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Monde

À la UneMonde

La Cour suprême autorise les expulsions en vertu d’une loi du XVIIIe siècle

by admin9775 8 avril 2025
written by admin9775

La Cour suprême américaine a autorisé lundi les expulsions de migrants en vertu d’une loi d’exception utilisée jusqu’alors uniquement en temps de guerre, Donald Trump se réjouissant d’un « grand jour pour la justice » malgré les critiques des défenseurs des droits de la personne.

Le président américain avait eu recours à cette loi de 1798 – utilisée jusqu’alors uniquement en temps de guerre – à la mi-mars, afin d’expulser vers le Salvador plus de 200 personnes présentées comme des membres présumés d’un gang vénézuélien.

Un juge fédéral avait bloqué dans la foulée toute expulsion de migrants pendant 14 jours menées sur la base de cette loi et s’était inquiété des répercussions « incroyablement problématiques » du recours à l’Alien Enemies Act.

Donald Trump avait alors appelé à la destitution du juge James Boasberg, magistrat fédéral à Washington, provoquant un rappel à l’ordre de la Cour suprême.

Le président républicain s’est réjoui lundi de la décision de la Cour suprême, à majorité conservatrice. « La Cour suprême a confirmé la primauté du droit dans notre pays en permettant à un président, quel qu’il soit, de sécuriser nos frontières et de protéger nos familles et notre pays. UN GRAND JOUR POUR LA JUSTICE EN AMÉRIQUE ! », a-t-il dit sur son réseau Truth Social.  

La Cour suprême a levé les restrictions temporaires imposées par le juge Boasberg, mais principalement pour des raisons techniques liées au lieu de l’audience durant laquelle il a rendu sa décision.

Droit de « contester leur expulsion »

Les migrants qui ont intenté une action en justice pour empêcher leur expulsion se trouvent au Texas, alors que l’affaire dont le juge Boasberg a été saisie a été entendue à Washington.

La plus haute juridiction américaine a cependant précisé que les étrangers susceptibles d’être expulsés en vertu du Alien Enemies Act, qui n’a été utilisé que durant la guerre anglo-américaine de 1812, la Première Guerre mondiale et la Seconde Guerre mondiale, devaient pouvoir bénéficier d’une forme de procès équitable.

« Les personnes détenues en vertu de l’Alien Enemies Act doivent en être informées et peuvent contester leur expulsion », peut-on lire dans la décision de la Cour suprême, selon qui « la seule question est de savoir à quelle cour il revient de statuer ».  

Mi-février, le président Donald Trump a désigné huit cartels latino-américains comme organisations « terroristes », une qualification qui élargit l’éventail des actions offertes aux autorités américaines luttant contre le crime organisé.

Donald Trump avait accusé les personnes expulsées mi-mars sans jugement vers le Salvador d’appartenir au gang Tren de Aragua.

Un immigré salvadorien installé aux États-Unis depuis 2019 avait alors été expulsé par erreur.  

L’influente organisation de défense des droits civiques ACLU avait dénoncé l’« usage inédit et illégal d’une législation de temps de guerre ».

Le président américain Donald Trump a fait de la lutte contre l’immigration clandestine une priorité, parlant « d’invasion » des États-Unis par des « criminels » venus de l’étranger «, et communiquant abondamment sur les expulsions de migrants.

La Presse

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À la UneMonde

Des milliers de manifestants s’opposent à Trump

by admin9775 6 avril 2025
written by admin9775

Le samedi 6 avril, des milliers de manifestants ont défilé à travers les États-Unis dans le cadre des plus grandes manifestations organisées contre la présidence de Donald Trump depuis son arrivée au pouvoir.

Sous le slogan « Bas les pattes ! », ces rassemblements ont réuni plus de 1 200 sites de protestation à travers tous les États du pays, rassemblant des groupes aussi variés que des militants des droits civiques, des défenseurs des droits des LGBTQ+, des syndicats, des vétérans et des militants pour la justice sociale. Le but de ces manifestations : dénoncer les politiques de Trump, jugées néfastes pour la démocratie, les droits sociaux et l’inclusion.

Des manifestations se sont tenues dans des villes de toute l’Amérique, allant de Midtown Manhattan à New York jusqu’à Anchorage en Alaska, et se sont même étendues à plusieurs capitoles d’État. Parmi les revendications principales, la défense de la sécurité sociale, l’opposition aux coupes dans les effectifs du gouvernement fédéral et la lutte contre la réduction des protections pour les personnes transgenres.

À Seattle, sous l’ombre du Space Needle, les manifestants ont brandi des pancartes scandant des messages comme « Combattez l’oligarchie ». À Los Angeles, des centaines de personnes ont défilé de Pershing Square à l’hôtel de ville, criant leur mécontentement contre les politiques économiques et sociales de l’administration Trump. Aucune arrestation n’a été signalée durant les manifestations, et l’ambiance est restée globalement pacifique.

Des revendications diverses mais unifiées contre Trump

Les manifestants ont exprimé leur colère face à plusieurs politiques clés du président Trump, notamment la réduction des effectifs du gouvernement fédéral, la fermeture de bureaux locaux de la sécurité sociale et des coupes dans les financements des programmes de santé. Les attaques contre la communauté LGBTQ+, notamment la restriction des droits des personnes transgenres, ont également été largement dénoncées.

L’un des objectifs majeurs des manifestants est de maintenir la pression contre une administration perçue comme déconnectée des réalités sociales. Des slogans comme « Bas les pattes de notre démocratie » et « Bas les pattes de notre sécurité sociale » ont résonné dans de nombreuses rues.

Parmi les figures les plus controversées du gouvernement Trump figure Elon Musk, à la tête du département de l’efficacité gouvernementale. L’homme d’affaires, responsable de la réduction des effectifs dans plusieurs agences fédérales, a été pris pour cible par les manifestants qui l’accusent de compromettre les services publics essentiels pour « économiser de l’argent » au détriment des citoyens les plus vulnérables. Musk, pour sa part, défend ses actions, affirmant qu’elles permettent d’économiser des milliards de dollars pour les contribuables.

