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Monde

À la UneMonde

Ukraine : les soldats russes paient cher la stratégie de la « chair à canon » du Kremlin

by Sam's Londele 6 juillet 2024
written by Sam's Londele

Si l’armée russe réussit actuellement à progresser en l’Ukraine, c’est au prix de pertes sans précédent depuis le début du déclenchement de la grande offensive en 2022. La raison : Moscou a intensifié son recours à la stratégie « de la chair à canon », qui consiste à mettre constamment sous pression les défenses ukrainiennes en envoyant à l’assaut des vagues successives de soldats peu entraînés.

Ils ont avancé de quelques centaines de mètres au nord d’Avdiïvka ces derniers jours. Pareil dans les environs de Bakhmout. Les forces russes ont même pris une partie du village de Tchassiv Yar, à quelques kilomètres à l’est de Bakhmout, actuellement considéré comme l’un des points les plus chauds du front en Ukraine.

Pour engranger ces quelques gains territoriaux, l’armée russe s’adonne depuis mai à une « stratégie de la chair à canon » tous azimuts, raconte jeudi 4 juillet la BBC.

Coût humain exorbitant

« Nos hommes doivent défendre leurs positions face à quatre ou cinq vagues d’ennemis par jour, ce qui donne l’impression d’avoir à arrêter des attaques sans fin », a raconté à la chaîne britannique le lieutenant-colonel Anton Beyev, qui défend les positions ukrainiennes au nord de la région de Kharkiv, non loin de la frontière avec la Russie. « Des sources ukrainiennes indiquent qu’à certains endroits, les unités de ‘chair à canon’ peuvent lancer près d’une douzaine d’assauts par jour », précise Joseph Moses, expert en stratégie militaire à l’International Team for the Study of Security (ITSS) Verona.

Carte du front ukrainien
Carte du front ukrainien @Studio graphique France 24

« C’est une stratégie que les Russes semblent appliquer tout le long du front – de la région de Kharkiv à celle de Kherson [au nord de la Crimée, NDLR] – pour tester la solidité des fortifications ukrainiennes », constate Jeff Hawn, spécialiste de la Russie à la London School of Economics.

Le coût de cette tactique du rouleau compresseur humain peut apparaître exorbitant. L’armée russe a ainsi perdu environ 1 200 hommes par jour – tués ou blessés – ces deux derniers mois, selon les services de renseignement occidentaux. Du jamais vu depuis le début de l’offensive de grande ampleur russe en Ukraine en février 2022, rapporte l’Institute for the Study of War, un cercle de réflexion nord-américain qui publie des analyses quotidiennes de la guerre en Ukraine.

Si le bilan humain pour les Russes semble être sans précédent, ce n’est en revanche pas la première fois que Moscou a recours à cette stratégie de la « chair à canon ». « Historiquement, c’était l’un des points centraux de la doctrine militaire soviétique. Mais, dans le conflit actuel en Ukraine, ce sont les mercenaires du groupe Wagner qui l’ont appliqué en premier lors du siège de Bakhmout, à partir de la fin du printemps 2022 », détaille Sim Tack, analyste militaire qui suit la guerre en Ukraine depuis le début du conflit.

La méthode Wagner perfectionnée

« Le ministre russe de la Défense s’en est ensuite emparé, et on constate à l’occasion de l’offensive actuelle qu’il a perfectionné cette stratégie », note Huseyn Aliyev, spécialiste de la guerre en Ukraine à l’université de Glasgow.

Du temps de Wagner et de la bataille de Bakhmout, le groupe de mercenaires tentait de submerger les défenses ukrainiennes en envoyant sans relâche des unités de prisonniers russes mobilisés, qui devaient se lancer à l’assaut des positions adverses à pied. Ils avaient pour ordre de ne pas revenir tant que les défenses ukrainiennes n’étaient pas détruites… ou que leur unité n’avait pas été entièrement décimée.

Dorénavant, ces vagues humaines se dirigent vers l’ennemi… à bord de tout type véhicules légers. « L’armée russe se sert même des voiturettes chinoises de golf modifiées pour transporter cette ‘chair à canon' », souligne Huseyn Aliyev.

Ces cibles mouvantes « sont plus difficiles à toucher avec les drones que les soldats à pied, et ils arrivent plus vite, ce qui augmente leur chance de passer à travers les défenses ukrainiennes », résume l’expert militaire de l’université de Glasgow.

Le ministère de la Défense continue de recruter parmi les détenus, leur promettant des remises de peine en plus de leur salaire mensuel. « Ce sont les unités qu’on appelle ‘Storm-Z’, regroupant des prisonniers et des soldats ayant reçu des sanctions disciplinaires », note Joseph Moses.

Mais les autorités russes arrivent aussi à attirer « des chômeurs ou des travailleurs mal payés avec la promesse de récompenses financières s’ils participent à ces ‘unités d’assaut' », précise Huseyn Aliyev.

« La bonne stratégie au bon moment » ?

L’état-major russe a notamment décidé de miser davantage ces derniers mois sur cette stratégie brutale parce que « l’armée russe d’avant l’invasion en Ukraine n’existe plus », affirme Jeff Hawn. Autrement dit, la plupart des soldats professionnels et bien entraînés sont morts ou blessés, et ont été remplacés par des recrues ou des réservistes ayant reçu une formation minimale. Les transformer en chair à canon est plus sûr pour les officiers que de tenter de leur faire réaliser des manœuvres plus compliquées.

À condition d’avoir peu d’égards pour la vie humaine, c’est aussi « la bonne stratégie au bon moment », selon les experts interrogés par France 24. « Si les États-Unis n’avaient pas tergiversé aussi longtemps pour débloquer l’aide militaire, cette approche aurait été beaucoup moins efficace », assure Jeff Hawn. Les réserves en munitions de l’armée ukrainienne demeurent faibles, notamment pour l’artillerie, « qui reste la meilleure arme pour empêcher ces vagues humaines de s’approcher trop près », souligne Huseyn Aliyev.

