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Category:

Afrique

À la UneAfrique

SADC : un bloc régional de 841 milliards $ de PIB en quête d’efficacité économique

by admin9775 26 août 2025
written by admin9775

Alors que la SADC multiplie les protocoles et les sommets pour promouvoir l’intégration régionale depuis 1992, la plupart des engagements restent lettre morte. La présidence tournante malgache qui commence ce mois d’août ouvre une nouvelle séquence, mais les contradictions structurelles de l’organisation limitent ses marges de manœuvre.

Après un 45e sommet placé sous le signe de l’industrialisation et de la transition énergétique, la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC) cherche à projeter l’image d’un bloc plus uni. La rencontre, accueillie à Antananarivo, s’est déroulée sur fond de pressions extérieures, notamment les nouvelles surtaxes imposées début avril 2025 par Washington. Plusieurs pays de la région, comme Madagascar ou le Lesotho, voient leurs exportations frappées de surtaxes de 47 à 50 %, selon les chiffres communiqués par la Maison-Blanche. Mais au-delà de ce contexte, le sommet a surtout mis en lumière la quête d’efficacité économique d’une organisation dont l’intégration reste encore largement inachevée.

Si l’on en croit une note relayée début août par le think tank The South African Institute of International Affairs (SAIIA), les instruments censés renforcer cette intégration et encadrer le commerce, l’investissement ou la libre circulation peinent à être ratifiés ou appliqués, laissant les États membres agir de manière dispersée. En effet, apprend-on, vingt-sept protocoles (27) ont été adoptés depuis 1992, mais leur mise en œuvre reste limitée. Par exemple, le Protocole sur l’industrie, adopté en 2019 pour stimuler l’industrialisation, n’a été ratifié que par six pays, selon la note. Même lorsqu’ils sont ratifiés, plusieurs protocoles restent sous-exploités, car les « acteurs censés en bénéficier ne sont pas toujours informés de leur existence ou des moyens d’en tirer parti ». A titre d’illustration, « plus de 92 % des exportations du Mozambique éligibles aux échanges avec les pays de la SADC n’utilisaient pas le Protocole sur le commerce des biens », indique l’analyse, citant l’European Centre for Development Policy Management (ECDPM).

« En dépit de l’accord de Zone de libre-échange (de la SADC, NDLR), de nombreux produits restent assujettis à des droits de douane. Tous les États membres ne respectent pas les dispositions de la zone. La lenteur des procédures douanières, l’état déficient des routes et des infrastructures ferroviaires, la lourdeur logistique aux frontières et l’inefficacité des chaînes de valeur aggravent encore la situation », explique l’analyste politique Kim Heller.

Cette faiblesse est reconnue jusque dans les rencontres ministérielles de l’organisation. Réunis à Harare en juin dernier, les ministres du Commerce et de l’Intégration régionale ont de nouveau exhorté les États à ratifier les protocoles en suspens, y compris ceux sur le commerce, l’industrie et les services, qui sont censés fournir un cadre commun pour supprimer les barrières commerciales et coordonner les politiques industrielles. « Nous devons sortir de la logique de construction de barrières entre nous […]. Nous sommes tous conscients de la fragilité des relations commerciales mondiales, marquées par des actions unilatérales, des remises en cause d’engagements commerciaux et des menaces contre le multilatéralisme. Cet environnement incertain renforce la nécessité de bâtir notre résilience collective à travers la promotion du développement durable, une intégration régionale plus poussée, des chaînes de valeur plus solides et un commerce accru au sein de notre propre région », a insisté le ministre zimbabwéen Amon Murwira, président du Conseil des ministres de la SADC.

Faute de cadre opérationnel, chaque pays répond seul aux crises

Le manque de coordination se traduit concrètement dans la manière dont les États répondent aux chocs extérieurs. Face aux surtaxes américaines de 2025, qui affectent les exportations textiles, minières et agricoles de la région, plusieurs pays ont choisi leur propre stratégie. Le Zimbabwe a annoncé la suspension unilatérale de ses droits de douane sur les importations américaines afin de protéger son tabac, une décision que l’ancien ministre des Finances Tendai Biti a qualifiée « de suicidaire, égoïste et de trahison de la solidarité régionale ». Madagascar a ouvert des discussions bilatérales avec Washington. Le Lesotho a proposé d’accorder une part dans son secteur énergétique pour regagner les faveurs américaines, tandis que du côté de l’Afrique du Sud, on évoque la possibilité d’un accord commercial séparé.