Les réactions politiques

Le président Trump, quant à lui, a répondu par le biais d’un communiqué de la Maison Blanche, soulignant que ses priorités étaient de protéger les programmes de sécurité sociale, de Medicare et de Medicaid pour les bénéficiaires légitimes. Le porte-parole de la Maison Blanche a cependant mis en garde contre les propositions des démocrates, qui selon lui, risqueraient de mener ces programmes à la faillite en élargissant leur accès à des étrangers en situation irrégulière.

À Washington, la présidente de la Human Rights Campaign, Kelley Robinson, a vivement critiqué les politiques de l’administration Trump, estimant que ces mesures étaient des attaques directes contre la dignité des minorités et des personnes LGBTQ+.

Bien que ces manifestations ne représentent pas encore une mobilisation aussi massive que celle de la Marche des femmes de 2017 ou les protestations de Black Lives Matter de 2020, elles témoignent d’un mécontentement croissant. Des militants, des citoyens ordinaires et même des républicains déçus par Trump, comme Roger Broom, un retraité de l’Ohio, ont rejoint les rangs de l’opposition.

Britt Castillo, une manifestante de Charlotte, a déclaré : « Peu importe votre parti, peu importe pour qui vous avez voté, ce qui se passe aujourd’hui est inacceptable. C’est dégoûtant. »

Alors que Donald Trump continue de défendre ses réformes et ses priorités, la mobilisation contre son administration semble loin d’être terminée. Le mouvement « Bas les pattes ! » est un signal fort que l’opposition à ses politiques reste bien vivante à travers le pays. Les manifestations de ce week-end n’ont peut-être pas encore l’ampleur de celles des premières années de son mandat, mais elles témoignent d’une résistance qui pourrait s’intensifier à mesure que le climat politique évolue aux États-Unis.

Africanews

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À la UneMonde

États-Unis: Donald Trump déclare la guerre commerciale au monde

by admin9775 4 avril 2025
written by admin9775

Le président américain Donald Trump a signé un décret instituant « des droits de douane réciproques » sur les importations des États-Unis, soit au même niveau que ceux perçus par les partenaires commerciaux de Washington. Trump a annoncé de très lourdes taxes douanières de 34 % pour la Chine et 20 % pour l’UE. Le seuil minimal des droits de douane est fixé à 10 %.

Il l’annonçait depuis des semaines, il l’a fait. Pour Donald Trump, ce qu’il appelle le « jour de la libération » est l’une des journées les plus importantes de l’histoire des États-Unis. « Dans quelques instants, je signerai un décret historique instituant des droits de douane réciproques sur les (importations des) pays du monde entier », a déclaré Donald Trump dans un discours depuis les jardins de la Maison Blanche. « Réciproque signifie : ce qu’ils nous font, nous leur faisons. C’est très simple, ça ne pourrait pas être plus simple », a ajouté le président américain, célébrant « un des jours les plus importants de l’histoire américaine. »

Le républicain a parlé d’une « déclaration d’indépendance économique » et promis à nouveau un « âge d’or » à son pays. « Depuis des décennies, notre pays a été pillé, saccagé, violé et dévasté par des nations proches et lointaines, des alliés comme des ennemis », a-t-il asséné.

Droit de douane plancher et surtaxes pour certains pays

Ces droits de douane ne sont pas complètement réciproques, mais représentent environ la moitié des barrières commerciales et non-commerciales appliquées par les pays étrangers, a-t-il souligné. L’offensive de la Maison Blanche s’articule ainsi : un droit de douane plancher de 10 % sur toutes les importations, auquel s’ajoutent des surtaxes pour certains pays jugés particulièrement hostiles en matière commerciale. Ces surtaxes sont calculées de manière à refléter aussi les barrières dites non tarifaires mises par ces pays à l’entrée de produits américains, par exemple des réglementations sanitaires et des normes environnementales.

En outre, les importations de la Chine vont être taxées à 34 %. Le président américain a aussi signé un décret annulant l’exemption de droits de douane pour les petits colis envoyés de Chine, mécanisme qui a notamment permis aux géants chinois du commerce électronique Shein ou Temu de se développer aux États-Unis. Il prévoyait jusqu’ici l’exemption de taxation pour tous les envois dont le contenu présentait une valeur allant jusqu’à 800 dollars.

Les pays européens, eux, seront taxées à 20 %. Les États-Unis vont prélever 10 % de taxes sur les importations en provenance du Royaume-Uni. Les produits japonais et de Corée du Sud sont respectivement impactés à hauteur de 24 % et 25 % ou encore 46 % pour le Vietnam. Le président américain a également annoncé des droits de douane à 31 % pour la Suisse. 

Quelle est la méthode de calcul ?

Selon le locataire de la Maison Blanche, ces droits de douane sont « réciproques », c’est-à-dire calculés en fonction des taux tarifaires pratiqués par les partenaires commerciaux de Washington, s’ajoutent à cela des balances commerciales existantes et d’autres barrières, comme la TVA.

Cela semble compliqué ? Pas du tout. Le représentant américain au commerce l’a détaillé : prenez le déficit commercial des États-Unis avec un pays donné, divisez-le par la quantité totale de biens qui arrivent de ce pays. Réduisez ce pourcentage de moitié, signe de la « gentillesse » de Donald Trump, et vous obtenez le taux actualisé.

Prenons l’exemple de la Chine. En 2024, les États-Unis ont importé pour un total de 438 milliards de dollars de produits chinois. Ce qui représente un déficit commercial de 295 milliards de dollars pour Washington. Soit un ratio de près de 68%. Divisé par deux, cela donne un taux de 34%. Les 34% qui s’ajoutent pour Pékin aux 20% de droits de douane additionnels déjà mis en place par l’administration Trump.

Absents de la liste : Mexique, Canada, Russie…

Dans cette liste, on note les absences du Mexique et du Canada, particulièrement visés ces dernières semaines, et aussi celle de la Russie.

