d’avoir manœuvré, à l’époque, à travers sa société Sift pour que le groupe français Egis Route obtienne le marché de la désormais dissoute Agence gabonaise des grands travaux. Cela contre la promesse de 8 millions d’euros de rétrocommissions.

La juge a estimé qu’aucun élément n’avait montré qu’elle était intervenue, qu’elle avait tenté d’utiliser son influence. La corruption n’est donc pas caractérisée. Pascaline Bongo est relaxée, tout comme les cadres d’Egis Route.

Pascaline Bongo reconnue « agent public étranger »

Le tribunal a pourtant reconnu qu’on pouvait bien la qualifier d’agent public étranger, de par ses fonctions de Haute représentante du président de la République, en l’occurrence son frère Ali Bongo à l’époque. Elle avait une fonction officielle, avec une nomination par décret, un salaire de 2,6 millions de FCA. De plus, elle se trouvait très haut dans la hiérarchie protocolaire, elle assurait donc un service public. Selon le tribunal, peu importe s’il s’agissait d’un titre honorifique, d’un placard doré ou que le chef de l’État ne lui ait rien donné à faire: elle était bien agent public, chargée d’une mission, même si au final elle n’avait aucun pouvoir.

Le tribunal a estimé toutefois qu’il n’y avait pas de preuve que la fonction de Pascaline Bongo lui donnait un pouvoir de décision sur les passassions de marchés publics.

Pour rappel, la société français Egis Route et ses responsables également accusés, avaient conclu un partenariat avec Pascaline Bongo et son entreprise pour décrocher des contrats. Or selon le Parquet national financier (PNF), Egis Route voulait utiliser l’influence de la fille ainée des Bongo pour obtenir, notamment le marché de l’agence nationale des grands travaux.

Le parquet a cependant 10 jours pour faire appel.

Aucun marché obtenu par Egis

Car si Pascaline Bongo n’a pas touché effectivement ces 8 millions d’euros et si aucune somme n’a été versée à sa société, cela n’enlève pas le caractère initial de corruption, avait déclaré devant le tribunal le Parquet financier fin janvier.

Ce dernier avait requis contre elle trois ans de prison, dont un an ferme, et 150 000 euros d’amende. Il a requis des peines d’emprisonnement avec sursis et des amendes contre les autres prévenus : Egis Route, trois de ses anciens cadres, l’ancienne conseillère juridique de Pascaline Bongo, ainsi que l’homme d’affaires Franck Ping, fils de Jean Ping.

Les avocats des prévenus, eux, ont tous plaidé la relaxe de leurs clients. Cela sous l’argument qu’Egis, à l’époque, n’avait finalement obtenu aucun marché routier au Gabon.

RFI via CONGO PUB Online

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À la UneAfrique

Kenya : le chef de l’armée tué dans un accident d’hélicoptère

by Sam's Londele 19 avril 2024
written by Sam's Londele

Le chef de l’armée kenyane, le général Francis Omondi Ogolla a été tué jeudi dans le crash d’un hélicoptère. Neuf autres responsables militaires ont aussi perdu la vie dans cet accident.

L’hélicoptère s’est écrasé dans le comté d’Elgeyo Marakwet, à environ 400 kilomètres (250 miles) au nord-ouest de la capitale Nairobi. L’annonce officiel a été faite par William Ruto, le président kenyan.

 »Je suis profondément attristé d’annoncer le décès du général Francis Omondi Ogolla, chef des forces de défense kenyanes. Onze autres militaires gradés l’accompagnaient . Neuf d’entre eux sont également décédés, deux ont survécu à l’accident.’’, a déclaré William Ruto. 

Peu avant, William Ruto avait convoqué une réunion urgente du conseil de sécurité du pays. L’armée de l’air kényane a dépêché une équipe d’enquêteurs pour déterminer les causes de l’accident. Trois jours de deuil ont été décrétés à partir de vendredi.

AFRICA NEWS via CONGO PUB Online

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À la UneAfrique

Le Burkina Faso expulse 3 diplomates français

by Ruben Yale 18 avril 2024
written by Ruben Yale

La junte militaire au pouvoir au Burkina Faso a expulsé trois diplomates français pour activités subversives présumées, selon un document gouvernemental publié jeudi sur les médias sociaux.

