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Monde

À la UneMonde

La justice française émet un mandat d’arrêt contre Bachar al-Assad

by Ruben Yale 15 novembre 2023
written by Ruben Yale

La justice française a émis un mandat d’arrêt international contre Bachar al-Assad, ont annoncé, mercredi, des plaignants. Le président syrien est accusé de complicité de crimes contre l’humanité pour les attaques chimiques perpétrées à l’été 2013 en Syrie.

Bachar al-Assad dans le viseur de la justice française. Des plaignants ont annoncé, mercredi 15 novembre, qu’un mandat d’arrêt international a été émis mardi contre le président syrien, accusé de complicité de crimes contre l’humanité pour les attaques chimiques perpétrées à l’été 2013 en Syrie.

Une source judiciaire a confirmé l’émission de quatre mandats d’arrêt pour complicité de crimes contre l’humanité et pour complicité de crimes de guerre pour ces attaques au gaz sarin, qui avaient notamment fait plus de 1 000 morts dans la Ghouta orientale le 21 août 2013, selon les renseignements américains. 

Ces mandats visent également le frère redouté de Bachar al-Assad, Maher, chef de facto de la Quatrième division – unité d’élite de l’armée syrienne – ainsi que deux généraux, Ghassan Abbas, directeur de la branche 450 du CERS, et Bassam al-Hassan, officier de liaison et chef de la sécurité.

Des juges d’instruction du pôle crimes contre l’humanité du Tribunal judiciaire de Paris enquêtent depuis avril 2021 sur ces attaques chimiques perpétrées en 2013 en Syrie et imputées au régime de Bachar al-Assad.

L’enquête avait été ouverte après une plainte avec constitution de partie civile par le Centre syrien pour les médias et la liberté d’expression (SCM), Open Society Justice Initiative (OSJI) et Syrian Archive.

« Un précédent judiciaire historique »

Ces investigations, menées au titre de la « compétence extraterritoriale » de la justice française, portent également sur les attaques perpétrées dans la nuit du 4 au 5 août à Adra et Douma – 450 blessés.

« Cette décision constitue un précédent judiciaire historique. C’est une nouvelle victoire pour les victimes, leurs familles et les survivants, ainsi qu’un pas vers la justice et une paix durable en Syrie », a réagi dans un communiqué Mazen Darwish, fondateur et directeur général du SCM.

Il rappelle que la plainte était accompagnée de « témoignages de première main venant de nombreuses victimes », d’une « analyse approfondie de la chaîne de commandement militaire syrienne », ainsi que « de centaines de documents, parmi lesquels des photos et vidéos ».

Le régime syrien est la cible de plusieurs actions en justice lancées en Europe, en particulier en Allemagne.

En France, le premier procès de responsables du régime syrien aura lieu du 21 au 24 mai à Paris : trois hauts responsables du régime de Bachar al-Assad seront jugés pour complicité de crimes contre l’humanité et de délit de guerre, pour la mort de deux citoyens franco-syriens, Mazzen Dabbagh et son fils Patrick, arrêtés en 2013.

Dans une autre procédure, concernant un bombardement à Deraa en 2017, des mandats d’arrêt ont été émis en octobre contre quatre ex-hauts dirigeants de l’armée syrienne.

Déclenché en 2011, le conflit en Syrie a fait plus d’un demi-million de morts et morcelé le pays.

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À la UneMonde

Joe Biden et Xi Jinping, des retrouvailles pour garder la rivalité sous contrôle

by Ruben Yale 15 novembre 2023
written by Ruben Yale

Le président américain Joe Biden et son homologue chinois Xi Jinping vont se retrouver en tête-à-tête, mercredi, près de San Francisco en marge du sommet de l’Apec. Les deux hommes souhaitent montrer que la rivalité entre leurs deux pays reste sous contrôle.

La réunion ne débouchera peut-être sur rien de concret, et ce n’est pas grave : pour Joe Biden et Xi Jinping, l’essentiel, mercredi 15 novembre, sera d’assurer que la relation sino-américaine, tendue à l’extrême, reste sous contrôle.

Le président américain doit s’entretenir avec son homologue pendant plusieurs heures, à proximité de San Francisco, en Californie, en marge d’un sommet de l’Apec, la Coopération économique pour l’Asie-Pacifique.

Selon Voice of America, la rencontre, prévue à 18 h 45 GMT, se déroulera dans un domaine huppé et bucolique, à une quarantaine de kilomètres du fameux pont du Golden Gate.