Les voisins des États-Unis, le Canada et le Mexique, couverts par un accord de libre-échange (ACEUM ou USMCA en anglais), sont soumis à un régime particulier. Les produits canadiens et mexicains respectant les termes de l’accord ne sont, à l’heure actuelle, pas visés par de nouvelles taxes. À l’inverse, les autres produits sont soumis à jusqu’à 25% de droits de douane.

Si cette fois-ci, le Mexique et le Canada bénéficient d’un traitement à part, c’est tout simplement parce que Donald Trump avait déjà instauré des taxes sur ses partenaires nord-américains : 25 % de frais de douane s’appliquent déjà — depuis mi-mars — sur les exportations d’acier et d’aluminium ; 25 % aussi sur les produits qui ne rentrent pas dans le cadre de l’accord de libre échange entre le Mexique, les États-Unis et le Canada soient parce qu’ils en sont exclus, soit parce qu’ils ne répondent pas aux normes imposées par le traité. Il s’agirait d’environ la moitié des exportations mexicaines. Donc en fin de compte, le pays est déjà au cœur de cette guerre commerciale, souligne notre correspondante à Mexico, Gwendolina Duval. Pour rappel, son commerce extérieur dépend à 80 % des États-Unis. L’économie, et plus spécifiquement le secteur automobile, s’apprêtent à être particulièrement touché, par les nouvelles règles de 25 % de frais douaniers sur les véhicules fabriqués à l’étranger. Sauf que sur ce point, Donald Trump a concédé d’un traitement de faveur envers le Mexique. Ses véhicules seront taxés partiellement en fonction de la proportion de composants étrangers qu’ils comprennent.

Au Canada, le nouveau premier ministre Mark Carney s’est réuni avec ses conseillers pour peaufiner la riposte aux tarifs douaniers américains sur l’acier, l’aluminium, mais aussi sur l’automobile… Une menace qui reste floue, puisque plusieurs pièces des automobiles fabriquées au Canada proviennent des États-Unis, rappelle notre correspondante à Montréal Nafi Alibert. Mark Carney, pour la deuxième fois en une semaine, a dû suspendre sa campagne électorale pour répliquer aux menaces tarifaires de Donald Trump. Il a par ailleurs indiqué que l’administration Trump envisage de s’attaquer à d’autres secteurs comme la pharmaceutique, et le bois. « Il y aura une réponse canadienne », a-t-il assuré. À l’heure actuelle, le Canada a imposé des contre tarifs de 25% sur un total de 60 milliards $ de produits américains. Une coalition de syndicats réclame que ces revenus aident les travailleurs touchés. « Il y a déjà des coupes d’emplois », selon Magali Picard, présidente de la Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec. Mark Carney doit consulter les Premiers ministres provinciaux avant d’annoncer les détails des contre-mesures canadiennes plus tard ce jeudi.

D’autres États déjà sous sanctions (Biélorussie, Cuba, Corée du Nord, Russie) ne figurent pas dans la liste, car ce statut bloque déjà tout commerce significatif avec ces pays, selon la Maison Blanche. L’Ukraine est visée par des droits douane de 10%.

Donald Trump a exhorté les dirigeants étrangers à supprimer leurs droits de douane et à acheter leurs produits. Les nouveaux droits de douane massifs dévoilés par le président des États-Unis entreront en vigueur les 5 et 9 avril, a annoncé mercredi la Maison Blanche.

La mise en place

Les nouvelles taxes sur les importations dévoilées par Donald Trump sont prévues en deux temps, a précisé un responsable de la Maison Blanche à la presse : le 5 avril à 04h01 TU pour les droits de douane d’au moins 10 % sur tous les produits entrant aux États-Unis, et le 9 avril à 04h01 pour les droits de douane majorés visant des géants comme la Chine et l’Union européenne.

Le ministre américain des Finances, Scott Bessent, a conseillé « à tous les pays de ne pas riposter » aux droits de douane mis en place par l’administration Trump, sous peine d’« escalade ». « Détendez-vous, encaissez le coup, et attendez de voir comment la situation évolue. Car si vous ripostez, il y aura une escalade », a averti Scott Bessent.

Londres dit vouloir un accord avec les États-Unis, l’Australie estime ces droits de douane « totalement injustifiés »

Dans le monde entier, les réactions se sont multipliées. Le Royaume-Uni garde l’intention de conclure un accord avec les États-Unis pour « atténuer » l’impact des droits de douanes annoncés par Donald Trump et n’entend pas mener de riposte commerciale immédiate, a réagi mercredi le ministre britannique du Commerce, Jonathan Reynolds. Pour l’Australie, ces droits sont « totalement injustifiés » et vont modifier la relation de l’Australie avec les États-Unis, a déclaré jeudi le Premier ministre australien Anthony Albanese. Le Premier ministre irlandais Micheal Martin a dit « profondément regretter » les droits de douane de 20 % imposés à l’Union européenne par les États-Unis, appelant les 27 à réagir de façon « proportionnée ». « Toute action doit être proportionnée et viser à défendre les intérêts de nos entreprises, de nos travailleurs et de nos citoyens », a-t-il déclaré dans un communiqué.

