Le monde du jazz perd l’une de ses plus grandes figures. Le saxophoniste américain Sonny Rollins, considéré comme l’un des géants de l’âge d’or du jazz, est décédé lundi 25 mai à l’âge de 95 ans à son domicile de Woodstock, dans l’État de New York.
L’annonce a été faite via le compte officiel de l’artiste, saluant la mémoire de celui que plusieurs générations de musiciens considéraient comme un monument du jazz moderne.
Surnommé le « colosse du saxophone » en référence à son album emblématique Saxophone Colossus publié en 1956, Sonny Rollins a marqué l’histoire de la musique par son style puissant, novateur et profondément libre, devenant une figure incontournable du hard bop aux côtés de légendes comme Charlie Parker, Miles Davis, Thelonious Monk et John Coltrane.
Né le 7 septembre 1930 à New York dans une famille originaire des Îles Vierges, Theodore Walter Rollins grandit dans le quartier de Harlem, berceau de la culture afro-américaine. Très tôt, son talent l’amène à collaborer avec les plus grands noms du jazz dès le début des années 1950.
Parmi ses œuvres les plus célèbres figure St. Thomas, inspirée de ses racines caribéennes, mais aussi Freedom Suite (1958), album engagé en faveur des droits civiques des Afro-Américains.
Artiste exigeant envers lui-même, Sonny Rollins avait également marqué les esprits en disparaissant volontairement de la scène à la fin des années 1950 pour travailler sa musique dans la solitude, jouant régulièrement sur le pont de Williamsburg à New York, une expérience qui donnera naissance à l’album The Bridge.
Après les attentats du 11 septembre 2001, il avait aussi exprimé, à travers sa musique, la douleur et le traumatisme vécus par les Américains.
Contrairement à de nombreuses figures du jazz de sa génération disparues prématurément, Sonny Rollins aura connu une carrière exceptionnelle de plus de sept décennies, continuant à créer et à se produire malgré des problèmes de santé.
Avec sa disparition, le jazz perd l’un de ses derniers grands architectes historiques, dont l’influence continuera de traverser les générations.
Par Marius Bopenga
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