Le Conseil de sécurité des Nations unies a adopté à l’unanimité une nouvelle résolution visant à renforcer la lutte contre l’impunité pour les crimes commis contre les personnels des opérations de maintien de la paix de l’ONU.
Portée conjointement par le Danemark et le Pakistan, la résolution a bénéficié du soutien de plus de 150 États membres, témoignant d’un large consensus international sur la nécessité de mieux protéger les Casques bleus déployés dans les zones de conflit à travers le monde.
Le texte appelle les États à intensifier leurs efforts pour enquêter, poursuivre et sanctionner les auteurs de crimes perpétrés contre le personnel des Nations unies engagé dans les missions de maintien de la paix. Il réaffirme également que la lutte contre l’impunité constitue un élément essentiel pour prévenir de nouvelles attaques contre les forces onusiennes.
Depuis la création des opérations de maintien de la paix en 1948, les Nations unies ont payé un lourd tribut. Selon les chiffres officiels, 1.095 Casques bleus ont perdu la vie à la suite d’actes malveillants dans l’exercice de leurs fonctions. Parmi eux, 359 ont été tués depuis 2013 dans des contextes sécuritaires particulièrement difficiles.
Au-delà des pertes humaines, plusieurs milliers de membres du personnel des Nations unies ont été blessés au cours de leurs missions dans certaines des régions les plus instables de la planète, notamment en Afrique et au Moyen-Orient.
La résolution adoptée souligne toutefois les avancées enregistrées ces dernières années dans la lutte contre l’impunité. Depuis 2020, pas moins de 103 personnes ont été condamnées pour des infractions liées à l’assassinat de 35 Casques bleus et de deux experts des Nations unies.
Ces condamnations concernent notamment des affaires survenues en République centrafricaine, en République démocratique du Congo, au Liban et au Mali, des pays où les opérations de maintien de la paix ont été confrontées à des menaces sécuritaires persistantes.

Pour les Nations unies, ces résultats démontrent que les mécanismes de coopération judiciaire entre les États et les institutions internationales peuvent produire des résultats concrets lorsque la volonté politique est au rendez-vous.
Les auteurs de la résolution ont insisté sur le fait que les attaques contre les Casques bleus ne visent pas seulement des individus, mais portent également atteinte aux efforts internationaux de paix et de sécurité. Ils estiment que chaque attaque non sanctionnée risque d’encourager de nouvelles violences contre les personnels déployés sous mandat des Nations unies.
Par cette adoption unanime, le Conseil de sécurité envoie ainsi un message clair : les crimes commis contre les Casques bleus et les personnels des Nations unies ne doivent pas rester impunis, et leurs auteurs devront répondre de leurs actes devant la justice.
Cette résolution intervient dans un contexte où plusieurs missions de maintien de la paix continuent d’opérer dans des environnements particulièrement dangereux, notamment sur le continent africain, où les Casques bleus demeurent en première ligne pour la protection des populations civiles et la stabilisation des zones affectées par les conflits armés.
Par Pascal Kabeya
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