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Category:

Afrique

À la UneAfrique

Nord du Burkina Faso: une soixantaine de personnes tuées par des hommes en tenue de l’armée

by admin9775 24 avril 2023
written by admin9775

Une soixantaine de civils d’un village du nord du Burkina Faso ont été tués le 20 avril par des hommes en tenue de l’armée,  a annoncé ce 23 avril 2023 le procureur de Ouahigouya. 

C’est un très lourd bilan communiqué par le procureur de Ouahigouya, dans le Nord du Burkina Faso : une soixantaine de civil, au moins, ont été tués le 20 avril 2023 à Karma. Ce village est à une quinzaine de kilomètres du chef-lieu de la province du Yatenga.

Dans un communiqué, le procureur du tribunal de grande instance de la ville annonce l’ouverture d’une enquête. Lamine Kaboré parle de « faits dont la gravité est avérée » : la mort, donc, d’environ une soixante d’habitants de la localité de Karma.

Ce sont les gendarmes qui l’ont prévenu. Les victimes « auraient » – le procureur utilise le conditionnel – « été tuées par des personnes arborant des tenues de nos forces armées nationales ». Il y a des blessés également. Les auteurs sont en fuite. Le chef du parquet de Ouahigouya lance un appel à témoins.

L’Agence France Presse (AFP) a pu joindre des habitants de Karma, qui eux-mêmes ont discuté avec des survivants. Ces derniers évoquent « plus d’une centaine de personnes à bord de motocyclettes et de pickups ». Ces témoins font état d’un bilan « avoisinant les 80 morts ».

Un autre attaque quatre jours plus tôt dans une localité proche de Karma

Le procureur parlant de « personnes arborant des tenues de nos forces armées nationales », on ne connaît donc pas leur identité. Est-ce que ce sont des militaires ? Ou des personnes qui ont dérobé ces uniformes ? Les investigations devront tenter de le déterminer.

Il faut noter que ce massacre intervient quelques jours après une attaque qui a visé, tout près de là, l’armée et les supplétifs, Volontaires pour la défense de la patrie (VDP). C’était le samedi 15 avril, à Aoréma. C’est-à-dire vraiment à deux pas du village de Karma, frappé, donc, jeudi dernier.

RFI via CONGO PUB Online

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À la UneAfrique

Soudan : plus de 330 morts, l’ONU veut une trêve pour la fin du Ramadan

by admin9775 21 avril 2023
written by admin9775

Explosions et tirs ont secoué jeudi Khartoum, au sixième jour des combats meurtriers entre l’armée soudanaise et les paramilitaires menés par deux généraux rivaux, sans répit malgré les appels à une trêve pour la fin du ramadan vendredi.

Réagissant pour la première fois depuis le début des hostilités, le général Abdel Fattah al-Burhane, chef de l’armée, a affirmé qu’il n’y aurait pas « de discussions politiques » avec son rival Mohamed Hamdane Daglo, dit « Hemedti », à la tête des Forces de soutien rapide (FSR): soit il cesse de « vouloir contrôler le pays », soit il se fera « écraser militairement ».

Après une réunion virtuelle avec l’Union africaine, la Ligue arabe et d’autres organisations régionales, le patron de l’ONU Antonio Guterres a appelé à un cessez-le-feu d' »au moins trois jours » pour l’Aïd el-Fitr, la fête qui marque vendredi la fin du jeûne musulman du ramadan.

Depuis le 15 avril, les affrontements, principalement dans la capitale et la région du Darfour (ouest), ont fait « plus de 330 morts et 3.200 blessés », selon l’Organisation mondiale de la Santé (OMS). Des explosions ont aussi retenti jeudi à El-Obeid, à 350 kilomètres au sud de la capitale.

Mais Tagrid Abdine, une architecte de 49 ans à Khartoum, n’est « pas optimiste ». « Ca fait trois ou quatre fois qu’on annonce un cessez-le-feu mais les deux camps ne l’ont jamais respecté », dit-elle.

« On aimerait que les combats s’arrêtent pour l’Aïd, mais on sait que ça n’arrivera pas », se lamente de son côté Abdallah, un autre habitant de la capitale.

Dans « certains quartiers du centre, l’odeur de la mort et des cadavres règne », témoigne un homme en route vers un quartier plus calme.

Dans la métropole de plus de cinq millions d’habitants, de nombreuses familles ont épuisé leurs dernières victuailles et n’ont plus d’électricité ni eau courante. Certaines se pressent sur les routes pour fuir raids aériens et combats de rue.