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Source : GIS Report

Si ces démarches individuelles peuvent s’expliquer par les impacts divergents de la décision de l’Oncle Sam sur chacun des pays cités, elles illustrent l’absence d’un cadre opérationnel commun au sein de la SADC.  Malgré un PIB cumulé estimé à 841 milliards de dollars pour ses seize membres, la SADC ne parvient pas à capitaliser sur ce poids économique faute d’un véritable marché intégré. Cette fragmentation limite sa capacité à faire face aux grands partenaires commerciaux et à négocier de manière unifiée. « À ce jour, le commerce intra-régional se situe à un faible niveau d’environ 23 %, ce qui signifie qu’en tant qu’États membres de la SADC, nous commerçons davantage avec le reste du monde qu’entre nous. », indiquait en novembre 2024 Elias Magosi, secrétaire exécutif de l’organisation.

Devenir un acteur régional plus uni et plus influent

Dans un environnement marqué par les blocages structurels et les réflexes nationaux, quelques signaux laissent entrevoir des perspectives plus favorables. La SADC a annoncé début avril qu’elle procédait à une évaluation détaillée de l’impact des surtaxes américaines, avec l’objectif d’élaborer une réponse collective. Si cette démarche aboutit, elle constituerait un premier pas concret vers une meilleure coordination régionale.

L’intégration économique pourrait aussi se renforcer par des dynamiques internes. L’Angola vient de finaliser son offre tarifaire pour rejoindre la Zone de libre-échange de la SADC, ce qui portera à quatorze le nombre de pays membres pleinement engagés dans le dispositif, contre seulement douze il y a encore quelques années. Il ne restera alors plus que la RDC et les Comores en marge du marché commun.

Les articulations avec d’autres cadres continentaux ouvrent également de nouvelles perspectives, selon une analyse publiée par le site GIS Report. La Zlecaf, qui offre un accès élargi aux marchés africains, peut servir de relais pour diversifier les exportations et réduire la dépendance vis-à-vis de partenaires extérieurs. À Harare, le 5 juin dernier, les ministres du Commerce ont d’ailleurs annoncé l’adoption de plusieurs outils destinés à stimuler la coopération : un scorecard sur le climat d’investissement, un forum consultatif SADC-Zlecaf, et un plan d’action en faveur des PME. Pour la présidence tournante malgache, le grand défi sera de démontrer que la SADC peut enfin dépasser ses blocages pour devenir un acteur régional plus uni et plus influent.

Louis-Nino Kansoun

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Afrique

Génocide des Tutsis au Rwanda: la justice française ordonne un non-lieu pour Agathe Habyarimana

by admin9775 24 août 2025
written by admin9775

En France, deux juges d’instruction parisiens ont ordonné mercredi 21 août un non-lieu concernant Agathe Habyarimana, la veuve de l’ancien président rwandais hutu, Juvénal Habyarimana. Le parquet national antiterroriste demandait sa mise en examen pour entente en vue de la commission du génocide des Tutsis en 1994. Mais les juges d’instruction persistent à penser que cette mise en examen n’est pas nécessaire.

L’ordonnance, que l’Agence France-Presse a pu consulter, est datée de mercredi 21 août. Les juges y estiment qu’il « n’existe pas de charges suffisantes » contre Agathe Habyarimana, « qu’elle ait pu être complice d’actes de génocide » ou qu’elle ait pu « participer à une entente en vue de commettre le génocide ».

À ce jour, poursuivent les juges, Agathe Habyarimana « apparaît non comme auteure de génocide, mais bien comme une victime » de l’attentat terroriste dans lequel ont été tués son mari, son frère et des proches.

La perspective d’un procès pour Agathe Habyarimana s’éloigne donc fortement, alors que cette affaire a donné lieu à un véritable bras de fer entre les juges d’instruction et le parquet national antiterroriste. Ce jeudi 21 août, le parquet national antiterroriste (Pnat) a indiqué qu’il allait faire appel. Le Pnat « entend relever appel de cette décision, rendue alors même qu’un recours » doit être examiné, explique le ministère public à l’AFP. Le 15 mai 2025, les juges avaient déjà rendu une ordonnance exposant leur point de vue.

Selon les associations de victimes, Agathe Habyarimana était l’une des dirigeantes de l’« akazu », le premier cercle du pouvoir hutu qui a orchestré le génocide des Tutsis en 1994. Ce qu’elle réfute.