« Le président Xi est un autre exemple de la manière dont le rétablissement du leadership américain dans le monde est en train de s’imposer. Ils ont de vrais problèmes », a affirmé Joe Biden lors d’une collecte de fonds, la veille de son entretien avec son homologue chinois.

Pas de « découplage »

Juste avant ce tête-à-tête, le second en personne depuis l’élection du démocrate de 80 ans, le ton se voulait pourtant conciliant. « Nous n’essayons pas de nous découpler de la Chine », a assuré, mardi, Joe Biden, pour qui l’objectif est d’ « être capables de prendre le téléphone et de se parler s’il y a une crise ». « Nous nous opposons à une définition des relations sino-américaines en termes de concurrence », a même dit une porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères .

Les deux dirigeants, qui se connaissent depuis plusieurs années, avaient discuté pendant trois heures en marge d’un sommet du G20, en Indonésie, il y a un an. La relation a depuis tourné à l’aigre, en particulier avec le survol du territoire américain par un ballon chinois en début d’année. Joe Biden a irrité Pékin en soulignant en février les « énormes problèmes » que rencontre, selon lui, la Chine au plan économique.  

Une stratégie d' »encerclement »

En mars, Xi Jinping a critiqué, avec une virulence rare, une stratégie américaine d' »encerclement » alors que Washington muscle ses alliances en Asie-Pacifique. La Chine dénonce les sanctions que lui imposent les États-Unis dans le domaine technologique, tandis que Washington s’insurge contre les actions « provocatrices » de Pékin en mer de Chine méridionale. 

Même la fameuse « diplomatie du panda » a fait les frais du coup de froid : le 8 novembre, les trois pandas géants du zoo de Washington sont repartis pour la Chine, signant la fin d’une pratique animalo-diplomatique débutée en 1972. 

Le ton entre Washington et Pékin s’est toutefois suffisamment radouci à l’été pour permettre l’organisation du face-à-face californien.

Israël, Ukraine

Joe Biden « veut s’assurer que nous gérons cette relation bilatérale tellement importante de la manière la plus responsable possible », a dit, mardi, un porte-parole de la Maison Blanche, John Kirby.

Surtout avant une année 2024 potentiellement tumultueuse, avec une élection présidentielle à Taïwan, et aux États-Unis – à laquelle Joe Biden se présente. Le statut de l’île, dont Pékin revendique la souveraineté, et à laquelle Washington fournit une conséquente assistance militaire, reste un sujet de friction central.

Les États-Unis demandent aussi à la Chine de ne pas envenimer les grandes crises internationales, et en particulier la guerre entre Israël et le Hamas, que Joe Biden ne veut surtout pas voir s’étendre. « Ils ont dans la région des lignes de communication que nous n’avons pas », a dit John Kirby, en référence à la relation entre Pékin et l’Iran.

Pour ce qui concerne l’Ukraine, les États-Unis n’escomptent certes pas que la Chine coupe les ponts avec la Russie, mais espèrent au moins qu’elle s’abstienne de lui livrer des armes.

Un groupe de travail sur l’action commune pour le climat

Mardi, à la veille de la rencontre entre les deux hommes, la Chine et les États-Unis ont annoncé la prochaine création d’un groupe de travail sur la coopération en matière climatique, à quelques semaines de la conférence internationale sur le climat (COP28).

Ce groupe de travail se concentrera sur « la transition énergétique, le méthane, l’économie circulaire et l’efficacité des ressources, les provinces/États et villes à faible émission de carbone et durables, et la déforestation », ont indiqué dans une déclaration commune les médias d’État chinois et le département d’État américain. Les membres du groupe mèneront « un dialogue et une coopération afin d’accélérer les actions concrètes en faveur du climat », selon le texte.

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Royaume-Uni: Suella Braverman, ministre de l’Intérieur, limogée, David Cameron nommé aux Affaires étrangères

by Sam's Londele 13 novembre 2023
written by Sam's Londele

Suella Braverman a mis en cause, la semaine dernière, l’impartialité des forces de police. Elle leur reprochait d’avoir autorisé une manifestation pro-palestinienne, provoquant une énième polémique depuis sa nomination. James Cleverly, actuel ministre des Affaires étrangères, la remplacera, a fait savoir Downing Street. 

La rumeur enflait depuis des jours au Royaume-Uni : le remaniement ministériel a donc bien eu lieu. La ministre de l’Intérieur Suella Braverman a été démise de ses fonctions et remplacée par le ministre des Affaires étrangères, James Cleverly. 