Balles perdues

« A 4h30 du matin, on a été réveillés par les raids aériens. On a fermé toutes les portes et les fenêtres parce qu’on a peur d »une balle perdue », raconte un autre habitant de Khartoum, Nazek Abdallah, 38 ans.

A quelques dizaines de kilomètres de là, la vie suit son cours et des maisons s’ouvrent pour accueillir les déplacés. Traumatisés, ils ont roulé ou marché des heures durant.

Pour se mettre à l’abri, ils ont dû subir les questions ou les fouilles des hommes postés aux check-points des FSR du général Daglo et de l’armée du général Burhane, chef de facto du Soudan depuis le putsch qu’ils ont mené ensemble en 2021.

Surtout, ils ont dû progresser au milieu des cadavres qui jonchent les bords de route et éviter les zones les plus dangereuses, repérables aux colonnes de fumée noire qui s’en échappent.

Depuis que la lutte de pouvoir, latente depuis des semaines entre les deux généraux, s’est transformée en bataille rangée, les civils ont aussi fui en nombre à l’étranger.

Entre 10.000 à 20.000 personnes, en majorité des femmes et des enfants, sont passés au Tchad voisin, selon le Haut-Commissariat de l’ONU pour les réfugiés (HCR).

Des deux côtés, pleuvent les annonces de victoire et les accusations mutuelles, impossibles à vérifier sur le terrain tant le danger est permanent.

L’armée de l’air, qui vise les bases et les positions des FSR disséminées dans les zones résidentielles, n’hésite pas à larguer des bombes, parfois au-dessus d’hôpitaux, ont témoigné des médecins.

Militaires américains déployés

En cinq jours, « 70% des 74 hôpitaux de Khartoum et des zones touchées par les combats ont été mis hors d’usage », selon leur syndicat: bombardés, ils n’ont plus aucun stock pour opérer ou bien des combattants en ont pris le contrôle, chassant médecins et blessés.

Dans la capitale, « des enfants sont cachés dans des écoles et des garderies au milieu des combats et des hôpitaux pour enfant ont été forcés d’évacuer face aux frappes aériennes », ajoute l’Unicef.

Les humanitaires ont pour la plupart été forcés de suspendre leur aide, cruciale dans un pays où plus d’un habitant sur trois souffre de la faim en temps normal.

Trois employés du Programme alimentaire mondial (PAM) ont notamment été tués au Darfour au début des combats.

Au milieu du chaos général, l’Egypte est parvenue, via une médiation des Emirats arabes unis, à évacuer « 177 de ses soldats » stationnés sur une base aérienne du Nord, selon les deux pays.

Et 27 autres, capturés par les paramilitaires puis remis à la Croix-Rouge, sont à l’ambassade à Khartoum, selon l’armée égyptienne.

Jeudi, les Etats-Unis ont annoncé dépêcher des militaires dans la région du Soudan pour faciliter une éventuelle évacuation de leur ambassade.

Africanews via CONGO PUB Online

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À la UneAfrique

Affrontements au Soudan: l’ONU appelle à un cessez-le-feu «d’au-moins trois jours»

by admin9775 21 avril 2023
written by admin9775

Alors que les combats se poursuivent au Soudan pour la sixième journée consécutive, les dirigeants des Nations unies, de l’Union africaine, de la Ligue arabe et de l’organisation sous-régionale Igad, se sont réunis virtuellement ce jeudi 20 avril pour réclamer à nouveau un cessez-le-feu. 

Alors que les musulmans s’apprêtent à célébrer l’Aïd el-Fitr, qui marque la fin du ramadan, Antonio Guterres fait d’un cessez-le-feu de trois jours une « priorité immédiate ». Objectif : « permettre aux civils piégés dans les zones de combat de fuir et de chercher de l’aide médicale, de la nourriture et d’autres provisions essentielles », a déclaré à la presse le secrétaire général des Nations unies après une réunion virtuelle notamment avec des responsables de l’Union africaine, de la Ligue arabe et de l’Union européenne. « Cela doit être la première étape pour permettre un répit dans les combats et ouvrir la voie à un cessez-le-feu permanent », a-t-il ajouté.

