Le président de la République démocratique du Congo, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, a effectué ce jeudi une visite de travail en Angola, répondant à l’invitation de son homologue João Lourenço, qui assure également la présidence en exercice de l’Union africaine (UA). Cette rencontre, qui fait suite à un premier entretien le 4 janvier, s’inscrit dans le cadre d’une intensification des efforts diplomatiques régionaux pour résoudre la crise sécuritaire dans l’Est de la RDC.
Les échanges entre les deux chefs d’État ont principalement porté sur l’examen des initiatives en cours pour le rétablissement durable de la paix, en particulier les processus de Washington et de Doha. Ces mécanismes diplomatiques, soutenus par la communauté internationale, visent à créer un cadre de dialogue inclusif et à mettre en œuvre des solutions concrètes face à l’avancée des groupes armés, dont le M23 soutenu par Kigali selon Kinshasa.
Le rôle central de médiation de l’Union africaine
En sa qualité de président en exercice de l’UA, João Lourenço continue de jouer un rôle pivot de médiation dans cette crise régionale. Sa position lui permet de coordonner les actions continentales et de faire pression pour le respect des engagements, notamment ceux liés au retrait des forces étrangères du territoire congolais et au dialogue.
Pour sa part, le président Tshisekedi réaffirme, par cette visite, que la diplomatie reste la voie privilégiée de son gouvernement. Cependant, cette ouverture se fait dans un cadre bien défini : celui du respect absolu de la souveraineté et de l’intégrité territoriale de la RDC. Cette position fait écho aux déclarations fermes d’autres membres du gouvernement, comme le vice-Premier ministre Adolphe Muzito, qui a récemment évoqué des préparatifs militaires tout en maintenant la porte du dialogue ouverte.
Une coordination Luanda-Kinshasa face aux défis régionaux
Cette rencontre témoigne de la volonté de coordination renforcée entre la RDC et l’Angola, deux poids lourds de la région, face aux défis sécuritaires communs. Elle souligne l’importance d’une réponse africaine structurée et unie pour ramener la stabilité dans l’Est de la RDC, une région dont l’instabilité chronique a des répercussions humanitaires dramatiques et menace la sécurité de toute la sous-région.
Alors que les combats se poursuivent sur le terrain malgré les accords signés, cette visite à Luanda illustre la complexité de la crise : la recherche d’une solution politique et diplomatique se poursuit activement, tandis que Kinshasa ne cache plus ses préparatifs pour d’autres scénarios, montrant ainsi une stratégie à deux volets, diplomatique et sécuritaire.
Par Marius Bopenga
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