Suella Braverman au cœur de la tempête

La ministre de l’Intérieur est une personnalité clivante, explique la correspondante de RFI à Londres, Emeline Vin. Mais la goutte d’eau qui a fait déborder le vase, c’est la semaine passée : elle avait critiqué à plusieurs reprises la gestion des manifestations pro-palestiniennes par la police londonienne. Au cours du week-end, des débordements se sont bien produits, mais en marge des commémorations du 11-Novembre et de la part de groupuscules d’extrême droite.

C’est loin d’être la première polémique de Suella Braverman. Rishi Sunak l’avait pourtant maintenue à son poste, pour se protéger de sa capacité de nuisance et en tant que caution envers la droite du Parti conservateur. Mais en multipliant les sorties offensives, la ministre est devenue plus dangereuse au sein du gouvernement qu’à l’extérieur. C’est la deuxième fois que Suella Braverman est démise de ses fonctions à l’Intérieur : Liz Truss l’avait renvoyée en 2022 pour avoir enfreint le code ministériel. Ce lundi matin, Suella Braverman écrit que ce poste « avait été le plus grand honneur de sa vie » et qu’elle s’exprimerait davantage « en temps voulu ». 

Le retour de David Cameron

James Cleverly devient donc, à sa place, ministre de l’Intérieur. Le changement de poste de cette figure du gouvernement, âgé de 54 ans, déclenche donc un remaniement plus large puisqu’il était lui-même l’actuel ministre des Affaires étrangères. C’est l’ex-Premier ministre britannique David Cameron (57 ans) qui fait son retour au gouvernement en prenant la tête de la diplomatie britannique. Un retour en politique aussi spectaculaire qu’inattendu pour celui qui avait déclenché le référendum sur le Brexit en 2016, a annoncé Downing Street.

 Afin de pouvoir entrer au gouvernement alors qu’il n’était plus député, David Cameron a été nommé à la Chambre haute du Parlement britannique, celle des Lords, toujours selon Downing Street, qui a, en outre, annoncé que le ministre des Finances Jeremy Hunt serait maintenu à son poste.

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Rival de Donald Trump, le républicain Tim Scott se retire de la course à la Maison Blanche

by Ruben Yale 13 novembre 2023
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Après le retrait de l’ancien vice-président des États-Unis, Mike Pence, l’abandon du sénateur républicain Tim Scott, qui a annoncé, dimanche, mettre fin à sa campagne, laisse la voix libre pour Donald Trump dans la course à l’investiture républicaine pour la présidentielle américaine de 2024.

Le dernier rival de Donald Trump jette l’éponge. Le sénateur américain Tim Scott s’est retiré, dimanche 12 novembre, de la course à l’investiture républicaine pour la présidentielle de 2024.

Cet élu de Caroline du Sud, qui rêvait ouvertement de devenir le premier président républicain noir de l’histoire des États-Unis, n’a pas réussi à faire décoller sa campagne pour se hisser dans le peloton de tête des aspirants républicains.

Crédité de la sixième place à l’investiture républicaine, avec 2,5 % d’appuis selon la moyenne des derniers sondages compilés par le site spécialisé RealClearPolitics, TimScott a mis fin à sa campagne en disant que les électeurs lui avaient envoyé un message clair.

Donald Trump en tête

Jouant sur sa foi chrétienne et ses valeurs conservatrices, Tim Scott avait annoncé en mai se lancer officiellement dans la campagne à l’investiture républicaine après avoir passé des mois à visiter des États clés pour sa campagne. 

Il faisait partie des cinq candidats présents au troisième débat télévisé des républicains, mercredi dernier, où le favori Donald Trump, caracolant à 58 % d’appuis dans sa propre famille politique malgré ses inculpations, a brillé une nouvelle fois par son absence.

En se retirant de la campagne, Tim Scott emboîte le pas à l’ancien vice-président des États-Unis, Mike Pence, plus important rival de Donald Trump à avoir jeté l’éponge, fin octobre. 

Pas de soutien à un autre candidat

Tim Scott a affirmé, dimanche soir, n’avoir aucune intention à ce stade d’être un éventuel colistier pour la présidentielle du 5 novembre 2024.

« Être vice-président n’a jamais été à mon programme pour cette campagne et ce n’est certainement pas (une option, NDLR) pour le moment », a-t-il déclaré, en refusant de soutenir un autre candidat.

