La situation sécuritaire reste extrêmement préoccupante dans l’est de la République démocratique du Congo, où de nouveaux affrontements opposent depuis samedi 13 juin 2026 les combattants Wazalendo aux rebelles de l’AFC/M23 dans l’agglomération de Buhimba, située dans le groupement Waloa Yungu, à la limite entre les territoires de Walikale et de Masisi, au Nord-Kivu.
Selon des sources administratives, sécuritaires et coutumières locales, les combats ont éclaté après le bombardement de positions des Wazalendo et des FARDC à Buhimba et Muunda aux environs de 15 heures. Des tirs nourris d’armes lourdes et légères ont été entendus à plusieurs kilomètres à la ronde, plongeant les populations locales dans un climat de peur et d’incertitude.
Les affrontements se sont ensuite étendus aux villages de Luola et Bubolwa, où les rebelles auraient lancé une offensive dans le but d’élargir leur zone d’influence. D’après plusieurs sources locales, les combattants Wazalendo sont parvenus à contenir puis à repousser l’attaque après plusieurs heures d’échanges de tirs.
Des sources sécuritaires rapportent que les assaillants se seraient ensuite repliés vers Ihula, considéré comme leur zone de provenance, tandis qu’une autre partie aurait pris la direction de Malemo, dans la chefferie de Bashali, en territoire de Masisi.
Alors que les combats terrestres se poursuivaient, de nouvelles attaques attribuées à l’AFC/M23 ont été signalées dans le secteur d’Osso Banyungu. Selon plusieurs témoignages, des drones ont largué des bombes sur les positions des Wazalendo à Kinyumba et Lwibo, deux localités situées à une dizaine de kilomètres au nord de Nyabiondo.
Les détonations ont provoqué la panique parmi les habitants des villages environnants. Bien qu’aucun bilan officiel ne soit encore disponible, les conséquences de ces bombardements ont conduit à la suspension temporaire du trafic sur l’axe routier Nyabiondo-Mutongo-Pinga.
Depuis dimanche matin, plusieurs sources locales indiquent que les Wazalendo renforcent leurs positions à Luola et Bubolwa afin de prévenir toute nouvelle offensive. Malgré un calme relatif observé par moments, la situation demeure très volatile et les populations craignent une intensification des affrontements dans cette partie du Nord-Kivu.
Parallèlement, au Sud-Kivu, les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) poursuivent leurs opérations militaires dans les hauts plateaux de Minembwe. L’armée a annoncé la capture de cinq combattants et la reddition de dix-sept autres membres de la coalition Twirwaneho-M23/Red Tabara lors d’opérations menées à Mikenge, Kakenge et Mont Sinaï.
Selon le porte-parole des opérations Sukola 2 Sud Sud-Kivu, les combattants concernés ont été présentés au commandement militaire avant d’être transférés vers une unité de la 13ᵉ Brigade de réaction rapide pour leur prise en charge.
Les FARDC affirment que plusieurs ex-combattants ont appelé leurs anciens compagnons à déposer les armes et à rejoindre les efforts de paix engagés dans la région. Pour l’armée congolaise, ces redditions témoignent de la pression exercée par les opérations en cours contre les groupes armés actifs dans les hauts plateaux.
Alors que les fronts de Walikale, Masisi, Fizi et Minembwe demeurent actifs, les affrontements continuent d’alimenter les déplacements de populations et de renforcer les inquiétudes quant à l’évolution de la situation sécuritaire dans l’est de la RDC.
Par Pascal Kabeya
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