Denis Mukwege : des sanctions « nécessaires mais insuffisantes »

par admin9775

Au lendemain des sanctions annoncées le 2 mars par le Département du Trésor des États-Unis contre les Forces de défense rwandaises (RDF) et quatre de leurs hauts responsables, Denis Mukwege estime que ces mesures constituent un pas important, mais ne suffiront pas à mettre fin à la guerre dans l’est de la République démocratique du Congo.

Le prix Nobel de la paix voit dans cette décision de l’administration de Donald J. Trump un signal fort adressé à Kigali, qu’il accuse d’être engagé, aux côtés du Mouvement du 23 mars (M23), dans une « guerre illégale d’agression et d’occupation » depuis novembre 2021.

Appel à des sanctions coordonnées

Toutefois, l’ancien candidat à la présidentielle de 2023 insiste : ces sanctions ne produiront d’effet durable que si elles sont relayées par d’autres puissances.

Le président de la Fondation Panzi appelle ainsi les partenaires internationaux à :

  • reconsidérer leurs relations avec le Rwanda ;
  • adopter des sanctions coordonnées ;
  • isoler « politiquement, diplomatiquement et économiquement » le régime de Kigali.

Selon lui, seule une pression multilatérale cohérente permettra de modifier le rapport de force sur le terrain.

Application de la résolution 2773

Denis Mukwege plaide également pour l’application stricte de la résolution 2773 du Conseil de sécurité des Nations unies, qui exige :

  • un cessez-le-feu immédiat et inconditionnel ;
  • le retrait des forces rwandaises du territoire congolais ;
  • la fin du soutien au M23 ;
  • le démantèlement des administrations parallèles mises en place dans les zones occupées.

Il estime que la communauté internationale ne peut plus différer le respect du droit international et appelle à cibler, si nécessaire, les plus hauts responsables impliqués.

Pressions économiques et diplomatiques

Le gynécologue souligne que le Rwanda demeure fortement dépendant de l’aide extérieure, ce qui le rend vulnérable à des pressions internationales coordonnées. Il cite l’exemple de la crise de 2012-2013, qui s’était conclue après une forte implication diplomatique américaine.

Il va plus loin en suggérant que ces sanctions pourraient logiquement entraîner une remise en question du rôle du Rwanda comme pays contributeur aux opérations de maintien de la paix des Nations unies.

Denis Mukwege exhorte également l’Union européenne, ainsi que certains États membres comme la France et la Pologne, à suspendre leur coopération sécuritaire et militaire avec Kigali et à geler toute aide budgétaire directe.

Kinshasa applaudit, Kigali proteste

Du côté de Kinshasa, les autorités congolaises saluent ces sanctions, les qualifiant de « signal clair » en faveur du respect de la souveraineté et de l’intégrité territoriale de la RDC.

À l’inverse, Kigali déplore des mesures « unilatérales » qui, selon lui, déforment les faits du conflit et ciblent injustement une seule partie au processus de paix.

Dans ce contexte diplomatique tendu, Denis Mukwege conclut que « le respect du droit international doit prévaloir pour restaurer la paix et la stabilité dans la région des Grands Lacs africains », appelant à une réponse internationale à la hauteur des enjeux sécuritaires et humanitaires.

Par Pascal Kabeya
CONGO PUB Online

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