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Monde

À la UneMonde

Avec l’Organisation de coopération de Shanghai, la Chine cherche à créer une alternative à l’Otan

by Ruben Yale 12 juillet 2024
written by Ruben Yale

Pour la première fois, l’Otan a accusé publiquement dans le communiqué final du 75e sommet de l’alliance à Washington la Chine de faciliter la guerre russe en l’Ukraine, ce qui n’a pas du tout plus à Pékin qui rejette ses accusations. Pour faire contrepoids à l’Otan, la Chine cherche à renforcer l’influence de l’Organisation de coopération de Shanghai. Dix États en font partie, dont l’incontournable allié russe, mais on est loin du bloc formé par l’Otan.

Juste avant le sommet de l’Otan à Washington, la Chine a envoyé des soldats en Biélorussie, pile à la frontière de la Pologne, membre de l’alliance atlantique. Des exercices militaires inédits avec le principal allié de la Russie dans la région destinés avant tout à adresser un message aux Occidentaux. 

« Comme c’est souvent le cas au moment des grands sommets, on a ce que l’on peut appeler des signalements stratégiques. L’idée, c’est de montrer au moment où l’Otan insiste sur le fait qu’elle renforce ses partenaires avec les voisins de la Chine, les fameux partenaires de l’Info-Pacifique, que la Chine est en capacité de nouer des partenariats et d’être active aux frontières de l’Europe », explique Mathieu Droin, chercheur invité au centre d’études internationales stratégiques à Washington.

« On est très loin d’une organisation de défense collective »

Le Bélarus vient d’intégrer l’organisation de coopération de Shanghai. La Chine cherche à en faire une alternative à l’Otan. Avec l’Inde, la Russie et les pays d’Asie centrale entre autres, la dizaine de pays qui la composent sont loin de former un bloc solide.

« Il y en a un certain nombre d’entre eux qui sont en guerre, certains qui ont des relations très tendues comme la Chine et l’Inde, l’Inde et le Pakistan ou certains pays d’Asie centrale entre eux, donc on est très loin d’une organisation de défense collective comme peut l’être l’Otan, c’est difficilement comparable », estime Mathieu Droin.

L’Otan non plus n’échappe cependant pas aux divisions, à commencer par la priorité à donner au dossier chinois dans l’Indo-Pacifique.

RFI via CONGO PUB Online

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À la UneMonde

Des dizaines de corps découverts après une opération israélienne dans un quartier de Gaza-ville

by Ruben Yale 12 juillet 2024
written by Ruben Yale

Environ soixante corps ont été découverts sous les décombres de bâtiments à Choujaïya, un quartier de Gaza d’où l’armée israélienne a annoncé s’être retirée mercredi soir après deux semaines d’offensive militaire, a indiqué jeudi la Défense civile de la bande de Gaza. Une délégation israélienne doit se rendre au Caire pour poursuivre les pourparlers en vue d’un cessez-le-feu, a déclaré le bureau du Premier ministre Benjamin Netanyahu.

Environ soixante corps ont été découverts sous les décombres de bâtiments à Choujaïya, un quartier de Gaza d’où l’armée israélienne a annoncé s’être retirée mercredi soir après deux semaines d’offensive militaire, a indiqué jeudi 11 juillet la Défense civile de la bande de Gaza.

« Lorsque les forces d’occupation israéliennes se sont retirées du quartier de Choujaïya, les équipes de la Défense civile, avec l’aide des habitants, ont réussi à retrouver environ soixante martyrs à ce stade », a affirmé dans un communiqué le porte-parole de la Défense civile, Mahmoud Basal.

Ces personnes ont été exhumées des décombres dans ce quartier est de Gaza-ville, devenu une « zone de désastre », selon lui. Désormais, « 85 % des immeubles (du quartier) sont inhabitables », a-t-il déclaré, sans compter la totalité des infrastructures qui ont été « démolies ».

Mercredi soir, l’armée israélienne a annoncé avoir « achevé » ses opérations lancées le 27 juin à Choujaïya, dans l’est de la ville de Gaza, qui ont permis le démantèlement de « huit tunnels » et l’élimination de « dizaines de terroristes », selon un communiqué.

Cette photo diffusée par l'armée israélienne le 11 juillet 2024 montre un char de combat de l'armée israélienne en mouvement lors d'opérations dans la bande de Gaza.
Cette photo diffusée par l’armée israélienne le 11 juillet 2024 montre un char de combat de l’armée israélienne en mouvement lors d’opérations dans la bande de Gaza. © Armée israélienne, AFP

L’armée a appelé mercredi tous les habitants à évacuer – quelque 300 000 à 350 000 personnes, selon l’ONU. Dans des tracts, elle a averti que la ville, où elle avait annoncé début janvier avoir « achevé le démantèlement de la structure militaire » du Hamas, restait « une dangereuse zone de combat ».

« Destruction immense » à Choujaïya

Jeudi, des habitants commençaient à regagner les ruines du quartier de Choujaïya, selon l’AFPTV. Parmi eux, Mohamad Nairi dit s’être retrouvé face à une « destruction immense » dépassant « tout ce qu’on pourrait décrire ».

L’armée israélienne a aussi indiqué poursuivre ses opérations dans la région de Rafah (sud) frontalière avec l’Égypte, affirmant que ses troupes avaient « éliminé des dizaines de terroristes », dont Hassan Abou Kouik, décrit comme un des chefs de la sécurité opérationnelle des forces de sécurité interne du Hamas ayant « mené de nombreuses attaques terroristes » contre Israël.

Carte de la bande de Gaza localisant les villes de Gaza, Rafah, Khan Younès, Deir el-Balah et Al-Zawayda.
Carte de la bande de Gaza localisant les villes de Gaza, Rafah, Khan Younès, Deir el-Balah et Al-Zawayda. © Sylvie Husson, Sabrina Blanchard, AFP

Quatre morts, dont un enfant, ont été transportés à l’hôpital Nasser de Rafah après des raids israéliens sur le quartier de Tal al-Sultan, dans l’ouest de la ville, selon la direction de l’établissement.

