Des archives judiciaires canadiennes liées à l’affaire MCI c. Williams Manzi devant la Cour fédérale d’appel du Canada révèlent de nouveaux éléments sur l’identité de Willy Manzi, figure influente du Mouvement du 23 mars (M23). Selon ces documents, il s’appellerait en réalité William Manzi Ngarambe.
Né en 1982 au Rwanda d’un père rwandais et d’une mère ougandaise, il aurait sollicité l’asile au Canada en 2002 en affirmant être victime de persécutions dans son pays d’origine. Les documents judiciaires indiquent également qu’il aurait par la suite obtenu la citoyenneté canadienne.
Ces révélations relancent aussi les spéculations autour de ses liens familiaux présumés avec Bosco Ntaganda, ancien cadre du Front patriotique rwandais (FPR) et du Congrès national pour la défense du peuple (CNDP), mouvement considéré comme l’un des précurseurs du M23. Bosco Ntaganda a été condamné par la Cour pénale internationale pour crimes contre l’humanité et crimes de guerre.
Aujourd’hui citoyen canadien et cadre influent de l’Alliance Fleuve Congo / M23, Willy Manzi administre la province du Nord-Kivu depuis près d’un an aux côtés de Erasto Bahati.
L’identification de Willy Manzi comme ressortissant rwandais par les autorités canadiennes intervient dans un contexte où la République démocratique du Congo accuse régulièrement le Rwanda de soutenir le M23 — des accusations que Kigali a toujours rejetées.
L’implication d’un acteur occidental majeur comme le Canada dans cette identification pourrait renforcer la pression internationale autour du conflit dans l’est de la RDC et relancer le débat diplomatique sur l’origine, les soutiens et la composition du mouvement rebelle.
Cette évolution pourrait également entraîner de nouvelles dynamiques diplomatiques en Afrique centrale, avec la possibilité de sanctions supplémentaires ou d’une réévaluation des efforts de paix engagés dans la région des Grands Lacs.
Par Pascal Kabeya
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