Les soldats russes ont donc le temps d’arriver au contact, ce qui met non seulement la pression sur les défenseurs, mais « permet aussi à ces unités d’assaut de mener des missions de reconnaissance », précise Sim Tack. Au fur et à mesure que les vagues d’assaut se succèdent, l’armée russe peut ainsi obtenir une vision toujours plus précise de l’emplacement des défenses ukrainiennes.

Autre timing favorable à Moscou, la Russie a décidé de puiser dans son immense réservoir d’individus mobilisables pour constituer ce rouleau compresseur humain peu avant que l’Ukraine décide de promulguer sa loi de mobilisation, qui a pour objectif d’enrôler des centaines de milliers de soldats supplémentaires. « Cela met une pression considérable sur l’Ukraine à un moment où elle peine encore à trouver les moyens suffisants pour remplacer les pertes dues à ces assauts constants », estime Joseph Moses.

Gagner du terrain tant qu’il est encore temps

Ce type de stratégie « a aussi un impact psychologique fort sur les défenseurs obligés d’être constamment à l’affût. En théorie, l’Ukraine devrait augmenter les cadences de rotations pour permettre aux soldats de se reposer, mais Kiev n’en a pas les moyens », ajoute Huseyn Aliyev.

Le choix de Moscou peut donc sembler judicieux. Mais la Russie peut-elle se permettre de sacrifier ainsi des hommes pendant longtemps ? « Dans les circonstances économiques, politiques et militaires actuelles, la Russie a les moyens de s’appuyer sur une telle stratégie pendant quelques temps encore », assure Nicolo Fasola, spécialiste des questions militaires russes à l’université de Bologne. Plus longtemps, en tout cas, que l’Ukraine ne peut se permettre de repousser ces assauts, d’après les experts interrogés par France 24.

Il n’en demeure pas moins qu' »au regard de tous les standards militaires occidentaux, ce n’est pas une stratégie efficace. Il faut quand même se rendre compte qu’on parle de quelques kilomètres de territoires gagnés au prix de dizaine de milliers d’hommes perdus », souligne Sim Tack. Elle représente en revanche un précieux outil de propagande pour le Kremlin. « Moscou peut ainsi se targuer d’avancer et d’être le camp qui a l’initiative », résume Sim Tack.

Et si l’avancée russe peut sembler modeste au regard des pertes, « ce sont tout de même des gains de territoires dont la Russie peut se prévaloir par la suite », note Nicolo Fasola. C’est le dernier pari qui motiverait ce recours à la stratégie de la chair à canon : il faut faire vite pour récupérer autant de territoire que possible avant les élections aux États-Unis.

L’état-major russe « estime que si Donald Trump gagne, Washington va faire pression pour amener l’Ukraine à la table des négociations », explique Jeff Hawn. Et, pour ce spécialiste, plus la Russie détiendra de territoire en novembre, plus elle sera en position de force pour négocier.

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À la UneMonde

Joe Biden s’obstine sur sa candidature à la présidentielle lors d’une interview cruciale

by Sam's Londele 6 juillet 2024
written by Sam's Londele

Le président américain Joe Biden, qui lutte pour sa survie politique, a défendu, au cours d’une interview très attendue, diffusée vendredi sur la chaîne ABC, son acuité mentale et sa détermination à battre Donald Trump lors de l’élection présidentielle du mois de novembre.

Alors qu’une écrasante majorité d’Américains le jugent désormais incapable de gouverner quatre ans de plus en cas de victoire contre Donald Trump, lors de l’élection présidentielle de novembre, le président  Joe Biden a complètement écarté, vendredi 5 juillet, l’hypothèse d’abandonner la course à la Maison Blanche.

« Personne n’est plus qualifié que moi pour être président ou gagner cette élection », a-t-il assuré dans une interview très attendue sur la chaîne ABC.

Lors de son échange avec le journaliste George Stephanopoulos, crucial pour le maintien de sa candidature, le président a esquivé à plusieurs reprises la question de savoir si son état physique et mental s’était dégradé durant son mandat, alors qu’il est sans cesse attaqué sur ses capacités mentales depuis un débat raté face à Donald Trump.

Il ne s’est pas non plus engagé à se soumettre à des évaluations médicales indépendantes, assurant qu’être président équivalait à passer « un test cognitif chaque jour ».

Biden is in denial and in decline.

— Karoline Leavitt (@kleavittnh) July 6, 2024

S’il s’est exprimé de manière plus fluide que pendant son duel télévisé raté du 27 juin avec Donald Trump, Joe Biden a toutefois parlé d’une voix étouffée, et a eu des phrases parfois incomplètes ou un peu décousues.

Cela suffira-t-il pour rassurer les démocrates, de plus en plus nombreux à appeler à ce qu’il jette l’éponge ?

« Le président est fier de son bilan, à juste titre. Mais il apparaît dangereusement déconnecté des préoccupations des gens concernant ses capacités à aller de l’avant et sa position dans cette campagne », a jugé sur X le très influent David Axelrod, ancien stratège de Barack Obama.

« Seigneur tout-puissant »

Le candidat démocrate a donc encore fort à faire pour effacer l’impression désastreuse laissée par son débat face à Donald Trump, dont il n’a pas du tout réussi à gérer les conséquences immédiates : une vague d’appels à son retrait dans la presse et une flambée des inquiétudes sur sa santé mentale au sein de son parti.

Quatre parlementaires démocrates ont déjà demandé sans ambiguïté à Joe Biden de renoncer à se présenter. La gouverneure démocrate Maura Healey l’a appelé à évaluer sa candidature « avec soin ».

Le président a balayé ces appels d’un revers de main.