Dans le centre de la bande de Gaza, quatre personnes ont également été tuées dans une frappe israélienne sur le camp de réfugiés de Nousseirat, selon le ministère de la Santé du Hamas.

La situation dans le territoire assiégé est désastreuse : l’aide humanitaire est en attente du côté palestinien du point de contrôle de Kerem Shalom (sud). Les Nations unies et Israël se rejettent la responsabilité du blocage des distributions.

Samantha Power, administratrice de l’agence américaine de développement (USAID), est arrivée jeudi en Israël pour plaider en faveur d’une augmentation du flux humanitaire.

Israël exige le contrôle sur une zone frontalière de l’Égypte

Par ailleurs, Israël exige de conserver le contrôle d’une zone de la bande de Gaza frontalière de l’Égypte conquise début mai, afin d’empêcher la « contrebande d’armes » à destination du Hamas à partir de l’Égypte, a déclaré jeudi le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu.

Cette exigence de conserver le « couloir de Philadelphie et le point de passage de Rafah » fait partie des « quatre principes » posés par Israël dans le cadre des négociations en vue d’un accord de cessez-le-feu à Gaza et de libération des otages, a dit Benjamin Netanyahu, alors que le Hamas exige de son côté l’évacuation de cette zone par l’armée israélienne.

Le couloir de Philadelphie est une mince zone tampon tracée par l’armée israélienne du temps de sa deuxième occupation de la bande de Gaza (1967-2005), large aujourd’hui d’au moins une centaine de mètres, davantage par endroits, et courant le long des 14 kilomètres de la frontière entre la bande de Gaza et l’Égypte.

Crucial pour le transit de l’aide humanitaire, le point de passage de Rafah est la seule voie de circulation entre la bande de Gaza et un territoire autre qu’Israël. Il est fermé depuis que les troupes israéliennes ont lancé, début mai, une offensive au sol d’envergure contre cette ville, où s’étaient alors réfugiée la majorité de la population de la bande de Gaza.

Délégation en route vers le Caire

Sur le plan diplomatique, les médiateurs ont relancé leurs efforts pour avancer vers un cessez-le-feu. Le Hamas a annoncé dimanche une concession, disant accepter de négocier sur la libération des otages en l’absence d’un cessez-le-feu permanent avec Israël, qu’il avait jusqu’à présent toujours réclamé.

Jeudi, une délégation israélienne doit se rendre jeudi au Caire pour poursuivre les pourparlers, a déclaré le bureau du Premier ministre Benjamin Netanyahu. « Une délégation dirigée par le chef du Shin Bet (service de sécurité intérieure), ainsi que des représentants des FDI (Forces de défense israéliennes), devraient partir pour Le Caire ce soir afin de poursuivre les négociations », a indiqué le communiqué, ajoutant que Benjamin Netanyahu avait rencontré tout au long de la journée les négociateurs qui étaient rentrés de Doha.

Une femme tient une pancarte appelant à libérer un otage détenu dans la bande de Gaza depuis l'attaque du Hamas le 7 octobre, au début d'une marche de protestation de Tel-Aviv vers Jérusalem.
Une femme tient une pancarte appelant à libérer un otage détenu dans la bande de Gaza depuis l’attaque du Hamas le 7 octobre, au début d’une marche de protestation de Tel-Aviv vers Jérusalem pour tenter de faire pression sur leur gouvernement afin qu’il négocie un accord pour libérer leurs proches, le 10 juillet 2024. © Jack Guez, AFP

Benjamin Netanyahu a toujours affirmé vouloir poursuivre la guerre jusqu’à la destruction du Hamas – considéré comme une organisation terroriste par Israël, les États-Unis et l’Union européenne – et la libération de tous les otages.

Un responsable du mouvement islamiste palestinien, Hossam Badran, a toutefois déclaré à l’AFP que l' »intensification » des « massacres » israéliens dans la bande de Gaza ces derniers jours avait pour effet de renforcer les exigences du mouvement islamiste.

Sur un autre front, Israël a affirmé avoir intercepté jeudi plusieurs drones en provenance du Liban, à sa frontière nord, théâtre d’échange de tirs récurrents entre l’armée israélienne et le mouvement islamiste libanais Hezbollah, allié du Hamas.

France via CONGO PUB Online

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À la UneMonde

Gaza : l’hôpital Al-Ahli rouvre ses portes après des jours de fermeture

by Ruben Yale 12 juillet 2024
written by Ruben Yale

L’un des principaux hôpitaux de la ville de Gaza a partiellement repris ses activités jeudi, quelques jours après avoir évacué ses patients et son personnel suite à l’assaut militaire israélien dans la région.

L’hôpital Al-Ahli avait été vidé de ses occupants. Jeudi, ce centre était de nouveau fréquentable. Patients et personnels médicaux se rencontraient, pour la première fois depuis l’ordre d’évacuer cette zone de la bande de Gaza. Selon l’Église épiscopale du Moyen-Orient, Al-Ahli avait été contraint de fermer en raison de la menace israélienne

Cela fait quatre jours que l’hôpital baptiste a cessé de fonctionner. Aujourd’hui, nous sommes retournés à l’hôpital baptiste pour ouvrir temporairement les services d’accueil et d’urgence, malgré le danger et sous les tirs, afin d’être présents pour les soins primaires dans le nord de Gaza, car le danger existe toujours, et la zone est toujours sous les tirs et les bombardements, et les blessés continuent d’arriver, explique un infirmier.

Pour faire face à la fermeture, les patients avaient été transportés vers l’ hôpital indonésien de la ville de Beit Lahiya , le seul opérationnel dans le nord de la bande de Gaza. Cependant, ce centre hospitalier doit faire face à de grave pénurie de carburant et de matériel médical. Les bombardements de l’armée israélienne ont forcé de milliers de personnes à fuir.

