Le Tribunal de garnison de Kinkole a rendu son verdict dans l’affaire de violences médicales impliquant le docteur David Balanangayi, poursuivi après la diffusion d’une vidéo choquante sur les réseaux sociaux.
Le praticien a été condamné à deux mois de servitude pénale, assortis d’un sursis d’un an. Une décision qui signifie, conformément à la législation en vigueur en République démocratique du Congo, qu’il n’exécutera pas immédiatement sa peine, sauf en cas de récidive.
Des réparations jugées insuffisantes

Sur le plan civil, l’État congolais a été condamné à verser une indemnité d’environ 2,5 millions de francs congolais à la victime, Dorcas Mulema Moya. D’autres montants, oscillant jusqu’à 3 millions de francs congolais, ont également été évoqués pour les parties civiles.
Ces réparations suscitent déjà de vives critiques. Plusieurs observateurs estiment qu’elles restent faibles au regard du préjudice subi, dans une affaire qui a profondément choqué l’opinion publique.
Indignation des organisations de défense des patients
L’Association de défense des droits des patients (ADP) a vivement réagi, dénonçant un verdict en décalage avec la gravité des faits. Son représentant, Benjamin Bahati, parle d’une « grande déception » et d’un « recul » dans la lutte pour les droits des patients, en particulier des femmes victimes de maltraitances médicales.
L’organisation rappelle toutefois que cette procédure démontre que nul n’est au-dessus de la loi et n’exclut pas un recours en appel, une possibilité également ouverte au ministère public.
Une affaire qui avait suscité une vive émotion

Les faits remontent à la diffusion d’une vidéo montrant le médecin en train d’asséner des coups à sa patiente après son accouchement, dans un établissement hospitalier de Kinshasa. La scène avait provoqué une onde de choc à l’échelle nationale, suscitant notamment l’indignation de Denise Nyakeru Tshisekedi.
Le ministère public avait retenu plusieurs chefs d’accusation, dont torture, coups et blessures aggravés et violation de l’intimité, notamment pour avoir ordonné la captation vidéo des faits. La partie civile, quant à elle, réclamait jusqu’à un million de dollars américains en dommages et intérêts.
À la barre, la victime a relaté avoir été violemment battue alors qu’elle ne s’opposait pas aux soins post-accouchement. Un expert médical a confirmé que son état initial était stable, tout en évoquant une plaie nécessitant une prise en charge adaptée.
Un débat relancé sur la justice et les droits des patients
Cette décision relance le débat sur la sévérité des sanctions en matière de violences médicales en RDC, ainsi que sur l’évaluation des dommages et intérêts accordés aux victimes.
Si la défense du médecin s’est félicitée du verdict, estimant qu’il permet à son client de retrouver la liberté, de nombreuses voix s’élèvent pour réclamer une justice plus dissuasive face à des actes jugés inacceptables dans le milieu hospitalier.
Par Marius Bopenga
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