La junte a nommé les trois diplomates, dont deux sont des conseillers politiques, et les a déclarés persona non grata au Burkina Faso, selon le document signé par le ministère des Affaires étrangères mardi. Ils ont 48 heures pour quitter le Burkina Faso.

Le document ne donne pas de détails sur les activités subversives présumées.

Cette expulsion intervient dans un contexte de détérioration des relations entre le Burkina Faso et son ancien colonisateur, la France. La junte militaire a rompu les liens militaires avec la France en 2023, ordonnant à des centaines de soldats français de quitter ce pays d’Afrique de l’Ouest dans un délai d’un mois, suivant ainsi l’exemple du Mali voisin, également dirigé par un chef de coup d’État.

Plus de 60 ans après l’indépendance du Burkina Faso, le français reste une langue officielle et la France a maintenu des liens économiques et humanitaires étroits avec son ancienne colonie. Cependant, avec l’aggravation de l’insurrection islamiste, le sentiment anti-français s’est renforcé, en partie à cause de la violence qui ne faiblit pas.

Après un second coup d’État l’année dernière, des manifestants anti-français ont commencé à exhorter la junte à renforcer ses liens avec la Russie.

Le sentiment anti-occidental dominant et les liens de plus en plus étroits avec la Russie et la Chine sont des tendances constantes au Burkina Faso et au Mali voisin, déclare Rida Lyammouri, chercheur principal au Policy Centre for the New South, un groupe de réflexion basé au Maroc.

« Il s’agit de la poursuite d’une mesure adoptée par le Burkina Faso et le Mali, qui a vu l’expulsion de diplomates et de journalistes français et la suspension de certains médias internationaux », a déclaré M. Lyammouri.

La junte prend également ses distances avec les nations régionales et occidentales qui ne sont pas d’accord avec son approche. Cette année, elle a quitté le bloc économique régional ouest-africain connu sous le nom de CEDEAO et a créé une alliance avec le Mali et le Niger, également dirigés par des juntes militaires.

Africanews via CONGO PUB Online

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À la UneAfrique

Nigeria : une « fille de Chibok » retrouvée 10 ans après l’enlèvement

by Ruben Yale 18 avril 2024
written by Ruben Yale

Une jeune fille qui avait été enlevée de son école avec des centaines d’autres lors d’un raid mené par des extrémistes il y a dix ans dans le nord-est du Nigeria a été sauvée avec ses trois enfants, a annoncé jeudi l’armée nigériane.

Lydia Simon, enceinte de cinq mois, a été secourue par les troupes nigérianes dans la zone du conseil de Gwoza de l’État de Borno, où se concentre l’insurrection qui dure depuis 15 ans, selon un communiqué de l’armée.

Le communiqué était accompagné d’une photo de Lydia Simon et de ses enfants, qui semblent être âgés de 2 à 4 ans. Elle n’a toujours pas retrouvé sa famille.

Lydia Simon faisait partie des 276 jeunes filles enlevées à leur école dans le village de Chibok, au Nigéria, en avril 2014, au plus fort de la violence extrémiste dans la région. Environ 82 d’entre elles sont toujours en captivité.

Premier d’une série d’enlèvements massifs d’élèves dans ce pays d’Afrique de l’Ouest, l’enlèvement de Chibok a choqué le monde entier et déclenché une campagne mondiale sur les médias sociaux intitulée #BringBackOurGirls (Ramenez nos filles).

L’armée nigériane n’a pas précisé comment elle avait été libérée, si ce n’est qu’elle avait été secourue dans un point chaud connu sous le nom de Ngoshe, à 130 km au nord de Maiduguri, la capitale de l’État de Borno.

Certains parents de Chibok et des analystes de la sécurité ont déclaré qu’il y avait peu de preuves de l’existence d’une opération militaire spéciale visant à libérer les femmes. Celles qui sont revenues ces dernières années ont pour la plupart été retrouvées abandonnées dans les forêts.

Certaines des femmes récemment libérées ont été soit violées par les insurgés, soit mariées de force, selon Chioma Agwuegbo, une militante qui a participé à la campagne #BringBackOurGirls.

« Nous avons entendu leurs récits sur le nombre de traumatismes et de violences qu’elles ont subis. Quelqu’un qui a été kidnappé il y a 10 ans ne revient pas comme la même personne », a déclaré Mme Agwuegbo.

Des villageois de Chibok se sont joints à la famille de Lydia Simon en attendant de pouvoir la voir. « Le gouvernement ne nous a rien dit (et) nous attendons un appel officiel », a déclaré Yakubu Nkeki, président de l’association des parents des filles de Chibok.