Interrogé sur l’échec des appels à parvenir à une trêve jusqu’à présent, Antonio Guterres a insisté sur le fait que « toutes les parties au conflit sont musulmanes » et sur ce « moment important du calendrier musulman ». « Je pense que c’est le bon moment pour qu’un cessez-le-feu puisse tenir », a-t-il estimé.

Une trêve « absolument cruciale »

« Nous sommes en contact avec les parties, nous pensons que c’est possible, mais tout le monde doit être uni pour mettre la pression pour que ce cessez-le-feu puisse avoir lieu », a ajouté le patron de l’ONU, jugeant cette trêve « absolument cruciale », des centaines de personnes ayant été tuées et blessées. « La cessation des hostilités doit être suivie par un dialogue sérieux pour permettre le succès d’une transition, à commencer par la nomination d’un gouvernement civil », a-t-il plaidé.

« Il est clair que des pays de la région sont impliqués dans ce conflit », explique une onusienne à RFI et « l’on veut qu’ils utilisent leur influence pour amener les parties à une trêve, plutôt que d’alimenter le conflit en fournissant des armes » poursuit cette source, alors que plusieurs médias font notamment état d’un soutien militaire de l’Égypte au général al-Burhan. « Nous plaidons pour une démilitarisation du conflit », abonde une autre source diplomatique.

Antonio Guterres mise donc sur la réussite de cette nouvelle demande de trêve, alors que les tentatives de médiations des organisations internationales et régionales sont très difficiles depuis le début du conflit. L’Autorité intergouvernementale pour le développement (Igad) avait annoncé une visite de trois dirigeants de l’organisation sous-régionale à Khartoum : Ie Djiboutien Ismail Omar Guelleh, le Sud-Soudanais Salva Kiir et le Kényan William Rutto. Ils devaient amorcer une médiation, mais l’aéroport de la capitale soudanaise, encore bombardé hier, demeure fermé. Impossible pour eux, comme pour le président de la Commission de l’Union africaine, Moussa Faki Mahamat, de faire le déplacement.

Nous avons besoin de toute urgence d’une trêve humanitaire. Le nombre de personnes tuées est élevé et les opérations humanitaires sont sérieusement entravées. Les combats, les attaques contre les aéroports, et les autres infrastructures indispensables aux opérations humanitaires ont rendu les opérations pratiquement impossibles. Les véhicules, les entrepôts sont attaqués, pillés, dévalisés. Des cas de harcèlement et de violences sexuelles nous ont aussi été rapportés et cela nous préoccupe. Avant ces violences déjà, les besoins étaient très élevés… 15 millions de personnes environ ont besoin d’aide humanitaire au Soudan. Il faut que les gens aient accès à l’essence, à la nourriture, et aux autres bien de première nécessité pour eux et leur famille. Il faut que l’aide humanitaire puisse atteindre les millions de personnes qui en ont besoin.

Cet appel au cessez-le-feu a été prononcé alors qu’au sixième jour des combats, le bilan s’alourdit : au moins 330 civils ont été tués depuis samedi, selon l’Organisation mondiale de la Santé.

Des militaires américains dépêchés dans la région

Les États-Unis dépêchent par ailleurs des militaires dans la région du Soudan pour faciliter une éventuelle évacuation du personnel de leur ambassade, dans le contexte des combats entre l’armée soudanaise et les paramilitaires à Khartoum, a annoncé jeudi le Pentagone. 

« Nous envoyons des forces supplémentaires dans la région pour sécuriser et faciliter l’éventuel départ du Soudan du personnel américain de l’ambassade, au cas où les circonstances l’imposeraient », a indiqué un communiqué du Pentagone, qui ne précise pas le pays ni le nombre de soldats impliqués.

Entre 10 000 à 20 000 personnes ont fui les combats en cours au Soudan pour trouver refuge au Tchad voisin, selon les équipes du Haut-Commissariat de l’ONU pour les réfugiés (HCR) présentes à la frontière.

AFP via CONGO PUB Online

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À la UneAfrique

Soudan: à Khartoum, les trêves, peu respectées, font fuir les habitants de la capitale

by Guyguy Lelo 20 avril 2023
written by Guyguy Lelo

Au Soudan, la guerre fait toujours rage entre les deux armées rivales dirigées par les généraux Abdel Fattah al-Burhan et Hemedti. Dans la capitale, plus de cinq millions d’habitants sont toujours privés d’électricité et d’eau courante. Les affrontements ont tué plus de 270 civils et fait près de 3 000 blessés depuis samedi dernier. Après deux cessez-le-feu qui avaient volé en éclat à la première minute, les belligérants ont annoncé, le mercredi 19 avril au soir, une nouvelle trêve de 24 heures qui n’a été que partiellement respectée jusqu’à présent.