À un an de la présidentielle, des sondages placent Donald Trump, favori de la primaire républicaine, en tête des intentions de vote dans des États clés face à l’actuel président, le démocrate Joe Biden.

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En Colombie, le père du footballeur de Liverpool Luis Diaz libéré par la guérilla ELN

by Ruben Yale 10 novembre 2023
written by Ruben Yale

Le père du footballeur de Liverpool Luis Diaz, qui avait été enlevé le 28 octobre en Colombie par la guérilla de l’Armée de libération nationale (ELN), a été libéré jeudi matin. Ce rapt avait jeté une ombre sur le processus de paix entamé il y a près d’un an entre l’ELN et le gouvernement colombien.

Le soulagement pour la famille de Luis Diaz. Le père du footballeur du club anglais de Liverpool, enlevé le 28 octobre en Colombie par la guérilla de l’Armée de libération nationale (ELN), a été libéré jeudi 9 novembre et a pu rentrer chez lui.

Accompagné d’une mission humanitaire, Luis Manuel Diaz a atterri en hélicoptère en fin de matinée à l’aéroport de Valledupar, dans le nord du pays, près du massif montagneux de Serrania del Perija où il a été libéré plus tôt par les rebelles. Il a ensuite été escorté par la police à 90 km de là, dans sa ville de Barrancas, près de la frontière avec le Venezuela, où il avait été enlevé avec son épouse, libérée pour sa part quelques heures plus tard.

Des voisins l’attendaient au son de tambours et trompettes devant sa maison.

« Je tiens à remercier tous les gens (…) pour le grand soutien qu’ils ont apporté à ma famille. Je les aime beaucoup, j’aurai bientôt l’occasion de les serrer dans mes bras », a déclaré Luis Manuel Diaz après son arrivée, selon des images diffusées par Blu Radio.

« Vive la liberté et la paix ! », a réagi le président de gauche Gustavo Petro sur les réseaux sociaux. De son côté, le club anglais de Liverpool s’est dit « ravi d’apprendre le retour sain et sauf du père de @LuisFDiaz19 » et remercie « tous ceux qui ont contribué à sa libération ».

We are delighted by the news of @LuisFDiaz19's father's safe return and we thank all those involved in securing his release ❤️ https://t.co/oBp8Nw7lh9

— Liverpool FC (@LFC) November 9, 2023

Allongé sur un lit, la jambe droite bandée, Luis Manuel Diaz, 56 ans, a également remercié les militaires : « Ce que vous avez fait a permis une libération rapide, car l’enlèvement durait depuis longtemps », a-t-il déclaré au colonel Giovanni Montañez, responsable des recherches, dans une vidéo diffusée par la presse locale.

« Nous sommes heureux (…). Il n’est pas comme nous l’aurions voulu, mais il va bien, il est vivant », a déclaré sa fille, Aracelys Diaz.

Plus de 250 policiers et militaires ont été mobilisés par voie terrestre et aérienne pour les recherches. Dimanche, l’ELN avait cependant estimé que cette présence militaire rendait difficile sa libération « rapide et sûre ». L’armée a ainsi retiré ses troupes lundi.

Un coup porté à la « paix totale »

Ce rapt a mis en péril le processus de paix entamé il y a près d’un an entre l’ELN et le gouvernement, ainsi que le cessez-le-feu bilatéral de six mois en vigueur depuis le 3 août.

Gustavo Petro avait estimé la semaine dernière que cet enlèvement avait rompu la « confiance » entre les parties. Le commandant militaire de la dernière guérilla reconnue en Colombie, Antonio Garcia, avait lui-même admis samedi une « erreur ».

Jusqu’à cette fin heureuse, l’enlèvement a constitué un nouveau revers pour la politique de « paix totale » du président Petro, qui vise à désarmer tous les groupes illégaux du pays par le dialogue.

Dimanche, la principale faction de la dissidence de l’ancienne guérilla des Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc), qui a rejeté l’accord de paix de 2016, a annoncé la suspension de sa participation au dialogue avec le gouvernement entamé en octobre.

Malgré le désarmement de la majeure partie des Farc en 2016, le conflit armé dans le pays se poursuit après six décennies de violence qui ont fait quelque 9,5 millions de victimes.

Le business des rançons

En six décennies de conflit civil, la Colombie a enregistré quelque 38 000 enlèvements, principalement par les groupes armés qui financent leurs opérations grâce à l’argent des rançons et au narcotrafic, la Colombie étant le premier producteur de cocaïne au monde.