Philibert Gakwenziré, président de l’association Ibuka, espère que le travail de la justice française va se poursuivre. « Le cas d’Agathe Habyarimana dans la persécution des Tutsis depuis un certain temps est très connu. Et il n’y a pas à douter de sa position dans l’akazu dirigeant le pays. Tout est à examiner et à remettre dans son contexte. En France, il y a eu pas mal d’années de silence. S’il y a que pour l’instant des rebondissements, il faut continuer sur le même élan. »

C’est une démarche judiciaire qui s’appuie sur les normes juridiques. En revanche, les historiens peuvent considérer qu’à partir des archives que la commission dite Duclert que nous avons consulté, que Agatha Habyarimana a pris une part très active à la préparation du génocide, à son déclenchement et à son paroxysme.

Vincent Duclert (historien et chercheur à l’EHESS)

RFI

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À la UneAfrique

Objectif 3 millions de tonnes de cuivre : la Zambie inaugure un projet de 1,25 milliard $

by admin9775 22 août 2025
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En 2024, la Zambie a produit plus de 800 000 tonnes de cuivre et ambitionne d’en produire 3 millions de tonnes d’ici 2031. Parmi les moteurs de cette croissance figurent l’agrandissement de mines comme Kansanshi, qui a livré 171 000 tonnes en 2024.

Le canadien First Quantum Minerals a inauguré le mardi 19 août 2025, un projet de 1,25 milliard $ à sa mine de cuivre Kansanshi en Zambie. Au-delà de la portée symbolique de la cérémonie, présidée par le chef de l’Etat, Hakainde Hichilema, ce projet vient participer à l’objectif du pays de produire 3 millions de tonnes de cuivre d’ici 2031.

Baptisé S3, ce projet prévoit une nouvelle usine de traitement qui double quasiment la capacité de broyage du minerai et augmente de 25% la capacité de la fonderie. Avec cet investissement, le premier d’une telle envergure dans le secteur cuprifère zambien depuis près d’une décennie, Kansanshi devrait produire en moyenne 250 000 tonnes de cuivre par an jusqu’en 2044.

1 cuivre copy

Cela correspondrait à une hausse de 46% par rapport aux 171 000 tonnes produites en 2024. La même année, la Zambie a produit 820 670 tonnes de cuivre, soit une hausse de 12% en glissement annuel. Cette progression s’explique par la hausse de la production de First Quantum, mais aussi par la reprise des opérations de Vedanta à Konkola Copper Mines et la relance de Mopani sous le contrôle d’International Resources Holding.

Ces facteurs devraient continuer de soutenir la production nationale dans les prochaines années. Barrick, par exemple, a lancé en octobre 2024 un projet similaire de 2 milliards de dollars pour doubler la production annuelle de cuivre à 240 000 tonnes.

Si les autorités prévoient une production de 1 million de tonnes de cuivre d’ici 2026, l’objectif des 3 millions de tonnes nécessitera une poursuite des initiatives actuelles : maximiser les capacités des mines existantes et attirer de nouveaux capitaux pour en développer de nouvelles.

Emiliano Tossou

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22 août 2025 0 comments
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À la UneAfrique

Marché de l’Internet en Afrique : Starlink face au défi du coût 30 mois après son arrivée

by admin9775 22 août 2025
written by admin9775

La société d’Elon Musk a lancé ses activités commerciales en Afrique fin janvier 2023 avec le Nigeria. Depuis, il s’est étendu à plus de 20 autres pays dont le Bénin, le Niger, le Rwanda, le Zimbabwe, le Kenya, le Ghana et la RDC.

A son arrivée en 2023, Starlink promettait de démocratiser l’accès à Internet sur le continent africain, y compris dans les zones les plus reculées, peu couvertes ou totalement dépourvues de services. Bien avant son implantation, un obstacle majeur était déjà identifié : la capacité financière limitée des ménages africains à accéder à Internet, quel que soit le fournisseur. Trente mois et une vingtaine de pays couverts plus tard, la question de la tenue de cette promesse face à la réalité du pouvoir d’achat reste d’actualité.

Pour évaluer cette promesse, il faut d’abord mesurer ce que doit débourser un abonné potentiel. Starlink propose un accès à Internet via une constellation de satellites en orbite basse. En Afrique, les clients doivent acheter un kit de connexion, vendu en moyenne entre 200 et 400 dollars selon les modèles. A cela s’ajoute un abonnement mensuel facturé entre 30 et 50 dollars, selon les offres et les marchés. Des forfaits spécifiques sont parfois proposés, adaptés à certains contextes locaux.