Africanews via CONGO PUB Online

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À la UneMonde

France: «l’ensemble des femmes afghanes» pourraient être considérées comme réfugiées, une première

by Sam's Londele 11 juillet 2024
written by Sam's Londele

« L’ensemble des femmes afghanes » qui fuient l’Afghanistan en raison des mesures discriminatoires prises à leur encontre par les talibans « peuvent obtenir le statut de réfugiées », a statué jeudi 11 juillet la Cour nationale du droit d’asile (CNDA). Dans sa décision hautement symbolique et inédite, la juridiction considère « les femmes afghanes » comme un « groupe social » à part entière et pouvant subir des discriminations en raison de cette « appartenance ».

Pour la France, « les femmes et jeunes filles afghanes sont, dans leur ensemble, perçues d’une manière différente par la société afghane » et « doivent être considérées comme appartenant à un groupe social susceptible d’être protégé comme réfugié », ont décidé les juges de la Cour nationale du droit d’asile (CNDA), selon un communiqué.

Cette décision a une portée symbolique forte en facilitant leur protection. C’est une première, car jusqu’à présent, « aucun groupe social des femmes n’[était] reconnu », indique-t-on à la CNDA. En bref, le simple fait d’être une femme ou une jeune fille en Afghanistan devrait permettre d’obtenir le statut de réfugié en France, estime la juridiction.

Les talibans, depuis leur retour au pouvoir en août 2021, ont « porté atteinte » aux « droits et libertés fondamentaux des femmes et des jeunes filles afghanes, notamment en les excluant du gouvernement provisoire, […] ainsi qu’en remettant en cause leur droit à la santé, à l’éducation et leur liberté d’aller et venir », relève la Cour française. Ces « graves mesures discriminatoires » constituent des « actes de persécution » au sens de la convention de Genève, poursuit-elle, s’appuyant également sur les rapports du Haut Comissariat des Nations unies aux droits de l’Homme.

Cette instance statue sur les recours introduits par les étrangers déboutés en première instance par l’Office français de protection des réfugiés et apatrides (Ofpra) de leur demande d’asile en France.

En France, le droit d’asile repose en premier lieu sur la Convention de Genève de 1951 relative au statut des réfugiés. L’article 1 de cette convention internationale, adoptée dans l’après-guerre, dispose que « le terme « réfugié » s’appliquera à toute personne […] craignant avec raison d’être persécutée du fait de sa race, de sa religion, de sa nationalité, de son appartenance à un certain groupe social ou de ses opinions politiques ».

Il revient aux juges de définir ce qui relève d’un « groupe social », moins défini que la religion ou les opinions politiques. La CNDA reconnaît déjà l’existence d’un « groupe social » dans le cas des homosexuels dans certains pays – comme le Mali, la Tunisie ou l’Égypte. Elle le considère également pour des femmes voulant se soustraire à un mariage forcé – dans le cas du Mali, de la Mauritanie, de la Guinée, du Burkina Faso, entre autres -, tout comme pour des femmes risquant l’excision, comme en Égypte ou au Cameroun, entre autres.

Jusqu’ici en France, seules les femmes fuyant un mariage forcé, les fillettes craignant l’excision ou les femmes s’étant extraites d’un réseau de prostitution pouvaient bénéficier de la protection de la Convention de Genève. Cela du fait de leur appartenance à un « certain groupe social ». 

« Uniformiser la jurisprudence pour les années à venir »

En plus de cette question de principe, la question des femmes fait l’objet de trois autres affaires des juges de la CNDA, examinées le 14 juin. Elles concernent une Afghane évoquant la perte de droits depuis l’arrivée au pouvoir des talibans en 2021, une Albanaise redoutant des violences domestiques et une Mexicaine des violences sexuelles. Elle va se prononcer sur ces trois dossiers à part. Mais la question pourra ultérieurement être posée pour d’autres pays, indique-t-elle.

« Cela va uniformiser la jurisprudence pour les années à venir, car les décisions de la Cour en grande formation s’imposent à toutes les formations de jugement et à l’Ofpra », explique-t-on à la CNDA.

La jurisprudence de la Cour de Justice de l’Union européenne (CJUE) a ouvert la voie le 16 janvier 2024 à une telle décision. « Les femmes, dans leur ensemble, peuvent être regardées comme appartenant à un groupe social » et prétendre ainsi à la qualité de réfugiée si « dans leur pays d’origine, elles sont exposées, en raison de leur sexe, à des violences physiques ou mentales, y compris des violences sexuelles et domestiques », selon l’arrêt de la CJUE.

L’Afghanistan est le premier pays d’origine des demandeurs d’asile en France depuis cinq ans : 17 103 premières demandes d’asile ont été déposées en 2022, soit 15 % du total, selon l’Ofpra.

RFI via CONGO PUB Online

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À la UneMonde

Sommet de l’Otan: l’Alliance atlantique multiplie les gages de soutien à l’Ukraine

by Sam's Londele 11 juillet 2024
written by Sam's Londele

Des avions F-16, des batteries de défense antiaérienne, une « trajectoire irréversible » vers l’adhésion : les pays de l’Otan ont multiplié ce mercredi 10 juillet les gages d’un soutien renforcé à l’Ukraine, au premier jour d’un sommet historique à Washington marqué par les incertitudes politiques, notamment aux États-Unis.

« La Russie est sur le pied de guerre », avec l’aide de la Chine, de la Corée du Nord et de l’Iran pour son industrie d’armement, a averti le président des États-Unis Joe Biden, lors de ce sommet marquant les 75 ans d’existence de l’Alliance. À cet égard, les dirigeants de l’Otan ont exprimé leurs « profondes préoccupations » face au rapprochement entre la Russie et la Chine et dénoncé le soutien de Pékin à l’effort de guerre russe en Ukraine, selon un communiqué final.

« Nous ne pouvons pas nous permettre de laisser l’Alliance être distancée », a ajouté Joe Biden d’une voix forte après les interrogations sur son état de santé et sa capacité à défendre les couleurs du camp démocrate à quatre mois de l’élection présidentielle américaine.