L’un des cas les plus emblématiques est l’enlèvement de la Franco-Colombienne Ingrid Betancourt, ancienne candidate à la présidence colombienne, qui a été détenue pendant six ans par les Farc jusqu’à son sauvetage par l’armée en 2008.

De janvier à septembre, 245 enlèvements ont été enregistrés en Colombie, une trentaine de personnes étant aux mains de l’ELN, d’après des sources officielles.

L’international colombien Luis Diaz, qui avait fait part de son « angoisse » sur les réseaux sociaux avant la libération de son père, a disputé jeudi une rencontre d’Europa League, perdue à Toulouse (3-2), son club Liverpool ayant annoncé sa titularisation peu après l’heureux dénouement.

Il a rejoint Liverpool en janvier 2022 en provenance du club portugais de Porto, pour un transfert d’un montant de 60 millions d’euros. C’est la première fois qu’un indigène colombien accède à l’élite du football mondial, dans un pays où 4,4 % de la population appartient à une communauté indigène.

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Guerre Israël-Hamas : l’armée américaine joue les équilibristes de la dissuasion

by Ruben Yale 10 novembre 2023
written by Ruben Yale

Les forces aériennes américaines ont frappé, mercredi, des cibles en Syrie pour la deuxième fois en quinze jours. Des démonstrations de force censées être dissuasives, mais la frontière avec une escalade du conflit reste ténue.

On ne peut plus parler d’exception. L’armée américaine vient à nouveau, mercredi 8 novembre, de frapper des cibles liées à l’Iran en Syrie. C’est la deuxième fois en moins de deux semaines que les avions américains interviennent militairement dans cette région. Ces attaques illustrent le difficile exercice d’équilibriste auquel les États-Unis s’adonnent pour protéger leurs intérêts dans la région, sans pour autant contribuer à envenimer encore davantage la guerre entre Israël et le Hamas, qui menace de se transformer en affrontement régional.

Washington semble avoir pesé chaque mot de son annonce pour limiter le risque d’escalade des tensions à la suite de cette nouvelle frappe aérienne. “Les forces armées américaines ont procédé à une frappe de légitime défense contre une installation dans l’est de la Syrie utilisée par le Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) de l’Iran et des groupes affiliés”, a souligné la Maison Blanche.

Le moins de dégâts possible

Les responsables américains ont même assuré un service médiatique après vente pour insister encore davantage sur l’aspect limité de cette opération militaire. “Nous sommes vraiment certains qu’il n’y a pas eu de victimes civiles lors de cette frappe”, a affirmé un militaire américain sous couvert d’anonymat à la chaîne américaine CNN. Il a ajouté que les États-Unis avaient évidemment “utilisé la ligne de déconfliction [avec la Russie, NDLR]” en amont de cette frappe. Un terme qui fait référence à la ligne de communication spéciale mise en place entre Moscou et Washington pour éviter toute mauvaise surprise militaire en Syrie.

“C’était clairement un acte de dissuasion car la frappe a été calibrée dans l’intention de faire le moins de dégâts possible, alors qu’en temps de guerre le but est, bien sûr, de maximiser la destruction”, résume Robert Geist Pinfold, spécialiste des questions sécuritaire et militaire en Israël à l’université de Durham.

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Les deux frappes aériennes américaines effectuées depuis le début de la guerre entre Israël et le Hamas visaient à chaque fois des dépôts de munitions et caches d’armes de groupes liés à l’Iran, selon les services américains de renseignement qui n’ont pas précisé lesquels. “C’est ce qu’on appelle des cibles de basse intensité”, reconnaît Veronika Poniscjakova, experte des questions militaires au Moyen-Orient à l’université de Portsmouth. Le risque de dommages collatéraux et de victimes humaines restent faibles. D’autant plus que “l’armée américaine a tenu à préciser qu’ils avaient attendu le soir pour s’assurer que le personnel avait quitté les lieux”, souligne Robert Geist Pinfold.

L’armée américaine sait qu’elle avance en terrain miné depuis l’envoi de ses porte-avions et de plus de 1 000 soldats au sol dans la région. Officiellement, cette démonstration de force vise “principalement à dissuader le Hezbollah et l’Iran d’ouvrir un nouveau front contre Israël”, note Veronika Poniscjakova.

Mais la simple présence d’un tel contingent américain au large des côtes israéliennes “accroît les tensions et multiplie les risques d’incidents”, précise Robert Geist Pinfold. Cette projection de puissance militaire est perçue comme la démonstration du soutien américain à l’effort de guerre israélien et renforce la légitimité des attaques contre les intérêts américains dans la région pour les groupes combattants pro-iraniens.