« Si le Seigneur tout-puissant descendait et disait ‘Joe, retire-toi de la course’ je me retirerais de la course, mais il ne va pas descendre », a-t-il affirmé à ABC.

Le démocrate est apparu beaucoup moins énergique que lors d’un discours de campagne qu’il avait prononcé, avec un téléprompteur, peu avant d’enregistrer l’entretien à Madison, dans le Wisconsin.

« Vous pensez que je suis trop vieux pour battre Donald Trump ? », a-t-il lancé lors de ce meeting, ce à quoi le public a répondu un retentissant « Non ! »

Nulle volonté de baisser les bras non plus de la part de l’équipe de campagne de Joe Biden.

Elle a publié vendredi un intense plan de bataille pour le mois de juillet prévoyant une avalanche de spots télévisés, des déplacements dans tous les États clés, et notamment dans le sud-ouest du pays pendant la convention républicaine (15-18 juillet).

Joe Biden doit aussi être l’hôte, la semaine prochaine, d’un sommet des dirigeants de l’Otan, et donnera jeudi à cette occasion une conférence de presse, là encore un exercice très attendu.

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Législatives au Royaume-Uni: victoire écrasante des travaillistes, cinglant revers pour les conservateurs

by Sam's Londele 5 juillet 2024
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C’est une majorité sans précédent que remporte le Parti travailliste face aux conservateurs, selon les sondages sortie des urnes, ce jeudi 4 juillet. Le Labour remporterait 410 sièges sur les 650 de la Chambre des Communes, contre 131 sièges pour les Tories. Le Premier ministre sortant Rishi Sunak conserve son poste de député et la droite dure de Nigel Farage fait une entrée fracassante au Parlement.

Il était 5 h du matin heure locale quand Rishi Sunak, qui a réussi à sauver son poste de député, a reconnu la défaite de son camp. « Le Labour a gagné l’élection et j’ai appelé Keir Starmer pour le féliciter de sa victoire. Je vais maintenant rentrer à Londres où j’en dirai plus sur les résultats… avant de quitter mon poste de Premier ministre pour lequel j’ai tout donné », a déclaré le Premier ministre avant de s’envoler pour Londres ce vendredi matin, son dernier vol dans le jet officiel du gouvernement britannique. Il a rendez-vous avec le roi Charles III pour présenter sa démission avant de rendre les clés du 10 Downing Street.

Ce scrutin, c’est une douche froide pour les conservateurs britanniques qui subissent leur pire défaite depuis le début du XXe siècle au Royaume-Uni. Le Parti travailliste devrait l’emporter avec une énorme majorité, rapporte notre correspondante à Londres, Emeline Vin. Les sondages à la sortie des urnes les créditent à 410 sièges. Pour rappel, la majorité se situe à 326. Les conservateurs, à qui l’on prédisait une défaite record, n’ont que 131 sièges. C’est près de trois fois moins que ce qu’ils possèdent actuellement. 

Les libéraux-démocrates (centristes) se renforceraient avec 61 députés, mais la surprise du scrutin vient surtout du parti anti-immigration et anti-système Reform UK : il gagnerait 13 sièges, une entrée bien plus fracassante que prévu pour la formation de la figure de la droite dure, Nigel Farage. Ce dernier a d’ailleurs été élu pour la première fois après huit essais.

Alors que l’extrême droite est susceptible d’accéder au pouvoir en France et que Donald Trump semble bien placé pour retourner à la Maison Blanche, les Britanniques ont choisi massivement un dirigeant modéré de centre-gauche. Dès demain matin, Keir Starmer devrait être nommé Premier ministre. Le Parti travailliste revient au pouvoir, après quatorze années de règne des conservateurs.

Après l’annonce de la victoire des travaillistes, Keir Starmer, lui-même réélu, a tenu à remercier « tous ceux qui ont fait campagne pour le parti travailliste lors de cette élection, à tous ceux qui ont voté pour nous et ont accordé leur confiance à [leur] nouveau parti travailliste. », a-t-il déclaré sur X (anciennement Twitter). Le Royaume-Uni est « prêt au changement » et aspire à un retour de « la politique en tant que service rendu au public », a déclaré le chef des travaillistes Keir Starmer, amené à devenir Premier ministre.

Tourner la page des conservateurs

Selon l’institut de sondage britannique YouGov, 38 % des Britanniques estiment que les conservateurs ont mené la pire campagne électorale contre 8 % pour les travaillistes. En revanche, 31 % pensent qu’aucun des partis politiques n’a mené la meilleure campagne. Seuls 20 % des Anglais pensent que les travaillistes ont mené la meilleure campagne.

Après cinq Premiers ministres conservateurs, le Brexit, l’austérité, la crise du pouvoir d’achat, et la dégradation du système de santé public, les Britanniques ont signifié leur mécontentement dans les urnes et veulent tourner la page des conservateurs. Les Tories n’avaient plus qu’une ambition dans les derniers jours de la campagne : limiter l’ampleur de la défaite.

Pour Rishi Sunak, le cinquième Premier ministre conservateur depuis 2010, ces législatives qu’il avait annoncées sous la pluie fin mai, marquent la fin d’une campagne qui a tourné au calvaire. L’ancien banquier d’affaires et ministre des Finances de 44 ans, qui a finalement sauvé son siège de député, a accumulé les bévues et a semblé manquer de sens politique, écourtant sa présence aux célébrations du 80e anniversaire du Débarquement en Normandie et tardant à réagir aux soupçons de paris frauduleux dans son camp sur la date des élections.

En face, Keir Starmer a mis en avant ses origines modestes – mère infirmière et père outilleur – contrastant avec son adversaire multimillionnaire. Il a promis une gestion des dépenses publiques très rigoureuse, sans augmentation d’impôts pour la majorité des Britanniques. Il compte sur une stabilité retrouvée, des interventions de l’État et des investissements dans les infrastructures pour relancer la croissance et redresser des services publics.