Dès avant l’ouverture officielle de leur réunion, plusieurs pays de l’Otan ont annoncé avoir commencé à transférer des avions de combat F-16 à l’Ukraine. Ces appareils, en provenance du Danemark et des Pays-Bas, « voleront dans le ciel ukrainien cet été », a assuré le secrétaire d’État américain Antony Blinken.

Renforcement de la défense antiaérienne ukrainienne

La Maison-Blanche a de son côté ajouté que la Belgique et la Norvège s’étaient engagées à fournir d’autres appareils à l’Ukraine qui fait face à un barrage croissant de missiles russes contre ses villes et infrastructures. Après avoir fêté en grande pompe la veille au soir à Washington le 75e anniversaire de l’alliance militaire occidentale, les leaders se sont retrouvés au sein du Conseil de l’Atlantique nord, l’organe politique suprême de l’Otan, avant de rejoindre la Maison-Blanche pour un dîner de gala.

Lors de cet événement marqué par un orage, qui a conduit à l’annulation d’un défilé aérien, Joe Biden a comparé l’Alliance transatlantique au quartier de son enfance : « Quand un voisin avait besoin d’aide, vous lui donniez un coup de main, quand des petites brutes menaçaient le quartier, vous interveniez », a-t-il déclaré.

Le président américain avait confirmé mardi soir que les alliés allaient aussi fournir à l’Ukraine un total de cinq systèmes de défense antiaérienne supplémentaires, dont quatre batteries de type Patriot, des missiles sol-air particulièrement efficaces pour intercepter les missiles balistiques russes. L’Allemagne, les Pays-Bas, la Roumanie et l’Italie doivent également y contribuer.

40 milliards d’euros d’aide pour l’année à venir

Plus de deux ans après l’invasion russe de l’Ukraine, les alliés se sont aussi engagés à développer leur industrie de défense, a indiqué ce mercredi 10 juillet le secrétaire général sortant de l’Otan, Jens Stoltenberg. « Ce nouvel engagement envoie au monde un message sans ambiguïté », a souligné sur ce point Joe Biden, se félicitant que 23 pays sur les 32 que compte l’Alliance allaient désormais consacrer 2% de leur produit intérieur brut aux dépenses militaires. Les alliés ont également décidé que leur aide militaire à l’Ukraine pour faire face à la Russie atteindrait au minimum 40 milliards d’euros sur l’année à venir, selon leur déclaration commune.

L’Ukraine souhaitait recevoir une invitation formelle à rejoindre l’Otan, mais devra encore attendre face à l’opposition de plusieurs pays, dont les États-Unis. Les membres de l’organisation sont toutefois d’accord pour reconnaître que l’Ukraine est sur une « trajectoire irréversible » vers son adhésion à l’Alliance atlantique, selon le communiqué final. Pour le chancelier allemand Olaf Scholz, les décisions prises par l’Otan « procurent à l’Ukraine la clarté dont elle a besoin ».

L’OTAN également traversée par des incertitudes

Emmanuel Macron, arrivé ce mercredi, n’a fait aucune déclaration à la presse, malgré les inquiétudes chez ses partenaires européens sur un affaiblissement potentiel de la France après les élections législatives. Le sommet de Washington intervient aussi dans un climat d’incertitudes politiques aux États-Unis, où le président Biden a fait face à une fronde de démocrates le sommant d’abandonner la course à un second mandat en novembre face à Donald Trump.

L’ombre de l’ancien président républicain, qui s’est souvent montré critique de l’Otan et dont certains propos ont semblé fragiliser le principe d’assistance mutuelle prévu par l’article 5 du traité, plane sur le sommet. « Je m’attends à ce que, quel que soit le résultat des élections, les États-Unis restent un allié solide et loyal de l’Otan », a toutefois déclaré mercredi Jens Stoltenberg. Le président finlandais Alexander Stubb n’en a pas moins reconnu que la polarisation aux États-Unis était « très toxique ».

Le Premier ministre hongrois Viktor Orban est également présent au sommet après ses récents déplacements à Moscou et à Pékin, qui ont été très mal perçus notamment à Washington et Bruxelles.

RFI via CONGO PUB Online

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Nouvelle-Calédonie : un homme tué par les gendarmes, dixième mort depuis le début des violences

by Ruben Yale 10 juillet 2024
written by Ruben Yale

Un homme a été tué mercredi par les forces de l’ordre lors d’une opération de déblocage d’une route dans le sud de la Nouvelle-Calédonie. Il s’agit du dixième décès lié aux violents troubles qui secouent l’archipel depuis près de deux mois.

Nouveau décès sur le « Caillou ». Un homme a été tué, mercredi 10 juillet, par les forces de l’ordre dans le sud de la Nouvelle-Calédonie, ce qui porte à dix le nombre de morts depuis le début des troubles dans l’archipel il y a près de deux mois, a appris l’AFP auprès du parquet de Nouméa.

Les faits se sont produits à la tribu kanak Saint-Louis sur la commune du Mont-Dore, dans l’est de l’agglomération de Nouméa, a indiqué la même source.

La victime a été touchée par un tir de riposte à longue distance effectué par un gendarme du GIGN (Groupe d’intervention de la gendarmerie nationale) lors d’une opération de déblocage d’une route, a indiqué une source proche de l’enquête.

Alors que les gendarmes étaient ciblés par des tirs d’armes à feu, le GIGN, engagé en appui de cette opération, a localisé le tireur et a riposté, selon la version relayée par cette source.

D’après une deuxième source proche de l’enquête, les gendarmes étaient en opération pour aller interpeller des auteurs de tirs d’armes à feu, très réguliers dans cette tribu, et ont été pris à partie au niveau d’une église lors d’une opération de sécurisation d’un axe routier.

L’archipel du Pacifique sud est en proie à de violents troubles depuis le 13 mai, nés de la contestation d’un projet de réforme du corps électoral aux scrutins provinciaux, cruciaux en Nouvelle-Calédonie.

Ce projet de loi constitutionnelle, accusé par les indépendantistes de marginaliser le poids du peuple autochtone kanak, a été suspendu par Emmanuel Macron en juin, trois jours après la dissolution de l’Assemblée nationale.