Pékin dénonce une intimidation commerciale 

La Chine, pour qui l’addition s’annonce astronomique, « s’oppose fermement » à ces droits de douane et promet de riposter, a réagi le ministère du Commerce. Pékin, pourtant l’un des plus importants partenaires commerciaux des Etats-Unis, écope de 34 % de droits de douane supplémentaires face aux 20 % déjà en place, ce porte la taxe totale à 54 % sur certains produits chinois, rapporte notre correspondante, Cléa Broadhurst. Pékin appelle Washington à annuler ces mesures unilatérales, qu’elle qualifie de contraires aux règles internationales, dénonce une intimidation commerciale et affirme que de nombreux partenaires dans le monde partagent son inquiétude. Ces tarifs risquent de rendre les produits chinois bien moins compétitifs aux États-Unis, ce qui pourrait freiner les exportations et ralentir l’économie chinoise — en particulier dans les secteurs fortement dépendants de la demande américaine… comme l’électronique, le textile, les meubles, les jouets, ainsi que les machines industrielles et les pièces automobiles. Pékin pourrait riposter en imposant ses propres taxes sur des produits américains, ravivant ainsi le spectre d’une guerre commerciale à grande échelle. Face à cette incertitude, certaines entreprises envisagent déjà de réorganiser leurs chaînes d’approvisionnement, en délocalisant hors du territoire. Un message que la Chine martèle: il n’y a pas de gagnants dans une guerre commerciale – et le protectionnisme, selon elle, ne mène nulle part.

Le Parlement brésilien, lui, a adopté à l’unanimité une « loi de la réciprocité » donnant au gouvernement des moyens pour répliquer aux barrières commerciales à ses exportations.

Et la Thaïlande dit, elle, avoir un « plan solide » pour répondre aux très lourds droits de douane de 36 % annoncés par Donald Trump. Elle espère notamment pouvoir négocier une réduction des taxes.

L’industrie chimique allemande, dont les États-Unis sont le premier marché d’exportation, a appelé mercredi l’Union européenne à « garder la tête froide » dans sa réaction aux nouveaux droits de douane américains, soulignant qu’« une escalade ne ferait qu’aggraver les dégâts ». Elle appelle Bruxelles à « rester flexible dans sa réaction et maintenir un dialogue étroit avec Washington », car selon elle, « l’objectif doit être une solution équitable pour les deux parties » et l’Allemagne « ne doit pas devenir le jouet d’une guerre commerciale sans fin ». « Les États-Unis sont et restent un partenaire commercial central pour l’Allemagne », insiste le communiqué.

Débâcle des marchés

Les marchés se sont réveillés sonnés jeudi en Asie. La Bourse de Tokyo a dégringolé de pres de 4% peu après l’ouverture, tandis que Séoul, Hong Kong et Sydney lâchaient quelque 2%. Le dollar a chuté de plus de 1 % face à l’euro vers 20h20 TU.

Valeur refuge par excellence, les investisseurs se sont rués sur l’or, qui a par la même occasion battu son record historique, à plus de 3 160 dollars l’once. Depuis le début de l’année, le cours de l’or a explosé d’environ 20%. Le marché obligataire joue aussi son rôle de refuge, avec une forte détente du rendement des emprunts d’État américain et japonais.

Et quelques minutes après les premiers mots de Donald Trump mercredi, le dollar a chuté de plus de 1% face à l’euro avant de limiter ses pertes: vers 00H30 GMT, un euro valait 1,0896 dollar. La devise américaine pâtit des inquiétudes sur la santé de l’économie américaine et des perspectives d’inflation aux États-Unis.

Liste des principaux pays impactés par les droits de douane imposés par Donald Trump :

Lesotho : 50 %
Cambodge : 49 %
Vietnam : 46 %
Sri Lanka : 44 %
Bangladesh : 37 %
Thaïlande : 36 %
Chine : 34 %
Taïwan : 32 %
Indonésie : 32 %
Suisse : 31 %
Afrique du Sud : 30 %
Pakistan : 29 %
Inde : 26 %
Corée du Sud : 25 %
Côte d’Ivoire : 21 %
Japon : 24 %
Malaisie : 24 %
Union européenne : 20 %
Israël : 17 %
Philippines : 17 %
Royaume-Uni : 10 %
Brésil : 10 %
Singapour : 10 %
Chili : 10 %
Australie : 10 %
Turquie : 10 %
Colombie : 10 %

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À la UneMonde

Massad Boulos, un beau-père bien placé: le nouveau conseiller Afrique de Donald Trump intrigue

by admin9775 3 avril 2025
written by admin9775

Le département d’État américain a annoncé mardi 2 avril que l’homme d’affaires Massad Boulos, proche de Donald Trump se rendra à partir de jeudi en RDC, au Rwanda, au Kenya et en Ouganda. Il sera accompagné d’une diplomate de haut rang, Corina Sanders, et y « rencontrera des chefs d’État et des chefs d’entreprise pour faire avancer les efforts en vue d’une paix durable » dans l’est de la RDC et pour « promouvoir les investissements du secteur privé américain dans la région ». L’homme d’affaires libano-américain, discret et au profil controversé, hérite du dossier africain à la Maison Blanche. Une nomination stratégique – mais contestée – qui semble s’appuyer davantage sur ses réseaux familiaux que sur une véritable expertise diplomatique.

Massad Boulos est né au Liban, dans une famille grecque orthodoxe influente originaire de Kafaraka, un village du nord du pays réputé pour sa production d’huile d’olive. Après des études en administration des affaires au Texas, il s’installe en Afrique de l’Ouest, où il prend la tête de SCOA Nigeria, une entreprise spécialisée dans la vente, la location et l’entretien de véhicules.

C’est un homme d’affaires discret… Tellement discret que son profil public ne colle pas toujours à la réalité. Souvent présenté comme un magnat milliardaire, Boulos dirige en réalité une société qui, selon le New York Times, n’a généré que 66 000 dollars de bénéfices l’an dernier. Sa fortune viendrait surtout de son épouse, héritière d’un empire familial actif en Afrique centrale. Quant à son influence à Washington, elle tient sans doute à un autre lien capital : il est le beau-père de Tiffany Trump, l’une des filles du président américain.

Conseiller pour le Moyen-Orient, il hérite désormais du dossier africain

Déjà conseiller de Donald Trump pour les pays arabes, il a récemment servi d’intermédiaire entre le président américain et Mahmoud Abbas, le chef de l’Autorité palestinienne. Il hérite désormais du dossier africain — une fonction qui, comme d’autres postes de conseillers à la Maison Blanche, ne requiert pas de validation par le Sénat.