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Ethiopie : une promesse de 630 millions de dollars d’aide humanitaire

by Ruben Yale 17 avril 2024
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La Conférence de Genève a reçu la promesse 630 millions de dollars pour une aide vitale à l’Ethiopie. Chiffre encore très loin des 3,24 milliards de dollars recherchés par l’ONU afin de financer le plan de réponse humanitaire en 2024.

La conférence est organisée par les Nations unies avec les gouvernements de l’Éthiopie et du Royaume-Uni. Elle vise à recueillir des engagements pour venir en aide à environ 15,5 millions de personnes cette année en Ethiopie.

Ce pays est frappé par un cycle de sécheresse, d’inondation et de conflit ; avec une dégradation terrible de la situation humanitaire.

Dans l’immédiat, un financement d’un milliard de dollars est nécessaire pour maintenir l’acheminement de l’aide pour les cinq prochains mois.

L’insécurité alimentaire et la malnutrition devraient toucher 10,8 millions de personnes pendant la période de juillet à septembre prochain.

Les États-Unis, le principal donateur humanitaire de l’Éthiopie, ont averti que ses ressources sont « de plus en plus sollicitées ». Le Royaume-Uni, deuxième donateur en importance, a déclaré que l’Éthiopie risque d’être « frappée par d’autres crises humanitaires à l’échelle mondiale ».

Les donateurs ont également appelé le gouvernement éthiopien à veiller à ce que l’aide soit fournie sans ingérence et qu’elle atteigne les personnes dans le besoin. L’année dernière, l’Agence des États-Unis pour le développement international a suspendu pendant des mois toute l’aide alimentaire à l’Éthiopie après qu’une enquête interne ait découvert que des dons de nourriture destinés à des millions de personnes affamées étaient détournés à grande échelle.

L’Éthiopie est confrontée à un certain nombre de conflits. Le conflit de deux ans dans le nord du Tigré, qui s’est terminé par un accord de paix en novembre 2022, a laissé la majeure partie de la population de la région de 6 millions d’habitants dépendre de l’aide humanitaire.

Les donateurs ont exhorté l’Éthiopie à assurer la pleine mise en œuvre de l’accord de paix et à résoudre pacifiquement les conflits en cours dans ses régions d’Amhara et d’Oromia.

Les États-Unis ont signalé le meurtre de neuf travailleurs humanitaires dans la région d’Amhara depuis avril dernier et ont exhorté le gouvernement éthiopien à faire davantage pour les protéger.

Les organisations humanitaires ont déclaré que le faible financement avait forcé la plupart d’entre elles à réduire les opérations de sauvetage.

« Les engagements que vous avez pris aujourd’hui s’avéreront essentiels pour soutenir le système humanitaire sous-financé de manière chronique », a déclaré le Comité international de la Croix-Rouge.

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Côte d’Ivoire : le désarroi après la demolition de maisons à Abidjan

by Ruben Yale 17 avril 2024
written by Ruben Yale

Les autorités de la plus grande ville de Côte d’Ivoire ont démoli des maisons dans des zones à faible revenu pour des raisons de santé publique, laissant des milliers de personnes sans abri et sans nulle part où aller.

Des centaines de maisons ont été détruites en février lors d’une vague de démolitions ciblant les zones sous-développées d’Abidjan, le centre économique en pleine croissance du pays.

Le gouvernement affirme que cela est dû à des problèmes de santé publique, car les zones pauvres – construites le long d’une lagune dans cette ville portuaire de 6,3 millions d’habitants sur la côte sud de l’Afrique de l’Ouest – subissent des inondations meurtrières pendant la saison des pluies.

Plus de 300 personnes ont été tuées depuis 2005 et les autorités assurent que les déluges sont devenus un terrain fertile pour les maladies d’origine hydrique et autres.

Les démolitions dans les quartiers populaires ne sont pas nouvelles à Abidjan, où l’urbanisation rapide a entraîné un boom démographique et une pénurie de logements, avec près d’un Ivoirien sur cinq résidant dans la ville.

C’est un défi dans de nombreuses régions d’Afrique où les difficultés économiques ont poussé davantage de personnes vers les villes à la recherche de meilleures opportunités, mettant à rude épreuve une infrastructure déjà surchargée.