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À la UneMonde

Un Américain condamné à 60 ans de prison pour la mort de 5 Sénégalais

by Ruben Yale 3 juillet 2024
written by Ruben Yale

Un homme du Colorado a été condamné mardi à 60 ans de prison pour avoir déclenché l’incendie d’une maison qui a tué cinq membres d’une famille sénégalaise élargie, un crime qui, selon les amis et les parents des victimes, a changé à jamais leur vie et leur communauté, tant aux États-Unis que dans le pays d’Afrique de l’Ouest.

Kevin Bui, aujourd’hui âgé de 20 ans, est le dernier des trois adolescents inculpés dans l’incendie du 5 août 2020 à avoir été condamné après avoir plaidé coupable à des charges réduites dans le cadre d’un accord de plaider-coupable. Les autorités affirment que Bui, qui avait récemment été cambriolé alors qu’il essayait d’acheter une arme, pensait à tort qu’il avait retrouvé l’iPhone volé dans la maison et qu’il avait soigneusement planifié sa vengeance. Mais il a négligé de s’assurer qu’il visait bien le véritable voleur.

Au lieu de cela, les membres de trois familles d’immigrés qui dormaient à l’intérieur de la maison au milieu de la nuit travaillaient pour subvenir aux besoins de leurs familles restées au pays et n’avaient rien à voir avec le cambriolage. La famille propriétaire de la maison a réussi à s’échapper, mais tous les membres des deux familles liées qui louaient chez elle ont été tués : Djibril Diol, 29 ans, sa femme de 23 ans, Adja Diol, et leur fille de 22 mois, Khadija, ainsi que la sœur de Djibril Diol, Hassan Diol, 25 ans, et sa fille de 7 mois, Hawa.

Les corps des victimes ont été retrouvés au premier étage de la maison, près de la porte d’entrée, alors qu’ils avaient apparemment tenté d’échapper aux flammes. L’un des propriétaires qui a réussi à s’échapper a entendu Djibril Diol crier de faire sortir les gens de la maison. Cet ingénieur, qui travaillait à la reconstruction de l’Interstate 70 à Denver, était très apprécié pour l’aide qu’il apportait à ses compatriotes immigrés.

Adja Diol et sa belle-sœur, Hassan Diol, travaillaient toutes deux en horaires décalés chez Amazon afin de pouvoir s’occuper de leurs enfants respectifs et de continuer à envoyer de l’argent à leurs familles au Sénégal. Elles rêvaient d’aller à l’école pour devenir infirmières.

Au moment de l’incendie, le mari de Hassan Diol, Amadou Beye, se trouvait au Sénégal dans l’attente d’un visa pour rejoindre sa femme et rencontrer son bébé, né aux États-Unis.

Devant le tribunal, M. Beye a qualifié M. Bui de « grand terroriste » qui ne méritait pas de manger, de dormir ou de parler à sa famille pendant son séjour en prison. M. Beye, qui a obtenu la permission de s’installer aux États-Unis après l’incendie, a déclaré qu’il essayait d’éviter d’être seul lorsqu’il ne travaillait pas, afin de ne pas penser à sa perte. Il porte un pendentif avec le nom de Dieu pour se rappeler de ne pas se blesser.

Bui, qui écoutait assis avec ses avocats, n’a pas semblé réagir à Beye ou aux autres intervenants pendant l’audience.

Lorsqu’il a pu s’exprimer, M. Bui a déclaré qu’il était un « crétin ignorant » au moment de l’incendie. Il a déclaré qu’il ne pouvait pas imaginer ce que cela pouvait être de se voir arracher des membres de sa famille et a récité les noms de toutes les victimes.

Mais il a repoussé l’idée qu’il était un monstre ou un terroriste et a plutôt déclaré : « Mon cœur bat comme le vôtre ».

L’une des avocates de Bui, Rachel Lanzen, a déclaré que Bui n’avait pas mis le feu lui-même, rejetant la responsabilité sur le plus jeune du groupe de trois amis inculpés dans cette affaire. La police a contesté cette affirmation, affirmant que Bui avait avoué l’avoir déclenché lui-même et qu’il avait été brûlé au cours de l’opération.

Bui, qui, selon les procureurs, était le meneur du plan, a déclaré aux enquêteurs qu’on lui avait volé son téléphone, son argent et ses chaussures alors qu’il essayait d’acheter une arme avant de décider d’allumer l’incendie, selon des témoignages antérieurs. À cette époque, il aidait sa sœur aînée, Tanya Bui, à livrer de la drogue, selon des documents du tribunal fédéral. L’entreprise de la sœur a été découverte accidentellement lorsque la police a fouillé la maison familiale dans la banlieue de Denver dans le cadre de l’enquête sur l’incendie.

En mai, après avoir tenté en vain de contester des preuves essentielles dans cette affaire, Bui a plaidé coupable de deux chefs d’accusation de meurtre au second degré. Soixante autres chefs d’accusation, dont celui de meurtre au premier degré, ont été abandonnés par les procureurs, qui ont recommandé que Bui soit condamné à une peine de 60 ans de prison.

Les proches ont soutenu l’accord à contrecœur, considérant qu’il s’agissait de la meilleure façon de résoudre cette affaire criminelle de longue haleine.

L’année dernière, Dillon Siebert, qui avait 14 ans au moment de l’incendie, a été condamné à trois ans de détention pour mineurs et à sept ans dans un programme de la prison d’État pour jeunes détenus. En mars, Gavin Seymour, 19 ans, a été condamné à 40 ans de prison après avoir plaidé coupable d’un chef d’accusation de meurtre au second degré.

