Le gouvernement de la République démocratique du Congo a annoncé, le 5 avril 2026, la mise en place d’un mécanisme d’accueil temporaire de migrants expulsés depuis les États-Unis. Si un communiqué officiel en fixe les grandes orientations, des précisions ont été apportées par des sources gouvernementales à Radio France Internationale, sans toutefois lever toutes les zones d’ombre.
Les autorités évoquent un dispositif « limité », « progressif » et « encadré », fondé sur un traitement au cas par cas. Aucun chiffre officiel n’a été communiqué, laissant incertaine l’ampleur réelle de l’opération. À ce stade, les paramètres précis restent volontairement peu détaillés.
Selon les informations disponibles, la présence des migrants serait strictement temporaire, dans l’attente de leur retour vers leur pays d’origine. Les séjours pourraient s’étendre jusqu’à trois à six mois pour certains cas, avec un dispositif global appelé à s’achever dans un délai d’environ un an. La RDC se positionne ainsi comme un pays de transit, bien que des expériences similaires ailleurs aient montré les difficultés liées à l’organisation des retours, notamment en cas de refus des pays d’origine.
Les premières arrivées sont attendues avant la fin du mois d’avril. Le gouvernement insiste sur un processus « maîtrisé » et souligne que le dispositif pourra être ajusté, voire interrompu, si les conditions ne sont pas réunies. Toutefois, aucun mécanisme concret encadrant cette flexibilité n’a été rendu public.
S’agissant des contreparties, les autorités mettent en avant un « devoir de solidarité » ainsi qu’un possible renforcement des capacités, notamment en matière de sécurité. Elles assurent également que le Trésor public ne sera pas sollicité, sans préciser la nature d’éventuels appuis financiers ou techniques extérieurs.
Face aux critiques d’organisations de défense des droits humains, le gouvernement congolais affirme que cette initiative ne répond à aucune logique marchande et qu’elle est menée avec l’appui d’organisations internationales, dans le respect des engagements juridiques internationaux, notamment la Convention de Genève de 1951, son Protocole de 1967 et la Convention contre la torture de 1984.
Des acteurs de la société civile rappellent toutefois que le principe de non-refoulement interdit de transférer une personne vers un territoire où elle pourrait être exposée à des persécutions, y compris dans le cadre d’un transfert vers un pays tiers. Cette question se pose avec acuité pour certains migrants visés par la politique américaine.
Depuis plusieurs mois, États-Unis développent en effet une stratégie d’expulsion vers des pays tiers, ciblant notamment des personnes qui ne peuvent être renvoyées dans leur pays d’origine pour des raisons de sécurité. Un rapport sénatorial américain publié en février 2026 fait état d’environ 300 transferts pour un coût dépassant 40 millions de dollars, avec des accords impliquant plusieurs pays africains.
Certains États, comme le Ghana, ont reconnu avoir accueilli des migrants tout en niant toute compensation financière, tandis que l’Ouganda a récemment confirmé l’arrivée d’un premier groupe. D’autres, à l’instar du Nigeria, ont décliné toute participation.
C’est dans ce contexte régional et international que la République démocratique du Congo s’inscrit désormais, en rejoignant un dispositif qui continue de susciter débats et préoccupations quant à ses implications juridiques, humanitaires et politiques.
Par Marius Bopenga
CONGO PUB Online