Cependant, la dernière démolition d’Abidjan – principalement dans les banlieues pauvres des districts de Gesco et Sebroko – est l’une des plus importantes depuis des années, avec des centaines de milliers d’habitants touchés depuis son début fin janvier.

Les familles expulsées et les groupes de défense des droits assurent que cette fois, cela se fait sans préavis ni indemnisation.

Les autorités locales ont défendu les démolitions et affirment que les relocalisations des familles sans abri vers des zones plus sûres ont commencé.

Quelque 35 % des Ivoiriens sont pauvres. Les pénuries d’eau sont un fléau quotidien, et de nombreuses personnes sont obligées d’aller chercher de l’eau dans les ruisseaux pour répondre à leurs besoins quotidiens.

Le pays a également dû faire face à d’autres défis, tels que les attaques djihadistes qui se sont propagées aux États côtiers d’Afrique de l’Ouest, dont la Côte d’Ivoire.

« La vision du gouvernement est claire. Il faut assainir ces quartiers », a déclaré le ministre ivoirien de la Communication, Amadou Coulibaly.

Il a assuré en février que certaines des personnes expulsées dans des quartiers comme Boribana étaient réinstallées dans au moins 1 000 maisons construites par le gouvernement.

De nombreuses familles restent cependant sans abri, bloquées dans plusieurs quartiers de la ville.

Les démolitions sont effectuées « de manière brutale (…) entraînant des conséquences désastreuses pour de nombreuses familles déjà vulnérables », a déclaré la Ligue ivoirienne des droits de l’homme dans un communiqué. Il a exhorté les autorités à mettre un terme à la campagne.

« C’est toute notre histoire. Je suis né ici. Mes parents sont ici depuis 40 ans. Boribana est donc comme notre village », a déclaré Youssouf Coulibaly, un leader des jeunes de Boribana.

« Imaginez un instant que quand nos enfants allaient à l’école, quand ils sortaient (de la maison) il n’y avait pas de policiers. Ils se disent qu’à midi, on va rentrer manger à la maison, et venir retrouver  papa n’est pas là, maman n’est pas là, la maison n’est pas là. » a déploré Coulibaly

Face à l’indignation et aux protestations des personnes expulsées, le président ivoirien Alassane Ouattara a demandé aux autorités locales d’Abidjan de « faire preuve de solidarité… pour préserver la cohésion et la paix sociale ».

Cependant, les autorités municipales affirment que les démolitions font partie d’un projet plus vaste visant à reconstruire et à fournir les commodités de base dans les quartiers. Des parcelles de terrain seraient louées aux personnes expulsées pour une durée pouvant aller jusqu’à 25 ans, pour environ 16 dollars par mois, disent-ils.

Le 8 avril, le gouvernement a annoncé qu’il avait commencé à indemniser les ménages touchés et que chacun recevrait approximativement 405 $ pour soutenir la relocalisation.

Dans un pays où le salaire minimum est d’environ 121 dollars par mois, certains estiment que ce n’est pas suffisant pour faire face au coût croissant du logement.

« Toutes les personnes déplacées recevront le soutien nécessaire à leur réinstallation », a déclaré Belmonde Dogo, le ministre chargé des efforts de réduction de la pauvreté.

La municipalité de Yopougon, majoritairement composée d’habitants de la classe ouvrière, a également annoncé son intention d’aider les personnes touchées.

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À la UneAfrique

Mahamat Idriss Déby, président tchadien: «Le Tchad n’est pas dans le principe d’un esclave qui veut changer de maître»

by Sam's Londele 15 avril 2024
written by Sam's Londele

Sa parole est rare. Pour la première fois depuis sa rencontre du 24 janvier dernier à Moscou avec son homologue russe Vladimir Poutine, le président de la transition tchadienne s’exprime, et c’est sur Radio France internationale et France 24. Veut-il chasser les militaires français de son pays et les remplacer par des militaires russes ? Veut-il fonder une dynastie au pouvoir ? Il répond aux questions de Christophe Boisbouvier et de Marc Perelman.

Sa parole est rare. Pour la première fois depuis sa rencontre du 24 janvier dernier à Moscou avec son homologue russe Vladimir Poutine, le président de la transition tchadienne s’exprime, et c’est sur Radio France internationale et France 24. Veut-il chasser les militaires français de son pays et les remplacer par des militaires russes ? Veut-il fonder une dynastie au pouvoir ? Il répond aux questions de Christophe Boisbouvier et de Marc Perelman.