Alors pourquoi lui ? Officiellement, pour son carnet d’adresses. Massad Boulos aurait joué un rôle clé dans la stratégie de Donald Trump visant à séduire l’électorat arabo-américain lors des dernières élections. Un atout politique, selon ses proches. Mais une nomination qui, pour ses détracteurs, s’explique avant tout par ses liens familiaux.

« Massad Boulos est vraiment un personnage louche », tranche Scott Lucas, professeur de politique internationale au Clinton Institute de l’Université de Dublin, interrogé par RFI. « Il a laissé entendre – ou affirmé – qu’il dirigeait un empire de plusieurs milliards, alors qu’il gère en réalité une entreprise de camions au Nigeria, valorisée à moins d’un million de dollars. »

Autre source de scepticisme : son parcours. « Cette idée qu’il serait un brillant avocat ? Il n’a même jamais fait d’études de droit. Aucune formation juridique. Aucun passé diplomatique non plus. » Et pourtant, poursuit l’analyste, « on le présente comme l’homme capable de résoudre un conflit aussi complexe que celui entre Israël et le Liban. Ce n’est tout simplement pas crédible. »

Derrière cette nomination, se dessine la stratégie d’un président qui mise sur la loyauté et les réseaux familiaux pour mener sa politique étrangère, quitte à faire fi de l’expérience diplomatique.

RFI

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À la UneMonde

États-Unis: le Wisconsin élit une juge progressiste à sa Cour suprême et inflige un revers à Elon Musk

by admin9775 3 avril 2025
written by admin9775

Soutenue par les démocrates, la juge progressiste Susan Crawford a été élue le 1er avril à la Cour suprême du Wisconsin, infligeant un revers à Donald Trump et Elon Musk. Premier test électoral pour le président républicain et son allié multimilliardaire, le scrutin est devenu une affaire nationale quand le patron de Tesla et SpaceX a investi 25 millions de dollars de sa fortune personnelle pour faire élire son candidat, Brad Schimel, à la haute instance de cet État. Cela dans l’espoir de la faire basculer du côté conservateur, alors qu’il pourrait y faire face à la justice.

Le président américain Donald Trump a fait face mardi 1er avril à un nouveau revers électoral avec l’élection de la juge démocrate Susan Crawford, dans le Wisconsin. Ce scrutin, habituellement d’ampleur locale, a été marqué cette fois-ci par la forte implication d’Elon Musk.

Soutenue par les démocrates, Susan Crawdford a remporté un siège à la Cour suprême de cet État de la région des Grands Lacs pour dix ans, selon des projections de plusieurs médias américains. « Lorsque j’étais petite fille à Chippewa Falls, je n’aurais jamais pu imaginer que je m’attaquerais à l’homme le plus riche du monde pour obtenir justice dans le Wisconsin. Et nous avons gagné !, s’est réjoui Susan Crawford à l’issue du vote. Ma promesse au Wisconsin est claire. Je serai une juge équitable et impartiale à la Cour suprême du Wisconsin. Le Wisconsin s’est levé et a affirmé haut et fort que la justice n’a pas de prix. Nos tribunaux ne sont pas à vendre. »

Défaite pour le camp républicain

Elle menait campagne en s’opposant à Brad Schimel, soutenu par Donald Trump et le multimilliardaire Elon Musk, et dont la victoire aurait fait basculer la haute instance du Wisconsin du côté conservateur. Elon Musk a non seulement versé 25 millions de dollars dans la course, mais il a également fait campagne personnellement dans l’État, arborant même une tête de fromage. Mais son rôle de vedette a semblé attiser la colère des démocrates à son égard, plus encore qu’il n’a aidé le juge Schimel, largement battu par son adversaire démocrate.

Les gens « ne se rendent pas compte à quel point c’est important, avait lancé le 30 mars Elon Musk, à propos de la campagne, lors d’un meeting de soutien à Brad Schimel dans le nord du Wisconsin. Ils se disent : « C’est une sorte de truc judiciaire qui n’est pas important ». Mais en réalité, ce qui se passe mardi, c’est un vote pour savoir quel parti contrôle la Chambre des représentants », avait-il ajouté. Le multimilliardaire s’est aussi inquiété d’un potentiel rééquilibrage par la Cour suprême locale dans le découpage des circonscriptions électorales, en faveur des démocrates.

Avant l’annonce des résultats, le président républicain s’était aussi fendu lundi sur sa plate-forme Truth Social d’un message de soutien à Brad Schimel. Il s’est surtout attaqué à Susan Crawford, qui serait, selon lui, « un DÉSASTRE pour le Wisconsin et pour les États-Unis d’Amérique ».

Musk accusé de vouloir « acheter un siège à la Cour suprême »

Dans le Wisconsin, les deux camps ont sorti l’artillerie lourde pour une élection qui, d’ordinaire, passe inaperçue dans le reste du pays. Selon le Centre Brennan de l’université de New York, c’est « le scrutin judiciaire le plus coûteux de l’histoire américaine », avec plus de 98 millions de dollars déversés dans la campagne, dont 53 millions en faveur du candidat conservateur.

Elon Musk n’est pas étranger à cela. « Il a dépensé plus de 25 millions de dollars pour essayer de m’empêcher de siéger à la Cour suprême du Wisconsin », a lancé dimanche Susan Crawford lors d’un rassemblement à Elkhorn, dans le sud de l’État. L’équipe de campagne de Susan Crawford avait déjà accusé récemment Elon Musk de vouloir « acheter un siège à la Cour suprême du Wisconsin afin d’obtenir une décision favorable » dans des poursuites engagées par Tesla, son entreprise de véhicules électriques. Car son entreprise Tesla a engagé une procédure judiciaire contre les autorités de cet État du Midwest américain.

Mais il risque également de faire face à d’autres procédures légales, ses opposants l’accusant d’achat de voix. Car depuis la présidentielle, Elon Musk poursuit une stratégie très critiquée : l’homme le plus riche de la planète verse des sommes à tout électeur signant certaines pétitions favorables au camp républicain.

