Le chanteur gospel Aimé Nkanu appelle les artistes de la musique chrétienne à davantage de vigilance face aux influences de la musique profane. Dans une récente intervention, il a notamment évoqué le cas de Michel Bakenda, estimant que certaines prestations ou sonorités du gospel congolais se rapprochent excessivement de l’univers d’artistes de la musique populaire, notamment JB Mpiana et Zaïko Langa Langa.
Aimé Nkanu raconte avoir lui-même interpellé un artiste après avoir découvert une vidéo dans laquelle il estimait reconnaître une danse similaire à celle associée à JB Mpiana.
« Un jour, on m’a envoyé une vidéo montrant une danse similaire à celle de JB Mpiana. J’ai directement pris mon téléphone pour l’appeler et lui demander ce qui se passait. »
Le chanteur explique qu’à ses yeux, lorsqu’un artiste est alerté sur une éventuelle ressemblance avec l’œuvre d’un autre, il doit en tenir compte et éviter de reproduire ce qui pourrait prêter à confusion.
« Moi, lorsqu’on me reproche d’avoir réalisé une œuvre qui se rapproche de celle d’un autre artiste, automatiquement, je l’écarte. »
« Ce n’est plus une erreur si cela se répète »
Pour Aimé Nkanu, la répétition d’une pratique déjà dénoncée ne peut plus simplement être considérée comme une erreur.
« Je ne peux pas comprendre que tu fasses quelque chose, qu’on te le reproche et que tu reviennes encore sur les mêmes erreurs. Là, ce n’est plus une erreur, tu le fais sciemment. »
Au-delà du cas particulier évoqué, l’artiste estime que le gospel congolais est progressivement confronté à une dilution de ses repères entre musique chrétienne et musique profane.
Une « ligne rouge » qui s’efface
Aimé Nkanu met surtout en garde ses collègues contre ce qu’il considère comme un effacement progressif de la frontière entre les deux univers musicaux.
« Nous sommes en train de supprimer peu à peu la frontière, la ligne rouge, entre la musique chrétienne et la musique profane. »
Pour lui, cette évolution dépasse la seule question des styles musicaux ou des chorégraphies. Elle renvoie à la responsabilité particulière que les artistes gospel revendiquent auprès de leur public.
« À mes collègues, je dis que nous devons faire attention, car nous avons une lourde responsabilité vis-à-vis des âmes de nombreuses personnes. »
À travers cette prise de position, Aimé Nkanu invite ainsi les artistes gospel à préserver, selon lui, une identité musicale et spirituelle clairement identifiable, tout en restant attentifs aux influences venues de la scène musicale profane.
Par Marius Bopenga
CONGO PUB Online