Le président de la transition au Tchad Mahamat Idriss Déby, lors de l'entretien accordé à RFI et France 24.
Le président de la transition au Tchad Mahamat Idriss Déby, lors de l’entretien accordé à RFI et France 24. © RFI / France 24

France 24 : L’élection présidentielle est prévue le 6 mai 2024, très bientôt. Pour beaucoup, cette élection est déjà jouée d’avance. Une certaine partie de l’opposition parle d’une mascarade, en affirmant que vous contrôlez tous les leviers : le Conseil constitutionnel, l’organe de supervision des élections ANGE. Est-ce que c’est une élection ou un simulacre d’élection qui va avoir lieu, ici, au Tchad ?

Mahamat Idriss Déby : Je crois qu’on a fait un long chemin. Ce long chemin, on l’a fait avec l’ensemble de la classe politique et aussi une grande partie aussi des ex-politico-militaires [les ex-rebelles, NDLR]. Et toutes les institutions qui sont issues de la nouvelle Constitution sont des institutions indépendantes. Notamment l’institution qui est la plus importante, à laquelle vous faîtes référence, c’est l’Agence nationale de gestion des élections, ANGE. Pour la première fois dans l’histoire de notre pays, l’ANGE est créée par la loi fondamentale, donc, adoptée par le peuple tchadien. Et, aujourd’hui, l’ANGE est indépendante.

Donc, je crois que ceux qui disent que c’est une mascarade ou bien que c’est une élection qui est déjà jouée d’avance, bon, je les comprends : c’est aussi ça, la politique, c’est de bonne guerre. Mais moi, je fais confiance à cette agence qui va jouer pleinement ce rôle de manière indépendante. Et vous allez voir que, le 6 mai prochain, les Tchadiens vont choisir, vont élire le président qui va diriger ce pays pendant les cinq prochaines années. Et le choix du peuple sera respecté.

RFI : Le 28 février 2024, l’opposant Yaya Dillo a été tué dans un assaut de l’armée tchadienne contre le siège de son parti, à Ndjamena. « C’est une exécution à bout portant », affirme son parti. « Le corps de Yaya Dillo porte l’impact d’une seule balle dans la tempe », précise l’ONG Human Rights Watch. Que répondez-vous à ceux qui affirment que vous avez fait éliminer votre opposant le plus farouche ?

Écoutez, je voudrais dire en quelques mots ce qu’il s’est passé. Monsieur Yaya Dillo et ses militants ont attaqué le siège des services de renseignement avec des armes de guerre. Est-ce qu’un parti politique a le droit des armes ? Est-ce que les militants d’un parti politique ont le droit d’avoir des armes ? C’est ça, la question. Donc, pendant cette attaque macabre, il y a eu des morts : des morts du côté des forces de défense et de sécurité, et aussi parmi les militants du PSF [Parti socialiste sans frontières, NDLR]. Donc, il était tout à fait normal pour un État que celui qui a conduit cette attaque doive être arrêté pour répondre de ce qu’il a fait, de ses actes. Et la police est intervenue pour l’arrêter. Il n’a pas voulu obtempérer. Au contraire, il a tiré sur les forces de l’ordre et les forces de l’ordre ont répliqué. Il y a eu des morts des deux côtés. Maintenant, l’affaire est entre les mains de la justice. Nous allons attendre la décision de la justice. Et nous avons dit très clairement que nous sommes aussi ouverts à une enquête indépendante, ce qui veut dire que nous n’avons rien à cacher sur cette histoire.

RFI : Vous êtes ouvert à une enquête…

Internationale.

RFI : Dans combien de temps ?

Dès le début, nous avons fait un communiqué pour expliquer à l’opinion nationale et internationale ce qu’il s’est passé. Et nous avons aussi demandé une enquête indépendante.

France 24 : Cette campagne est un peu atypique parce que vous allez affronter plusieurs candidats, notamment votre Premier ministre, qui a longtemps été un farouche ennemi : Succès Masra. Est-ce qu’il y a un accord entre vous – beaucoup le pensent – pour que, par exemple si vous gagnez (comme beaucoup le pensent), vous le reconduisiez automatiquement comme Premier ministre ? Est-ce qu’il y a un deal avec Succès Masra ?