Mais les troubles perdurent depuis dans le territoire océanien, qui a connu ces deux derniers mois les plus graves violences survenues localement depuis les années 1980. Elles ont fait à ce jour dix morts, dont deux gendarmes, et des dégâts matériels considérables (incendies, destructions, pillages…).

Un regain de tension a été constaté après un vaste coup de filet dans les milieux indépendantistes mené à partir du 19 juin.

Treize personnes, auxquelles il est reproché un rôle dans l’orchestration des émeutes sur le « Caillou », ont été mises en examen. Cinq d’entre elles demeurent incarcérées en métropole, dont Christian Tein, le leader de la Cellule de coordination des actions de terrain (CCAT), accusée par les autorités d’avoir organisé les violences.

France 24 via CONGO PUB Online

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Législatives en France: les députés de gauche font leur rentrée à l’Assemblée déterminés à gouverner

by Sam's Londele 9 juillet 2024
written by Sam's Londele

L’alliance de gauche, arrivée en tête des législatives en France sans majorité absolue, a revendiqué mardi 9 juillet le droit d’appliquer son programme de rupture, quitte à nouer des alliances parlementaires au coup par coup, en attendant de parvenir à désigner une personnalité pour diriger le gouvernement.

À entendre les leaders du Nouveau Front populaire, même s’ils n’ont pas une majorité relative suffisante pour gouverner seuls, ils sont arrivés en tête du scrutin. Alors Emmanuel Macron n’aurait pas le choix, il doit appeler un Premier ministre issu de leur rang – ils se sont d’ailleurs engagés à fournir un nom dans les prochains jours – et celui-ci formera un gouvernement de gauche. Mais pour le moment, le président ne répond pas. Dimanche soir, il a indiqué sa volonté d’attendre la « structuration » de la nouvelle Assemblée.

Le patron du Parti socialiste, Olivier Faure, arrivé en milieu d’après-midi au Palais Bourbon avec les élus socialistes, s’est dit « prêt à assumer » la fonction de Premier ministre « dans le dialogue avec [ses] partenaires » du Nouveau Front populaire, une mise en garde face aux velléités de Jean-Luc Mélenchon d’envoyer un Insoumis à Matignon.

« Bien évidemment, ça peut être ouvert à d’autres »

Mardi, en faisant les uns après les autres leur entrée à l’Assemblée nationale, les députés de gauche ont semblé exclure d’élargir leur base politique et renoncer à rallier le centre droit, alors même qu’ils ne disposent que de 190 députés, loin de la majorité absolue (289). « Je ne pense pas qu’on soit en situation aujourd’hui d’avoir une coalition plus large au gouvernement que le Nouveau Front populaire », a déclaré sur TF1 le sénateur écologiste Yannick Jadot, pour qui « les coalitions vont se construire à l’Assemblée ».

Quant au coordinateur de la France insoumise, Manuel Bompard, il a prévenu que la gauche appliquerait son programme et qu’il reviendrait à « chacun des groupes de prendre ses responsabilités, (…) soit de voter nos propositions, soit (…) de nous renverser ». Quelques voix s’élèvent tout de même au sein du NFP en faveur d’un élargissement, mais toujours sous la houlette d’un gouvernement ancré à gauche. « Bien évidemment, ça peut être ouvert à d’autres, lâche le député communiste André Chassaigne. Il peut y avoir des personnalités qui se greffent sur un gouvernement Nouveau front populaire et faire en sorte que, loi par loi, ça n’engendre pas de motion de censure qui mettrait tout par terre. »

Les députés de gauche font leur rentrée à l’Assemblée sur fond de négociations

Un socialiste souffle même une alliance avec le camp présidentiel, mais cela est hors de question pour l’élue écologiste Sandrine Rousseau : « Ils font partie du problème dans lequel nous sommes. Les lois qu’ils ont passées ont brutalisé l’Assemblée et le peuple français et sont à l’origine de la défiance et de la colère qui s’est exprimée lors de ce scrutin ». Même son de cloche côté Insoumis, où l’on estime qu’avant de parler d’alliance ou de coalition, c’est tout d’abord à Emmanuel Macron de prendre ses responsabilités. « Nous exigeons qu’Emmanuel Macron respecte le vote populaire en choisissant de nommer un Premier ministre issu du Nouveau Front populaire », a déclaré Mathilde Panot, députée LFI.

Ceux qui, hier, se querellaient quotidiennement, doivent donc maintenant s’entendre, notamment sur la désignation d’une figure consensuelle pour incarner leur projet. Un nom pourrait sortir du chapeau d’ici à la fin de semaine, ou le début de la semaine prochaine.

Détricoter des mesures phares 

Et après cela, la coalition veut revenir sur plusieurs mesures phares passées par le camp présidentiel, à commencer par la réforme des retraites, texte très impopulaire du deuxième quinquennat Macron. L’union des gauches prévoit aussi l’abrogation d’une loi immigration et d’une énième réforme de l’assurance chômage, ainsi que l’augmentation du salaire minimum. L’agence de notation Moody’s a prévenu mardi que l’abrogation de la réforme des retraites et l’absence de mesures d’économies budgétaires pourraient peser sur la notation de la France. La note de crédit de la France serait « sous pression » si le pays ne parvenait « pas à réduire son important déficit public », qui a fortement dérapé l’an dernier à 5,5% du PIB en 2023, a prévenu l’agence de crédit S&P Global.

Lundi, le président Emmanuel Macron a anticipé de longues discussions tortueuses, demandant à son chef de gouvernement démissionnaire Gabriel Attal de rester en poste pour « assurer la stabilité du pays », alors que Paris accueille les Jeux olympiques dans moins de trois semaines. Pour la France, habituée à la relative stabilité politique grâce à sa Constitution de 1958, la situation est inédite.

