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Monde

À la UneMonde

Touchée par un puissant séisme, la Birmanie, isolée, appelle à l’aide internationale

by admin9775 29 mars 2025
written by admin9775

Un puissant séisme a touché la Birmanie, vendredi 28 mars, et a été ressenti jusqu’en Thaïlande. Selon un nouveau bilan de la junte qui dirige le pays, la catastrophe a fait au moins 694 morts et 1670 blessés. L’ampleur considérable des destructions a fini de pousser les militaires au pouvoir à lancer un très rare appel à l’aide à la communauté internationale.

En Birmanie, le séisme de magnitude 7,7 a fait de nombreux dégâts. « Dans certains endroits, des immeubles se sont effondrés », a souligné le chef de la junte, Min Aung Hlaing. Dans la capitale, où un grand défilé militaire avait lieu la veille, le sol a vibré pendant 30 longues secondes avant de se stabiliser, laissant les routes déformées et crevassées.

Les abords de l’hôpital où s’est rendu Min Aung Hlaing ont pris un air de champ de bataille, des centaines de blessés ayant afflué et été pris en charge à l’extérieur en raison des dégâts subi par le bâtiment. L’entrée des urgences s’est complètement effondrée. « C’est une zone avec des victimes en masse », a lancé un responsable de l’établissement. Et un médecin d’ajouter : « Je n’ai jamais rien vu de tel. Nous essayons de gérer la situation. »

À Mandalay, deuxième plus grande ville du pays, des photos de l’AFP montrent de nombreux immeubles en ruines. De nombreux bâtiments ont été détruits et la ville manque cruellement de secouristes. Le pont routier reliant Mandalay et Sagaing, l’université et le mur du palais royal de Mandalay, se sont effondrés et les télécommunications ont été touchées, a déclaré la Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge.

Selon le chef de la junte, le tremblement de terre a fait au moins 144 morts et 732 blessés, et le bilan devrait s’alourdir. Une catastrophe naturelle qui a poussé le pouvoir militaire, isolé depuis le coup d’État de février 2021, à lancer un rare appel à la communauté internationale, invitant « tout pays, toute organisation » à venir apporter son secours.

Répondant à l’appel, l’Union européenne a proposé une aide d’urgence à la Birmanie et à la Thaïlande. « Les satellites européens Copernicus aident déjà les secours. Nous sommes prêts à apporter un soutien supplémentaire », a indiqué sur X la présidente de la Commission Ursula von der Leyen.

Le président des États-Unis, Donald Trump, a affirmé que son pays allait « aider » la Birmanie, estimant que ce qu’il se passe est « terrible ». L’Inde a également fait savoir qu’elle apporterait son aide. L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) a annoncé de son côté avoir déclenché son système de gestion des urgences après le séisme, et de nombreuses ONG sont d’ores et déjà en train de mobiliser leurs forces pour apporter de l’aide aux sinistrés.

« L’aide doit pouvoir arriver dans toutes les zones »

Toutefois, dans ce pays largement coupé du monde à cause de la guerre civile et un embargo international, la crainte des ONG est de voir les militaires contrôler l’aide humanitaire. « On sait que la junte malheureusement a instrumentalisé beaucoup de catastrophes naturelles en Birmanie jusqu’à maintenant. Il faut vraiment que les gouvernements et les organisations internationales qui sont prêtes à aider la population birmane après ce séisme fassent attention à ce que l‘aide ne passe pas uniquement par les administrations de la junte », avance Johanna Chardonnieras, de l’ONG Info Birmanie, auprès de Heike Schmidt pour RFI.

Selon elle, toutes les administrations – et pas que militaires – doivent être intégrées dans la réponse à la catastrophe. « On a déjà vu la junte redistribuer l’aide humanitaire seulement dans les zones sous son contrôle et la bloquer dans les zones hors de son contrôle. Avec la catastrophe d’aujourd’hui, ça doit cesser. L’aide doit pouvoir arriver dans toutes les zones », intime l’humanitaire.

Dès la survenue de la catastrophe, l’état d’urgence a été déclaré dans les six régions de Birmanie les plus affectées, selon un porte-parole de la junte. Mais déjà, des voix critiquent l’inaction du régime, à l’image de cette jeune habitante de Rangoon, qui estime que contrairement au gouvernement thaïlandais, celui de Birmanie « ne fait rien ». « Les responsables du pays promettent qu’ils vont régler la situation, qu’ils vont faire tout ce qu’il faut. Mais ils ne vont rien faire du tout. En réalité, ils ne se soucient pas des victimes. Tout ce qui compte pour eux, c’est leur propre personne », tance-t-elle.

RFI

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À la UneMonde

La Cour suprême a confirmé la réglementation adoptée par l’administration Biden concernant les armes à feu fantômes

by admin9775 28 mars 2025
written by admin9775

La Cour suprême a confirmé, avec une majorité de 7-2, la réglementation adoptée par l’administration Biden concernant les « armes à feu fantômes » – des kits d’armes à feu qui peuvent être achetés en ligne et assemblés à la maison sans numéro de série.