La vidéo de surveillance a montré trois suspects portant des masques complets et des sweats à capuche sombres à l’extérieur de la maison juste avant le début de l’incendie, mais l’enquête a traîné pendant des mois sans aucune autre piste. Craignant que l’incendie ne soit un crime haineux, certains immigrés sénégalais ont installé des caméras de sécurité à leur domicile, au cas où ils seraient également visés. Le fils du propriétaire de la maison, qui travaillait pour la première fois de nuit dans un 7-Eleven lorsque l’incendie a éclaté, a également été soupçonné jusqu’à ce que Bui et ses amis soient identifiés et arrêtés.

La police ne pensait pas que la maison, nichée parmi de nombreuses autres similaires dans une rue d’un lotissement dense, avait été choisie au hasard. Elle a essayé une stratégie nouvelle et controversée : demander à Google de révéler quelles adresses IP avaient recherché l’adresse de la maison dans les 15 jours précédant l’incendie. Cinq d’entre elles se trouvaient au Colorado, et la police a obtenu les noms de ces personnes grâce à un autre mandat de perquisition, identifiant finalement Bui, Seymour et Siebert comme suspects.

En octobre, la Cour suprême du Colorado a confirmé la recherche de l’historique des mots-clés des utilisateurs de Google, une approche que les critiques ont qualifiée de « drague numérique » qui menace de porter atteinte à la vie privée et aux protections constitutionnelles contre les perquisitions et les saisies abusives. La Cour a précisé qu’elle ne faisait pas de « proclamation générale » sur la constitutionnalité de tels mandats de recherche et a insisté sur le fait qu’elle statuait sur les faits de cette seule affaire.

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À la UneMonde

Viktor Orban à Kiev pour sa première visite en Ukraine depuis le début de la guerre

by Sam's Londele 2 juillet 2024
written by Sam's Londele

Le Premier ministre hongrois Viktor Orban effectue ce mardi sa première visite en Ukraine depuis le début de l’invasion russe, malgré les fortes tensions liées à sa proximité avec Moscou et son opposition à l’aide pour Kiev. 

Le Premier ministre hongrois Viktor Orban s’est rendu en Ukraine pour sa première visite depuis le début de l’invasion russe, a annoncé Budapest, malgré les fortes tensions liées à sa proximité avec Moscou et son opposition à l’aide pour Kiev, rapporte l’AFP. Le dirigeant « est arrivé à Kiev pour des discussions avec le président ukrainien Volodymyr Zelensky », a déclaré son attaché de pressé Bertalan Havasi, cité par l’agence de presse nationale MTI.

Viktor Orban, dont le pays vient de prendre la présidence tournante du Conseil de l’Union européenne pour six mois, se démarque nettement des autres dirigeants occidentaux sur l’Ukraine. Il bloque par exemple régulièrement l’aide militaire à l’Ukraine, extrêmement précieuse pour Kiev, et ne cesse d’appeler à un cessez-le-feu. En début d’année, il avait mis son veto à une enveloppe de 50 milliards d’euros. Celle-ci avait finalement été validée, mais avec un retard dénoncé par les responsables ukrainiens.

Orban farouchement opposé à l’adhésion de l’Ukraine à l’UE

Le dirigeant eurosceptique, au pouvoir sans interruption depuis 2010, s’était aussi farouchement opposé à toute discussion d’adhésion à l’UE pour l’Ukraine, jugeant que ce pays n’était pas prêt. Il avait finalement accepté de quitter la table du sommet des dirigeants des Vingt-Sept en décembre dernier, le temps que ses 26 homologues décident d’ouvrir les négociations d’adhésion avec Kiev.

Lundi, le président Zelensky a adressé ses « félicitations » à la Hongrie pour le début de sa présidence de l’UE. Il a dit espérer que le pays promouvrait les « valeurs, objectifs et intérêts européens communs ».

Viktor Orban est resté proche de la Russie et de son président Vladimir Poutine, avec qui les Occidentaux ont coupé les ponts depuis le début de la guerre en Ukraine. À contre-courant, lui renforce les liens politiques et économiques de son pays avec le Kremlin. La Russie reste une source clé pour les besoins énergétiques du pays d’Europe centrale.

Le dirigeant hongrois désapprouve par ailleurs les sanctions européennes votées contre la Russie et tente de les adoucir, sans toutefois les bloquer entièrement. Il a qualifié à plusieurs reprises l’invasion russe de l’Ukraine d’« opération militaire », reprenant un euphémisme imposé par le Kremlin afin d’éviter de parler de guerre.

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À la UneMonde

Sanctions contre le Venezuela : Nicolas Maduro renoue le dialogue avec Washington

by Ruben Yale 2 juillet 2024
written by Ruben Yale

À moins d’un mois de l’élection présidentielle au Venezuela, le président Nicolas Maduro, candidat à sa réélection, a annoncé lundi la reprise des discussions avec les États-Unis malgré les sanctions imposées par Washington contre le secteur pétrolier du pays.

Le président vénézuélien Nicolas Maduro a annoncé lundi 1er juillet la reprise des discussions avec les États-Unis malgré les sanctions de Washington contre le secteur pétrolier et à moins d’un mois de l’élection présidentielle du 28 juillet.

« Mercredi prochain, les pourparlers avec les États-Unis reprennent pour qu’ils respectent les accords signés au Qatar et pour rétablir les termes du dialogue avec respect, sans manipulation », a déclaré Nicolas Maduro à la télévision, disant exiger un dialogue « public ».

Le président vénézuélien a affirmé que Washington était à l’origine de cette proposition de reprise des négociations et que Caracas avait choisi d’accepter après y avoir « réfléchi pendant deux mois ».

« Nous allons débattre et chercher de nouveaux accords pour que tout soit respecté, (notamment) ce qui a été signé au Qatar » en septembre, a-t-il assuré.

Contacté par l’AFP, le département d’État américain n’a pas souhaité faire de commentaire.