Jeu de trois

De plus, à l’alliance de gauche s’oppose un solide camp macroniste (autour de 160 sièges), une droite républicaine qui pourrait jouer un rôle pivot avec quelque 66 sièges et l’extrême droite du Rassemblement national (RN) qui, avec ses alliés (plus de 140 sièges), entend préparer la présidentielle de 2027. Les partis de gauche « ne peuvent pas prétendre gouverner à eux tous seuls », a estimé mardi la présidente de l’Assemblée sortante Yaël Braun-Pivet. « Nous sommes capables de représenter une autre force politique alternative ». 

Décidé à rester au centre du jeu après une campagne qui a évité la déroute au camp présidentiel, Gabriel Attal réunit mardi les députés de la majorité. Quant à l’extrême droite, elle accuse le coup après avoir espéré que son président Jordan Bardella, 28 ans, deviendrait Premier ministre. Lundi, ce dernier a reconnu des « erreurs » dans sa campagne, marquée par les dérapages racistes et autres manifestations d’incompétence de nombreux candidats RN.

Le parti, dont la cheffe de file Marine Le Pen vise la présidentielle 2027 après avoir été battue trois fois à cette élection depuis 2012, entend bien marquer l’Assemblée nationale de son empreinte. Mardi, les députés de gauche ont appelé à empêcher le RN d’accéder aux postes stratégiques de l’Assemblée, ce que les députés RN ont dénoncé comme « antidémocratique ».

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«On a planté notre tente à côté d’un hôpital»: À Gaza, le calvaire des personnes en situation de handicap

by Sam's Londele 9 juillet 2024
written by Sam's Londele

Dans la bande de Gaza, où la guerre fait rage depuis octobre dernier, les personnes en situation de handicap subissent d’autant plus le conflit que l’acheminement de matériel médical relève du très difficile, voire de l’impossible. Une association locale tente de leur venir en aide.

Alors que la guerre entre dans son dixième mois, le bilan dépasse désormais les 38 000 morts parmi la population palestinienne, selon un décompte du ministère de la Santé du Hamas. Des soldats israéliens à bord de chars ont de nouveau pris d’assaut et bombardé lundi plusieurs quartiers de la ville de Gaza, provoquant encore une fois un déplacement forcé de la population gazaouie. Mais comment fuir lorsqu’on est en chaise roulante ? L’ONU alerte sans cesse sur le sort des plus vulnérables.

Ibtihal a 13 ans, elle souffre d’amyotrophie spinale, une maladie génétique rare, qui provoque l’atrophie des muscles. L’adolescente ne peut pas marcher. Et depuis le début de la guerre, elle ne peut plus se déplacer en fauteuil : « Je rêve d’une nouvelle chaise roulante. Les roues de la mienne sont endommagées. Une nouvelle chaise changerait ma vie », explique-t-elle. Il n’y a quasiment plus de routes praticables pour les personnes à mobilité réduite. La bande de Gaza est un champ de ruines parcouru de chemins sablonneux. La sœur d’Ibtihal est également atteinte par la même maladie héréditaire. Lorsqu’elles doivent fuir à cause des bombardements israéliens, leurs proches et leur mère, Hiba, les traînent sur des kilomètres. 

Acheminer du matériel malgré les points de passage fermés

« Lorsque nous avons quitté notre maison à Gaza-ville, nous n’avons pu trouver refuge nulle part, se lamente la mère de famille. Les centres d’accueil ne nous acceptent pas parce que leurs structures ne sont pas adaptées. On a planté notre tente à côté d’un hôpital car les filles ont besoin de soins quotidiens. Elles ont attrapé toutes sortes de maladies. Leur système immunitaire est faible, et donc leur santé est fragile ».

Depuis peu, la famille est accueillie dans un camp de déplacés ouvert par l’association gazaouie Atfalna, (nos enfants), dirigée par Fidaa Shurab. Face à la situation d’extrême urgence, elle ne dispose d’aucun moyen. L’association manque de tout « à cause de la fermeture des points de passage », expose la dirigeante de l’association. « On essaye de travailler avec des organisations locales et internationales, pour faciliter l’importation de chaises roulantes ou d’appareils auditifs, ou tout simplement les batteries de ces appareils auditifs », poursuit-elle. Sans succès, pour le moment. 

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Cohabitation, coalition, gouvernement « technique »… quels scenarios après les législatives ?

by Sam's Londele 8 juillet 2024
written by Sam's Londele

Au lendemain second tour des élections législatives, l’Assemblée nationale apparaît divisée en trois blocs distincts. Si la gauche est arrivée en tête, avec 182 sièges, elle ne dispose cependant pas d’une majorité absolue. Si Emmanuel Macron a demandé à Gabriel Attal de rester Premier ministre « pour le moment », le scrutin ouvre une période d’incertitudes et de tractations : qui lui succèdera ? France 24 explore différents scénarios. 

Un pays ingouvernable ? Le Nouveau Front populaire est arrivé en tête du second tour des élections législatives dimanche 7 juillet, provoquant la surprise générale. Si elle se retrouve ainsi propulsée comme première force de l’Assemblée nationale, elle ne dispose cependant pas de la majorité absolue. Avec 182 sièges pour la gauche, contre 168 pour la majorité présidentielle et 143 pour le Rassemblement national, l’hémicycle est désormais divisé en trois blocs distincts.

Si Emmanuel Macron a demandé à Gabriel Attal de rester Premier ministre « pour le moment » pour « la stabilité du pays » lundi 8 juin, ce dernier se retrouve face à un paysage politique inédit dans la Ve République. Alors que les tractations démarrent pour dégager une majorité, France 24 explore différents scénarios pour cet après-scrutin.

Scénario 1 : Gabriel Attal à la tête d’un gouvernement provisoire

Face à la défaite du camp présidentiel, le Premier ministre Gabriel Attal avait annoncé qu’il allait présenter sa démission dès ce lundi, conformément à la tradition. « Ce soir, la formation politique que j’ai représentée dans cette campagne, quand bien même elle a réalisé un score trois fois supérieur à ce qui était prédit ces dernières semaines, ne dispose pas d’une majorité. Ainsi, fidèle à la tradition républicaine et conformément à mes principes, je remettrai demain matin ma démission au président de la République », a-t-il déclaré après la publication des résultats.