La décision marque une rare victoire pour les défenseurs du contrôle des armes à feu et indique un succès pour les politiques réglementaires dans un contexte juridique qui est généralement plus enclin à soutenir les droits d’armes à feu.

Le juge Neil Gorsuch, qui a rendu sa décision, a souligné que ces trousses pouvaient facilement être transformées en armes à feu pleinement fonctionnelles, justifiant l’extension du règlement mis en œuvre en 2022 par le Bureau de l’ATF pour l’alcool, le tabac, les armes à feu et les explosifs.

La décision a vu une convergence des juges libéraux et conservateurs, bien que les juges Clarence Thomas et Samuel Alito étaient en désaccord, accusant le gouvernement de surréglementation.

La mesure exige que les fabricants d’armes à feu fantômes incluent des numéros de série sur les kits et effectuent des vérifications de l’ordre des antécédents des acheteurs. L’ATF a justifié le règlement en soulignant l’augmentation exponentielle de la présence de ces armes à feu sur les lieux du crime: passant d’environ 1 600 cas en 2017, ce nombre est passé à plus de 19 000 en 2021.

En vertu de la loi de 1968 sur le contrôle des armes à feu, les producteurs et les vendeurs sont tenus de vérifier les antécédents et de tenir des registres des ventes. Toutefois, les nouvelles technologies ont rendu obsolète l’interprétation initiale de la loi. Avec l’avènement de l’impression 3D et des polymères renforcés, il est devenu extrêmement facile pour quiconque d’assembler une arme à feu à la maison à l’aide d’un kit en ligne.

Les fabricants d’armes à feu fantômes et certains acheteurs ont contesté le règlement de l’ATF, faisant valoir que ces matériaux ne peuvent pas être considérés comme des armes à feu car ils sont vendus comme de simples pièces. La Cour d’appel du cinquième circuit a partiellement accepté cet argument, mais la Cour suprême a annulé la décision, estimant que la fonction principale de ces trousses était de transformer clairement leurs composants en armes à feu pleinement opérationnelles.

Le juge en chef de la Cour suprême, John Roberts, a rejeté l’argument selon lequel ces trousses étaient destinées à de simples amateurs d’armes à feu et a souligné que le processus d’assemblage était extrêmement rapide, contrairement à la restauration d’une voiture classique, comme l’ont suggéré les détaillants.

Le verdict a été accueilli avec enthousiasme par des groupes comme le Giffords Law Center, une organisation américaine à but non lucratif dédiée à la promotion du contrôle des armes à feu et à l’amélioration de la sécurité de la communauté. Ils pensent que l’industrie des armes à feu fantômes est depuis longtemps une voie de fuite pour contourner les réglementations existantes, permettant l’accès à des dispositifs meurtriers par des individus potentiellement dangereux sans aucun contrôle préventif.

En revanche, la Coalition pour la politique en matière d’armes à feu, une organisation qui défend le droit à des armes à feu, a qualifié la décision de « mauvaise décision », soulignant qu’il ne s’agissait que d’un épisode d’un conflit plus large entre les droits individuels et l’ingérence du gouvernement.

Il n’est toujours pas certain de l’approche de l’administration Trump, car elle a récemment lancé une révision des règlements introduits dans le cadre de la législation démocrate. Le Ministère de la justice n’a pas encore précisé si le nouveau gouvernement respectera les lois de l’ATF ou cherchera à les révoquer.

Dans le pays, le nombre d’armes à feu en circulation a atteint des proportions stupéfiantes. On estime qu’il y a plus de 400 millions d’armes à feu dans le pays, soit un nombre supérieur à celui de la population totale. Cette figure souligne une culture d’armes profondément enracinée dans la société américaine, où le droit de posséder une arme à feu est protégé par le deuxième amendement de la Constitution.

VNY/ CONGO PUB Online

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À la UneMonde

États-Unis: Donald Trump signe un décret pour exiger une preuve de citoyenneté aux élections fédérales

by admin9775 26 mars 2025
written by admin9775

Donald Trump a signé mardi 25 mars un décret exécutif modifiant en profondeur le processus électoral pour les votes fédéraux, imposant notamment aux États américains des contrôles renforcés sur les listes électorales et à restreindre le vote par correspondance. Le président américain, qui n’a jamais reconnu sa défaite à la présidentielle de 2020, s’insurge depuis des années contre un système électoral qu’il juge en sa défaveur.

Le décret signé prévoit de rendre obligatoire la présentation de preuves de citoyenneté américaine, comme les passeports ou les permis de conduire, au moment de l’inscription au niveau des États sur les listes électorales. Seuls les citoyens américains sont autorisés à participer aux élections fédérales, mais la présentation de tels documents n’est pas requise pour voter dans tous les États – certains utilisant d’autres méthodes pour vérifier l’identité des électeurs.

« Peut-être que certains pensent que je ne devrais pas me plaindre parce qu’on a gagné de manière écrasante » en novembre dernier, a déclaré Donald Trump au moment de signer le décret à la Maison Blanche. « Mais on doit régler notre élection. Ce pays est tellement malade en raison de l’élection, des fausses élections », a-t-il ajouté, « et on doit régler ça d’une manière ou d’une autre. »

Le président américain n’a jamais reconnu sa défaite à la présidentielle de 2020 face à Joe Biden et a dénoncé sans fondement des fraudes électorales massives, notamment dans le vote par correspondance – une méthode largement utilisée aux États-Unis.

