La Première ministre, Judith Suminwa, a détaillé devant le Conseil des ministres les premières mesures prises pour la mise en œuvre effective des Accords de Washington, signés le 4 décembre dernier sous les auspices de l’ancien président américain Donald Trump. Face à la complexité et à la sensibilité de ces accords, l’exécutif congolais met en place une structure de coordination interne pour en piloter l’application.
Lors de sa communication, la cheffe du gouvernement a indiqué avoir présidé, jeudi 8 janvier, une séance de travail avec les ministres directement concernés. L’objectif était de « structurer, au niveau gouvernemental, le cadre général de coopération » prévu par les accords, afin de rationaliser les projets et garantir leur exécution dans l’intérêt national.
Un comité de pilotage pour une feuille de route
Pour concrétiser cette volonté, un comité de pilotage composé des ministres concernés sera constitué. Sa mission principale sera « d’élaborer une feuille de route destinée à assurer une meilleure coordination de l’action gouvernementale », en alignement strict avec la politique définie par le Président de la République, Félix Tshisekedi. Ce comité devra veiller au respect des engagements souscrits par la RDC.
Une large concertation économique prévue
Par ailleurs, Judith Suminwa a annoncé la convocation, pour mardi 13 janvier 2026, d’une réunion élargie du Comité de conjoncture économique. Cette instance vise à « harmoniser les actions de l’ensemble des parties concernées » et à assurer une « meilleure compréhension des clauses » des Accords de Washington, notamment leurs volets économique et de partenariat stratégique.
Des accords à la portée historique mais controversés
Rappelons que les Accords de Washington, qualifiés d’« historiques » par l’administration Trump, visent à mettre fin aux décennies de conflit entre la RDC et le Rwanda, à favoriser la coopération économique et à établir une paix durable. Ils incluent un Cadre d’intégration économique régionale (REIF) et des instruments bilatéraux avec les États-Unis, dont un Partenariat stratégique et un Protocole d’accord sur la sécurité.
Cependant, ces accords « peinent à faire l’unanimité » en RDC et suscitent de « vives critiques ». Des voix influentes, comme celle de Mgr Fulgence Muteba Mugalu, archevêque de Lubumbashi, les qualifient de « bradage », estimant qu’ils sacrifient le développement du pays et l’avenir des générations futures pour sauver un régime.
La mise en place rapide de ces structures de pilotage par le gouvernement Suminwa répond à un double impératif : démontrer une volonté d’exécution rigoureuse des engagements internationaux tout en tentant d’apaiser les craintes internes par un processus jugé contrôlé et transparent. La feuille de route à venir et les débats au sein du Comité de conjoncture économique seront donc scrutés de près, tant par les partenaires internationaux que par l’opinion publique congolaise.
Par Marius Bopenga
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