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Monde

À la UneMonde

En guerre contre le Hamas, Israël tenté d’ouvrir un second front contre le Hezbollah ?

by Ruben Yale 22 décembre 2023
written by Ruben Yale

L’armée israélienne a augmenté sa pression sur les combattants du mouvement islamiste Hezbollah au Liban depuis quelques jours. Des ministres israéliens évoquent aussi de plus en plus ouvertement la possibilité d’une offensive de plus grande ampleur au nord. Alors même que l’armée israélienne se bat déjà contre le Hamas à Gaza ?

C’était perçu par Israël comme le scénario catastrophe depuis le début de la guerre contre le Hamas à Gaza, le 7 octobre. L’ouverture d’un second front à la frontière libanaise contre le Hezbollah, mouvement islamiste politico-militaire pro-iranien, était redoutée par l’État hébreu et crainte par les États-Unis, principal allié d’Israël. Washington avait même envoyé deux porte-avions au large du Liban pour tenter d’intimider le Hezbollah.

Pourtant, la rhétorique semble avoir évolué à Tel Aviv, et l’armée israélienne se montre de plus en plus entreprenante au nord. Le très droitier ministre israélien de la Défense, Yoav Gallant, a assuré le 6 décembre qu’Israël était prêt à « utiliser tous les moyens nécessaires pour repousser le Hezbollah plus loin de la frontière ». Même Benny Gantz, le leader de l’opposition qui a rejoint le gouvernement le temps de la guerre contre le Hamas, a abondé dans le sens des faucons de droite en assurant, le 16 décembre, qu’Israël « saurait faire reculer » le mouvement pro-Iranien. 

« Situation tendue » et une « certaine retenue »

En parallèle de ce discours plus va-t-en guerre qu’auparavant, l’armée israélienne a intensifié ses frappes. Elle a ainsi visé un « centre de commandement » du Hezbollah dans le sud du Liban, mercredi 20 décembre. « Ce n’est pas la première fois, mais ce n’est pas un type de cible qu’Israël a l’habitude de viser », assure Omri Brinner, analyste israélien et spécialiste de la géopolitique du Moyen-Orient à l’International Team for the Study of Security Verona (ITSS), un collectif international d’experts des questions de sécurité internationale. 

Le Hezbollah envoie aussi presque quotidiennement des obus le long de la frontière. La « situation actuelle est vraiment tendue, avec un nombre de victimes des deux côtés – même s’il est plus important pour le Hezbollah – qui ne fait qu’augmenter », résume Filippo Dionigi, spécialiste du Hezbollah à l’université de Bristol, en Angleterre. « S’il n’y avait pas une guerre en cours au sud, les échanges de tirs actuels à la frontière libanaise auraient déjà débouché sur un conflit ouvert entre Israël et le Hezbollah », ajoute Omri Brinner.

Mais pour l’instant, « les deux camps font preuve d’une certaine retenue en refusant encore l’escalade », confirme Filippo Dionigi. Dans ce contexte, les récentes déclarations des responsables israéliens et les tirs de Tsahal inquiètent Washington au plus haut point. « Si Israël n’a pas encore mené d’attaque au sol contre les positions du Hezbollah au Liban, c’est à cause de l’intense pression exercée par l’allié américain », assure Clive Jones, directeur de l’Institute for Middle Eastern and Islamic Studies de l’université de Durham.

Car la plupart des experts régionaux s’accordent à dire que « la décision de transformer cette situation en guerre ouverte dépend principalement d’Israël », affirme au Guardian Randa Slim, directrice chargée de la gestion des conflits au Middle East Institute à Washington. Sur la même longueur d’onde, Filippo Dionigi détaille : « Les grandes puissances internationales qui ont un intérêt dans la région – États-Unis, France, Union européenne – ne veulent pas voir une crise régionale éclater, le Hezbollah risque gros en terme de pertes et d’image au Liban s’il est perçu comme ayant entraîné le pays dans une guerre. » Quant à l’Iran, la puissance tutélaire du Hezbollah, « elle préfère mener une guerre d’attrition contre Israël », ajoute l’expert de l’université de Bristol.

De son côté, l’État hébreu « a revu ses priorités sécuritaires, y compris au nord, depuis l’attaque du Hamas sur le sol israélien du 7 octobre », souligne Omri Brinner. Israël a décidé de « déplacer environ 200 000 citoyens qui se trouvaient près de la frontière libanaise à cause du risque d’être à portée de feu du Hezbollah », souligne Clive Jones. Les autorités israéliennes affirment que ces individus ne peuvent pas retourner chez eux tant que le Hezbollah n’a pas reculé.

Du temps pour les diplomates

« Il n’y a donc que deux options aux yeux d’Israël : soit une retrait négocié, soit, à défaut, un retrait imposé par la force », résume Ahron Bregman, politologue et spécialiste du conflit israélo-palestinien au King’s College de Londres.

Pour cet expert, la diplomatie a encore un peu de temps pour accoucher d’une solution. « Les Israéliens se plaignent, par exemple, que le Hezbollah ne s’est jamais retiré au nord de la rivière Litani (à 30 km de la frontière israélienne), en accord avec la résolution 1701 des Nations unies », souligne Clive Jones. L’Onu n’a, en effet, jamais réussi à faire respecter par le Hezbollah ce texte adopté en 2006 censé garantir la fin des hostilités entre Israël et le mouvement islamiste pro-Iranien.

Une autre solution, qui a la faveur des États-Unis, serait la création d’une zone tampon à la frontière entre le Liban et Israël, ce qui « forcerait le Hezbollah à reculer de plusieurs kilomètres », note Filippo Dionigi.

Reste que ces combattants pro-Iraniens vont avoir du mal à accepter un quelconque retrait. « Ils ont déjà fait savoir qu’ils ne bougeront pas tant que la guerre continuera à Gaza. Et comme ils ont déjà perdu une centaine de combattants depuis le 7 octobre, ils ne vont pas se retirer sans obtenir une contrepartie », assure Filippo Dionigi.