En Floride, deux législatives partielles ont également eu lieu mardi, dans des circonscriptions solidement ancrées à droite et qui resteront dans l’escarcelle des républicains, selon les projections de plusieurs médias.

RFI

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À la UneMonde

États-Unis: Donald Trump «très en colère» contre Vladimir Poutine sur le dossier ukrainien

by admin9775 31 mars 2025
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Le président américain a déclaré, dimanche 30 mars à la chaîne NBC, qu’il devait à nouveau s’entretenir avec Vladimir Poutine cette semaine. L’appel devrait plutôt être tendu, car Donald Trump a confié être « très en colère » contre son homologue russe. Son mécontentement vient des négociations de cessez-le-feu en Ukraine qui n’avancent pas, mais aussi de la proposition russe de mettre l’Ukraine sous une forme d’administration temporaire, le temps d’organiser de nouvelles élections. 

Régler la guerre en Ukraine était l’une des priorités de Donald Trump. Lorsque Vladimir Poutine s’était dit « favorable à un accord de cessez-le-feu », sous conditions, Washington avait applaudi, mais n’avait peut-être pas voulu entendre ce « sous conditions ».

Or, le président russe est revenu sur les points de négociation, sur l’énergie et sur la mer Noire. Cela a poussé Donald Trump à se confier à NBC en disant qu’il était « furieux contre Poutine ». Il a même avancé que s’il n’arrivait pas à trouver un accord avec son homologue russe, et s’il estimait que Moscou bloquait la négociation, il pourrait alors imposer 25% de taxes en plus sur le pétrole russe.

Le président américain s’est aussi dit en colère contre Vladimir Poutine qui essaie de miner la crédibilité de Volodymyr Zelensky, puisque le maître du Kremlin a proposé, vendredi 28 mars, de mettre l’administration de l’Ukraine sous tutelle.

Les deux hommes doivent à nouveau se parler cette semaine. On peut se demander si Donald Trump avancera un ultimatum pour l’application de ce cessez-le-feu. Par ailleurs, le président américain a aussi affirmé qu’il voulait que l’Iran négocie la limitation de son programme nucléaire, sans quoi il fallait s’attendre à « des bombardements sans précédent ».

RFI

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À la UneMonde

Touchée par un puissant séisme, la Birmanie, isolée, appelle à l’aide internationale

by admin9775 29 mars 2025
written by admin9775

Un puissant séisme a touché la Birmanie, vendredi 28 mars, et a été ressenti jusqu’en Thaïlande. Selon un nouveau bilan de la junte qui dirige le pays, la catastrophe a fait au moins 694 morts et 1670 blessés. L’ampleur considérable des destructions a fini de pousser les militaires au pouvoir à lancer un très rare appel à l’aide à la communauté internationale.

En Birmanie, le séisme de magnitude 7,7 a fait de nombreux dégâts. « Dans certains endroits, des immeubles se sont effondrés », a souligné le chef de la junte, Min Aung Hlaing. Dans la capitale, où un grand défilé militaire avait lieu la veille, le sol a vibré pendant 30 longues secondes avant de se stabiliser, laissant les routes déformées et crevassées.

Les abords de l’hôpital où s’est rendu Min Aung Hlaing ont pris un air de champ de bataille, des centaines de blessés ayant afflué et été pris en charge à l’extérieur en raison des dégâts subi par le bâtiment. L’entrée des urgences s’est complètement effondrée. « C’est une zone avec des victimes en masse », a lancé un responsable de l’établissement. Et un médecin d’ajouter : « Je n’ai jamais rien vu de tel. Nous essayons de gérer la situation. »

À Mandalay, deuxième plus grande ville du pays, des photos de l’AFP montrent de nombreux immeubles en ruines. De nombreux bâtiments ont été détruits et la ville manque cruellement de secouristes. Le pont routier reliant Mandalay et Sagaing, l’université et le mur du palais royal de Mandalay, se sont effondrés et les télécommunications ont été touchées, a déclaré la Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge.

Selon le chef de la junte, le tremblement de terre a fait au moins 144 morts et 732 blessés, et le bilan devrait s’alourdir. Une catastrophe naturelle qui a poussé le pouvoir militaire, isolé depuis le coup d’État de février 2021, à lancer un rare appel à la communauté internationale, invitant « tout pays, toute organisation » à venir apporter son secours.

Répondant à l’appel, l’Union européenne a proposé une aide d’urgence à la Birmanie et à la Thaïlande. « Les satellites européens Copernicus aident déjà les secours. Nous sommes prêts à apporter un soutien supplémentaire », a indiqué sur X la présidente de la Commission Ursula von der Leyen.

Le président des États-Unis, Donald Trump, a affirmé que son pays allait « aider » la Birmanie, estimant que ce qu’il se passe est « terrible ». L’Inde a également fait savoir qu’elle apporterait son aide. L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) a annoncé de son côté avoir déclenché son système de gestion des urgences après le séisme, et de nombreuses ONG sont d’ores et déjà en train de mobiliser leurs forces pour apporter de l’aide aux sinistrés.

« L’aide doit pouvoir arriver dans toutes les zones »

Toutefois, dans ce pays largement coupé du monde à cause de la guerre civile et un embargo international, la crainte des ONG est de voir les militaires contrôler l’aide humanitaire. « On sait que la junte malheureusement a instrumentalisé beaucoup de catastrophes naturelles en Birmanie jusqu’à maintenant. Il faut vraiment que les gouvernements et les organisations internationales qui sont prêtes à aider la population birmane après ce séisme fassent attention à ce que l‘aide ne passe pas uniquement par les administrations de la junte », avance Johanna Chardonnieras, de l’ONG Info Birmanie, auprès de Heike Schmidt pour RFI.

Selon elle, toutes les administrations – et pas que militaires – doivent être intégrées dans la réponse à la catastrophe. « On a déjà vu la junte redistribuer l’aide humanitaire seulement dans les zones sous son contrôle et la bloquer dans les zones hors de son contrôle. Avec la catastrophe d’aujourd’hui, ça doit cesser. L’aide doit pouvoir arriver dans toutes les zones », intime l’humanitaire.

