Le rappel du capitaine Mualushayi, porte-parole militaire, suscite l’indignation des communautés de Kwamouth

par admin9775

Le rappel à Kinshasa du capitaine Anthony Mualushayi, porte-parole des opérations militaires « Ngemba » dans la région de Kwamouth (Maï-Ndombe), a déclenché une vive polémique et une inquiétude palpable parmi les communautés locales. Ce rappel intervient une semaine après sa dernière sortie médiatique retentissante, où l’officier avait publiquement dénoncé l’implication d’acteurs politiques dans le soutien à la milice Mobondo.

Lors de cette intervention fin décembre, le capitaine Mualushayi avait alerté sur le haut degré d’organisation de la milice Mobondo, désormais considérée comme un groupe rebelle par l’armée. Il avait évoqué une structure hiérarchisée, la possession de cartes de soldat par les miliciens, et même le rebaptissement de villages occupés dans le territoire de Kwamouth, des révélations qui avaient mis en lumière la dimension politico-militaire du conflit.

Une réaction communautaire immédiate : « Non à l’arrestation de la voix de la vérité »

La nouvelle de son rappel a enflammé les réseaux sociaux et provoqué la colère des représentants des victimes du conflit sur le plateau de Batéké. Ils dénoncent un « plan visant à étouffer toutes les vérités révélées par l’armée ».

Parmi les voix les plus fermes, celle du chef coutumier de Kwamouth, Stany Libie, est sans équivoque : « Nous disons non à toute tentative d’arrestation du capitaine Anthony Mualushayi. Nous sommes derrière l’armée, nous soutenons tout ce que l’armée fait pour la paix. » Pour lui, la cible devrait être ailleurs : « Il faudrait plutôt mettre la main sur tous ceux qui seront cités dans le rapport annoncé par l’armée, plutôt que de faire taire la voix de la vérité. »

Dans un plaidoyer chargé d’émotion, le chef Libie interpelle directement les plus hautes autorités : « Nous demandons au Chef de l’État de soutenir les FARDC pour qu’elles réussissent leur mission de rétablir la paix. » Et de dénoncer une logique perverse : « Je pense que ce sont les commanditaires des Mobondo qui doivent être interpellés plutôt que celui qui dénonce. Je ne sais pas si nous sommes dans un pays de deux poids, deux mesures. Quelqu’un soutient le mal, et l’autre dénonce, on arrête celui qui dénonce. »

Entre devoir de réserve et devoir de vérité

Ce cas soulève une question centrale sur la communication militaire dans un contexte de conflit complexe, où des intérêts politiques locaux semblent se mêler aux dynamiques sécuritaires. Le rappel du capitaine Mualushayi, présenté par l’institution militaire comme une décision administrative de routine ou une nécessité opérationnelle, est perçu par les populations affectées et leurs leaders comme une sanction visant à museler une parole jugée trop franche.

L’armée, par la voix de ce même porte-parole, avait pourtant réaffirmé sa « détermination à remplir loyalement sa mission de restaurer la paix ». Le silence qui entoure désormais les raisons exactes de son rappel nourrit les spéculations et pourrait fragiliser la confiance entre une partie de la population et l’institution chargée de la protéger.

L’affaire dépasse le simple cadre d’une mutation pour toucher à la transparence dans la gestion du conflit des Mobondo et au droit des populations à connaître les véritables commanditaires de la violence qui les frappe. L’appel des chefs coutumiers à protéger le dénonciateur plutôt qu’à le sanctionner résonne comme un test pour les autorités congolaises, entre respect de la chaîne de commandement et exigence de justice.

Par Marius Bopenga
CONGO PUB Online

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