Des experts ont estimé que le texte signé par Donald Trump mardi 25 mars représentait un dépassement des prérogatives de l’exécutif et des associations ont déjà promis de le contester devant la justice.

Un décret « dangereux »

Les États américains qui ne se plieraient pas à la directive pourraient s’exposer à l’arrêt du versement des aides fédérales à l’organisation des élections.

Selon la Maison Blanche, le texte prévoit aussi de prendre des « mesures appropriées contre les États qui comptent les bulletins reçus après le jour de l’élection lors d’élections fédérales ». Certains États autorisent en effet le comptage de bulletins de vote par correspondance arrivés après le jour de l’élection, si la date à laquelle ils ont été affranchis est antérieure à la fermeture des bureaux de vote.

Pour le professeur de droit électoral Rick Hasen, de l’Université de Californie à Los Angeles, ce décret exécutif « dangereux » pourrait avoir pour conséquence de priver du droit de vote « des millions d’électeurs, qui n’ont pas facilement accès à des documents comme des passeports ». Sur son blog Election Law, il qualifie le texte de « coup de force de l’exécutif », alors que la gestion des élections fédérales est de la compétence des États, et que le Congrès met en place un certain cadre.

Même analyse sur le réseau social X du Centre Brennan de l’Université de New York : « Ce décret exécutif empêcherait des dizaines de millions de citoyens américains de voter. Les présidents n’ont aucune autorité pour cela. Ce décret, tout comme la loi SAVE actuellement examinée par le Congrès, porterait préjudice aux électeurs et supprimerait le vote. »

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La puissante association de défense des droits civiques ACLU a également dénoncé « un abus extrême de pouvoir » et a averti qu’elle contesterait le décret devant la justice.

RFI

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À la UneMonde

Guerre en Ukraine: Moscou et Kiev annoncent de massives attaques de drones

by admin9775 20 mars 2025
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Ce jeudi 20 mars, la Russie a déclaré avoir abattu dans la nuit 132 drones ukrainiens au-dessus de son territoire, l’attaque ayant fait deux blessés et ayant provoqué un incendie sur une base aérienne militaire à Engels. De son côté, Moscou a lancé 171 drones sur l’Ukraine, selon Kiev.

D’après un communiqué du ministère russe de la Défense, 54 drones ont été interceptés dans la région de Saratov, à environ 700 km au sud-est de Moscou, et 40 autres  dans la région voisine de Voronej. Saratov, chef-lieu de la région éponyme, et la ville d’Engels « ont subi aujourd’hui l’attaque des drones la plus massive » depuis le début de l’offensive russe en Ukraine en février 2022, a affirmé sur Telegram le gouverneur régional Roman Boussarguine.

« Incendie sur le territoire de la base aérienne »

Cette attaque a provoqué « un incendie sur le territoire de la base aérienne » à Engels, et « l’évacuation d’habitants » des maisons situées à proximité est en cours « pour des raisons de sécurité », a-t-il précisé. L’attaque de ces drones a également fait deux blessés à Engels et a « endommagé les bâtiments de deux écoles maternelles, d’un hôpital et d’une école », a indiqué pour sa part, dans un communiqué, le Comité d’enquête russe en ajoutant qu’il allait enquêter sur des « actes criminels des forces ukrainiennes dans la région de Saratov ». De son côté, Kiev a annoncé avoir comptabilisé 171 drones lancés contre son territoire. L’armée de l’air ukrainienne a annoncé en avoir abattu 75, alors que 63 autres ont échappé aux radars mais n’ont pas fait de dommage.

L’armée ukrainienne envoie régulièrement des drones contre la Russie, en réponse aux frappes russes qui visent quotidiennement son territoire depuis trois ans. Hier, mercredi 19 mars, lors de sa conversation téléphonique avec Donald Trump, le président ukrainien Zelensky a dit être prêt à suspendre les attaques sur les infrastructures civiles et énergétiques en Russie, après un engagement pris par Vladimir Poutine mardi d’épargner temporairement les sites énergétiques.

Possession

« L’une des premières étapes vers la fin de la guerre pourrait être de cesser les frappes sur les infrastructures énergétiques et autres infrastructures civiles. J’ai soutenu cette mesure et (…) nous sommes prêts à la mettre en oeuvre », a dit Volodymyr Zelensky sur X qui a aussi précisé que la conversation avec M. Trump n’avait porté que sur « une centrale, qui est sous occupation russe », c’est-à-dire le grand site nucléaire de Zaporijjia dans le sud-est de l’Ukraine. Lors de cette discussion, le président américain Donald Trump a suggéré que les États-Unis prennent « possession » des centrales électriques ukrainiennes, affirmant que cela « constituerait la meilleure protection et le meilleur soutien possibles ».

À Londres, les chefs d’état-major d’une trentaine de pays prêts à contribuer à des garanties de sécurité pour l’Ukraine se réunissent, ce jeudi, pour discuter d’un plan de maintien de la paix en cas de cessez-le-feu avec la Russie. Le dossier ukrainien et celui de la défense européenne face à la menace russe figurent également, ce jour, au menu d’un sommet de l’UE à Bruxelles.

