L’opposant et activiste politique Nathanaël Onokomba a été transféré ce mardi à la prison militaire de Ndolo à Kinshasa. Son dossier, initialement instruit par le Conseil national de cyberdéfense, a été transmis au parquet militaire, qui retient contre lui une série d’accusations d’une extrême gravité, liées à la sécurité nationale.
Le transfert, opéré discrètement, marque une escalade dans le traitement judiciaire de cette figure bien connue de l’opposition. Selon les informations officielles, Nathanaël Onokomba est poursuivi pour :
- Incitation ou provocation à la commission d’actes terroristes.
- Apologie d’actes terroristes.
- Diffusion de fausses informations par voie électronique (cybercriminalité).
- Négation, minimisation, justification ou approbation de crimes internationaux, y compris des violences sexuelles.
- Apologie ou propagande portant atteinte aux intérêts fondamentaux de la Nation, une infraction prévue à l’article 206 du Code pénal militaire relatif au terrorisme et aux crimes contre l’humanité.
Un contexte de tensions sécuritaires et politiques
Ces poursuites surviennent dans un climat politique et sécuritaire particulièrement tendu, notamment avec la crise persistante dans l’Est de la RDC où la question de la sécurité nationale est au cœur du débat public. Les autorités semblent ainsi vouloir envoyer un signal fort contre toute parole jugée susceptible de saper l’effort de guerre ou la cohésion nationale.
L’inquiétude de la société civile et de l’opposition
Du côté de la société civile et des milieux de l’opposition, l’affaire suscite une vive inquiétude et de vives critiques. Les soutiens de l’activiste dénoncent une « instrumentalisation de la justice » à des fins politiques, visant selon eux à « réduire au silence une voix critique » du pouvoir en place. Ils pointent un « resserrement progressif de l’espace civique et politique », marqué par des arrestations de figures jugées dérangeantes.
À ce stade, aucune date de procès n’a été officiellement communiquée. Nathanaël Onokomba reste détenu en attente de la suite de la procédure judiciaire militaire.
Cette affaire cristallise les tensions entre, d’une part, la logique sécuritaire d’un État en conflit qui invoque la protection de l’intérêt national et, d’autre part, les défenseurs des libertés fondamentales qui y voient un dangereux précédent pour la liberté d’expression et l’indépendance de la justice en République Démocratique du Congo. Elle place les autorités judiciaires et politiques devant un test de crédibilité majeur.
Par Pascal Kabeya
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