Au Japon, la Haute Cour de Tokyo a ordonné la dissolution immédiate de l’aile nippone de « l’Église de l’Unification », autrement dit, de la secte Moon, reconnue coupable d’avoir ruiné d’innombrables de ses adeptes japonais en les contraignant à lui faire des dons exorbitants.
La secte Moon a perdu son appel contre la décision datant de mars 2025 d’un tribunal japonais de la dissoudre juridiquement. Le gouvernement japonais avait en effet saisi la justice fin 2023 pour obtenir la révocation de son statut d’organisation religieuse, à l’issue d’une enquête après l’assassinat de Shinzo Abe en juillet 2022.
Selon le jugement, la secte perd donc tous les avantages financiers, fiscaux, notamment, bénéficiant aux organisations religieuses, puisqu’elle n’est plus reconnue comme telle. Ses avoirs vont également être liquidés. Cela ne l’empêchera toutefois pas de poursuivre ses activités.
Fondée en 1954 en Corée du Sud par Sun Myung Moon, l’Église s’est fortement développée dans les années 1970 et 1980, y compris au Japon, et est accusée d’imposer des objectifs de dons à ses adeptes.
Large soutien des Japonais à la décision
Dans les rues de Tokyo, les passants saluent la décision de la Haute Cour, comme le raconte le correspondant de RFI au Japon, Bruno Duval. « Ce n’était pas des religieux mais des prédateurs, qui se sont rendus coupables d’escroquerie et d’extorsion de fonds en bande organisée. Ils ne méritaient aucune pitié », dit l’un d’eux. « Ils ont fait tant de mal à notre pays et pendant si longtemps : cette dissolution était inévitable », constate une autre. « La liberté de culte, c’est un fondement de la démocratie, oui, mais, là, ce n’était plus possible: ne rien faire, c’eût été de la non-assistance à des adeptes en danger », assure un homme.
Un couple dénonce un deux poids, deux mesures. « Juste une dissolution administrative, aucune sanction pénale… : ils s’en tirent bien, eux », dit l’homme. « En revanche, l’homme qui mit en lumière les dérives de cette secte a été condamné à la prison à vie: il n’a bénéficié d’aucune circonstance atténuante alors pourtant qu’il en a été victime », reprend une femme.
Fin janvier, à l’issue d’un procès qui, pendant trois mois, passionna le pays, la réclusion criminelle à perpétuité a été infligée à Tetsuya Yamagami, qui, il y a quatre ans, assassina l’ex-Premier ministre Shinzo Abe, à qui il reprochait ses liens – avérés – avec la secte Moon : un mouvement qui avait ruiné sa propre famille, sa mère, adepte depuis 35 ans, lui ayant fait des dons d’un montant considérable. Le groupe peut encore saisir la Cour suprême nippone.
Par Pascal Kabeya
CONGO PUB Online