RFI

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À la UneMonde

Iran : Khamenei rejette les négociations nucléaires avec les États-Unis

by admin9775 11 mars 2025
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L’ayatollah Khamenei réaffirme le refus de négociations nucléaires avec les États-Unis, soulignant l’indépendance de l’Iran face aux pressions occidentales. Cette position renforce les tensions au Moyen-Orient et complique les enjeux sécuritaires régionaux.

Le discours de l’ayatollah Ali Khamenei, dirigeant suprême de l’Iran, a une fois de plus clairement affirmé la position intransigeante de Téhéran face aux propositions de dialogue nucléaire venant des États-Unis. Dans un climat géopolitique déjà tendu, Khamenei a rejeté toute possibilité de négociations, évoquant le passé tumultueux des relations entre les deux pays. Une décision qui soulève des interrogations cruciales sur l’avenir des négociations nucléaires et sur les implications pour la sécurité régionale.

Une réponse clair : pas de négociations avec les USA

Lors d’un discours télévisé, Khamenei a souligné le refus catégorique de l’Iran d’entrer en pourparlers directs avec Washington. Des déclarations qui s’inscrivent dans la continuité de la politique de fer de l’Iran, consistant à ne pas se laisser intimider par les démarches américaines, même celles impliquant une approche moins belliqueuse depuis l’administration Trump. Pour le gouvernement iranien, le passé récent est une leçon que les promesses américaines ne se traduisent souvent pas en actions concrètes.

Une stratégie à long terme : l’indépendance avant tout

Khamenei ne se contente pas de rejeter les propositions de dialogue ; il exige également que son pays continue à se développer indépendamment des pressions exercées par les États-Unis. Ce refus n’est pas simplement une réaction impulsive, mais plutôt une composante essentielle de la stratégie iranienne. En affichant une posture de résistance, l’Iran cherche à renforcer son autonomie, tout en se présentant comme un acteur clé de la région, insensible aux tentatives d’isolement initiées par l’Occident.

Le cadre régional en plein bouleversement

La déclaration de Khamenei survient alors que la situation au Moyen-Orient devient de plus en plus chaotique, avec des tensions croissantes entre l’Iran et ses voisins. Le soutien de l’Iran aux groupes alliés dans la région ne fait qu’aggraver les hostilités et complexifie le dossier nucléaire. En rejetant le dialogue, l’Iran semble vouloir envoyer un message fort à ses adversaires : toute tentative de négociation sera perçue comme un signe de faiblesse. Cela pose la question de savoir jusqu’où l’Iran ira pour défendre sa position, tout en jonglant avec les implications économiques sanctionnées par le monde occidental.

En somme, la décision de l’Iran de rejeter les négociations avec les États-Unis renforce un climat de méfiance et d’agressivité dans une région déjà vulnérable. La suite des événements pourrait s’avérer déterminante, tant pour la stabilité du pays que pour l’ensemble du Moyen-Orient. Les acteurs internationaux doivent désormais s’interroger sur les retombées de cette position intransigeante et sur la possibilité d’un dialogue constructif à l’avenir.

thedailyera

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À la UneMonde

Suspension de l’aide militaire américaine à l’Ukraine: la Pologne juge la situation «très grave»

by admin9775 5 mars 2025
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La situation créée par la suspension de l’aide militaire américaine à l’Ukraine est «très grave», a déclaré mardi 4 mars le porte-parole du ministère polonais des Affaires étrangères.

« Il s’agit d’une décision très importante et la situation est très grave », a déclaré Pawel Wronski à la presse, soulignant que cette décision d’« une grande importance politique » a été prise « sans aucune information ni consultation » ni des alliés de l’Otan, ni du groupe de Ramstein qui réunit les pays aidant l’Ukraine.

« La décision du président Donald Trump de suspendre l’aide à l’Ukraine et les conséquences de cette décision », ont également constitué le sujet d’un entretien téléphonique mardi entre les ministres polonais et ukrainien des Affaires étrangères Radoslaw Sikorski et Andriï Sybiga, a indiqué le ministère polonais sur X.

Alliée fidèle de l’Ukraine, la Pologne se décrit comme un relais important pour le soutien logistique de l’aide occidentale fournie à Kiev. Selon les autorités de Varsovie, jusqu’à 95% de cette aide passe par la Pologne.

Les États-Unis n’ont pas perdu de temps pour tenir leurs promesses. Alors que Donald Trump annonçait hier les interruptions de livraisons américaines en soutien à l’Ukraine, la Pologne en constate déjà les effets, rapporte notre correspondant à Varsovie, Adrien Sarlat.

Les véhicules affrétés pour réceptionner l’aide américaine à l’aérodrome de Rzeszow sont restés vides ce mardi matin. Depuis trois ans, ce petit aéroport permettait de faire transiter l’aide militaire et humanitaire à l’Ukraine voisine via le hub logistique de Jasionka.