Cette dernière a cependant été refusée par Emmanuel Macron pour « la stabilité du pays », comme il l’avait déjà fait pour Élisabeth Borne après les législatives de 2022 « afin que le gouvernement puisse demeurer à la tâche et agir en ces jours ».

Gabriel Attal va occuper Matignon pendant un une période indéterminée. Celui qui a été réélu dans les Hauts-de-Seine s’était dit prêt à rester « aussi longtemps que le devoir l’exigera » et notamment pendant le déroulement des Jeux olympiques qui doivent débuter le 26 juillet.

Scénario 2 : une cohabitation avec le NFP

Emmanuel Macron a « le devoir d’appeler le nouveau Front populaire à gouverner », a immédiatement appelé à l’annonce des résultats le leader de la France insoumise Jean-Luc Mélenchon. « Nous allons gouverner », a abondé peu après l’écologiste Marine Tondelier. Dimanche soir, malgré leur majorité relative, toutes les voix du Nouveau Front populaire ont appelé le chef de l’État à nommer un Premier ministre issu de leur rang, avec le même argument : « le NFP est la première force issue des urnes ».

La France entrerait alors dans une période de cohabitation – où la couleur politique du locataire de l’Élysée n’est pas la même que celle du Premier ministre et de son gouvernement. Depuis les débuts de la Ve République, cette situation s’est produite trois fois. Pendant les mandats du président socialiste François Mitterrand, entre 1986 et 1988 puis entre 1993 et 1995, et inversement sous Jacques Chirac entre 1997 et 2002. Mais à chaque fois, la droite ou la gauche avaient obtenu une majorité absolue à l’Assemblée.

« Une situation que nous n’avons jamais connue »

« C’est une vraie victoire du Nouveau Front populaire car aucune prévision n’allait dans ce sens il y a encore deux semaines et aujourd’hui il devient le premier groupe à l’Assemblée nationale », note le constitutionnaliste Didier Maus. « Mais nous allons avoir une situation que nous n’avons jamais connue avec une absence de majorité stable, cohérente, homogène, très différente des trois cohabitations qui ont eu lieu précédemment. Et aucun Premier ministre ne s’impose naturellement dans ces circonstances politiques ».

Né à la hâte après la dissolution de l’Assemblée nationale, le NFP se retrouve ainsi face au défi de faire émerger un nom pour Matignon. Et les discussions ont démarré dès dimanche soir. « Il faut que dans la semaine, nous puissions être en mesure de présenter une candidature », a estimé lundi le patron du Parti socialiste Olivier Faure. « On n’a pas besoin d’avoir un nouveau gouvernement nommé cette semaine, on est dans aucun des scénarios des cohabitations précédentes, on a tout à inventer », a de son côté tempéré la sénatrice socialiste Corinne Narassiguin.

Par ailleurs, si dans ce scénario la gauche pourrait effectivement appliquer une partie de son programme, notamment par décret, le vote des lois, lui, pourrait s’avérer compliqué. « Ce qui s’est fait par 49.3 peut se défaire par 49.3 », a répondu sur France info Olivier Faure, premier Secrétaire du PS tout en prônant un changement de méthode. 

Une possibilité exclue au même moment par la députée écologiste réélue Sandrine Rousseau – preuve des difficultés à parler d’une voix unie pour le NFP. « Le Nouveau Front populaire ne gouvernera pas par 49.3. Nous respecterons l’Assemblée nationale dans sa souveraineté et sa capacité à faire des amendements, à travailler les textes. Je pense qu’il faut le poser de manière très claire au Français », a-t-elle assuré sur BFMTV.

Scénario 3 : une coalition « à l’allemande »

L’autre hypothèse est celle de la constitution d’une grande coalition entre différentes formations politiques qui rassemblerait plus de 50 % de députés derrière un nom de premier ministre. C’est ce qui se passe régulièrement dans les démocraties parlementaires de nos voisins allemands ou italiens. Cela serait en revanche inédit sous la Ve République.

Ce scénario semble cependant mal engagé. L’hypothèse d’une alliance qui irait de la gauche aux macronistes a en effet été régulièrement écartée des deux côtés. Dimanche soir, Olivier Faure, comme Jean-Luc Mélenchon, ont de nouveau fermé la porte à cette option en se disant opposés « à une coalition des contraires ». Seul l’eurodéputé et fondateur de Place publique, Raphaël Glucksmann, a tenu un discours légèrement différent : « Il va falloir se comporter en adulte, parler, discuter, dialoguer », a-t-il déclaré. De son côté, le camp présidentiel a maintes fois exclu toute alliance avec la France insoumise – la première force de gauche avec 74 députés.

À droite, l’idée d’une alliance avec LR paraît elle aussi peu probable. Laurent Wauquiez, l’un des hommes forts des Républicains (LR) a lui aussi exclu de participer à « des tractations, des combinaisons, pour échafauder des majorités contre nature », avec l’appui de la soixantaine d’élus LR et divers droite.

Scénario 4 : un gouvernement minoritaire

Ce serait un pari. Un gouvernement peut théoriquement être nommé dans le soutien explicite d’une majorité absolue de l’Assemblée. C’est ce qui s’est passé dans les gouvernements macronistes d’Elisabeth Borne et de Gabriel Attal qui, entre 2022 et 2024, ne disposaient que d’une majorité relative de 246 sièges sur 577 (43 %) à l’Assemblée. Le camp présidentiel avait alors réussi à maintenir ces gouvernements car les oppositions, à droite comme à gauche, n’étaient pas parvenus à se joindre pour les renverser.

Avec un tel scénario, le NFP pourrait théoriquement gouverner mais il leur faudrait les soutiens tacites d’élus d’autres couleurs politiques. Le camp présidentiel pourrait aussi conserver le pouvoir, avec les mêmes contraintes.