Dès la survenue de la catastrophe, l’état d’urgence a été déclaré dans les six régions de Birmanie les plus affectées, selon un porte-parole de la junte. Mais déjà, des voix critiquent l’inaction du régime, à l’image de cette jeune habitante de Rangoon, qui estime que contrairement au gouvernement thaïlandais, celui de Birmanie « ne fait rien ». « Les responsables du pays promettent qu’ils vont régler la situation, qu’ils vont faire tout ce qu’il faut. Mais ils ne vont rien faire du tout. En réalité, ils ne se soucient pas des victimes. Tout ce qui compte pour eux, c’est leur propre personne », tance-t-elle.

RFI

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À la UneMonde

La Cour suprême a confirmé la réglementation adoptée par l’administration Biden concernant les armes à feu fantômes

by admin9775 28 mars 2025
written by admin9775

La Cour suprême a confirmé, avec une majorité de 7-2, la réglementation adoptée par l’administration Biden concernant les « armes à feu fantômes » – des kits d’armes à feu qui peuvent être achetés en ligne et assemblés à la maison sans numéro de série.

La décision marque une rare victoire pour les défenseurs du contrôle des armes à feu et indique un succès pour les politiques réglementaires dans un contexte juridique qui est généralement plus enclin à soutenir les droits d’armes à feu.

Le juge Neil Gorsuch, qui a rendu sa décision, a souligné que ces trousses pouvaient facilement être transformées en armes à feu pleinement fonctionnelles, justifiant l’extension du règlement mis en œuvre en 2022 par le Bureau de l’ATF pour l’alcool, le tabac, les armes à feu et les explosifs.

La décision a vu une convergence des juges libéraux et conservateurs, bien que les juges Clarence Thomas et Samuel Alito étaient en désaccord, accusant le gouvernement de surréglementation.

La mesure exige que les fabricants d’armes à feu fantômes incluent des numéros de série sur les kits et effectuent des vérifications de l’ordre des antécédents des acheteurs. L’ATF a justifié le règlement en soulignant l’augmentation exponentielle de la présence de ces armes à feu sur les lieux du crime: passant d’environ 1 600 cas en 2017, ce nombre est passé à plus de 19 000 en 2021.

En vertu de la loi de 1968 sur le contrôle des armes à feu, les producteurs et les vendeurs sont tenus de vérifier les antécédents et de tenir des registres des ventes. Toutefois, les nouvelles technologies ont rendu obsolète l’interprétation initiale de la loi. Avec l’avènement de l’impression 3D et des polymères renforcés, il est devenu extrêmement facile pour quiconque d’assembler une arme à feu à la maison à l’aide d’un kit en ligne.

Les fabricants d’armes à feu fantômes et certains acheteurs ont contesté le règlement de l’ATF, faisant valoir que ces matériaux ne peuvent pas être considérés comme des armes à feu car ils sont vendus comme de simples pièces. La Cour d’appel du cinquième circuit a partiellement accepté cet argument, mais la Cour suprême a annulé la décision, estimant que la fonction principale de ces trousses était de transformer clairement leurs composants en armes à feu pleinement opérationnelles.

Le juge en chef de la Cour suprême, John Roberts, a rejeté l’argument selon lequel ces trousses étaient destinées à de simples amateurs d’armes à feu et a souligné que le processus d’assemblage était extrêmement rapide, contrairement à la restauration d’une voiture classique, comme l’ont suggéré les détaillants.

Le verdict a été accueilli avec enthousiasme par des groupes comme le Giffords Law Center, une organisation américaine à but non lucratif dédiée à la promotion du contrôle des armes à feu et à l’amélioration de la sécurité de la communauté. Ils pensent que l’industrie des armes à feu fantômes est depuis longtemps une voie de fuite pour contourner les réglementations existantes, permettant l’accès à des dispositifs meurtriers par des individus potentiellement dangereux sans aucun contrôle préventif.

En revanche, la Coalition pour la politique en matière d’armes à feu, une organisation qui défend le droit à des armes à feu, a qualifié la décision de « mauvaise décision », soulignant qu’il ne s’agissait que d’un épisode d’un conflit plus large entre les droits individuels et l’ingérence du gouvernement.

Il n’est toujours pas certain de l’approche de l’administration Trump, car elle a récemment lancé une révision des règlements introduits dans le cadre de la législation démocrate. Le Ministère de la justice n’a pas encore précisé si le nouveau gouvernement respectera les lois de l’ATF ou cherchera à les révoquer.

Dans le pays, le nombre d’armes à feu en circulation a atteint des proportions stupéfiantes. On estime qu’il y a plus de 400 millions d’armes à feu dans le pays, soit un nombre supérieur à celui de la population totale. Cette figure souligne une culture d’armes profondément enracinée dans la société américaine, où le droit de posséder une arme à feu est protégé par le deuxième amendement de la Constitution.

VNY/ CONGO PUB Online

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À la UneMonde

États-Unis: Donald Trump signe un décret pour exiger une preuve de citoyenneté aux élections fédérales

by admin9775 26 mars 2025
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Donald Trump a signé mardi 25 mars un décret exécutif modifiant en profondeur le processus électoral pour les votes fédéraux, imposant notamment aux États américains des contrôles renforcés sur les listes électorales et à restreindre le vote par correspondance. Le président américain, qui n’a jamais reconnu sa défaite à la présidentielle de 2020, s’insurge depuis des années contre un système électoral qu’il juge en sa défaveur.

Le décret signé prévoit de rendre obligatoire la présentation de preuves de citoyenneté américaine, comme les passeports ou les permis de conduire, au moment de l’inscription au niveau des États sur les listes électorales. Seuls les citoyens américains sont autorisés à participer aux élections fédérales, mais la présentation de tels documents n’est pas requise pour voter dans tous les États – certains utilisant d’autres méthodes pour vérifier l’identité des électeurs.