Le Premier ministre polonais Donald Tusk a appelé tous les ministères à collaborer face à cette situation exceptionnelle : « Aujourd’hui nous n’avons aucune raison de penser que la suspension de l’aide américaine à l’Ukraine ne sont que des paroles en l’air. Les rapports qui nous parviennent de la frontière et de notre hub à Jasionka. Et évidemment cela met l’Europe, l’Ukraine et la Pologne dans une situation plus difficile ». 

Jusqu’ici, la Défense polonaise reposait en partie sur le parapluie américain. Mais les dernières déclarations de Donald Trump donnent tout leur sens aux 4% du PIB que le pays investit depuis trois ans, pour tendre vers l’indépendance stratégique et militaire.   

« Il faut qu’on accélère radicalement la cadence. Dans une semaine nous allons peut-être adopter un projet de loi qui nous facilitera encore davantage les investissements dans la Défense et l’industrie d’armement. » 

Depuis l’invasion de l’Ukraine, la Pologne et les pays baltes avaient fait des questions de Défense européenne leur priorité. Aujourd’hui, Varsovie assure de ne plus avoir à convaincre ses partenaires européens de s’aligner face à l’urgence de la situation.

RFI via CONGO PUB Online

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À la UneMonde

États-Unis: Donald Trump suspend les aides militaires à l’Ukraine

by admin9775 4 mars 2025
written by admin9775

Le président américain Donald Trump a ordonné ce lundi 3 mars une pause dans l’aide militaire des États-Unis à l’Ukraine dans le cadre du conflit avec la Russie, après l’altercation de vendredi dernier avec son homologue ukrainien Volodymyr Zelensky.

Le président américain Donald Trump a ordonné une pause dans l’aide militaire des États-Unis à l’Ukraine après l’altercation de vendredi dernier avec son homologue ukrainien Volodymyr Zelensky, a indiqué ce lundi 3 mars au soir un responsable de la Maison Blanche.

« Nous faisons une pause et réexaminons notre aide pour nous assurer qu’elle contribue à la recherche d’une solution », a déclaré le responsable sous couvert d’anonymat, en soulignant que les États-Unis avaient « besoin que nos partenaires s’engagent, eux aussi, à atteindre l’objectif » de la paix. 

Cette décision a été prise après une réunion à la Maison Blanche lundi après-midi avec les responsables chargés de la défense, Pete Hegseth, et de la diplomatie, Marco Rubio, ainsi que les principaux conseillers du président Donald Trump.

Des livraisons d’armes en suspens

« Ce n’est pas une fin permanente de l’aide, c’est une pause », a déclaré un autre responsable américain, également sous couvert de l’anonymat et cité par la chaîne Fox News. Selon Bloomberg, tous les équipements militaires américains n’ayant pas encore été envoyés à l’Ukraine sont « gelés », dont les armes actuellement en transit par voie aérienne ou maritime et les armes se trouvant dans des zones de transit en Pologne.

L’aide militaire américaine a été approuvée sous l’ancienne administration de Joe Biden. Selon le département d’État américain, les États-Unis ont fourni, du 24 février 2022 au 20 janvier 2025, « 65,9 milliards de dollars en assistance militaire » à l’Ukraine. Interrogé à ce sujet plus tôt lundi, Donald Trump n’avait pas répondu clairement, mais indiqué que des discussions se tenaient « en ce moment même ». S’exprimant devant des journalistes à la Maison Blanche, il avait de nouveau estimé que Volodymyr Zelensky devait se montrer « plus reconnaissant » à l’égard du soutien des États-Unis. 

Le vice-président accuse Zelensky

Le vice-président des États-Unis, JD Vance, s’est quant à lui dit convaincu ce lundi que le dirigeant ukrainien Volodymyr Zelensky finirait par accepter de discuter de la paix avec la Russie, après le fiasco de sa rencontre vendredi avec Donald Trump. Dans un entretien à la chaîne Fox News, il a estimé que le président ukrainien avait « montré un refus clair de s’engager dans le processus de paix » souhaité par le président américain. « Je pense que Zelensky n’y était pas encore, et je pense, franchement, qu’il n’y est toujours pas, mais je pense qu’il finira par y arriver. Il le faut », a affirmé le vice-président dans cet entretien enregistré avant l’annonce d’une pause dans l’aide militaire américaine à l’Ukraine.

Interrogé pour savoir si la porte de la Maison Blanche restait ouverte, il a répondu: « Le président Trump a dit clairement et constamment que la porte était ouverte tant que Zelensky est prêt à parler sérieusement de paix ». Mais « on ne peut pas venir dans le Bureau ovale ou ailleurs et refuser de discuter ne serait-ce que des détails d’un accord de paix », a-t-il dit, en rappelant que Russes et Ukrainiens devront faire des concessions.

Le vice-président américain s’en est encore pris aux Européens les appelant à être « réalistes », plaidant le fait que « cette guerre ne peut pas durer indéfiniment ».

RFI via CONGO PUB Onlinr

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Réarmement de l’Europe, soutien à l’Ukraine: à Londres, les dirigeants européens parlent d’une seule voix

by admin9775 3 mars 2025
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À l’issue du sommet crucial sur la sécurité européenne et la guerre en Ukraine qui se tenait dimanche 2 mars à Londres, les dirigeants européens se sont mis d’accord pour accroître leur défense et continuer à soutenir l’Ukraine.

