La ville de Kinshasa, étouffée par les embouteillages chroniques et la pollution, vient de franchir une étape majeure vers la modernisation de ses transports. Un partenariat stratégique a été signé ce 25 décembre avec le conglomérat vietnamien VinGroup, spécialiste de la mobilité électrique, pour introduire une flotte de 1 000 taxis et 500 bus électriques dans la capitale congolaise.
L’accord a été paraphé par le ministre provincial des Transports, Jésus-Noël Sheke, et le ministre des Partenariats public-privé, Fiston Lukwebo, en présence de la directrice générale Afrique de VinGroup, Phuong Nguyen. Il s’agit d’un signal politique fort visant à engager Kinshasa dans une transition écologique et technologique de son système de transport, l’un des plus saturés d’Afrique.
Un premier lot de 500 bus électriques attendu « dans les tout prochains jours »
Selon les autorités, la livraison du premier lot de 500 bus électriques est imminente. Cette rapidité d’exécution suggère une planification avancée. Pour une ville où la majorité des véhicules de transport public sont vétustes, polluants et souvent informels, l’arrivée de ces bus neufs et silencieux pourrait marquer un changement notable dans le quotidien des millions d’usagers.
Des objectifs multiples : environnement, emploi et mobilité durable
Au-delà de l’aspect écologique – réduction des émissions de gaz à effet de serre et des nuisances sonores –, le projet poursuit plusieurs objectifs socio-économiques :
- Création d’emplois locaux, notamment pour la maintenance, la gestion et l’exploitation de la flotte.
- Renforcement des compétences techniques dans le secteur des nouvelles mobilités.
- Amélioration de la sécurité, de l’accessibilité et de la fiabilité des transports pour les Kinois.
Un défi d’envergure pour une mégapole de 15 millions d’habitants
La mise en œuvre se fera de manière progressive dans les prochains mois. Le défi est colossal pour Kinshasa, une mégapole de plus de 15 millions d’habitants au tissu urbain dense et aux infrastructures routières souvent déficientes. La réussite du projet dépendra non seulement de la fiabilité des véhicules et de l’approvisionnement en électricité, mais aussi de l’intégration de ces nouveaux modes de transport dans un écosystème de mobilité extrêmement fragmenté et dominé par les taxis-bus et motos-taxis artisanaux.
Ce partenariat avec VinGroup positionne Kinshasa parmi les capitales africaines qui tentent de sauter une étape technologique en adoptant directement des solutions de mobilité électrique, à l’image de projets similaires au Rwanda ou au Kenya. Reste à voir si cette initiative sera le point de départ d’une véritable transformation des déplacements urbains, ou un îlot de modernité dans un océan de défis infrastructurels.
Par Marc Etumba, correspondant à Kinshasa
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