Écoutez, dans la logique d’une transition apaisée, nous avons toujours tendu la main pendant ces trois ans de transition. Et Succès Masra est un Tchadien, chef de parti politique. Il a fait des erreurs et a reconnu ses erreurs. Il a voulu rentrer au Tchad. Donc, il est passé par des facilitateurs désignés [par la Communauté économique des États de l’Afrique centrale, NDLR], notamment le président de la RDC Félix Tshisekedi. Nous avons accepté la main tendue et nous avons signé un accord pour qu’il revienne au pays. Maintenant, il est candidat, je suis candidat. Il n’y a aucun accord entre nous.

RFI : Au Soudan, pays voisin, cela fait un an que la guerre civile fait rage entre le camp du président Abdel Fattah al-Burhan et celui du général Hemedti. Ce 9 mars, aux Nations Unies, le représentant du président al-Burhan vous a accusé d’approvisionner en armes les troupes du général Hemedti – et je vois que ça vous fait sourire – de concert avec les Émirats arabes unis. Que répondez-vous à cette accusation ? Et, peut-être de façon plus globale, pourquoi ne condamnez-vous pas cette rébellion du général Hemedti qui s’appuie notamment sur les milices janjawids qui ont beaucoup fait souffrir les habitants du Darfour depuis 20 ans ?

Ce qui me fait sourire, c’est que c’est archi-faux, ce que vous dîtes. Un peu d’histoire, revenons en arrière : je crois que le Tchad n’a jamais agressé le Soudan. Maintenant, par rapport à ce qu’il se passe au Soudan, dès les premières heures de la transition [à partir d’avril 2021, NDLR], nous avons tout fait pour éviter cette guerre. La preuve : nous avons invité le président al-Burhan, ici, à Ndjamena, et nous avons invité le vice-président Hemedti à Ndjamena, pour leur prodiguer des conseils, pour leur dire que la guerre n’est pas une solution. Maintenant, ce qui se passe au Soudan, c’est d’abord qui a créé les janjawids ? Qui est responsable des 300 000 morts [estimation du nombre de victimes civiles durant la guerre du Darfour, NDLR] ? C’est le régime soudanais qui les a créés. Qui a créé les FSR [Forces de soutien rapide, groupe paramilitaire soudanais dirigé par le général Hemedti, NDLR] ? C’est le régime soudanais qui a créé les FSR.

Donc, le régime soudanais est en train de récolter en quelque sorte ce qu’il a semé. Ce qui se passe au Soudan, c’est une guerre soudano-soudanaise. Nous, ça ne nous regarde pas. Et malheureusement, jusqu’à présent, la guerre continue et je vais profiter de votre micro pour appeler les deux généraux à cesser immédiatement la guerre et privilégier le dialogue. Cette guerre, ceux qui en souffrent le plus, c’est d’abord le peuple soudanais. Ensuite, c’est le Tchad qui en souffre : depuis 2003, nous abritons sur notre sol plus de 600 000 réfugiés soudanais. Aujourd’hui, on compte plus de 2 millions de réfugiés. Donc, cela crée non seulement l’insécurité, des problèmes humanitaires et aussi des problèmes environnementaux. Donc, je crois que ce qui se passe au Soudan, c’est un problème soudano-soudanais et ça ne nous regarde pas du tout, ça ne regarde pas le Tchad.

France 24 : Vous avez fait une visite très remarquée à Vladimir Poutine, fin-janvier 2024. Vous avez dit que la Russie est un « pays frère ». Est-ce que vous envisagez une coopération militaire avec Moscou du même type à celle que votre voisin, le Niger, vient d’engager ? Est-ce que Vladimir Poutine vous l’a proposé ?

Nous avons eu des échanges très fructueux avec le président Poutine, dans le respect mutuel, et sur des sujets sur lesquels nous nous entendons. Sur des sujets qui nous concernent, entre deux États souverains.

France 24 : Y compris sur la coopération sécuritaire ? Est-ce que c’est sur la table ?

Il n’y a pas que la coopération militaire. Il y a d’autres coopérations. Pourquoi toujours parler de coopération militaire quand il s’agit de pays africains ? Il y a d’autres coopérations : il y a les coopérations économiques qui sont très importantes aujourd’hui pour nos pays. On a parlé de beaucoup de sujets : on a parlé de coopération militaire, de coopération économique, de coopération diplomatique. Il y a une panoplie de sujets sur lesquels, avec le président Poutine, nous avons discuté. Et je peux vous dire que je suis satisfait de cette visite.