Quoi qu’il en soit, ce gouvernement minoritaire vivrait constamment sous la menace d’une motion de censure de l’Assemblée nationale et peinerait à gouverner, obligé d’aller chercher des majorités au cas par cas pour chaque projet de loi. « Un gouvernement minoritaire peut fonctionner s’il n’est pas trop loin de la majorité. Mais il faut alors qu’il y est un accord tacite avec les autres forces politiques pour laisser ce gouvernement faire son travail a minima et pas lui tirer dessus à boulets rouges immédiatement », résume ainsi le constitutionnaliste Didier Maus.

Scénario 5 : un gouvernement technique

Si la situation est bloquée, la nomination d’un gouvernement « technique » pourrait s’imposer. Il s’agit de nommer au poste de ministres des personnes sans affiliation partisane – notamment des experts – pour gérer les affaires courantes et mettre en place des réformes consensuelles et évacuer les affaires courantes. Le concept, un peu flou, n’a jamais existé sous la Ve République.

Cette configuration s’est déjà produite à plusieurs reprises en Italie, notamment avec Mario Draghi entre 2021 et 2022. Mais cette solution est souvent apparue comme une solution de court terme. Difficile en effet pour un tel exécutif de se maintenir dans la durée faute de légitimité des urnes.

Scénario 6 : une impossible nouvelle dissolution

Le scénario d’un nouveau retour aux urnes pour clarifier la situation politique est exclu pendant un an. Selon l’article 12 de la Constitution, « il ne peut être procédé à une nouvelle dissolution dans l’année qui suit ces élections ». La nouvelle Assemblée nationale devrait donc siéger au moins jusqu’à l’été 2025.

Scénario 7 : une démission d’Emmanuel Macron

« S’il n’y a pas de majorité, la solution pour sortir de l’impasse, c’est que lui (Emmanuel Macron, NDLR) s’en aille », assurait avant le second tour Jean-Luc Mélenchon. « C’est normal, c’est lui qui est responsable de la pagaille. »

Comme la dissolution, cette hypothèse paraît cependant hautement improbable. Emmanuel Macron, avait déclaré au lendemain de la dissolution de l’Assemblée nationale exclure de démissionner de la présidence de la République. « Quel que soit le résultat » des élections législatives.

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Législatives en France: Gabriel Attal annonce démissionner après avoir sauvé son camp de la débâcle

by Sam's Londele 8 juillet 2024
written by Sam's Londele

Le Premier ministre français, Gabriel Attal, a annoncé dimanche qu’il va présenter ce lundi matin sa démission au président Emmanuel Macron après les élections législatives qui ont placé la gauche en tête, mais s’est dit prêt à rester à Matignon « aussi longtemps que le devoir l’exigera », dans le contexte des Jeux olympiques.

Ce dimanche alors même qu’Emmanuel Macron annonçait attendre la « structuration » de la nouvelle Assemblée pour « prendre les décisions nécessaires » Gabriel Attal fonce : « Fidèle à la tradition républicaine et conformément à mes principes, je remettrai demain matin ma démission au président de la République ». Mais tout en assurant qu’il pourrait rester à la tête d’un gouvernement démissionnaire pendant les JO 2024. Aussi, « j’assumerai bien évidemment mes fonctions aussi longtemps que le devoir l’exigera. Il ne peut en être autrement à la veille d’échéances si importantes pour notre pays ». 

Un président qui a dû avoir les oreilles qui sifflent, mais sans jamais être cité par le Premier ministre, note Charlotte Urien-Tomaka, du service politique de RFI. Et pour Gabriel Attal, le centre de gravité de la vie politique sera moins du côté de l’Élysée. « Il faudra inventer quelque chose de neuf, de grand, d’utile. Pour cela, nous devrons assumer de tout remettre en question. Notre espace politique devra se mettre au travail pour bâtir une offre politique nouvelle. Penser toujours et avant tout aux Français. Nous refuserons de nous en remettre aux extrêmes. Toujours, nous chercherons à apaiser. »

Et ce dimanche soir, immédiatement après sa prise de parole, Gabriel Attal est reparti dans sa circonscription des Hauts-de-Seine – où il a été réélu – avec un dernier pied de nez. « Cette dissolution, je ne l’ai pas choisie et j’ai refusé de la subir ».

Six mois à Matignon

L’amertume passée après la dissolution, sur laquelle il n’a pas été consulté, l’ambitieux Premier ministre avait repris la main sur la campagne de son camp, dont il a évité la déroute : la majorité sortante est arrivée deuxième avec 158 députés (contre 250 dans l’Assemblée sortante), devant le Rassemblement national avec 143 députés et derrière le Nouveau Front populaire avec 180 députés. « Nous avons tenu et nous sommes debout avec trois fois plus de députés que ce que donnaient certaines estimations au début de cette campagne », a salué le Premier ministre.

En près de six mois à Matignon, Gabriel Attal n’a même pas eu le temps d’y planter un arbre, comme le veut la tradition, ni d’aller au bout de ses dossiers, mais il y a semé des graines pour l’après et notamment en vue de 2027. Nommé le 9 janvier 2024 plus jeune Premier ministre de la Ve République, au terme d’une ascension spectaculaire, il arrive rue de Varenne auréolé d’un profil plus « politique » et communicant que sa prédécesseure Elisabeth Borne.

Dès la passation, il impose sa marque : se déplacer souvent, communiquer beaucoup. Trop selon certains, s’attirant les foudres des oppositions qui l’accusent d’accaparer les médias et de « baratiner », Marine Le Pen raillant son « autorité » qui lui « va comme un tablier à une vache ». Gabriel Attal assume et continue d’occuper le terrain, à défaut d’avoir une majorité absolue à l’Assemblée nationale.

Diplômé de Sciences po, quatre fois ministre (Jeunesse, porte-parolat, Budget et Éducation), Gabriel Attal est passé du socialisme au macronisme, en empruntant des codes sarkozystes : il défend les « classes moyennes » et la « France qui se lève tôt », prône « l’autorité » à l’école, et souhaite davantage sanctionner les mineurs délinquants.

RFI via CONGO PUB Online

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