Après cinq jours de combats incessants, les habitants de Khartoum ont enfin connu hier, mercredi soir, une légère accalmie. Pas de bombardements ou de frappes aériennes en pleine nuit. Mais quelques tirs sporadiques à l’arme lourde qui crépitaient dans plusieurs quartiers, notamment dans le centre-ville toujours extrêmement disputé.

Les deux armées ont surtout profité de la fragile trêve pour effectuer des mouvements de troupes et envoyer des renforts dans la capitale. Les deux camps entendent bien continuer les combats, il n’y a aucune négociation en vue. Les habitants de Khartoum sont donc toujours pris au piège, privés d’eau et d’électricité. Trente neuf hôpitaux sur les cinquante neuf de la capitale ne sont plus opérationnels.

Appel à épargner les infrastructures civiles

Face à la situation humanitaire dramatique et à la multiplication des exactions contre les civils, quinze chancelleries occidentales ont exhorté, hier, les deux camps, à épargner les infrastructures civiles, et à laisser passer les denrées de base et l’aide d’urgence aux blessés.

Laissant derrière eux des cadavres de soldats gisant dans la poussière et des carcasses de blindés calcinés, des milliers de personnes ont pris la route de l’exil. À pied, ou en voiture, traversant parfois les zones de combats. Pendant des décennies, la capitale avait accueilli des centaines de milliers de personnes déplacées par les conflits armés aux quatre coins du pays. Désormais, pour la première fois de son histoire, Khartoum se vide de ses habitants fuyant la guerre qui a éclaté à la confluence du Nil. 

Sur le terrain, aucune des deux armées ne semble prendre un avantage décisif. Elles se livrent une bataille de propagande, divulguant des informations contradictoires. Si on regarde une carte du Soudan, les forces régulières semblent avoir le contrôle de l’est et de sud du pays, de la mer Rouge aux montagnes du Kordofan. Les Forces de soutien rapide paraissent, elles, en meilleure position au Darfour et contrôlent de larges pans de la capitale, où se joue la bataille décisive, notamment autour du commandement général et de l’aéroport international.

L’armée régulière maîtrise les airs

Sur le plan militaire, avec ses avions de chasse, hélicoptères de fabrication russe, ainsi que quelques drones de combat de fabrication locale, l’armée régulière conserve la maîtrise des airs. C’est notamment pour cela que les paramilitaires avaient pour stratégie de prendre rapidement le contrôle des bases et des aéroports. L’une des plus importantes est localisé à Méroé, au Nord, d’abord tombée entre leurs mains puis reprise par l’armée. 

Les Forces de soutien rapide sont désormais lancés dans une guérilla urbaine à Khartoum. La milice qui compte entre 80 000 et 120 000 soldats, disposent d’armements plus modernes. Ses soldats sont aussi mieux payés. Tour cela grâce à la manne financière générée par les mines d’or sous son contrôle, mais aussi par l’envoi de milliers de mercenaires ayant combattu au Yémen pour le compte des Émirats. 

Autre donnée qui peut peser dans la balance : Selon les informations du Washington Post, les hommes de Hemedti auraient reçu un avion chargé de munitions en provenance de Libye, des mains du général Haftar ; l’armée du général Abdel Fattah al-Burhan, elle, bénéficierait d’un appui aérien et de pilotes égyptiens pour mener ses opérations.

RFI via CONGO PUB Online

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À la UneAfrique

Soudan: une crise au cœur d’enjeux internationaux stratégiques

by admin9775 19 avril 2023
written by admin9775

Depuis le déclenchement du conflit au Soudan, les yeux de la communauté internationale sont rivés sur Khartoum. D’autant que les deux camps rivaux, celui de l’armée officielle commandée par général Abdel Fattah al-Burhan et celui des Forces de soutien rapide menées par le général Hemedti, ont tissé des liens importants avec plusieurs pays étrangers.

Avec ses importantes ressources et son accès à la mer Rouge, le Soudan possède une position stratégique cruciale. Pas étonnant donc que de nombreux acteurs extérieurs s’impliquent dans le pays, sur les plans politique, économique, voire militaire. Or les camps des deux généraux ont établi des relations parfois étroites avec ces puissances étrangères. 