Des offres Starlink face à une concurrence déjà bien établie

Sur le marché, Starlink se heurte à la concurrence directe des opérateurs télécoms et des fournisseurs d’accès à Internet. Contrairement à ses rivaux satellitaires comme Eutelsat ou OneWeb, qui opèrent via des intermédiaires (opérateurs, intégrateurs, FAI), Starlink vend ses services directement aux utilisateurs finaux, ce qui le place frontalement face aux acteurs traditionnels du secteur.

En République démocratique du Congo (RDC), par exemple, le marché est dominé par des opérateurs bien implantés comme Orange, Airtel, Africell ou Vodacom, ainsi que des fournisseurs comme CanalBox, filiale de Vivendi. Ces acteurs proposent des offres variées, fixes ou mobiles, avec des forfaits mensuels allant de 10 à 100 dollars, selon le volume de données et la vitesse de connexion.

Au Tchad, Airtel et Moov Africa proposent des forfaits Internet mobile allant d’environ 9 $ à environ 90 $ pour des volumes de données compris entre 1 Go et 45 Go, voire illimités. Moov Africa propose aussi un service de fibre optique à partir de 45 $ environ par mois, avec un routeur 4G vendu autour de 160 $.

1 starlink

Une accessibilité limitée par des écarts de revenus

En 2023, le forfait mensuel de Starlink à 50 dollars représentait à lui seul près de 37 % du revenu national brut (RNB) mensuel par habitant en Afrique subsaharienne, selon les estimations de la Banque mondiale. Même à 30 dollars, soit le tarif le plus bas proposé, cela représente encore 22,2 % de ce revenu.

Dans plusieurs pays, le service dépasse même le revenu mensuel moyen. Au Niger, où le RNB mensuel par habitant était de 51,6 dollars en 2023, l’abonnement Starlink coûtait 54,9 dollars. Au Liberia, l’offre la moins chère à 40 dollars équivaut à 67,6 % du RNB mensuel par habitant. Au Zimbabwe, la même offre à 30 dollars correspond à 17,5 % d’un RNB mensuel estimé à 171,67 dollars.

A titre de comparaison, l’Union internationale des télécommunications (UIT) indique que les services d’Internet fixe représentent en moyenne 14,8 % du RNB mensuel par habitant sur le continent. Or, l’organisation considère qu’un service est abordable lorsque son coût ne dépasse pas 2% de ce revenu.

Des avis mitigés

Au vu de ces différents éléments, on peut se demander si Starlink règle réellement les problèmes d’accès à Internet sur le continent. En Afrique, les avis restent mitigés : certains utilisateurs jugent le service trop cher, d’autres le considèrent comme une solution bienvenue, tandis qu’une troisième catégorie estime que, malgré son coût élevé, le rapport qualité-prix reste meilleur que celui des opérateurs traditionnels.

Grâce à sa constellation de satellites, Starlink répond théoriquement à la question de la couverture réseau. En pratique, cette couverture ne devient effective qu’à partir du moment où l’utilisateur dispose d’un kit Starlink. Cependant, la couverture seule ne suffit pas. Par exemple, selon les données de la GSMA, en Afrique subsaharienne, 710 millions de personnes, soit 60% de la population, n’utilisaient pas Internet mobile en 2023, malgré le fait qu’elles se trouvent dans des zones couvertes par un réseau. Le taux de pénétration d’Internet mobile était alors de 27 %, tandis que 13 % de la population restaient sans couverture.

A titre individuel, il y a de fortes chances que ceux qui utilisent déjà Internet soient les premiers à pouvoir améliorer leur expérience en migrant vers Starlink, bénéficiant ainsi d’une meilleure qualité de service. En revanche, pour ceux qui n’ont pas encore accès à Internet, la simple présence de Starlink dans leur zone ne suffit pas à garantir une adoption rapide, notamment en raison des contraintes financières et techniques.

Isaac K. Kassouwi

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22 août 2025 0 comments
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À la UneAfrique

Le Kenya apporte des éclaircissements sur la nomination d’un consul à Goma

by admin9775 19 août 2025
written by admin9775

Le gouvernement kenyan a publié une déclaration officielle concernant la nomination récente d’un consul général à Goma par le président William Ruto. Cette décision, concernant une ville actuellement sous contrôle du mouvement rebelle M23 dans l’est de la RDC, avait suscité des tensions diplomatiques entre les deux pays.