Après l’onde de choc mondiale provoquée par l’altercation entre Donald Trump et Volodymyr Zelensky à la Maison Blanche vendredi 28 février, les dirigeants européens étaient réunis dimanche 2 mars à Londres pour évoquer l’aide à l’Ukraine et la défense européenne. Et on peut dire que Volodymyr Zelensky a reçu un soutien total des dirigeants présents. Après Keir Starmer samedi, c’est le Premier ministre espagnol Pedro Sanchez qui a pris le chef d’État ukrainien dans ses bras à son arrivée, rapporte notre correspondante à Londres, Sara Menai. Lors de ce sommet dominical, le message était clair : l’Europe se tient aux côtés de l’Ukraine.

Les alliés de Kiev entendent « maintenir l’aide militaire pour renforcer l’Ukraine ». Pour cela, ils comptent financer leur soutien grâce à l’argent généré par les « actifs saisis à la Russie », a déclaré Keir Starmer. Le Royaume-Uni et la France vont travailler ensemble avec l’Ukraine afin de présenter un plan de paix « pour arrêter les combats », lequel sera ensuite présenté à Washington, a fait savoir le Premier ministre britannique. « L’objectif des réunions d’aujourd’hui était de se mettre d’accord sur notre discours visant à renforcer l’Ukraine pour le bien de tous » et afin que Kiev se trouve dans une position de force lors des négociations avec les États-Unis, a-t-il dit.

Les alliés « souhaitent soutenir l’Ukraine », a confirmé Olaf Scholz, dont le pays est le premier fournisseur d’aide à Kiev depuis l’invasion russe, derrière les États-Unis, avec un total de 44 milliards d’euros. L’Ukraine est « victime des agressions russes, et cette vérité demeure inébranlable pour tous », a-t-il martelé.

« ​​​​​​​Nous devons urgemment réarmer l’Europe »

Concernant la défense européenne, un sujet qui inquiète grandement les 27 depuis l’arrivée de Donald Trump au pouvoir et ses récentes discussions avec la Russie, les dirigeants européens ont évoqué la nécessité d’investissements forts.

« Nous devons urgemment réarmer l’Europe », a déclaré la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen. « ​​​​​​​Nous sommes prêts à défendre la démocratie, à défendre le principe selon lequel il existe un État de droit, selon lequel vous ne pouvez pas envahir votre voisin et le tyranniser ou vous ne pouvez pas modifier les frontières par la force », a-t-elle ajouté, insistant sur le fait que l’Europe ne devait compter que sur elle-même. Ainsi, Ursula von der Leyen a annoncé qu’elle présenterait « ​​​​​​​un plan global sur la manière de réarmer l’Europe » lors du sommet spécial de l’Union européenne sur la défense jeudi 6 mars, évoquant la nécessité d’augmenter les dépenses de défense « sur une période de temps prolongée ».

Le secrétaire général de l’OTAN, Mark Rutte, a lui affirmé que « ​​​​​​​davantage de pays européens vont augmenter leurs dépenses de défense », et salué là une « très bonne nouvelle ».

« Cet effort doit être fortement soutenu par les États-Unis »

Ensuite, le Premier ministre britannique a déclaré que l’Europe devait « ​​​​​​​faire le gros du travail » avec le soutien de Washington, en dépit de l’altercation Trump-Zelensky à la Maison Blanche. « ​​​​​​​Pour défendre la paix sur notre continent, et pour réussir, cet effort doit être fortement soutenu par les États-Unis », a déclaré le dirigeant britannique.

Keir Starmer a promis de mettre en place « ​​​​​​​une coalition des bonnes volontés » pour défendre un futur accord de paix en Ukraine. « ​​​​​​​Un certain nombre de pays » ont indiqué, lors du sommet, vouloir faire partie de ce projet, a-t-il ajouté, sans nommer de pays en particulier. « ​​​​​​​Je leur laisse le soin de se prononcer sur la manière dont ils souhaitent apporter leur contribution », a-t-il expliqué. Sur ce point en revanche, des dissensions sont possibles. La Première ministre italienne, Giorgia Meloni, semble elle d’ores et déjà exclure de rejoindre cette « ​​​​​​​coalition », estimant qu’il s’agissait d’une « ​​​​​​​solution qui risque d’être très complexe ».

Disant avoir « ​​​​​​​parlé plusieurs fois avec le président Trump », Mark Rutte a lui assuré que « ​​​​​​​les États-Unis font partie de l’Otan, ils sont engagés dans l’Otan ». Et face au président russe Vladimir Poutine, il s’agit d’envoyer le message que « l’Occident n’a pas l’intention de capituler devant son chantage et son agression », a déclaré Donald Tusk, le chef de gouvernement polonais, qui insiste : « Tout doit être fait pour garantir que l’Europe et les États-Unis parlent d’une seule voix. »

RFI VIA CONGO PUB Online

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À la UneMonde

Zelensky quitte la Maison Blanche précipitamment après une joute verbale avec Trump

by admin9775 1 mars 2025
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Après un échange verbal d’une rare violence avec Donald Trump, le président ukrainien Volodymyr Zelensky a quitté la Maison Blanche de manière précipitée ce vendredi 28 février. L’accord sur les minerais ukrainiens, censé assurer un soutien américain à l’effort de guerre de l’Ukraine n’a pas été signé.