Pas sûr que le gouvernement israélien soit prêt à la moindre concession. « Ce qu’il faut bien comprendre c’est que l’armée israélienne est maintenant convaincue qu’une nouvelle guerre contre le Hezbollah, et aussi l’Iran, est inévitable. Peut-être pas demain ou la semaine prochaine, mais bientôt. Et tant qu’à faire, mieux vaut attaquer rapidement plutôt que prendre le risque d’attendre et de se retrouver avec un ennemi iranien qui, d’après eux, va inévitablement devenir une puissance nucléaire prochainement », explique Omri Brinner.

Une guerre aux conséquences « catastrophiques » 

Si nécessaire, l’État hébreu préfèrerait une guerre sur deux fronts plutôt que d’avoir à affronter un ennemi soutenu par une puissance nucléaire. Mais une telle guerre « serait catastrophique pour tous. Le Hezbollah, avec ses plus de 150 000 missiles, a la capacité d’infliger d’énormes dommages à Israël, et l’État hébreu peut causer des dégâts terribles à Beyrouth et aux infrastructures libanaises », résume Ahron Bregman.

Sans compter le coût humain… et donc politique pour Israël. « Est-ce que les Israéliens sont prêts à accepter bien plus de morts, surtout parmi les réservistes, puisque la plupart des troupes régulières sont déjà engagées à Gaza ? » s’interroge Clive Jones. 

C’est pourquoi le scénario le plus probable est qu’Israël et le Hezbollah laissent la porte ouverte aux négociations le plus longtemps possible. D’autant plus pour l’État hébreu, qui veut prouver à son allié américain qu’une éventuelle guerre ouverte n’aurait lieu qu’en dernier ressort. 

Mais en attendant, les deux adversaires vont continuer « leur guerre de faible intensité faite de tir d’obus et frappes aériennes », assure Ahron Bregman. Et plus elle durera, « plus le risque augmente que l’un des deux camps franchisse la ligne rouge de l’autre… par accident », souligne Filippo Dionigi. L’escalade serait, par exemple, inévitable si Israël tuait un responsable du Hezbollah lors d’une de ses frappes actuelles contre des cibles comme les centres de commandement.

France 24 via CONGO PUB Online

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À la UneMonde

Une enquête ouverte par Israël après la mort d’un détenu Palestinien

by Sam's Londele 21 décembre 2023
written by Sam's Londele

Après une intensification des opérations à Khan Younès, l’armée israélienne a ordonné une évacuation partielle de la plus grande ville du sud de Gaza dans la nuit de mercredi à jeudi. Selon le Bureau de la coordination des Affaires humanitaires de l’ONU, 110 000 personnes sont concernées. Mercredi, le bilan a franchi la barre de 20 000 morts dans les attaques israéliennes à Gaza. 

■ Après deux jours consécutifs de report de vote, le Conseil de sécurité de l’ONU devait se prononcer ce mercredi 20 décembre sur un nouveau texte qui appelle à une « cessation urgente et durable des hostilités » à Gaza. Les votes, prévus d’abord lundi, mardi, puis mercredi, ont été repoussés pour permettre la poursuite des négociations sur le texte, au sein d’un Conseil de sécurité divisé et toujours dans l’impasse. Il a été reporté à jeudi matin.

■ L’armée israélienne a ordonné mercredi sur les réseaux sociaux l’« évacuation immédiate » d’une zone « couvrant environ 20 % » de la ville de Khan Younès, selon un rapport du Bureau de la coordination des affaires humanitaires de l’ONU (Ocha). « L’ampleur des déplacements résultant de l’ordre d’évacuation n’est pas claire », relève l’Ocha.

■ Une enquête a été ouverte par Israël après la mort en novembre d’un détenu palestinien dans une prison du sud du pays. 

■ Le chef du Hamas, Ismaïl Haniyeh, se trouvait en Égypte mercredi pour des discussions sur un cessez-le-feu dans la bande de Gaza et un échange de prisonniers avec Israël. Des pourparlers qui n’ont donné « aucun résultat » selon un chef du Hamas.

■ Environ 20 000 Palestiniens ont été tués dans les frappes israéliennes sur Gaza depuis le début de l’opération israélienne, selon le gouvernement du Hamas. Plus de 52 586 personnes ont également été blessées. Selon le ministère de la Santé de l’enclave, 70% des victimes sont des femmes et des jeunes de moins de 18 ans. Quelque 1 140 personnes ont été tuées lors de l’attaque du 7 octobre, selon les dernières données fournies par le gouvernement israélien. Enfin, 129 otages sont toujours retenus dans la bande de Gaza.


12h28 : La Jordanie met en garde contre l’échec d’une résolution à l’ONU 

Le ministre des Affaires étrangères jordanien, Ayman Safadi, a déclaré jeudi que l’échec de l’adoption au conseil de sécurité de l’ONU d’une résolution sur Gaza serait un « dangereux deux pods deux mesures ». Il a ajouté que l’ébauche de résolution se concentrait sur l’acheminement d’aide humanitaire dans la bande de Gaza. 

RFI via CONGO PUB Online

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À la UneMonde

En Argentine, le nouveau président Javier Milei annonce une dérégulation massive de l’économie

by Ruben Yale 21 décembre 2023
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Le nouveau président ultralibéral de l’Argentine, a annoncé mercredi une dérégulation massive de l’économie par décret : Javier Milei va modifier ou abroger plus de 300 normes, comme la loi encadrant les loyers ou les lois empêchant les privatisations des entreprises publiques. Il a aussi annoncé une « modernisation du droit du travail » pour créer davantage d’emplois. Le décret doit toutefois encore passer par le Parlement, où le parti de Javier Milei est minoritaire. 