Dans un communiqué détaillé, le Dr Musalia Mudavadi, Premier secrétaire du Cabinet chargé des Affaires étrangères du Kenya, a expliqué le processus diplomatique normal qui doit être suivi. Il a précisé que la nomination présidentielle ne constitue pas une affectation automatique, mais qu’elle doit d’abord obtenir l’approbation du Parlement kenyan avant que le Kenya ne sollicite l’agrément officiel du gouvernement congolais. Le futur consul devra également recevoir un exequatur des autorités de la RDC avant de pouvoir exercer ses fonctions.

Le ministre kenyan a souligné que cette procédure rigoureuse et transparente respecte pleinement la Constitution kenyane et les normes diplomatiques internationales. Le gouvernement s’appuie notamment sur l’article 132 de la Constitution qui régit les nominations diplomatiques tout en exigeant l’approbation parlementaire préalable.

Dans sa déclaration, le Dr Mudavadi a insisté sur la qualité des relations bilatérales entre le Kenya et la RDC, rappelant leur coopération ancienne depuis 1963 et leurs représentations diplomatiques réciproques. Il a réaffirmé l’engagement du Kenya à respecter la souveraineté et l’intégrité territoriale de la RDC, ainsi que son soutien aux efforts de paix dans l’est du pays.

Cette clarification intervient dans un contexte diplomatique tendu entre les deux nations. La RDC avait en effet exprimé ses réserves concernant cette nomination, dans un climat déjà marqué par des tensions depuis décembre 2023, ayant conduit Kinshasa à rappeler temporairement son ambassadeur à Nairobi.

Le gouvernement kenyan a assuré que cette restructuration de son service extérieur répond uniquement à des considérations d’efficacité administrative, sans arrière-pensée politique. Les prochaines étapes dépendront maintenant de l’approbation parlementaire au Kenya et de la réponse officielle des autorités congolaises.

Par Marius Bopenga
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À la UneAfrique

SADC : La crise sécuritaire en RDC domine les débats du 45e Sommet à Antananarivo

by admin9775 17 août 2025
written by admin9775

Le 45ème Sommet ordinaire des chefs d’État et de gouvernement de la SADC, ouvert ce dimanche à Madagascar, a vu la crise sécuritaire dans l’Est de la République démocratique du Congo s’imposer comme principal sujet de discussion, reléguant au second plan les thèmes officiels de l’industrialisation et de la transition énergétique.

La délégation congolaise, conduite par le vice-Premier ministre et ministre de la Défense Guy Kabombo Mwadianvita en l’absence du président Tshisekedi, a vivement interpellé ses pairs sur la persistance des attaques armées malgré les accords de paix de Washington signés en juin 2025 et les pourparlers en cours à Doha. « Nos populations continuent de souffrir alors que des solutions politiques ont été engagées », a déclaré le ministre congolais devant l’assemblée des dirigeants régionaux.

Les débats ont révélé des positions contrastées parmi les membres de la SADC. L’Afrique du Sud et l’Angola ont plaidé pour un renforcement immédiat de la mission régionale SAMIDRC déployée en RDC, tandis que la Tanzanie et le Mozambique ont privilégié la voie diplomatique. Le Zimbabwe, traditionnellement proche du Rwanda, a adopté une position plus réservée.

En marge des discussions sur la sécurité, les dirigeants ont tout de même avancé sur les dossiers économiques, notamment l’adoption d’un plan régional pour les énergies renouvelables et la création d’une réserve céréalière commune. Le projet de corridor ferroviaire Lobito reliant l’Angola à la Zambie via la RDC a également été examiné.

Les observateurs attendent désormais le communiqué final du sommet, qui devrait préciser les mesures concrètes que la SADC entend prendre pour soutenir la RDC face à l’insécurité dans ses provinces orientales. La crédibilité de l’organisation régionale se joue en partie sur sa capacité à apporter des réponses collectives à cette crise persistante.

Fondée en 1992 et basée à Gaborone au Botswana, la SADC regroupe 16 pays d’Afrique australe et centrale avec pour mission de promouvoir l’intégration économique et la stabilité régionale. Ce sommet d’Antananarivo aura montré que la question sécuritaire demeure un préalable indispensable à tout développement économique ambitieux.

Par Marius Bopenga
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À la UneAfrique

Le Kenya nomme un consul général à Goma sous occupation du M23, une décision controversée

by admin9775 16 août 2025
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Le président kényan William Ruto a procédé à une série de nominations diplomatiques, désignant Judy Kiaria Nkumiri comme consul général à Goma, chef-lieu du Nord-Kivu en République démocratique du Congo (RDC) – une région actuellement sous occupation des rebelles du M23, soutenus par le Rwanda.

