Un éboulement tragique survenu le 3 mars 2026 sur les sites miniers de Rubaya, dans le territoire de Masisi, au Nord-Kivu, a fait plus de 200 morts, dont environ 70 enfants mineurs, et de nombreux blessés, selon un communiqué du ministère des Mines.
De violentes pluies diluviennes ayant frappé la région ont provoqué un glissement de terrain qui a englouti plusieurs galeries minières, rendant les opérations de secours particulièrement difficiles dans cette zone actuellement sous contrôle de la rébellion AFC/M23.
Le gouvernement congolais a dénoncé avec fermeté les conditions d’exploitation « précaires imposées aux populations civiles dans ces zones hors de contrôle de l’État ». L’absence forcée du SAEMAPE et des services de régulation aurait privé les artisans miniers de tout encadrement sécuritaire élémentaire, accentuant leur vulnérabilité face à ce type de catastrophe.
Une mine déjà classée « zone rouge »
Cette tragédie a profondément attristé le ministre des Mines, Louis Watum Kabamba, qui s’était déjà opposé à la poursuite des activités sur ce site.
« Je suis dans la tristesse de présenter mes condoléances les plus sincères à toutes les familles éprouvées à la suite de l’événement qui vient encore de se produire. Nous devons mettre fin à cette comptabilité macabre. J’avais déjà classé cette mine en zone rouge, une zone où l’exploitation ne doit plus être autorisée afin d’éviter de telles tragédies », a-t-il déclaré.
Face à cette situation, l’exécutif rappelle que le site de Rubaya avait été officiellement reclassé « zone rouge » par un arrêté ministériel du 12 février 2025, prorogé par un autre arrêté du 3 novembre 2025.
Cette décision, conforme aux normes de la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs et aux recommandations de l’Organisation de coopération et de développement économiques sur les chaînes d’approvisionnement responsables, interdit formellement toute exploitation et commercialisation des minerais provenant de cette zone à haut risque.
Des minerais liés aux violations des droits humains
Le communiqué du ministère précise que le classement en zone rouge vise également à signaler à la communauté internationale que les minerais de Rubaya sont « entachés de violations des droits humains, de travail forcé et de présence de groupes armés ».
Pour les autorités congolaises, cette mesure souligne l’urgence de protéger les populations civiles et de mettre fin aux activités minières dangereuses dans les zones de conflit.
Des mesures d’urgence annoncées
Afin de faire face à la catastrophe, le gouvernement a annoncé plusieurs mesures d’urgence, notamment un suivi humanitaire assuré par la division délocalisée du ministère à Beni. Celle-ci collabore avec différents partenaires pour renforcer la protection des enfants et soutenir les opérations de secours.
Parallèlement, Kinshasa affirme poursuivre ses efforts pour « restaurer l’autorité de l’État » dans cette partie de l’Est du pays et mettre fin à l’exploitation illégale des ressources naturelles.
Le ministère des Mines s’est enfin engagé à assurer la transparence sur l’évolution de la situation en publiant des mises à jour régulières « au fur et à mesure de l’identification des victimes », afin d’informer la population et la communauté internationale tout en coordonnant les interventions humanitaires dans cette région particulièrement fragile.
Par Basengezi Ntomo, correspondant à Goma
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