Le président argentin Javier Milei a annoncé mercredi 20 décembre une dérégulation massive de la troisième économie d’Amérique latine et signé un décret destiné à modifier ou abroger plus de 300 normes dont celles sur les loyers, les privatisations et le droit du travail.

« L’objectif est d’entamer le chemin vers la reconstruction du pays, rendre la liberté et l’autonomie aux individus et commencer à désarmer l’énorme quantité de régulations qui ont retenu, entravé et empêché la croissance économique dans notre pays », a déclaré Javier Milei dans une allocution diffusée à la radio et à la télévision.

Parmi les mesures annoncées figurent l’abrogation de la loi encadrant les loyers « pour que le marché immobilier recommence à fonctionner sans problème », a expliqué le président, élu en novembre et qui a pris ses fonctions le 10 décembre.

Doivent également être abrogées les lois empêchant la privatisation d’entreprises publiques comme la compagnie aérienne Aerolineas Argentinas ou le groupe pétrolier YPF. Les sociétés publiques seront toutes transformées en sociétés anonymes en vue de leur privatisation, a affirmé Javier Milei.

Chercher des soutiens

Le chef de l’État a aussi annoncé une « modernisation du droit du travail » pour créer plus d’emplois, la modification de la loi sur les sociétés pour que les clubs de football puissent se transformer en sociétés anonymes, et une longue série d’autres mesures de dérégulation dans les secteurs du tourisme, de la santé, d’internet, du transport aérien, de la pharmacie, de la viticulture ou encore du commerce.

Le décret a été publié à minuit au journal officiel. Il devra être examiné dans les dix jours par une commission mixte composée de députés et de sénateurs, mais ne sera invalidé que s’il est rejeté par les deux chambres du Parlement, a expliqué à l’AFP l’avocat constitutionnaliste Emiliano Vitaliani.

Le parti de Javier Milei, La Libertad Avanza (« La liberté avance »), situé à l’extrême droite de l’échiquier politique argentin, ne compte que 40 sièges sur 257 à la Chambre basse et seulement sept sièges au Sénat sur 72. Il devra donc chercher des soutiens auprès de la coalition de centre-droit Juntos por el Cambio, partiellement alliée avec Javier Milei et qui compte 81 députés et 24 sénateurs, et auprès des 26 députés et huit sénateurs indépendants. L’opposition péroniste, elle, compte 105 députés et 33 sénateurs, et la gauche cinq députés.

« Tronçonnage »

« Ce message n’est pas surprenant car il n’y a rien que Milei n’ait pas dit qu’il allait faire pendant la campagne. Mais il est surprenant que la mesure ait été prise de cette manière, avec un décret d’urgence », a commenté auprès de l’AFP la politologue Lara Goyburu.

Javier Milei avait annoncé le 12 décembre une première série de mesures, notamment une dévaluation choc de plus de 50 % du peso et la réduction des subventions aux transports et à l’énergie.

Cet économiste de 53 ans a été élu sur un programme de « tronçonnage » de l’État, de dégagisme de la « caste politique » et de thérapie de choc pour redresser le pays où l’inflation dépasse les 160 % sur un an et qui compte plus de 40 % de pauvres.

Javier Milei souhaite ramener les dépenses publiques à 5 % du Produit intérieur brut (PIB). L’Argentine a été impliquée dans « une série de crises au cours des cent dernières années qui ont toutes la même origine : le déficit budgétaire », a-t-il justifié dans son discours.

Première manifestation

L’allocution présidentielle a été accueillie par un concert de casseroles de protestation dans plusieurs quartiers de Buenos Aires, et des milliers de personnes sont spontanément descendues dans la rue près du Parlement pour exprimer leur rejet.

Minuit devant le Congrès argentin, manifestation spontanée contre les annonces d'austérité, de casse sociale et de privatisations de Javier Milei, le nouveau président anarcocapitaliste pic.twitter.com/yTYuBfzrm4

— Mathilde Guillaume (@mathildebuenos) December 21, 2023

Quelques heures avant l’allocution présidentielle, des milliers de manifestants avaient déjà défilé dans la capitale à l’appel des organisations de gauche Polo Obrero et Movimiento Socialista. Il s’agissait de la première manifestation contre Javier Milei depuis son arrivée au pouvoir. « Il y a un ajustement brutal, il faut s’organiser et sortir pour résister », a déclaré à l’AFP Ezequiel Pretti, un employé de 34 ans, disant vouloir aussi « défendre les libertés démocratiques, la liberté de manifester ». 

L’ampleur du dispositif policier, supervisé par le président et sa ministre de la Sécurité Patricia Bullrich depuis le siège de la police fédérale, a été critiqué par les organisateurs. « Ça me rappelle la dictature », a commenté Eduardo Belliboni, dirigeant de Polo Obrero.

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Libération des otages: le gouvernement israélien face à un dilemme

by Ruben Yale 19 décembre 2023
written by Ruben Yale

Alors que le Conseil de sécurité de l’ONU doit se prononcer ce mardi 19 décembre sur un nouveau texte appelant à « une cessation urgente et durable des hostilités » dans la bande de Gaza, le gouvernement israélien fait aussi face à une pression croissante sur la scène intérieure pour négocier la libération des otages. Après deux mois et demi de guerre, Benyamin Netanyahu insiste toujours sur la nécessité des opérations militaires mais se retrouve contraint à négocier.

Quelques dizaines d’Israéliens étaient rassemblés lundi 18 décembre devant le siège du ministère de la Défense et quartier général de l’armée à Tel-Aviv. Depuis les attaques du Hamas le 7 octobre en Israël, les familles d’otages et de personnes disparues multiplient les mobilisations pour demander au gouvernement de travailler au retour de leurs proches. Elles se sont installées sur une place à Tel-Aviv, organisent des manifestations tous les samedis soir, des marches et des rassemblements devant les lieux de pouvoir. Leur mot d’ordre est « ramenez-les à la maison maintenant ».