Retour des sanctions

Caracas et Washington avaient entamé des négociations secrètes l’année dernière au Qatar. Lors de ces discussions, ils s’étaient mis d’accord sur un échange de prisonniers : Washington a libéré Alex Saab, accusé d’être l’homme de paille de Nicolas Maduro, contre la libération de 28 prisonniers, 10 Américains et 18 Vénézuéliens emprisonnés au Venezuela.

En échange, les États-Unis ont allégé l’embargo pétrolier imposé au pays depuis 2019 pour tenter d’évincer du pouvoir le président Maduro, dont ils n’ont pas reconnu la réélection en 2018.

Washington a ensuite réimposé des sanctions en avril, après avoir estimé que le gouvernement vénézuélien n’avait pas permis à la principale dirigeante de l’opposition, Maria Corina Machado, de se présenter à l’élection présidentielle.

Washington a conditionné la levée des sanctions à la qualification de tous les membres de l’opposition, mais le Venezuela a condamné cette mesure et dénoncé « la prétention des États-Unis de surveiller, mettre sous tutelle, contrôler et manipuler l’industrie pétrolière vénézuélienne par le biais de sa politique illégale d’imposition de mesures coercitives et de licences ».

Nicolas Maduro a affirmé lundi vouloir « du dialogue, de la compréhension, un avenir pour nos relations, des changements sous une souveraineté et une indépendance absolues ».

Le gouvernement vénézuélien sera représenté par le président du Parlement, Jorge Rodriguez, et par le gouverneur de l’État de Miranda (centre nord), Hector Rodriguez.

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RN, Meloni, Orban : vers un combat des chefs de l’extrême droite européenne

by Sam's Londele 1 juillet 2024
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Le succès électoral du Rassemblement national lors du premier tour des législatives en France, dimanche, n’a pas suscité un élan de ferveur dans les pays européens déjà dirigés par des formations d’extrême droite. Pourtant, ce serait une opportunité pour la Hongrie de Viktor Orban ou l’Italie de Giorgia Meloni d’avoir un allié de poids. Mais c’est sans compter la potentielle guerre des chefs d’extrême droite à venir au niveau européen.

Elle a pris du temps à réagir. La présidente du conseil italien Giorgia Meloni s’est d’abord montrée « prudente » après le succès électoral du Rassemblement national au premier tour des législatives françaises, dimanche 30 juin. Puis, la dirigeante du parti d’extrême droite Fratelli d’Italia (Frère d’Italie) s’est tout de même réjoui, lundi 1er juillet, que « la diabolisation » du mouvement de Marine Le Pen « ne fonctionne plus ».

Et du côté de Viktor Orban, le très droitier Premier ministre hongrois ? Il n’a même pas commenté la percée du RN en France. Alors même que si le parti prenait les rênes du gouvernement, cela pourrait offrir à la Hongrie un nouvel « ami » en Europe. 

Une percée électorale qui tombe à pic ?

Étonnant ? Les deux seuls pays européens à être dirigés par des formations d’extrême droite devraient pourtant être aux anges à la perspective de voir Jordan Bardella prendre la tête d’un gouvernement de cohabitation en France. « L’ascension du Rassemblement national en France a de quoi les satisfaire, car avec un peu d’organisation et de discussion, ces trois pays peuvent créer un super groupe d’extrême droite au sein de l’Union européenne », note Georgios Samaras, spécialiste de l’extrême droite européenne au King’s College de Londres.

Une telle alliance des extrêmes aurait d’autant plus de poids que deux de ses membres – la France et l’Italie – sont des pays fondateurs de l’Union européenne. Ce sont aussi les deuxième et troisième économie du bloc européen derrière l’Allemagne.

Cette percée électorale en France tombe aussi à un moment qui peut sembler particulièrement propice. Elle confirme les bons résultats de l’extrême droite française aux élections européennes de début juin – où elle était arrivée en première position – et donne l’impression d’une vague extrémiste française prête à déferler sur l’UE.

Union européenne dont la présidence est assurée par… la Hongrie depuis le 1er juillet. Viktor Orban a profité de cette dynamique politique pour lancer un nouveau groupe au parlement – les « Patriotes pour l’Europe » – avec le FPÖ (extrême droite autrichienne) et le mouvement centriste ANO de l’ancien Premier ministre tchèque Andrej Babiš.

Une initiative qui a été saluée par Matteo Salvini, le vice-Président du Conseil des ministres italien et allié de Giorgia Meloni au gouvernement. Ce nouveau groupe pourra-t-il aussi séduire le RN français, dont les eurodéputés siègent actuellement au sein du groupe de droite radicale Identité et Démocratie (ID) ? « Politiquement, le RN, le Fidesz de Viktor Orban et Matteo Salvini sont tout à fait compatibles », confirme Daniele Albertazzi, professeur de politique à l’université de Surrey qui a travaillé sur les mouvements d’extrême droite au sein de l’Union européenne.

Même Giorgia Meloni, dont le parti Frères d’Italie est à la tête du groupe très à droite des Conservateurs et réformistes européens (ECR – European Conservatives and Reformists), pourrait être intéressée par un super-bloc des extrêmes. « Elle vient d’être exclue des négociations pour les postes clés au sein de l’Union européenne et, ambitieuse comme elle est, elle fera tout pour avoir davantage d’influence au sein de l’Europe », estime Georgios Samaras.

Le RN plus « Orbano-compatible »

Cependant, si Giorgia Meloni a attendu que tous les médias italiens et quelques journaux internationaux soulignent son peu d’enthousiasme pour le bon score du RN avant de se « réjouir », c’est que ce « rêve » d’un nouvel axe des extrêmes européens bute sur certaines considérations très terre à terre, d’après les experts interrogés par France 24. « Malgré les apparences, les partis d’extrême droite européens ne se rejoignent pas sur beaucoup de sujets au-delà d’un même socle idéologique d’exclusion », estime George Newth, politologue spécialiste des populismes en Europe à l’université de Bath.

