Le deuxième vice-président du Sénat de la République démocratique du Congo, Modeste Bahati Lukwebo, a tenté de recadrer ses propos après la polémique suscitée au sein de la majorité présidentielle autour du débat sur la modification de la Constitution en République démocratique du Congo.
Dans un message écrit publié une semaine après ses déclarations controversées, le responsable politique affirme avoir été mal compris. Il soutient n’avoir jamais exprimé d’opposition à une éventuelle révision constitutionnelle.
Selon lui, son intervention visait simplement à suggérer que la question fasse l’objet d’un débat interne au sein de l’Union sacrée de la nation. Il accuse par ailleurs certains acteurs politiques d’avoir sorti ses propos de leur contexte.
Une pétition qui prend de l’ampleur
Malgré cette tentative d’explication, la réaction de ses détracteurs ne s’est pas fait attendre. Une pétition initiée par le sénateur Dany Kabongo visant à le déchoir de son poste au bureau du Sénat continue de recueillir des soutiens.
Selon son initiateur, qui s’est exprimé auprès de Actualite.cd, le nombre de signataires aurait désormais dépassé 45 signatures.
« Nous sommes déjà au-delà de 45 signatures », a affirmé Dany Kabongo, tout en indiquant ne pas savoir comment demander aux sénateurs ayant signé de retirer leur appui à la démarche.
D’après le règlement intérieur de la chambre haute, 22 signatures suffisent pour que la pétition soit examinée et soumise au vote.
Le précédent de Vital Kamerhe évoqué

Dans les discussions au Sénat, certains observateurs rappellent le précédent de Vital Kamerhe qui, malgré ses excuses à l’époque, avait finalement démissionné alors qu’une pétition visant sa destitution circulait déjà.
Dans ce contexte, Modeste Bahati Lukwebo pourrait être confronté à une procédure de destitution lors de la prochaine session parlementaire, à moins qu’il ne choisisse lui-même de quitter ses fonctions.
Désolidarisation au sein de l’Alliance des forces démocratiques du Congo et alliés
Entre-temps, son propre regroupement politique, l’Alliance des forces démocratiques du Congo et alliés (AFDC-A), s’est publiquement désolidarisé de ses déclarations.
Pour l’opposant Claudel André Lubaya, cette controverse révèle des tensions plus profondes au sein de la majorité présidentielle dirigée par le président Félix Tshisekedi.
Selon lui, la loyauté exigée dans la coalition au pouvoir tendrait à se transformer en une discipline stricte, où toute voix dissonante serait rapidement perçue comme une faute politique.
Par Marc Etumba, correspondant à Kinshasa
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