Au total, 250 personnes, des militaires et des civils, avaient été capturées par le mouvement islamiste palestinien. Selon les autorités israéliennes, 129 seraient toujours retenues dans la bande de Gaza. Les visages de ces otages s’affichent partout en Israël : sur les panneaux publicitaires, les ponts, le long des routes mais leurs proches veulent encore augmenter la pression sur le gouvernement.

Pression pour un accord

Après que l’armée a annoncé le 15 décembre avoir tué par erreur trois otages israéliens dans la bande de Gaza, les proches des otages ont établi un camp devant l’entrée principale du ministère de la Défense. « Nous demandons à tout le monde de venir ici aussi vite que possible », déclarait ce lundi, Nadav Rudaeff dans une vidéo diffusée par le forum des familles d’otages et de personnes disparues. « Nous avons besoin de vous tous et de votre soutien. Nous allons faire beaucoup de bruit, demander et exiger du cabinet de guerre qu’il présente l’accord qui sera conclu pour libérer tous les otages. Nous voulons l’entendre de leur bouche et de personne d’autre », poursuivait-il, lui dont le père est otage dans la bande de Gaza.

Ce lundi soir, les protestataires ont reçu la visite de Gadi Eisenkot. Une marque de soutien de la part d’un ancien chef d’état-major et membre du cabinet de guerre mais aussi d’un père endeuillé : le fils de Gadi Eisenkot a été tué en service à Gaza le 7 décembre. Pour l’heure, les familles d’otages n’ont toutefois pas entendu la présentation du plan de libération de leurs proches qu’elles attendent.

Ces derniers jours, le gouvernement israélien a infléchi sa position. Le Premier ministre Benyamin Netanyahu a confirmé le 16 décembre avoir donné pour instruction au chef du Mossad – l’agence de renseignement extérieur – de reprendre les négociations avec le médiateur qatarien. Une rencontre a eu lieu ce lundi à Varsovie, en Pologne. Et selon l’agence Axios, c’était la deuxième en quelques jours après une première vendredi soir.

Depuis la fin de la première trêve, le 1er décembre, le négociateur israélien et le médiateur qatarien ne s’étaient pas revus. Pourtant, selon Axios, le gouvernement israélien avait été approché par le Qatar une semaine plus tôt. Mais le cabinet de guerre israélien avait alors rejeté la proposition.

L’option militaire

Dans le discours du gouvernement israélien, l’option militaire est souvent privilégiée. Benyamin Netanyahu assure que la pression exercée sur le Hamas permet de contraindre le mouvement islamiste à négocier. « L’instruction que je donne à l’équipe de négociation repose sur cette pression, sans laquelle nous n’avons rien », a-t-il encore affirmé samedi. Le Premier ministre israélien est constant dans cette position, défendant les opérations militaires menées dans la bande de Gaza.

Un point de vue contesté par le Premier ministre qatarien, Mohammed ben Abderrahmane Al-Thani, qui avait jugé que le lancement de l’offensive terrestre israélienne dans la bande de Gaza avait au contraire retardé les négociations alors en cours avec le Hamas. Et l’impact de cette pression militaire est difficile à évaluer : après plus de soixante-dix jours de guerre, le Hamas reste capable de combattre les troupes israéliennes au sol, mais aussi de tirer des roquettes vers Israël.

Ces opérations militaires sont également fortement critiquées par les familles des otages. Il y a deux semaines, une réunion du gouvernement avec des familles d’otages et d’anciens captifs avaient été très agitée. Plusieurs des ex-otages ont évoqué leur peur des bombardements israéliens durant leur captivité. Lors de cette réunion, l’une d’entre elles avait accusé le gouvernement de n’avoir aucune information sur la localisation des otages : « Vous prétendez qu’il y a des renseignements, mais la réalité est que nous étions bombardés », l’entend-on dire dans un enregistrement audio de cette réunion.

Pour l’heure, l’armée israélienne n’a en tout cas été en mesure de ne libérer qu’une seule otage au cours de ses opérations : 105 autres l’ont été par la négociation.

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À la UneMonde

Contre-attaques de la Russie : rien ne va plus pour l’armée ukrainienne ?

by Ruben Yale 19 décembre 2023
written by Ruben Yale

La Russie multiplie les offensives tout au long de la ligne de front et semble sur le point de percer à plusieurs endroits. Si les difficultés ukrainiennes sont réelles en ce début d’hiver, l’armée russe ne dispose elle aussi que de moyens limités.

À Avdiïvka, les Russes avancent. Idem dans la région de Zaporijjia. L’Ukraine y avait pourtant concentré ses efforts pour mener sa contre-offensive. Et de l’autre côté du Dniepr, les perspectives des soldats ukrainiens ayant réussi à franchir le fleuve « semblent minces », a assuré CNN, dimanche 17 décembre.

La chaîne américaine n’est pas la seule à peindre un tableau noir pour l’Ukraine. « Nous avons un important manque de munitions et nous avons été obligés de passer à la défensive dans certaines régions », a reconnu le brigadier-général ukrainien Oleksandr Tarnavsky, interrogé par l’agence de presse Reuters lundi 18 décembre.

La force du nombre

Parmi les plus hauts gradés de l’armée ukrainienne, l’humeur n’est pas à la fête. Tout début novembre déjà, Valeri Zaloujny, le chef d’état-major, avait assuré dans un entretien à The Economist que la guerre contre la Russie était « dans une impasse ». Une déclaration qui avait été contestée par le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, qui a cependant reconnu par la suite que le succès des opérations militaires dépendait aussi beaucoup du soutien logistique occidental. Un soutien en perte de vitesse, que ce soit à Washington ou à Bruxelles, souligne le New York Times.

Sur le terrain, « c’est actuellement très difficile car la Russie envoie une vague de soldats après l’autre pour submerger les forces ukrainiennes », résume Glen Grant, analyste sénior à la Baltic Security Foundation et spécialiste des questions militaires russes.