Après un échange qui a viré au pugilat entre Volodymyr Zelensky d’un côté et Donald Trump et le vice-président américain JD Vance de l’autre, le président ukrainien a quitté la Maison Blanche de manière précipitée ce vendredi 28 février. 

Conférence de presse annulée

La conférence de presse qui devait avoir lieu avec les deux dirigeants a été annulée et la signature de l’accord sur les minerais n’a pas eu lieu, a indiqué la Maison Blanche. Volodymyr Zelensky et Donald Trump étaient censés négocier et signer un accord donnant aux États-Unis un large accès aux ressources minérales de l’Ukraine mais Kiev réclamait en échange des garanties de sécurité.

Sur son réseau Truth Social, Donald Trump a accusé le président ukrainien d’avoir manqué de respect envers les États-Unis et de ne pas vouloir la paix avec la Russie. « Il pourra revenir quand il sera prêt à faire la paix », a ajouté le président américain. « J’ai constaté que le président Zelensky n’est pas prêt pour la paix si l’Amérique est impliquée, car il estime que notre implication lui donne un grand avantage dans les négociations. Je ne veux pas d’avantage, je veux la PAIX », a-t-il expliqué. 

Le dirigeant ukrainien devrait « s’excuser de nous avoir fait perdre notre temps pour une réunion qui allait se terminer de la sorte », a affirmé le chef de la diplomatie américaine, Marco Rubio, lors d’une interview à la chaîne CNN.

Un échange très tendu

Quelques heures auparavant, Donald Trump et Volodymyr Zelensky ont eu un échange extrêmement tendu devant les caméras du monde entier. Les hostilités ont été lancées par JD Vance qui a reproché au président ukrainien, venu chercher le soutien de Washington après trois années de guerre contre la Russie, de « manquer de respect » aux Américains.

Ensuite, Donald Trump a appelé Volodymyr Zelensky à conclure un accord et l’a menacé, sinon, de « laisser tomber » l’Ukraine. « Vous jouez avec la vie de millions de personnes. Vous jouez avec la troisième guerre mondiale (…) et ce que vous faites est très irrespectueux pour le pays, ce pays », a lâché Donald Trump très en colère, jugeant qu’il sera « très difficile » de négocier avec son homologue ukrainien, et le sommant d’être « reconnaissant » avec les États-Unis. 

Des « compromis » avec la Russie

Auparavant, le président américain avait prévenu son homologue ukrainien qu’il devra faire « des compromis » avec la Russie, alors que ce dernier a jugé ne pas vouloir en faire avec « le tueur » Vladimir Poutine. « Il n’y a pas d’accord sans compromis. Il est donc certain qu’il devra faire des compromis, mais j’espère qu’ils ne seront pas aussi importants que certains le pensent », a affirmé aux journalistes Donald Trump.

Volodymyr Zelensky avait, avant que la rencontre ne tourne au pugilat, assuré que Donald Trump était « du côté » de l’Ukraine, et le républicain de 78 ans s’était félicité de conclure un accord « très équitable » sur l’accès aux ressources ukrainiennes.

RFI via CONGO PUB Online

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À la UneMonde

À Riyad, les Russes et les Américains conviennent de nommer des négociateurs sur la guerre en Ukraine

by admin9775 19 février 2025
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Les chefs de la diplomatie des États-Unis et la Russie se sont réunis ce mardi 18 février à Riyad en Arabie saoudite, une première depuis l’invasion russe de l’Ukraine en 2022. Les deux délégations sont convenues d’établir un « mécanisme de consultation » pour régler leurs contentieux et vont nommer des négociateurs pour le règlement de la guerre en Ukraine.

Cette rencontre de Riyad a duré environ quatre heures et demie. C’est le premier tête-à-tête entre Russes et Américains à ce niveau depuis le début de la guerre en Ukraine. Marco Rubio s’est dit à l’issue des pourparlers « convaincu » que la Russie voudrait s’engager dans un « processus sérieux » pour mettre fin à la guerre. Le secrétaire d’État américain a affirmé que les Européens devraient également prendre part aux discussions et qu’il fallait qu’un accord sur l’Ukraine soit « acceptable » pour tous.

Les chefs de la diplomatie américaine Marco Rubio et russe Sergueï Lavrov ont annoncé à l’issue de leur rencontre à Riyad avoir décidé de « désigner des équipes de haut niveau pour commencer à travailler sur une issue du conflit en Ukraine dès que possible, de manière durable, pérenne et acceptable pour l’ensemble des parties », a indiqué le département d’État dans un communiqué.

« Nous nous sommes entendus »

« Nous avons discuté, exposé nos approches de principe et convenu que des équipes distinctes de négociateurs sur ce sujet prendraient contact en temps voulu », a confirmé le conseiller diplomatique du Kremlin Iouri Ouchakov. « Les Américains doivent désigner leurs représentants, nous désignerons les nôtres, et ensuite, probablement, le travail commencera », a-t-il ajouté.