Limites de la dissuasion « made in America »

Militairement, les États-Unis se retrouvent ainsi avec une double dissuasion à gérer. Empêcher les attaques contre ses positions au Moyen-Orient et “tout faire pour que la guerre soit circonscrite à la bande de Gaza”, résume Robert Geist Pinfold.

Le problème est que “la dissuasion ne fonctionne que si en face on a affaire à des acteurs rationnels dont on peut anticiper les réactions, ce qui n’est pas forcément le cas avec les groupes et mouvements pro-iraniens, comme le Hezbollah ou les Houthis au Yémen”, note Veronika Poniscjakova.

Hassan Nasrallah, le leader du Hezbollah, a ainsi affirmé, dans son allocution du 3 novembre, la première depuis les attaques meurtrières en Israël du 7 octobre, qu’il “ne se sentait pas menacé par la présence des navires de guerre américains” et que son mouvement était “préparé à faire face”. “C’est une manière d’indiquer que le Hezbollah ne s’interdit pas de recourir aux missiles antinavires dont il dispose”, assure Veronika Poniscjakova.

Autre exemple des limites de la dissuasion “made in America” : la première frappe aérienne en Syrie, effectuée le 26 octobre, n’a pas découragé les attaques contre les “intérêts américains”… au contraire. Il y a eu une quarantaine de frappes contre des bases ou des drones américains depuis le 7 octobre et “22 ont eu lieu à la suite de la première frappe aérienne américaine”, souligne le New York Times. En outre, “les milices pro-iraniennes utilisent des explosifs plus puissants dorénavant pour viser les bases américaines”, poursuit le quotidien nord-américain.

“D’habitude, il y a une sorte d’équilibre de la dissuasion, ce qui veut dire que les deux camps s’accordent tacitement sur ce qui est militairement toléré – le type d’attaques et où elles peuvent avoir lieu – sans entraîner d’escalade. Là on a l’impression que ce point d’équilibre n’a pas été trouvé”, note Robert Geist Pinfold. Autrement dit, chacun testerait les limites de l’autre.

La ligne rouge

Selon l’expert, il faut donc s’attendre à d’autres démonstrations de force américaine et d’attaques contre leurs intérêts qui vont “conduire à une lente escalade des tensions plutôt qu’à une explosion”.

Le tout est de ne pas franchir la ligne rouge. “Pour les États-Unis, cela signifie avant tout de ne pas débarquer de troupes au sol”, estime Veronika Poniscjakova. En face, tant que des missiles ne tombent pas sur une ville israélienne, qu’il n’y a pas de victimes américaines ou que “le Hezbollah ne vise pas les navires américains, il est possible d’éviter un embrasement de la région”, ajoute-t-elle

“C’est un jeu extrêmement dangereux car il y a énormément de variables qu’il est impossible de maîtriser à 100 % dans chaque attaque”, affirme Robert Geist Pinfold. Ainsi, les États-Unis dépendent de la qualité des renseignements récoltés – toujours faillibles – pour éviter de faire des victimes lors de leurs frappes. “Lorsque les Houthis envoient des missiles sur le territoire israélien, ils s’attendent à ce qu’ils soient interceptés. Mais là encore ce n’est jamais sûr à 100 %, et si un tel projectile tombait sur une ville israélienne, il y aurait probablement une escalade du conflit”, conclut Robert Geist Pinfold.

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Syrie: l’aviation américaine frappe un site lié à l’Iran dans l’est du pays

by Sam's Londele 9 novembre 2023
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Le secrétaire américain à la Défense Lloyd Austin a annoncé, ce jeudi 9 novembre, que l’aviation des États-Unis a mené – la veille – des raids contre des installations de stockage d’armes des Gardiens de la révolution iraniens et de groupes affiliés dans l’est de la Syrie. L’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH) a affirmé que ces frappes ont fait au moins neuf morts dont trois syriens.

Des avions américains ont tiré, mercredi 8 novembre vers minuit, quatre missiles contre des cibles à la périphérie est de la ville syrienne de Deir Ezzor, près de la frontière avec l’Irak. Le Pentagone et l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH) ont indiqué que les raids ont visé des entrepôts d’armes appartenant aux Gardiens de la révolution iraniens et à des groupes affiliés.