Conséquence : « Les Ukrainiens ont beaucoup de mal à tenir Avdiïvka, une ville importante car elle se trouve à la périphérie de Donetsk. Ils vont probablement perdre Mariïnka, qui se trouve un peu plus au sud. Ils subissent une offensive importante dans les alentours de la ville de Robotyne, qui constitue l’une des principales zones reprises par les Ukrainiens dans la région de Zaporijjia depuis le début de la contre-offensive », détaille Huseyn Aliyev, spécialiste de la guerre en Ukraine à l’université de Glasgow, en Écosse.

Et c’est sans compter les combats violents qui continuent pour le contrôle de Bakhmout et les offensives russes lancées encore plus au nord de la ligne de front, vers Koupiansk, dans la région de Louhansk.

Certes, il faut « faire attention à la désinformation russe qui cherche à noircir encore plus le tableau pour l’Ukraine », avertit Glen Grant. En effet, les propagandistes pro-Kremlin multiplient actuellement les messages triomphalistes sur Telegram, et créent même des faux comptes de soldats ukrainiens qui se « plaignent » des difficultés à se battre contre un ennemi présenté comme bien plus fort.

Même les dires des autorités ukrainiennes doivent être pris avec précaution. Celles-ci peuvent être tentées de forcer le trait « afin de convaincre l’Occident de l’importance de continuer à leur apporter un soutien logistique », souligne Sim Tack, un analyste militaire pour Force Analysis, une société de surveillance des conflits.

Au-delà des exagérations des uns et des autres, « la dynamique générale des combats se trouve assurément du côté des Russes en ce moment », assure Huseyn Aliyev.

En attendant l’Occident

Mais à quel point ? La bataille pour Avdiïvka illustre bien les différences d’interprétation. Pour les uns, l’avancée russe représente un sérieux revers pour Kiev. « C’était un avant-poste précieux pour l’artillerie ukrainienne afin de bombarder Donetsk et mettre les défenses russes sous pression constante », explique Huseyn Aliyev. Si les forces ukrainiennes sont obligées de se retirer, cela va libérer des troupes russes qui pourront être redéployées ailleurs sur le front.

Pour d’autres, le prix en hommes et matériels que les Russes paient pour percer à Avdiïvka est très – voire trop – élevé. « Selon les estimations américaines, la Russie a déjà perdu l’équivalent d’une division entière, c’est-à-dire environ 10 000 hommes et leurs équipements », note Sim Tack. « Qu’est-ce qui est le plus important : reculer un peu ou infliger de très lourdes pertes à l’ennemi ? », s’interroge Glen Grant.

Si l’analyse sur l’ampleur des difficultés ukrainiennes peut varier, tous s’accordent sur les raisons. Il y a tout d’abord « la question cruciale de l’envoi d’équipements et munitions à l’Ukraine par les pays occidentaux », souligne Sim Tack. La lenteur des Européens à boucler l’accord sur l’aide de 51 milliards d’euros à l’Ukraine malgré le veto de la Hongrie et le blocage politique aux États-Unis complique la tâche de l’état-major ukrainien.

Pour autant, celui-ci ne se retrouve pas démuni du jour au lendemain. « Il y a toujours du matériel qui arrive, notamment en raison des engagements antérieurs, mais l’avenir est beaucoup plus incertain », explique Sim Tack. Les chefs militaires ukrainiens se retrouvent à devoir faire des choix sans vraiment savoir de quoi demain sera fait, ce qui les pousse à rationner les munitions.

Alors qu’en face, il n’en est rien. « La Russie réussit actuellement à soutenir très convenablement son effort de guerre », constate Huseyn Aliyev. D’un côté, elle a été capable d’augmenter sa production de munitions d’artillerie, et de l’autre « elle a pu acheter des drones et des munitions en grande quantité à des pays comme l’Iran ou la Corée du Nord », résume cet expert.

Faire plaisir au « tsar Poutine » avant l’élection présidentielle 

Il n’y a pas que les munitions qui manquent à Kiev. « L’Ukraine a aussi un sérieux manque d’effectifs. L’armée a de plus en plus de mal à faire tourner ses troupes afin de leur permettre de se reposer », souligne Sim Tack. Ce problème de réserves est en partie dû à « un projet de loi prévoyant de faciliter la mobilisation des jeunes, qui a du mal à passer le cap du Parlement actuellement », souligne Glen Grant.

Une autre raison de la multiplication des offensives russes tient… à l’élection présidentielle censée permettre à Vladimir Poutine de décrocher un nouveau mandat en mars prochain. « Tous les petits généraux veulent actuellement faire plaisir au tsar en lui apportant des raisons de vanter les ‘succès’ de sa guerre pendant la campagne électorale », affirme Glen Grant.

Pour les experts interrogés par France 24, l’armée russe pourrait ainsi réussir une percée sur le front. Mais à quoi bon ? « Elle n’a pas suffisamment de véhicules blindés et de troupes expérimentées pour pousser son avantage très loin », veut croire Glen Grant. Une conviction partagée par Huseyn Aliyev : « Moscou a des ressources trop limitées pour soutenir une offensive prolongée au-delà d’un mois ou deux ».

L’avantage russe ressemblerait ainsi au cuirassé Potemkine : impressionnant, mais seulement en surface. Surtout si les vannes de l’aide occidentale s’ouvrent à nouveau en grand pour Kiev.

France 24 via CONGO PUB Online

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À la UneMonde

La Corée du Nord a tiré un deuxième missile balistique en moins de vingt-quatre heures

by Ruben Yale 18 décembre 2023
written by Ruben Yale

Pyongyang a lancé lundi ce qui semble être un missile balistique, a déclaré Séoul, soit le deuxième tir de missile effectué en moins de vingt-quatre heures. Le dernier tir effectué par la Corée du Nord était probablement capable d’atteindre « tout le territoire des États-Unis », selon un responsable japonais de la Défense.