« Une différence importante, par exemple, concerne leur position par rapport à la Russie et la guerre en Ukraine. La Hongrie est davantage pro-Russe, comme semble l’être le RN, alors que Giorgia Meloni se rapproche davantage de la ligne officielle européenne de soutien à l’Ukraine », souligne George Newth.

Avec un Rassemblement national aux portes du pouvoir en France, c’est aussi une extrême droite beaucoup plus eurosceptique que celle de Giorgia Meloni qui triomphe, d’après les experts interrogés par France 24. Marine Le Pen est beaucoup plus en phase avec Viktor Orban sur ces questions. « Giorgia Meloni essaie depuis deux ans de démontrer à Bruxelles que l’extrême droite peut avoir un impact constructif sur les institutions européennes. Si un gouvernement français dirigé par le RN impose un discours beaucoup plus anti-européen au camp d’extrême droite, ce serait un sacré revers pour les efforts de normalisation de Giorgia Meloni », résume Daniele Albertazzi.

« Deux reines pour une même ruche »

Ce ne sont pas que des questions de 50 nuances de bruns. Il en va aussi des ambitions personnelles. Avant la percée électorale du RN – aux européennes puis au premier tour des législatives – Giorgia Meloni représentait la chef de file de l’extrême droite en Europe. « L’Italie était bien sûr plus puissante que la Hongrie au niveau européen. Il est beaucoup plus facile d’isoler Viktor Orban que d’ignorer Giorgia Meloni », note Daniele Albertazzi. Pour lui, la dirigeante italienne était en train de s’imposer comme la dirigeante capable de créer des ponts entre la droite dite traditionnelle et les forces plus radicales qui ont le vent en poupe dans plusieurs pays européens.

Une victoire massive du RN au second tour des législatives pourrait changer cette dynamique. « S’il y avait un groupe rassemblant tous les partis d’extrême droite, il faudrait forcément trouver un ou une leader, et je ne sais pas qui accepterait de céder sa place à l’autre », s’interroge Georgios Samaras. « Il y aurait deux reines pour une seule ruche d’abeille, et je ne vois pas Giorgia Meloni se contenter des seconds rôles », confirme Daniele Albertazzi.

La dirigeante italienne pourrait-elle ainsi devenir un rempart improbable à l’influence sur la politique européenne d’un gouvernement français dirigé par le RN ? Pas forcément, estiment les experts interrogés par France 24. Il y aura toujours des grands thèmes comme la lutte contre l’immigration, ou ralentir l’agenda vert européen qui devraient permettre à ce nouveau front d’extrême droite de mettre des sérieux bâtons dans les roues européennes.

FRANCE 24 via CONGO PUB Online

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À la UneMonde

Législatives en France: largement en tête au premier tour, le RN vise désormais la majorité absolue

by Sam's Londele 1 juillet 2024
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L’extrême droite « aux portes du pouvoir » : largement en tête du premier tour d’élections législatives historiques dimanche, le Rassemblement national a demandé aux Français de lui donner une majorité absolue au deuxième tour et espère gouverner pour la première fois depuis la Seconde Guerre mondiale.

Alors que le traditionnel « front républicain » contre le RN apparaît moins systématique que par le passé, le parti de Jordan Bardella et Marine Le Pen est en mesure d’obtenir une forte majorité relative, voire une majorité absolue dimanche prochain. Pour cela, il lui faudrait faire élire 289 députés. Arithmétiquement, c’est possible : les dernières projections des instituts de sondages donnent entre 240 et 295 sièges pour le Rassemblement national et ses alliés, rappelle Pierrick Bonno, du service politique de RFI.

Mais le scénario d’une Assemblée nationale bloquée, sans alliances majoritaires envisageables entre les trois blocs en présence, reste aussi une possibilité.

Avec 33,2-33,5% des suffrages, le RN et ses alliés obtiennent leur meilleur score au premier tour d’un scrutin dans le sillage des européennes, selon les estimations des instituts Ipsos et Ifop. Ils devancent le Nouveau Front populaire réunissant la gauche, qui obtient 28,1-28,5%, loin devant le camp d’Emmanuel Macron à 21-22,1%, lors de ce vote marqué par une participation en forte hausse. Les Républicains (LR) qui n’ont pas fait alliance avec le RN s’établissent autour de 10%.

« Il nous faut une majorité absolue », a lancé Marine Le Pen, annonçant sa propre élection comme députée dès le premier tour dans son fief d’Hénin-Beaumont. Selon la triple candidate à la présidentielle, « le bloc macroniste » est « pratiquement effacé » après ce premier dimanche de vote anticipé provoqué par la dissolution surprise de l’Assemblée.

« Respectueux » mais « intransigeant » 

Visage lisse incarnant un parti lepéniste dédiabolisé, Jordan Bardella, qui aspire à entrer à Matignon à seulement 28 ans, a promis d’être « un Premier ministre de cohabitation, respectueux de la Constitution et de la fonction du président de la République, mais intransigeant » sur son projet de gouvernement.

Il s’agirait d’une cohabitation inédite entre Emmanuel Macron, président pro-européen, et un gouvernement beaucoup plus hostile à l’Union européenne, qui pourrait faire des étincelles au sujet des prérogatives des deux têtes de l’exécutif, notamment en matière de diplomatie et défense.

« L’extrême droite est aux portes du pouvoir », a alerté le Premier ministre Gabriel Attal, appelant à « empêcher le Rassemblement national d’avoir une majorité absolue ». Cela dépendra en bonne partie des désistements et consignes de vote dans chaque circonscription. Avant ces décisions cruciales, un nombre record de triangulaires potentielles est attendu, pouvant concerner quelque 300 des 577 sièges de députés en jeu.