« Il est encore difficile de dire si (les positions russes et américaines) se sont rapprochées, mais c’était le sujet », a encore déclaré à la télévision russe depuis Riyad M. Ouchakov jugeant prématuré de parler « de dates concrètes pour une rencontre des deux dirigeants ». « C’était une conversation très sérieuse sur tous les sujets que nous voulions aborder », a ajouté le conseiller diplomatique de Vladimir Poutine, précisant que la rencontre avait duré quatre heures et demie.

Le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov a dit être persuadé que les États-Unis avaient commencé à « mieux comprendre » la position de Moscou, lors d’une conférence de presse, jugeant leur conversation « utile ». « Nous ne nous sommes pas contentés de nous écouter, nous nous sommes entendus », a-t-il ajouté. Le ministre russe des Affaires étrangères a aussi affirmé « qu’il y a eu un vif intérêt pour la levée des obstacles artificiels au développement d’une coopération économique mutuellement bénéfique » entre la Russie et les États-Unis, une référence aux sanctions économiques visant Moscou.

« Mécanisme de consultation »

Moscou et Washington et sont également entendus pour mettre sur pied un « mécanisme de consultation » et « poser les bases d’une future coopération sur des enjeux géopolitiques d’intérêt commun et sur les opportunités économiques et d’investissement historiques qui émergeront d’une issue réussie au conflit en Ukraine », a par ailleurs déclaré le département d’État américain.

La rencontre de ce mardi marquait une première au niveau des chefs de la diplomatie américaine et russe dans un tel format depuis l’invasion russe de l’Ukraine le 24 février 2022. Elle intervenait après l’appel téléphonique la semaine dernière entre Donald Trump et Vladimir Poutine, qui a fait voler en éclats l’union occidentale et la stratégie d’isolement visant le président russe.

En visite en Turquie, le président ukrainien Volodymyr Zelensky a critiqué la rencontre russo-américaine. « Des négociations sont en cours maintenant (…) entre des représentants russes et américains. Encore une fois, sur l’Ukraine et sans l’Ukraine », a-t-il dénoncé. Par ailleurs, le président ukrainien a annoncé reporter son voyage en Arabie Saoudite prévu mercredi. 

Moscou accepte une adhésion de l’Ukraine à l’UE, mais pas à l’Otan

Plus tôt dans la journée, le Kremlin a affiché de nouvelles lignes de négociations. Moscou dit «oui » à l’adhésion de l’Ukraine à l’Union européenne, « non » en revanche à son intégration dans l’Otan, qui constitue une ligne rouge absolue pour le Kremlin. Vladimir Poutine se dit même prêt aujourd’hui à négocier avec Volodymyr Zelensky.

Il n’y aura pas de paix en Ukraine possible, sans discuter largement de sécurité en Europe, a ajouté le Kremlin il y a quelques minutes. « Un règlement à long terme, un règlement viable est impossible sans un examen global des questions de sécurité sur le continent », a indiqué le porte-parole de la présidence russe, Dmitri Peskov, lors de son briefing quotidien. La Russie réclame de longue date un retrait des forces de l’Otan d’Europe orientale, car elle considère l’Alliance comme une menace existentielle. Elle avait notamment utilisé cet argument pour justifier son invasion de l’Ukraine en 2022.

De son côté, la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen a dit sur X que l’UE voulait « faire équipe » avec les États-Unis pour une paix « juste et durable » en Ukraine, après une rencontre avec l’envoyé spécial du président américain, Keith Kellogg. 

La Russie joue la carte de l’économie

Les discussions se sont tenues sans Kiev et sans les Européens pour l’instant, ce qui réjouit la Russie. La délégation russe affiche son optimisme, et a même dit ce mardi 18 février, dans la matinée, espérer des « progrès » d’ici « deux ou trois mois » sur le volet économique.

Ce sont les mots du patron du fonds chargé des investissements étrangers en Russie : Kirill Dmitriev, qui a fait partie de la délégation présente à Ryad. Il évoque donc à demi-mots un éventuel assouplissement des sanctions américaines contre la Russie. Et pour convaincre Washington il vise le portefeuille. « Les entreprises américaines ont perdu 300 milliards de dollars en quittant la Russie », disait-il ce mardi matin. Un chiffre largement surévalué, mais l’argument peut parler à Donald Trump qui est toujours dans une logique transactionnelle.

Il faut dire que Kirill Dmitriev connaît bien les États-Unis : il a étudié là-bas et a même travaillé pour la banque Goldman Sachs. Après son retour en Russie, il a aussi aidé Moscou à nouer des contacts avec Donald Trump lors de son premier mandat.

Ce matin, le russe saluait ainsi l’« efficacité » de l’équipe de Donald Trump pour résoudre les problèmes. Derrière ces compliments, un assouplissement des sanctions favoriserait surtout la Russie. Car même si Moscou les contourne en partie, elles s’ajoutent aux dépenses énormes liées à la guerre. L’inflation est à 10% et les perspectives de croissance pour cette année sont moroses.

RFI via CONGO PUB Online

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