Quelques heures seulement après le lancement d’un missile balistique à courte portée, la Corée du Nord a tiré un autre missile balistique « non identifié vers la mer du Japon » lundi 18 décembre, ont déclaré les chefs d’état-major interarmées de Séoul dans un communiqué.

Ces deux tirs consécutifs interviennent quelques jours après des mises en garde de Séoul et Washington qui ont averti Pyongyang que « toute attaque nucléaire » contre les États-Unis ou leurs alliés entraînerait la fin du régime de Kim Jong-un, le dirigeant nord-coréen.

L’armée sud-coréenne a annoncé avoir détecté le lancement d’un missile balistique à longue portée lancé lundi depuis la région de Pyongyang, estimant qu’il avait parcouru 1 000 km avant de s’abîmer dans la mer du Japon.

Le Japon a lui déclaré qu’il s’agissait probablement d’un missile de classe ICBM. Ce type de projectile « pourrait avoir la capacité de voler plus de 15 000 km, et dans ce cas tout le territoire des États-Unis serait à sa portée », selon le vice-ministre parlementaire de la Défense, Shingo Miyake.

Son vol a duré 1 h 13, atteignant une altitude maximum de plus de 6 000 km. Et vers 9 h 37 heure japonaise (0 h 37 GMT), le missile est tombé en mer en dehors de la zone économique exclusive (ZEE) du Japon, à 250 km au nord-ouest de la petite île d’Okushiri qui est voisine de celle d’Hokkaido (nord du pays), a précisé Shingo Miyake.

Un tir condamné par Tokyo et Washington

Le Japon et les États-Unis ont condamné le tir. « Ces lancements, comme les autres tirs de missiles balistiques effectués par Pyongyang cette année, constituent une violation de plusieurs résolutions du Conseil de sécurité des Nations unies », a déclaré le porte-parole du Département d’État dans un communiqué à l’Agence France-Presse (AFP). « Ils constituent une menace pour les voisins de la RPDC et sapent la sécurité régionale », ajoute le communiqué, désignant la République populaire démocratique de Corée (le nom officiel de la Corée du Nord) par son acronyme.

« Nous condamnons fermement » ces tirs, a déclaré de son côté le Premier ministre japonais Fumio Kishida, estimant qu’ils représentaient une « menace pour la paix et la stabilité dans la région ».

La Corée du Nord avait déjà procédé cette année à quatre essais d’ICBM, dont le dernier, un Hwasong-18, remontait à juillet. Ce missile à combustible solide, déjà testé en avril dernier, a la particularité d’être plus facile à transporter et plus rapide à lancer que les versions à combustible liquide.

Le porte-parole de l’état-major interarmées de la Corée du Sud a déclaré qu’il était en train d’analyser si le lancement de lundi était un ICBM à combustible solide.

Montée des tensions entre Washington, Séoul et Pyongyang

Les États-Unis et la Corée du Sud ont participé vendredi à la deuxième session du Groupe consultatif nucléaire à Washington, axée sur la dissuasion nucléaire en cas de conflit avec le Nord. C’est à cette occasion que la Maison Blanche a averti que toute attaque nucléaire de Pyongyang entrainerait la destruction de son régime.

Dimanche, un porte-parole du ministère nord-coréen de la Défense a dénoncé un projet des alliés d’ajouter l’an prochain un exercice nucléaire à leur exercices militaires conjoints annuels, en menaçant d’une « contre-attaque préventive et mortelle ».

« Il s’agit d’une déclaration ouverte sur la confrontation nucléaire visant à faire de l’utilisation d’armes nucléaires contre la RPDC un fait accompli », a déclaré le ministère dans un communiqué publié par l’agence de presse officielle nord-coréenne KCNA. « Toute tentative d’utilisation des forces armées contre la RPDC fera l’objet d’une riposte préventive et mortelle », ajoute le communiqué.

La Corée du Nord s’est déclarée l’année dernière « puissance nucléaire irréversible » et a déclaré à plusieurs reprises qu’elle n’abandonnerait jamais son programme nucléaire, que le régime considère comme essentiel à sa survie.

Le mois dernier, la Corée du Nord a réussi à placer en orbite son premier satellite espion « Malligyong-1 », après deux échecs en mai et en août. Les États-Unis, les Européens, le Japon et la Corée du Sud ont dénoncé ce lancement, tout comme le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, jugeant que l’utilisation de technologies de missiles balistiques violait les résolutions du Conseil de sécurité de l’ONU.

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Israël poursuit ses raids sur Gaza et prévient que la guerre pourrait s’étirer

by Sam's Londele 15 décembre 2023
written by Sam's Londele

Israël poursuit ce 15 décembre ses bombardements sur la bande de Gaza, en prévenant que cette guerre devrait s’étirer sur « plus que quelques mois ». Les États-Unis souhaitent qu’Israël baisse l’intensité de ses opérations, Joe Biden exhortant son allié à faire davantage pour mieux protéger les civils plongés dans un désastre humanitaire.

L’UNRWA a déclaré jeudi qu’elle n’est plus en mesure d’apporter de l’aide à ceux qui n’ont pas pu fuir vers le sud de la bande de Gaza. Elle rapporte aussi que des personnes affamées arrêtent ses camions d’aide à Gaza et qu’il est de plus en plus difficile de fournir de l’aide aux personnes se trouvant dans ses abris en raison de la foule qui se presse à l’extérieur.

■ Près de la moitié des munitions air-sol que l’armée israélienne utilise dans sa guerre contre le Hamas depuis le 7 octobre ne sont pas guidées, selon une nouvelle évaluation des services de renseignement américains, rapporte CNN. Ces munitions dites « muettes » accroissent les risques pour les civils.

■ Jake Sullivan, conseiller à la sécurité de la Maison Blanche, au cours d’une visite en Israël, a discuté de la possibilité d’un basculement de l’offensive israélienne sur le territoire de Gaza vers des « opérations de plus faible intensité » dans un « futur proche ». Il doit rencontrer le président palestinien Mahmoud Abbas à Ramallah, en Cisjordanie, ce vendredi.