Les stratégies pour le deuxième tour s’affinent

« Face au Rassemblement national, l’heure est à un large rassemblement clairement démocrate et républicain pour le second tour », a affirmé Emmanuel Macron dans une déclaration écrite transmise aux médias dès 20h. À l’Élysée comme chez la plupart des ténors de son camp, ce rassemblement semble devoir exclure les candidats de La France insoumise, ou un certain nombre d’entre eux.

Gabriel Attal est lui-même resté imprécis, promettant des désistements et appelant à « voter pour les candidats qui défendent la République ». L’un de ses prédécesseurs, Édouard Philippe, a lui estimé qu’« aucune voix » ne devait « se porter sur les candidats du Rassemblement national, ni sur ceux de la France insoumise ». Quelques voix macronistes, dont celles du ministre Roland Lescure, se sont toutefois élevées pour faire « barrage à l’extrême droite » y compris, si nécessaire, en votant pour un candidat LFI. Ce qui augure d’une stratégie au cas par cas dans les rangs macronistes.

À gauche, l’appel au barrage face au RN fait consensus : après avoir entretenu un certain flou, le leader de La France insoumise Jean-Luc Mélenchon a annoncé que ses candidats se retireraient s’ils terminaient troisièmes et que le RN était en tête. La patronne des Écologistes Marine Tondelier a plaidé pour la « construction d’un nouveau front républicain », malgré son étiolement continu au fil des ans. Une centaine d’organisations, dont des associations et des syndicats, ont également appelé à voter contre le RN. LR a pour sa part refusé de donner des consignes de vote.

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À la UneMonde

Liban: après de nouveaux combats à la frontière avec Israël, le spectre d’un conflit généralisé

by Sam's Londele 29 juin 2024
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De nouveaux combats ont éclaté à la frontière libano-israélienne, entre Israël et le Hezbollah le vendredi 28 juin. Ces derniers jours, des responsables de l’ONU ou des capitales occidentales ont mis en garde contre le risque d’un conflit dévastateur si la guerre à Gaza s’étend au Liban. Le chef de la diplomatie libanaise Abdallah Bou Habib a appelé à faire preuve de « positions de solidarité avec le Liban » et à « intensifier les pressions sur Israël pour qu’il mette fin à son agression militaire ».

À Beyrouth, si la vie continue, le climat est anxiogène. Le jeune Saadé a toujours vécu à Ain El-Remmaneh, une banlieue au sud de la capitale. Alors que la rhétorique belliqueuse enfle entre le Hezbollah et Israël, il s’inquiète : « Pourvu que rien ne se passe ! Nous ne pouvons plus supporter davantage, ni conflits, ni guerres économiques. S’il y a une guerre, ce sera un grand effondrement pour le Liban. Nous ne voulons pas qu’il y ait la guerre. »

Le ministre israélien de la Défense a menacé, il y a quelques jours : son pays, dit-il, à la « capacité de ramener le Liban à l’âge de pierre » en cas de conflit généralisé.

Ali, voisin de Saadé, hausse les épaules : « Il n’y aura pas de guerre. Les menaces israéliennes sont creuses. Pourquoi devrions-nous avoir peur ? Nous sommes habitués. J’étais petit pendant la guerre de 2006, je ne m’en souviens pas. On est juste confrontés à une guerre psychologique. »

Un risque de déflagration présent dans tous les esprits

Des ambassades, comme celle d’Allemagne, ont demandé à leurs ressortissants de quitter le Liban.

Assis sur une chaise, à l’ombre du soleil brûlant, Omar est Irakien et les nouvelles le minent : « Nous avons fui une guerre, est-ce pour en retrouver une autre ici ? J’ai peur pour les miens, j’ai des enfants. Les avertissements et les menaces annoncent peut-être une guerre ; des menaces avant une guerre, ça fait peur. »

Le risque d’une grande déflagration est dans tous les esprits. Cela n’empêche pas de nombreux Libanais de profiter du début de l’été, comme si de rien n’était.

RFI via CONGO PUB Online

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Guerre Israël-Hamas : l’évacuation de Gaza se poursuit

by Ruben Yale 28 juin 2024
written by Ruben Yale

Les Palestiniens ont fui les quartiers de la ville de Gaza jeudi après un nouvel ordre d’évacuation israélien et des bombardements intensifs.

L’armée israélienne a ordonné de nouvelles évacuations de quartiers dont celui de Shijaiyah qui ont été fortement ciblés par les tirs et largement vidés au début de la guerre.

« Les missiles nous ont atteints et nous nous sommes enfuis, il y a des martyrs, et les maisons ont été frappées sur leurs propriétaires. (Nous ne savons pas où aller, je le jure, nous ne savons pas où aller », a déclaré Um Atef (surnom), personne déplacée.

Les premiers intervenants de la défense civile de Gaza, qui fait partie du gouvernement dirigé par le Hamas, ont déclaré que les frappes aériennes avaient touché cinq maisons, tuant au moins trois personnes et en blessant six autres.

Les secouristes continuent de fouiller les décombres à la recherche de survivants.

« Ils ont commencé à nous appeler pour nous demander d’évacuer l’est d’al-Tuffah et l’est d’al-Shijaiyah, et comme vous pouvez le voir, nous sommes partis, il y a eu des martyrs et des blessés, et il y a eu des personnes piégées incapables de partir. Les martyrs de la matinée ont été jetés à la poubelle. Personne ne peut atteindre cette zone parce qu’elle est dangereuse », a déclaré Mahmoud Daher, personne déplacée.

La ville de Gaza a été lourdement bombardée au cours des premières semaines de la guerre, qui a débuté par l’attaque surprise du Hamas contre Israël le 7 octobre.

Israël a ordonné l’évacuation de tout le nord de Gaza, y compris la plus grande ville du territoire, à la fin du mois.

Des centaines de milliers de personnes sont restées dans le nord, même si les troupes israéliennes l’ont encerclé et largement isolé.

Africanews via CONGO PUB Online

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