Une boulangerie et des installations de stockage vides

La chaîne panarabe al-Mayadeen, proche de Damas et de Téhéran, a précisé que les missiles ont touché une boulangerie et des installations de stockage vides. Cette attaque intervient après la multiplication des attaques aux roquettes et aux drones contre des bases américaine en Syrie et en Irak, visées une quarantaine de fois depuis le 17 octobre, selon des sources du Pentagone. Ces attaques sont revendiquées par la « résistance islamique en Irak », une coalition qui regroupes des mouvements pro-iraniens soutenus par l’Iran.

Rien que mercredi, trois sites militaires américains ont été attaqués en Syrie. La veille, la plus grande base américaine dans ce pays, située dans le champ pétrolier d’al-Omar, dans la province orientale de Deir Ezzor, a été touchée à trois reprises, selon les groupes irakiens. L’Observatoire syriens des droits de l’homme a rapporté que les bases américaines en Syrie ont été la cible de 26 attaques depuis le 19 octobre 2023.

« Il faut éradiquer »la présence américaine 

Un haut responsable américain, cité par les agences de presse internationales, a indiqué que les raids aériens de mercredi étaient accompagnés d’« une communication  claire aux Iraniens via différents canaux ». Le message demande à Téhéran d’ordonner à ses alliés de cesser les attaques anti-américaines. La réponse est venue jeudi de la bouche d’Ibrahim al-Kaabi, chef de l’un des principaux  groupes pro-iraniens en Irak : « Avec l’occupation américaine, il n y a pas de solution politique, il faut éradiquer cette présence », a-t-il dit.

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Guerre Israël-Hamas : le Qatar, un acteur clé des négociations autour des otages

by Ruben Yale 9 novembre 2023
written by Ruben Yale

Le Qatar négocie la libération d’une dizaine d’otages, « pour moitié des Américains », détenus par le Hamas dans la bande de Gaza, en échange « d’une trêve humanitaire de trois jours ». C’est en tout cas ce qu’affirme, mercredi 8 novembre, une source proche du mouvement palestinien à nos confrères de l’AFP. Ce qui confirme, une nouvelle fois, le rôle clé mais aussi complexe de la monarchie du Golfe.

Une libération d’otages en échange d’une trêve humanitaire à Gaza : c’est le premier objectif visé par la médiation que serait en train de mener le Qatar actuellement « en coordination avec les États-Unis ». Peu d’informations ont fuité, pour l’instant, compte-tenu de la sensibilité du dossier.

Mais depuis le 7 octobre, l’émirat joue en tout cas un rôle clé de médiateur entre le Hamas et Israël. Doha avait d’ailleurs déjà négocié la libération de quatre otages, dont deux Américaines, il y a un peu plus de quinze jours. Un rôle que le pays entend bien poursuivre mais qui pourrait être « compromis » à cause de « l’extension des attaques israéliennes » sur la bande de Gaza, avait averti la semaine dernière le ministère des Affaires étrangères qatarien.

C’est donc aussi un rôle complexe que joue le Qatar. Officiellement, l’émirat n’entretient pas de relations diplomatiques officielles avec Israël, mais est un partenaire clé des États-Unis, puisque Washington l’avait désigné l’année dernière comme allié majeur non-membre de l’Otan. La monarchie héberge par ailleurs un bureau politique du Hamas, groupe avec lequel il entretient aussi des relations financières.

Nicolas Keraudren

RFI via CONGO PUB Online

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À la UneMonde

États-Unis: Donald Trump tente d’éclipser le troisième débat républicain avant la primaire

by Ruben Yale 9 novembre 2023
written by Ruben Yale

Donald Trump a encore snobé ses rivaux, tous loin derrière lui dans les sondages. L’ancien président est allé jusqu’à les narguer, le 8 novembre, en tenant un meeting à la même heure et dans la même ville, à Miami, devant des fans galvanisés.

Toujours au premier rang, elle en est à son 46e meeting de Donald Trump et ne s’en lasse pas. Sur son T-shirt, Sharon Anderson, 67 ans, arbore fièrement la photo judiciaire de l’ancien président : son désormais célèbre « mugshot ». « Donald Trump souffre le martyre pour ce pays », dit cette grand-mère venue du Tennessee pour voir Trump à Miami, car Sharon en est convaincue : ses inculpations ne viseraient qu’à l’empêcher de se présenter. « Il est poursuivi, persécuté, estime-t-elle. Tout ça vise uniquement à l’assassiner politiquement. »

Dans ces conditions, inutile d’interroger Sharon sur les autres candidats républicains qui – au même moment – tiennent leur débat télévisé dans la même ville de Miami en l’absence de Trump qui continue de les snober souverainement : « Il n’y a qu’un homme sur cette planète pour sauver ce pays du désastre et il s’appelle Donald Trump. »

Favori

Un discours représentatif de la majorité des républicains à deux mois du début de la primaire. Sondage après sondage, Donald Trump écrase l’ensemble de rivaux malgré ses quatre inculpations, caracolant autour de 58% des intentions de vote.