Cette décision de l’actuel président de la Communauté d’Afrique de l’Est (EAC) risque d’être perçue comme une forme de légitimation de l’offensive du M23, responsable de multiples exactions dans la région depuis janvier 2024.

Tensions diplomatiques entre la RDC et le Kenya

Cette nomination intervient dans un contexte de fortes tensions entre Kinshasa et Nairobi. Le président congolais Félix Tshisekedi, qui avait boycotté un sommet extraordinaire de l’EAC convoqué par Ruto en janvier, avait déjà accusé ce dernier de partialité en faveur du Rwanda.

« Il y avait le processus de Nairobi impulsé par Uhuru Kenyatta, mais malheureusement, il a été mal géré par la suite par William Ruto. Le processus est quasiment mort, à part le fait que le facilitateur Uhuru Kenyatta est resté. Le président Ruto a pris fait et cause pour le Rwanda. Je ne peux pas en dire plus », avait déclaré Tshisekedi lors d’un débat organisé en juillet 2024 par l’Initiative de Sécurité en Afrique et la Brookings Institution.

Une nomination qui risque d’envenimer les relations

En établissant une représentation diplomatique à Goma sous contrôle du M23, le Kenya envoie un signal ambigu, susceptible d’être interprété comme une reconnaissance implicite de l’autorité des rebelles. Cette initiative pourrait encore creuser le fossé entre Nairobi et Kinshasa, déjà en désaccord sur la gestion du conflit dans l’Est de la RDC.

Les autorités congolaises n’ont pas encore réagi officiellement à cette annonce, mais une condamnation ferme est attendue, compte tenu des précédentes accusations de complicité entre le Kenya, le Rwanda et le M23.

Cette décision relance le débat sur le rôle des pays de l’EAC dans la crise congolaise, alors que la RDC continue de dénoncer l’ingérence rwandaise et les ambiguïtés de certains partenaires régionaux.

Par Marc Etumba, correspondant à Kinshasa
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À la UneAfrique

Tchad: les ONG et les partisans de Succès Masra appellent à réactiver la médiation de la RDC

by admin9775 14 août 2025
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Alors que l’opposition, les avocats de Succès Masra et les ONG en appellent à la médiation congolaise en affirmant que Ndjamena a violé l’accord de Kinshasa, la RDC affirme que ce dernier n’est plus d’actualité et que « tout a été respecté dans l’ordre ». Signé le 31 octobre 2023 sous l’égide du président congolais Félix Tshisekedi, il permettait le retour d’exil de l’opposant, prévoyant notamment une amnistie et la garantie pour l’opposant d’exercer librement ses activités politiques.

L’organisation de défense des droits de l’homme Human Rights Watch (HRW) fait partie de ceux qui dénoncent un procès « politique ». L’ONG appelle le président congolais, médiateur dans la crise tchadienne de 2023, à intervenir, comme l’exprime le directeur de HRW pour l’Afrique centrale Lewis Mudge auprès de notre journaliste du service Afrique, Carol Valade.

Jusque-là, il n’y a pas une preuve tangible pour montrer que Succès Masra et ses coaccusés étaient impliqués dans les violences de Mandakao. Pour nous, de Human Rights Watch, cela montre qu’il y a un problème avec le système judiciaire au Tchad, dans les termes de son indépendance. À travers le monde, c’est à la mode de dire « les solutions africaines pour les problèmes africains », je suis tout à fait d’accord. Mais Succès Masra est revenu au Tchad grâce à l’accord de Kinshasa et le garant de cet accord est Félix Tshisekedi. Où est le président Tsishekedi ? Jusque-là, c’est silence radio, jusque-là, on se demande à HRW où est Félix Tshisekedi, où est l’accord de Kinshasa.

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Pour Human Rights Watch, l’affaire Succès Masra «montre qu’il y a un problème avec le système judiciaire au Tchad, dans les termes de son indépendance», affirme son directeurpour l’Afrique centrale Lewis MudgeCarol Valade

Si en plus des ONG, les avocats et le parti de Succès Masra dénoncent une violation de l’accord de Kinshasa, le gouvernement congolais n’est pas de cet avis. Selon le ministre Didier Mazenga, envoyé spécial de Félix Tshisekedi pour le Tchad, ces accusations sont fausses.

