Le ministère public a requis, jeudi 3 septembre 2026, la servitude pénale à perpétuité contre le lieutenant-général Philémon Yav Irung, poursuivi devant la Haute Cour militaire pour plusieurs infractions, dont la trahison et la participation à un mouvement insurrectionnel.
Dans son réquisitoire, l’auditeur général des FARDC a demandé à la Haute Cour militaire de déclarer établies les charges retenues contre Philémon Yav et son coprévenu, le major Shauri. Le parquet a toutefois sollicité l’application des circonstances atténuantes en leur faveur, malgré la peine maximale requise.
Des contacts présumés avec l’AFC/M23
L’accusation reproche notamment à l’ancien commandant de la troisième zone de défense d’avoir entretenu des contacts présumés avec des responsables liés à l’AFC/M23 et d’avoir participé à des actes qui auraient visé la déstabilisation des institutions de la République.
Le dossier évoque également des contacts supposés avec l’entourage du général rwandais James Kabarebe, ainsi que la fourniture présumée d’armes et de munitions aux insurgés du M23, notamment au groupe désigné dans le dossier sous le nom de « Twira Neho ».
La défense rejette les accusations
Ces accusations sont contestées par la défense, qui estime qu’aucun élément matériel ne permet d’établir les faits reprochés à son client.
Lors des précédentes audiences, Philémon Yav avait rejeté l’ensemble des charges portées contre lui. En août dernier, confronté aux déclarations de certains témoins, il s’était dit « surpris et déshonoré » par leurs dépositions. Ses avocats avaient également remis en cause les expertises réalisées à partir de ses téléphones professionnels.
Arrêté en septembre 2022 alors qu’il commandait la troisième zone de défense des FARDC, Philémon Yav est jugé dans une procédure impliquant plusieurs officiers supérieurs de l’armée congolaise.
La Cour doit désormais délibérer
Après les réquisitions du ministère public, la défense doit présenter ses dernières observations avant le délibéré de la Haute Cour militaire.
La peine requise par le parquet ne constitue pas une condamnation. Il appartient désormais aux juges d’examiner les éléments du dossier et les arguments des parties avant de rendre leur décision.
Par Marius Bopenga
CONGO PUB Online