Entouré de sa marée de casquettes rouges, l’ancien homme d’affaires n’a évoqué que rapidement le sort de ses rivaux républicains, préférant se projeter déjà dans un possible duel avec le président octogénaire Joe Biden. « Son problème n’est pas son âge, ils font que dire ça », a jugé le républicain. « Son problème est qu’il est complètement incompétent », a-t-il tancé.

Les candidats républicains à l’élection de 2024 s’affronteront lors d’une série de primaires à partir du 15 janvier prochain.

David Thomson

RFI via CONGO PUB Online

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France: Nicolas Sarkozy de retour face à la justice pour le financement de sa campagne en 2012

by Ruben Yale 8 novembre 2023
written by Ruben Yale

Du 8 et jusqu’au 30 novembre, Nicolas Sarkozy retourne devant les juges, cette fois, c’est pour le procès en appel du financement illégal de sa campagne présidentielle de 2012, dit Bygmalion. En première instance, en 2021, l’ancien président avait écopé d’un an de prison ferme.

Le procès s’est ouvert à la mi-journée ce mercredi à Paris. L’ancien président, en costume gris, est apparu décontracté avant l’ouverture de l’audience, discutant avec certaines personnes du public présentes dans la salle. Il avait été condamné en première instance, en septembre 2021, à un an de prison ferme pour avoir dépassé le plafond légal de dépenses de sa campagne, la peine maximale alors prévue par la loi.

Nicolas Sarkozy a toujours tout nié en bloc :  « Une fable », s’était-il emporté à la barre lors de son premier procès. Au cœur de l’affaire se trouve le financement de sa campagne présidentielle de 2012. L’ancien chef de l’État est accusé d’avoir fermé les yeux, tout en étant au courant que la société d’événementiel Bygmalion facturait à l’UMP, et sous divers intitulés, une partie des somptueux meetings du candidat Sarkozy.

Un tour de passe-passe puisque les dépenses de campagne n’étant pas réglées avec le budget du candidat, elles restaient inférieures au plafond autorisé par la loi. Mais en réalité, la campagne de Nicolas Sarkozy aura coûté près de 43 millions d’euros, le double du montant légal autorisé à l’époque.

Douze anciens cadres de campagnes rejugés aussi à Paris

Douze anciens cadres de sa campagne – membres de l’UMP à l’époque ou de la société Bygmalion – seront rejugés à Paris pour complicité de  « financement illégal de campagne », mais aussi pour faux, escroquerie, abus de confiance ou complicité de ces infractions. Révélé deux ans après la défaite de Nicolas Sarkozy en 2012, le scandale avait entraîné des déflagrations politiques en série à droite.

L’ex-chef de l’État, âgé de 68 ans, devrait être présent pour les temps forts du procès, après s’être fait épingler pour son absence en première instance par le parquet. Il ne s’était alors déplacé que le jour de son interrogatoire et la procureure y avait vu une « totale désinvolture », démontrant que le prévenu s’estimait « au-dessus de la mêlée ».

Une autre comparution pour corruption en 2025

En première instance, l’ancien président avait écopé d’un an de prison ferme pour financement illégal de campagne électorale.  Une peine plus lourde que ce qui avait été requis par le parquet. À l’issue de cet appel, l’ancien président pourrait là encore écoper d’une peine plus lourde qu’en première instance.

Mais Nicolas Sarkozy est loin d’en avoir fini avec les tribunaux. Il comparaîtra notamment pour corruption en 2025 pour les soupçons de financement libyen de sa précédente campagne présidentielle, celle, victorieuse, de 2007, et a formé un recours contre sa condamnation en appel à trois ans de prison, dont une ferme, dans une affaire de corruption d’un haut magistrat. Il vient par ailleurs d’être inculpé début octobre dans un volet de l’affaire libyenne lié à la rétractation de l’intermédiaire franco-libanais Ziad Takieddine.

RFI via CONGO PUB Online

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