Cet accord de Kinshasa a été exécuté et mis en application à 100%. L’accord concernait le retour de Succès Masra dans son pays, il concernait que Succès Masra respecte les lois du pays, cela concernait le gouvernement de garantir sa sécurité, cela concernait le gouvernement de la levée des sanctions sur le fonctionnement de son parti, tout a été respecté dans l’ordre. Mais cet accord a été limité dans le temps, ce n’est pas un accord qui demeure après la Transition. L’accord concernait pendant la période de la Transition et pour le retour de Succès Masra dans son pays. Aujourd’hui, on ne doit pas évoquer l’accord du fait qu’il y a eu des élections, il y a une nouvelle Constitution, et à ce moment-là, on ne peut plus revenir sur la transition ! L’accord était limité dans le temps : c’est cela la précision qu’on doit rappeler.

« L’accord a été exécuté et mis en application à 100% » et il « était limité dans le temps », martèle le ministre Didier Mazenga, envoyé spécial de Félix Tshisékédi pour le TchadCarol Valade

Le ministre précise toutefois que le président Tshisekedi reste « préoccupé par la situation », qu’il a bien reçu la requête du parti de Succès Masra et qu’il a déjà échangé avec son homologue tchadien sur le sujet, sans préciser la teneur de la discussion.

Les Transformateurs réclament une « amnistie » et non une « grâce »

Si « l’accord de Kinshasa est devenu caduc », il « est nécessaire que ses parrains – en la personne du président Tshisekedi et les pays membres du CEEAC – s’en mêlent activement », pour « sauver encore ce qu’on peut sauver de cette nation », affirme Ndolembai Njesada, vice-président des Transformateurs, grand invité Afrique de RFI.

Alors que beaucoup s’attendent à une éventuelle grâce présidentielle, possiblement par la médiation de Félix Tshisekedi, les Transformateurs demandent au président Mahamat Idriss Déby une « amnistie » et non une « grâce ».

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Car la condamnation de Succès Masra le prive de ses droits civiques et politiques. Le code pénal en son article 27 Stipule « la dégradation civique est une peine accessoire à toute condamnation pour crime ». Il ne pourrait donc plus se présenter, notamment pour la prochaine élection présidentielle de 2029.

À lire aussiTchad: Ndolembai Njesada demande au président Mahamat Idriss Déby «d’amnistier totalement Succès Masra»

Même grâcié, Succès Masra ne pourrait pas se présenter en 2029

Une grâce présidentielle, serait « tout à fait envisageable puisqu’on a régulièrement vu un tel scénario se produire sur la scène politique tchadienne », selon Remadji Hoinathy. Certains s’attendait même à ce que cette grâce intervienne mercredi 13 août, à l’occasion de la fête nationale de l’indépendance.

Mais lors de son discours, le président Mahamat Idriss Déby n’a pas eu à un mot à l’endroit de son principal opposant. Pour rappel, la grâce ne peut intervenir qu’après une condamnation définitive et l’épuisement des voies de recours, ou en l’absence de recours. Il faudra donc attendre la fin de la procédure judiciaire.

La grâce est toutefois limitée à la peine accessoire et laisse subsister la condamnation. En clair, même gracié, Masra ne pourrait toujours pas se présenter en 2029.

RFI

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À la UneAfrique

Sommet EAC-SADC : Tshisekedi et Kagame unis pour la stabilisation de l’Est de la RDC

by admin9775 14 août 2025
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Les présidents Félix Tshisekedi (RDC) et Paul Kagame (Rwanda) ont participé ce mercredi à un sommet extraordinaire conjoint de la Communauté d’Afrique de l’Est (EAC) et de la Communauté de développement d’Afrique australe (SADC), organisé par visioconférence. Cette réunion, qui a rassemblé plusieurs chefs d’État et représentants régionaux, visait à renforcer les mécanismes de paix dans l’Est de la RDC, en proie à une crise sécuritaire persistante.

Un cadre diplomatique élargi pour une solution durable

Plusieurs dirigeants africains ont pris part à cette rencontre, dont les présidents de la Zambie, du Zimbabwe et du Kenya, tandis que l’Ouganda et le Burundi étaient représentés par leurs vice-présidents. L’Angola, Madagascar et la Somalie ont, quant à eux, envoyé leurs ministres des Affaires étrangères.

L’objectif principal de ce sommet était de finaliser les termes de référence du Groupe des cinq facilitateurs, une équipe mise en place pour favoriser le dialogue entre les pays membres. L’ancien président du Botswana, Mokgweetsi Masisi, a été désigné comme cinquième membre, complétant ainsi ce panel d’anciens chefs d’État chargés d’accompagner le processus de paix.