■ La bande de Gaza est frappée par de terribles inondations, alors que 80% de la population a été déplacée. Ce jeudi, des opérateurs palestiniens ont annoncé que les connexions téléphoniques et internet ont été coupées. 

■ Environ 18 787 Palestiniens ont été tués dans les frappes israéliennes sur Gaza depuis le 7 octobre, selon le gouvernement du Hamas. Près de 51 000 personnes ont également été blessées. La majorité sont des femmes et des jeunes de moins de 18 ans. Plus de 1 200 Israéliens ont été tués.


Manifestation en Croatie pour dénoncer les souffrances des enfants dans la bande de Gaza

Des chaussures d'enfants sont exposées à Zagreb, le 15 décembre 2023, lors d'une manifestation de militants pacifistes qui veulent dénoncer les souffrances des enfants dans la bande de Gaza.
Des chaussures d’enfants sont exposées à Zagreb, le 15 décembre 2023, lors d’une manifestation de militants pacifistes qui veulent dénoncer les souffrances des enfants dans la bande de Gaza. AFP – DENIS LOVROVIC
Des chaussures d'enfants sont exposées à Zagreb, le 15 décembre 2023, lors d'une manifestation de militants pacifistes qui veulent dénoncer les souffrances des enfants dans la bande de Gaza.

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Iran : onze policiers tués dans l’attaque d’un poste de police dans le sud-est du pays

by Ruben Yale 15 décembre 2023
written by Ruben Yale

Au moins onze policiers ont été tués au cours d’une « attaque terroriste » contre un poste de police dans la province du Sistan-Baloutchistan, dans le sud-est de l’Iran, a déclaré vendredi un responsable local à la télévision d’État.

Des militants baloutches ont attaqué un poste de police dans le sud-est de l’Iran, tôt dans la nuit du vendredi 15 décembre, tuant onze membres des forces de sécurité et en blessant plusieurs autres, a déclaré la télévision d’État.

« Lors de l’attaque terroriste contre le siège de la police de la ville de Rask, onze policiers ont été tués et d’autres ont été blessés », a précisé le vice-gouverneur de la province, Alireza Marhamati. Un groupe jihadiste a revendiqué l’attaque.

Les médias d’État ont ajouté que plusieurs membres du groupe militant Jaish al-Adl, une organisation djihadiste sunnite, ont également été tués lors des affrontements qui ont suivi dans la ville de Rask, dans la province pauvre du Sistan-Baluchestan. Ce groupe armé, dont le nom signifie « Armée de la justice », a revendiqué l’attaque, selon selon la télévision iranienne. Jaish al-Adl a été créé en 2012 et figure sur la liste noire de l’Iran en tant que groupe « terroriste ».

Les forces de sécurité visées

La province du Sistan-Baluchestan, qui borde l’Afghanistan et le Pakistan, a une population majoritairement musulmane sunnite, contrairement à la plupart des Iraniens, qui sont chiites. Elle est depuis longtemps le théâtre de fréquents affrontements entre les forces de sécurité et les militants sunnites, ainsi que les trafiquants de drogue.

Le groupe militant Jaish al-Adl, qui affirme combattre pour l’obtention de droits plus importants et de meilleures conditions de vie pour la minorité ethnique des Baloutches, a revendiqué plusieurs attentats perpétrés ces dernières années contre les forces de sécurité iraniennes dans la région.

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La Hongrie bloque un accord sur 50 milliards d’euros d’aide européenne à l’Ukraine

by Ruben Yale 15 décembre 2023
written by Ruben Yale

Les dirigeants de l’Union européenne, réunis en sommet, ont échoué dans la nuit de jeudi à vendredi à convaincre la Hongrie de lever son veto à une nouvelle aide de 50 milliards d’euros en faveur de l’Ukraine. Ils étaient pourtant parvenus plus tôt à ouvrir des négociations d’adhésion avec Kiev.

La Hongrie s’est opposée vendredi 15 décembre à un accord sur un programme d’aide de 50 milliards d’euros de l’Union européenne (UE) à l’Ukraine. Face à ce refus, les dirigeants du bloc, réunis en sommet, ont décidé de reprendre les discussions en janvier, a déclaré le Premier ministre néerlandais Mark Rutte.

Mark Rutte a dit que 26 des pays de l’UE étaient d’accord pour fournir ces fonds, prélevés sur le budget de l’UE, à Kiev, mais que la Hongrie s’était opposée à cette décision, qui doit être approuvé à l’unanimité par les Vingt-Sept.

« Nous avons encore du temps, l’Ukraine ne sera pas à court d’argent dans les prochaines semaines », a indiqué Mark Rutte aux journalistes à l’issue des négociations. « Nous nous sommes mis d’accord avec les 26 pays. […] Je suis assez certain que nous pourrons parvenir à un accord au début de l’année prochaine, nous pensons à la fin janvier », a ajouté Mark Rutte, précisant qu’un autre sommet serait organisé afin de parvenir accord.

Nouveau sommet en janvier

« Nous reviendrons sur le sujet début janvier » lors d’un nouveau sommet, a indiqué au milieu de la nuit le président du Conseil européen, Charles Michel.

« Résumé de la nuit : veto pour des fonds supplémentaires à l’Ukraine », comme pour le projet de révision du budget européen, a de son côté indiqué le Premier ministre hongrois Viktor Orban sur X (ex-Twitter).

L’UE avait prévu d’accorder à l’Ukraine une aide de 50 milliards d’euros, composée de 33 milliards de prêts et de 17 milliards d’euros de dons, sur quatre ans à compter de l’an prochain. Cette nouvelle aide est jugée cruciale à Kiev, au moment où une aide américaine de plus de 60 milliards de dollars reste bloquée au Congrès en raison de réticences d’élus républicains.