« Peut-être que certains pensent que je ne devrais pas me plaindre parce qu’on a gagné de manière écrasante » en novembre dernier, a déclaré Donald Trump au moment de signer le décret à la Maison Blanche. « Mais on doit régler notre élection. Ce pays est tellement malade en raison de l’élection, des fausses élections », a-t-il ajouté, « et on doit régler ça d’une manière ou d’une autre. »

Le président américain n’a jamais reconnu sa défaite à la présidentielle de 2020 face à Joe Biden et a dénoncé sans fondement des fraudes électorales massives, notamment dans le vote par correspondance – une méthode largement utilisée aux États-Unis.

Des experts ont estimé que le texte signé par Donald Trump mardi 25 mars représentait un dépassement des prérogatives de l’exécutif et des associations ont déjà promis de le contester devant la justice.

Un décret « dangereux »

Les États américains qui ne se plieraient pas à la directive pourraient s’exposer à l’arrêt du versement des aides fédérales à l’organisation des élections.

Selon la Maison Blanche, le texte prévoit aussi de prendre des « mesures appropriées contre les États qui comptent les bulletins reçus après le jour de l’élection lors d’élections fédérales ». Certains États autorisent en effet le comptage de bulletins de vote par correspondance arrivés après le jour de l’élection, si la date à laquelle ils ont été affranchis est antérieure à la fermeture des bureaux de vote.

Pour le professeur de droit électoral Rick Hasen, de l’Université de Californie à Los Angeles, ce décret exécutif « dangereux » pourrait avoir pour conséquence de priver du droit de vote « des millions d’électeurs, qui n’ont pas facilement accès à des documents comme des passeports ». Sur son blog Election Law, il qualifie le texte de « coup de force de l’exécutif », alors que la gestion des élections fédérales est de la compétence des États, et que le Congrès met en place un certain cadre.

Même analyse sur le réseau social X du Centre Brennan de l’Université de New York : « Ce décret exécutif empêcherait des dizaines de millions de citoyens américains de voter. Les présidents n’ont aucune autorité pour cela. Ce décret, tout comme la loi SAVE actuellement examinée par le Congrès, porterait préjudice aux électeurs et supprimerait le vote. »

Pour afficher ce contenu X (Twitter), il est nécessaire d’autoriser les cookies de mesure d’audience et de publicité.

La puissante association de défense des droits civiques ACLU a également dénoncé « un abus extrême de pouvoir » et a averti qu’elle contesterait le décret devant la justice.

RFI

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À la UneMonde

Guerre en Ukraine: Moscou et Kiev annoncent de massives attaques de drones

by admin9775 20 mars 2025
written by admin9775

Ce jeudi 20 mars, la Russie a déclaré avoir abattu dans la nuit 132 drones ukrainiens au-dessus de son territoire, l’attaque ayant fait deux blessés et ayant provoqué un incendie sur une base aérienne militaire à Engels. De son côté, Moscou a lancé 171 drones sur l’Ukraine, selon Kiev.

D’après un communiqué du ministère russe de la Défense, 54 drones ont été interceptés dans la région de Saratov, à environ 700 km au sud-est de Moscou, et 40 autres  dans la région voisine de Voronej. Saratov, chef-lieu de la région éponyme, et la ville d’Engels « ont subi aujourd’hui l’attaque des drones la plus massive » depuis le début de l’offensive russe en Ukraine en février 2022, a affirmé sur Telegram le gouverneur régional Roman Boussarguine.

« Incendie sur le territoire de la base aérienne »

Cette attaque a provoqué « un incendie sur le territoire de la base aérienne » à Engels, et « l’évacuation d’habitants » des maisons situées à proximité est en cours « pour des raisons de sécurité », a-t-il précisé. L’attaque de ces drones a également fait deux blessés à Engels et a « endommagé les bâtiments de deux écoles maternelles, d’un hôpital et d’une école », a indiqué pour sa part, dans un communiqué, le Comité d’enquête russe en ajoutant qu’il allait enquêter sur des « actes criminels des forces ukrainiennes dans la région de Saratov ». De son côté, Kiev a annoncé avoir comptabilisé 171 drones lancés contre son territoire. L’armée de l’air ukrainienne a annoncé en avoir abattu 75, alors que 63 autres ont échappé aux radars mais n’ont pas fait de dommage.

L’armée ukrainienne envoie régulièrement des drones contre la Russie, en réponse aux frappes russes qui visent quotidiennement son territoire depuis trois ans. Hier, mercredi 19 mars, lors de sa conversation téléphonique avec Donald Trump, le président ukrainien Zelensky a dit être prêt à suspendre les attaques sur les infrastructures civiles et énergétiques en Russie, après un engagement pris par Vladimir Poutine mardi d’épargner temporairement les sites énergétiques.

Possession

« L’une des premières étapes vers la fin de la guerre pourrait être de cesser les frappes sur les infrastructures énergétiques et autres infrastructures civiles. J’ai soutenu cette mesure et (…) nous sommes prêts à la mettre en oeuvre », a dit Volodymyr Zelensky sur X qui a aussi précisé que la conversation avec M. Trump n’avait porté que sur « une centrale, qui est sous occupation russe », c’est-à-dire le grand site nucléaire de Zaporijjia dans le sud-est de l’Ukraine. Lors de cette discussion, le président américain Donald Trump a suggéré que les États-Unis prennent « possession » des centrales électriques ukrainiennes, affirmant que cela « constituerait la meilleure protection et le meilleur soutien possibles ».

À Londres, les chefs d’état-major d’une trentaine de pays prêts à contribuer à des garanties de sécurité pour l’Ukraine se réunissent, ce jeudi, pour discuter d’un plan de maintien de la paix en cas de cessez-le-feu avec la Russie. Le dossier ukrainien et celui de la défense européenne face à la menace russe figurent également, ce jour, au menu d’un sommet de l’UE à Bruxelles.

RFI

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