Vers une fusion des initiatives de paix ?

Cette réunion s’inscrit dans une série d’efforts diplomatiques régionaux :

  • Février 2025 : Premier sommet conjoint EAC-SADC à Dar-es-Salaam sur la crise sécuritaire et humanitaire en RDC.
  • Mars 2025 : Deuxième sommet virtuel pour examiner les rapports des ministres sur la stabilité régionale.
  • Juin 2025 : Signature d’un accord préliminaire de paix entre la RDC et le Rwanda à Washington, prévoyant le retrait des forces étrangères, la neutralisation des FDLR et le retour des réfugiés.

Parallèlement, la SADC a annoncé en mars 2025 le retrait progressif de sa mission militaire en RDC (SAMIDRC), alors que les combats contre le M23 et d’autres groupes armés se poursuivent.

Une discussion bilatérale entre Tshisekedi et Kagame

En marge du sommet, les deux présidents ont tenu une visioconférence privée pour discuter des tensions persistantes dans l’Est de la RDC. Cette rencontre intervient dans un contexte où la situation humanitaire reste critique, avec des milliers de déplacés et des violences récurrentes.

La RDC, acteur clé de la stabilité régionale

À travers sa participation active, le président Tshisekedi réaffirme l’engagement de la RDC à consolider ses relations diplomatiques et économiques avec ses voisins. Ce sommet souligne également la volonté des pays africains de trouver des solutions endogènes aux crises sécuritaires, sous l’égide de l’Union africaine.

Prochaines étapes : Les conclusions de ce sommet devraient orienter les actions futures des facilitateurs, tandis que l’accord RDC-Rwanda de juin 2025 reste un cadre essentiel pour la pacification de la région.

Les prochains développements dépendront de la mise en œuvre effective des engagements pris, dans un contexte où la confiance entre Kinshasa et Kigali reste fragile.

Par Basengezi Ntomo, correspondant à Goma
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À la UneAfrique

Ghana : Deux ministres périssent dans un crash d’hélicoptère, le pays sous le choc

by admin9775 7 août 2025
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Le Ghana traverse un moment de profonde tristesse nationale après la disparition tragique de deux membres éminents du gouvernement dans un accident d’hélicoptère. Le ministre de la Défense, Edward Omane Boamah, et son homologue de l’Environnement, Ibrahim Murtala Muhammed, ont trouvé la mort ce mercredi lorsque leur appareil militaire s’est écrasé alors qu’ils se rendaient à Obuasi, dans le sud du pays.

La présidence ghanéenne a confirmé la terrible nouvelle dans un communiqué officiel publié sur le réseau social X, plongeant la nation dans le deuil. « Le Président de la République et l’ensemble du gouvernement présentent leurs condoléances les plus attristées aux familles endeuillées de nos distingués collègues et des militaires qui ont péri dans l’accomplissement de leur devoir patriotique », a déclaré Julius Debrah, chef d’état-major présidentiel.

En signe de deuil national, tous les drapeaux sur le territoire ghanéen seront mis en berne jusqu’à nouvel ordre. Les autorités ont immédiatement annoncé l’ouverture d’une enquête approfondie pour déterminer les causes exactes de cet accident aérien qui a coûté la vie à ces deux figures politiques majeures du pays.

Edward Omane Boamah, ministre de la Défense, était reconnu pour son engagement sans faille en faveur de la sécurité nationale. Ibrahim Murtala Muhammed, à la tête du ministère de l’Environnement, s’était distingué par son combat pour la préservation des ressources naturelles du Ghana. Leur disparition soudaine constitue une perte immense pour la nation tout entière.

Les circonstances exactes du crash restent à établir. Les forces armées ghanéennes ont mobilisé des équipes spécialisées sur le site de l’accident pour mener les investigations nécessaires. Le gouvernement a promis de rendre publics les résultats de l’enquête dès qu’ils seront disponibles.

Cette tragédie intervient à un moment crucial pour le Ghana, alors que le pays s’apprêtait à lancer plusieurs initiatives importantes dans les domaines de la défense et de l’environnement, deux secteurs dont les défunts ministres avaient la charge. La communauté internationale commence à réagir à cette nouvelle, avec plusieurs chefs d’État ayant déjà exprimé leur solidarité avec le peuple ghanéen.

Par Marius Bopenga
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