La récente visite de Félix Tshisekedi à Lomé n’aura pas été anodine. Elle scelle le choix du Togo comme hôte d’un Dialogue national inclusif congolais, prévu pour janvier 2024. Ce choix acte une orientation stratégique : celle d’un processus panafricain, éclipsant d’autres initiatives, comme le Pacte social porté par l’Église catholique en RDC.
En coulisses, la manœuvre s’accélère. La venue discrète d’un émissaire qatari à Kinshasa pour sonder l’ensemble de l’échiquier politique congolais révèle la complexité des arbitrages en cours. Pour le président Tshisekedi, l’enjeu est de taille : reprendre la main sur un processus de paix dont les fils se tissent aussi à Doha et Washington, et éviter ce que ses conseillers qualifient de « piège des impérialistes ».
En confiant la modération à un Panel de facilitateurs panafricains et en s’appuyant sur le soutien affiché de l’Angola et de la CIRGL, Kinshasa cherche à ancrer la résolution de sa crise dans un pré carré africain. Lomé, capitale diplomatique reconnue, offre une neutralité et une légitimité précieuses. Reste à savoir si ce format parviendra à fédérer une opposition congolaise fracturée et à imposer sa feuille de route face à d’autres dynamiques internationales.
Par Pascal Kabeya
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