Les dirigeants européens avaient pourtant réussi quelques heures plus tôt à se mettre d’accord sur l’ouverture de négociations d’adhésion avec l’Ukraine. Viktor Orbán avait cette fois accepté de s’abstenir, pour ne pas avoir à endosser une décision qu’il n’a cessé de juger désastreuse pour l’avenir de l’UE.

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Après l’attaque russe de grande ampleur sur Kiev, l’Ukraine en quête d’aide de ses alliés

by Ruben Yale 14 décembre 2023
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Des dizaines de personnes ont été blessées mercredi à Kiev par une salve de missiles russes, provoquant le plus lourd bilan depuis des mois dans la capitale ukrainienne. Cette attaque illustre la pression croissante de Moscou contre laquelle l’Ukraine réclame l’aide de l’Occident.

Une attaque de missiles russes sur Kiev a fait des dizaines de blessés, mercredi 13 décembre, provoquant le plus lourd bilan depuis des mois dans la capitale à un moment où l’Ukraine réclame plus d’aide de l’Occident.

Par ailleurs, l’armée de l’air ukrainienne a indiqué jeudi dans un communiqué publié sur Telegram avoir « détruit » 41 des 42 drones explosifs lancés par la Russie dans la nuit sur son territoire. Le ministère russe de la Défense a, pour sa part, fait état dans un communiqué de « neuf drones ukrainiens détruits ou interceptés » alors qu’ils se dirigeaient vers Moscou.

Le régime de Kiev est sur la défensive depuis l’échec de sa contre-offensive estivale, d’autant plus que les Occidentaux, Américains en tête, tergiversent désormais sur l’ampleur de l’aide politique, militaire et financière à apporter à leur allié ukrainien.

Mercredi, la défense antiaérienne a abattu les dix missiles balistiques lancés vers 3 h (1 h GMT) sur Kiev mais les débris sont retombés sur des zones habitées, notamment un hôpital pédiatrique. Aucun mort n’est à déplorer et le centre hospitalier continue de fonctionner. En revanche, 53 personnes ont été blessées à travers la ville, dont 20 ont été hospitalisées, parmi lesquelles deux enfants, selon le ministère de la Santé.  

En outre, au moins neuf drones russes de type Shahed ont été lancés sur Odessa tard mardi soir et ont aussi été abattus. Près de ce grand port du sud ukrainien, un grand hangar contenant des camions et voitures a été détruit, a constaté une journaliste de l’AFP.

« La guerre ne se gagne pas sans armes »

« Il s’est avéré que lorsque les drones ont été abattus, ils n’ont pas tous été complètement détruits », a déclaré Natalia Goumeniouk, porte-parole de l’armée dans le Sud, faisant état de deux blessés.

La Russie n’a pas communiqué sur ces frappes. Mais le ministère de la Défense affirme mercredi que l’aviation, des drones, des missiles et l’artillerie ont détruit à une date et en des lieux indéterminés des entrepôts de munitions ainsi que des sites de construction de drones.

Depuis l’automne, Moscou multiplie les attaques et veut frapper fort au moment où la volonté des Occidentaux de soutenir l’Ukraine semble faiblir.

La visite mardi du président Volodymyr Zelensky aux États-Unis en a été l’illustration, avec les républicains bloquant toute nouvelle assistance dans le cadre d’un bras de fer avec le président Joe Biden. Le chef du Sénat américain, le démocrate Chuck Schumer, a toutefois fait état mercredi de « grands progrès » dans les négociations avec les républicains.

Le dirigeant ukrainien a continué sa tournée internationale mercredi en allant à Oslo pour rencontrer les dirigeants des cinq pays nordiques, des alliés et donateurs. L’Ukraine « ne peut pas gagner sans aide », a-t-il martelé, ajoutant que le président russe Vladimir « Poutine s’était trouvé des copains en Iran et en Corée du Nord, recevant des armes qui tuent notre peuple ».

« Malheureusement, les dictateurs fournissent la Russie de manière plus régulière que beaucoup de démocraties ne le font pour l’Ukraine », a-t-il déploré à la veille d’un important sommet de l’UE à Bruxelles. Dans une lettre ouverte publiée dans le Financial Times, les cinq dirigeants nordiques ont fait valoir que « la guerre ne se gagne pas sans armes ».

À Avdiïvka, 51 attaques russes

Volodymyr Zelensky, bien conscient qu’une défaillance américaine minerait le soutien de ses autres alliés, a réclamé « un signal très fort d’unité » face à « l’agresseur ».

En Europe, plusieurs dirigeants ont martelé leur soutien à la cause ukrainienne, à l’instar du nouveau Premier ministre polonais Donald Tusk mardi et de la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen mercredi.

Alors qu’un sommet crucial  s’ouvre à Bruxelles, pour décider de nouvelles aides à Kiev et de l’ouverture officielle de négociations d’adhésion de l’Ukraine à l’UE, le président français Emmanuel Macron a appelé mercredi l’Union européenne à être « au rendez-vous du soutien entier et durable à l’Ukraine ».

Le chancelier allemand Olaf Scholz a dit aussi vouloir un « soutien financier durable » de l’UE. « Il en va de la sécurité de l’Europe et c’est une priorité pour l’Allemagne », a-t-il ajouté.

Sur le front, long de quelque 1 000 kilomètres, les forces russes multiplient aussi les attaques, à l’Est comme au Sud.

La ville d’Avdiïvka en particulier fait l’objet depuis octobre d’une offensive russe. Selon un rapport quotidien matinal de l’armée ukrainienne, « 51 assauts ennemis (y) ont été repoussés ». « Les forces armées ukrainiennes perdent rapidement leurs positions », a, de son côté, déclaré mercredi le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov.

Enfin, les services spéciaux ukrainiens (SBU) ont dit aider le premier opérateur mobile du pays, Kyivstar, à remettre en route ses services, toujours paralysés au lendemain d’un piratage imputé à des hackers russes.

France 24 via CONGO PUB Online

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