Une importante délégation de responsables de la coalition AFC/M23, accompagnée d’alliés armés présents dans les Hauts-Plateaux du Sud-Kivu, a tenu un meeting mardi 8 juillet à Minembwe, dans un contexte marqué par la poursuite des affrontements entre les rebelles et les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC).
Parmi les personnalités présentes figuraient Bertrand Bisimwa, Lawrence Kanyuka, Freddy Kaniki ainsi que plusieurs autres responsables de la coalition et quelques journalistes.

Selon une source locale, cette visite avait pour objectif d’apporter un soutien aux populations déplacées installées à Minembwe.
« Ils sont venus rendre visite aux personnes déplacées installées à Minembwe », a indiqué cette source.
D’autres sources avancent toutefois une interprétation différente. Une source sécuritaire affirme que cette mission aurait également permis de renforcer les positions de la coalition dans la zone.
« Ils ont tenté à plusieurs reprises d’atteindre la zone afin d’apporter des renforts aux militaires coincés à Minembwe, sans succès. Ils ont finalement profité de cette occasion pour réarmer les troupes présentes dans la zone », a-t-elle déclaré.
Des combats toujours concentrés autour de Point Zéro
Sur le plan militaire, les affrontements demeurent particulièrement intenses dans les Hauts-Plateaux du Sud-Kivu, notamment autour de Point Zéro, Mikenge, Rugezi et Kuwihene.
Selon plusieurs sources locales, les FARDC conservent toutefois le contrôle de la ville de Baraka ainsi que du chef-lieu du territoire de Fizi. Des positions loyalistes seraient également maintenues à Mulima et dans plusieurs localités du secteur de Mutambala, constituant une ligne défensive destinée à empêcher une progression des groupes armés vers les principaux centres urbains.
Des sources locales indiquent que Point Zéro reste sous le contrôle de la coalition rebelle, tandis que des mouvements de contre-offensive des FARDC sont signalés en direction de Mikenge et de Minembwe.
Les drones au cœur des difficultés opérationnelles

Selon plusieurs représentants de la société civile, les principales difficultés rencontrées par les FARDC seraient davantage liées à l’emploi de drones qu’aux combats terrestres.
Ils estiment que l’armée congolaise procède actuellement à des repositionnements tactiques afin de préserver ses capacités opérationnelles, en attendant des conditions plus favorables pour reprendre l’initiative sur le terrain.
Parallèlement, plusieurs sources locales rapportent l’arrivée à Minembwe de nouveaux combattants destinés à renforcer les positions de la coalition rebelle dans le secteur.
Selon une source proche de cette coalition, l’objectif serait de consolider les positions acquises autour de Point Zéro, considéré comme un axe stratégique, tout en maintenant une pression en direction de Baraka et de la province du Tanganyika.
Une situation toujours très évolutive
Malgré l’intensité des combats, aucun changement majeur n’est signalé dans les principales agglomérations du sud du Sud-Kivu. Baraka et Fizi demeurent sous le contrôle des FARDC, tandis que les lignes de front restent particulièrement mouvantes dans les Hauts-Plateaux.
La société civile continue d’alerter sur les conséquences humanitaires et sécuritaires de cette dégradation de la situation, estimant que l’évolution des combats dans les territoires de Fizi et de Mwenga pourrait avoir des répercussions sur l’ensemble de la région.
À ce stade, plusieurs informations relatives aux mouvements des forces en présence et aux renforts évoqués proviennent de sources locales ou sécuritaires et n’ont pas fait l’objet d’une confirmation officielle indépendante. L’évolution de la situation sur le terrain reste donc à suivre avec prudence.
Par Marc Kabido
CONGO PUB Online