RFI : Est-ce que vous envisagez un changement d’alliance militaire ? Est-ce que vous envisagez de lâcher votre alliance avec la France pour nouer une alliance avec la Russie ? Ou est-ce que vous comptez conserver votre alliance militaire avec la France au vu de ce qu’a dit l’envoyé personnel du président français, Jean-Marie Bockel, à la sortie d’une audience que vous lui avez accordé il y a un mois (« Il faut rester au Tchad et, bien sûr, nous resterons ») ?

Écoutez, le Tchad est un pays indépendant, libre et souverain. Nous ne sommes pas dans le principe d’un esclave qui veut changer de maître. Nous avons l’intention de travailler avec toutes les nations de monde, toutes les nations qui nous respectent et qui veulent travailler avec nous en se respectant mutuellement.

RFI : Ce qui veut dire que, concrètement, le contingent français de plus de 1 000 hommes et les trois bases militaires françaises qui sont actuellement installées au Tchad vont être maintenues ?

En ce qui concerne la France, comme vous l’avez dit tout à l’heure, Monsieur Bockel [l’envoyé personnel d’Emmanuel Macron pour l’Afrique, NDLR] a fait une visite au Tchad. Avec lui, nous avons eu des discussions sur le futur de nos coopérations. Nous avons eu des échanges, nous allons continuer nos échanges et ensemble, souverainement, nous allons décider de nos futures coopérations. Et ces coopérations ne doivent pas se limiter seulement à la défense. Il y a d’autres coopérations aussi, notamment la coopération économique. C’est la coopération économique qui nous tient le plus à cœur aujourd’hui, plus que la coopération de défense.

France 24 : Il se pose une question à travers cette élection. Est-ce que vous vous engagez à vous présenter seulement pour un ou deux mandats ou est-ce que, comme craignent certains, une « dynastie Déby » est en train de s’installer ?

[Rire] D’abord, il faut savoir que moi je suis un candidat et j’ai un programme qui est ambitieux, que je vais présenter au peuple tchadien. Maintenant, c’est au peuple tchadien de décider, même si je suis confiant. Je suis confiant dans mon programme par rapport à tous les actes que j’ai faits, par rapport au respect des engagements que j’ai pris pour la transition : notamment organiser le dialogue national inclusif, organiser le référendum constitutionnel. Les Tchadiens savent que je suis un homme d’action et un homme de parole.

Si je suis élu, je vais faire mon mandat de cinq ans et à la fin de mon mandat, ce sera au peuple de me juger. Ce sera au peuple tchadien de me juger par rapport à ce que j’ai proposé. Quant à la dynastie à laquelle vous faites référence, notre Constitution est très claire. Un candidat ne peut pas faire plus de deux mandats successifs. Et je voudrais rassurer le peuple tchadien que je vais respecter et que tout le monde va respecter la Constitution qui a été adoptée et votée par le peuple tchadien.

RFI via CONGO PUB Online

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À la UneAfrique

L’UE prévoit de décaisser 245 millions pour des projets éducatifs sur le continent

by Guyguy Lelo 12 avril 2024
written by Guyguy Lelo

L’Union européenne compte investir 245 millions d’euros pour financer plusieurs projets à caractère éducatif afin de stimuler la croissance sur le continent.

L’annonce a été faite au cours d’un événement ayant réuni plusieurs acteurs mondiaux de l’éducation, le jeudi 11 avril 2024, à Bruxelles en Belgique.

La mission poursuivie par cette initiative s’inscrit dans le cadre de la stratégie « Global Gateway » de l’institution. Elle vise à mettre en exergue le rôle de l’Union européenne dans la transformation de l’éducation mondiale et dans la création des compétences.

Les échanges ont gravité autour des sujets tels que la profession enseignante, l’équité et l’inclusion dans et par l’éducation, l’éducation numérique, l’éducation verte et les compétences vertes, entre autres.

A la même occasion, l’Union européenne a lancé de nouveaux programmes régionaux visant à stimuler la mobilité et les compétences des jeunes en Afrique. Au rang de ces projets, on compte l’Académie de la jeunesse Afrique-Europe qui offrira des possibilités d’apprentissage et d’échanges formels et informels aux jeunes désireux d’améliorer leurs compétences de direction et de créer des réseaux entre l’Afrique et l’Europe. Un montant de 15 millions d’euros a été affecté pour financer la première série d’actions de cette académie.

