Cameroun : le Parlement examine une réforme constitutionnelle créant un poste de vice-président

par admin9775

Réuni en congrès ce jeudi 2 avril 2026 à Yaoundé, le Parlement du Cameroun a entamé l’examen d’un projet de loi de révision constitutionnelle majeur, portant notamment sur la création d’un poste de vice-président de la République

Introduit sous procédure accélérée, ce texte prévoit la modification de plusieurs dispositions de la Constitution de 1972. Il instaure la fonction de vice-président, nommé par le chef de l’État, avec un mandat aligné sur celui du président de la République

Le projet définit également les modalités de succession au sommet de l’État. En cas de vacance du pouvoir — décès, démission ou empêchement définitif — le vice-président serait appelé à achever le mandat en cours. Si ce dernier est indisponible ou si le poste est vacant, l’intérim reviendrait alors au président du Sénat, avec organisation d’une élection présidentielle dans un délai encadré

Le texte confirme par ailleurs le rôle central du président dans l’architecture institutionnelle, en lui conférant le pouvoir de nomination du vice-président, du Premier ministre et des membres du gouvernement, ainsi que la possibilité de déléguer certaines compétences en cas d’empêchement temporaire

Cette réforme intervient dans un contexte politique particulier marqué par la longévité au pouvoir de Paul Biya, âgé de 92 ans et à la tête du pays depuis 1982. Réélu en octobre 2025 pour un huitième mandat avec 53,66 % des suffrages, il demeure une figure centrale de la vie politique camerounaise

Un débat qui résonne en RDC

Cette initiative au Cameroun fait écho aux discussions en cours en République démocratique du Congo autour d’une éventuelle réforme constitutionnelle

En août 2023, le professeur Isidore Ndaywel avait présenté à Kinshasa un projet de nouvelle Constitution proposant notamment la création d’un poste de vice-président en remplacement du Premier ministre, ainsi que l’instauration d’un mandat présidentiel unique de neuf ans

Un an plus tard, le 23 octobre 2024, le président Félix Tshisekedi a réaffirmé sa volonté de doter le pays d’une nouvelle loi fondamentale, estimant que la Constitution actuelle ne correspond plus aux réalités du pays

Toutefois, cette perspective suscite de vives réactions. En novembre 2024, plusieurs figures de l’opposition et de la société civile ont dénoncé à Kinshasa un projet qu’elles interprètent comme une tentative de révision visant à ouvrir la voie à un éventuel troisième mandat présidentiel. Elles accusent le chef de l’État de vouloir contourner les limitations constitutionnelles, évoquant même un risque de « haute trahison »

Ainsi, entre réforme institutionnelle et tensions politiques, la question constitutionnelle s’impose comme un enjeu majeur, aussi bien au Cameroun qu’en RDC, où elle cristallise les débats sur la gouvernance et l’avenir démocratique.

Par Marius Bopenga
CONGO PUB Online

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