La commissaire Urpilainen a également lancé 15 projets de mobilité intra-africaine financés à hauteur de 27 millions d’euros. Les projets qui couvrent en tout 22 pays offriront des opportunités de mobilité d’apprentissage aux étudiants, aux stagiaires et au personnel à travers le continent afin de renforcer les compétences vertes et numériques de haut niveau.

L’événement a aussi servi de plateforme pour le lancement de l’initiative régionale Team Europe pour les compétences, l’enseignement et la formation professionnels axés sur les opportunités en Afrique.

Cette initiative, cofinancée à hauteur de 75 millions d’euros par le budget de l’UE pour la période 2024-2028, aspire à améliorer l’adéquation entre la formation professionnelle et les opportunités d’emploi concrètes, en particulier celles créées par les investissements de Global Gateway en Afrique subsaharienne.

Zoo Eco via CONGO PUB Online

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Afrique du Sud : une directrice de banque virée pour des propos racistes et sexistes

by Ruben Yale 12 avril 2024
written by Ruben Yale

En Afrique du Sud, on peut être une femme noire et être sanctionnée pour sexisme et racisme envers les Noirs …. La justice a confirmé le licenciement d’une cadre de banque qui dérapait gravement dans ses propos

Anele Makhosazana est un parfait exemple du « Black Empowerment », les mesures favorisant l’accès des Noirs et des femmes aux plus hautes responsabilités, une politique mise en place après la fin de l’apartheid. Cette jeune femme a été nommée directrice dans les plus hautes instances de Nedbank, l’une des plus grosses banques d’Afrique du Sud. 

Des propos purement racistes lui sont reprochés. Elle a déclaré publiquement en réunion d’entreprise : « Les Noirs sont paresseux, ils sont incompétents comparés aux Blancs. Les Noirs ne sont pas fiables ».

A ces propos ouvertement racistes s’ajoutent d’autres purement sexistes. Elle a reproché à un de ses subordonnés d’être « faible comme une femme ». Cette dame était, cela ne s’invente pas…directrice des relations humaines dans la banque !  Les employés, n’en pouvant plus de ces brimades, ont réclamé et obtenu son éviction.

La directrice des relations humaines a contesté son licenciement devant la justice qui lui a donné tort. Elle devra aller chercher du travail ailleurs. Nelson Mandela a dû se retourner dans sa tombe.

France Info via CONGO PUB Online

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Au Mali, la junte suspend les activités des partis et associations politiques

by Guyguy Lelo 11 avril 2024
written by Guyguy Lelo

Le colonel Abdoulaye Maïga, ministre de l’Administration territoriale et porte-parole du gouvernement qui a annoncé la nouvelle ce mercredi soir, a justifié cette décision par des raisons politiques et sécuritaires.

Lors d’un point de presse, le colonel Abdoulaye Maïga, ministre de l’Administration territoriale et porte-parole du gouvernement, a expliqué que la situation sécuritaire sur le terrain est l’une des raisons de la suspension jusqu’à nouvel ordre des activités des partis et associations politiques du Mali. « Sont suspendues jusqu’à nouvel ordre, pour raisons d’ordre public, les activités des partis politiques et les activités à caractère politique des associations sur toute l’étendue du territoire national », dit un décret pris en conseil des ministres par le chef de la junte, le colonel Assimi Goïta, et lu devant des journalistes par le colonel Maïga.

Ce dernier a expliqué que la reprise de la ville de Kidal, en novembre 2023, des mains des ex-rebelles ainsi que d’autres localités ne signifie pas la fin du terrorisme, des questions de sécurité. Il y a, a-t-il poursuivi, d’autres défis sécuritaires à relever, alors qu’au même moment, la classe politique malienne mène « des débats stériles » et est coupable de « subversion ».

Le ministre fait référence aux voix politiques locales de plus en plus nombreuses et audibles qui affirment que la période de transition a pris fin depuis le 26 mars dernier. Et qu’il faut un retour rapide à l’ordre constitutionnel.

La junte malienne balaie du revers de la main cet argument et avance une autre raison pour justifier la mesure de suspension des activités des partis et associations politiques : la nécessité selon elle d’instaurer un climat de sérénité au moment où un dialogue national inter-malien est annoncé pour aborder les problèmes du pays.

RFI via CONGO PUB Online

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