L’Égypte reste l’un des acteurs extérieurs les plus influents au Soudan. Les deux pays partagent 1 200 km de frontière, ils partagent également les eaux du Nil. Environ 3 à 6 millions de Soudanais vivraient dans le pays voisin. Une diaspora qui représente un poids économique certain avec notamment l’envoi d’argent à leurs familles au Soudan. 

Barrage 

Or, le général al-Burhan serait, dit-on, proche du Caire. Le chef de l’armée a notamment été formé à l’académie militaire égyptienne, la même école d’où est sorti le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi. L’Égypte a fourni de l’équipement au Soudan, mais le pays avait aussi organisé un dialogue politique soudanais parallèle. Alors que ONU, Union africaine et Occidentaux poussaient pour faire avancer les négociations entre la junte et les civils, Le Caire a reçu des forces soudanaises proches de l’armée, parmi lesquelles des islamistes et des partis proches de l’ancien régime d’Omar el-Béchir. Certains accusent même les Égyptiens d’avoir tenté de faire dérailler la transition vers les civils avec cette initiative. 

Selon les observateurs, Le Caire souhaiterait en tout cas un Soudan stable, et compte notamment sur Khartoum pour s’opposer au projet du Grand barrage de la renaissance construit par l’Éthiopie sur le Nil. Une infrastructure à laquelle l’Égypte est hostile, par crainte notamment d’une baisse de ses ressources en eau.  

Dans ce contexte, possible que la présence de militaires et d’avions égyptiens sur la base de Meroe, au nord de Khartoum, ait été l’étincelle qui a déclenché le conflit. Samedi, les Forces de soutien rapide ont attaqué le site et enlevé plusieurs soldats égyptiens. Le général Hemedti assure qu’ils sont bien traités.  

Mines d’or

Le Soudan subit aussi l’influence des pays du Golfe : Qatar, Émirats arabes unis, Arabie saoudite. En 2015, Omar el-Béchir avait approuvé l’envoi de soldats soudanais afin de combattre au Yémen pour le compte des Saoudiens et d’Abu Dhabi. À la chute de l’ancien dictateur, le général Hemedti avait envoyé ses Forces de soutien rapide se battre au Yémen. Sauf qu’al-Burhan l’a fait aussi. Il fut même un temps à la tête des forces soudanaises au Yémen. Les deux généraux ont donc des liens dans le Golfe. 

Par ailleurs, le chef des FSR est très riche. Il exploite de nombreuses mines d’or, le Soudan étant le troisième producteur d’Afrique, ce qui profite aux Émirats arabes unis, premier acheteur d’or soudanais, mais aussi aux Russes. En effet, selon Washington, les mines aideraient à financer les paramilitaires de Wagner. « Aujourd’hui, pas un seul combattant de Wagner n’est au Soudan », a néanmoins affirmé mardi le fondateur du groupe, Evguéni Prigojine, sur Telegram. « Et c’est comme ça depuis deux ans », a ajouté ce proche de Vladimir Poutine.  

Or, comme les autres pays, les Russes ont, eux aussi, des liens avec les deux ennemis. Selon l’enquête du groupe Organized Crime and Corruption Reporting Project (OCCRP), Wagner agirait via la société M Invest et sa filiale Meroe Gold, installée au Soudan depuis 2017. Elle travaille avec l’entreprise Aswar, contrôlée par les renseignements militaires soudanais. Le groupe de journalistes a établi la preuve d’un contrat entre Meroe Gold et Aswar. La société russe se voit aussi exemptée en 2018 de la taxe de 30% imposée par la loi soudanaise aux sociétés aurifères.  

Base navale

Les Russes ont donc des contacts étroits aussi avec la sphère du général al-Burhan, puisque Moscou lorgne sur la mer rouge et discute avec la junte au pouvoir depuis plusieurs années pour la construction d’une base navale.  

Ce projet remonte à 2017. Le président russe Vladimir Poutine et son homologue soudanais Omar el-Béchir avaient alors signé un accord stipulant que Moscou obtiendrait un bail de 25 ans pour construire une infrastructure à Port-Soudan, principal port du pays. Ce site devait permettre d’accueillir 300 hommes et jusqu’à quatre navires de guerre. Mais le projet a été suspendu après la chute de la dictature.

Le retour en force des militaires lors du second coup d’État d’octobre 2021 a favorisé un nouveau rapprochement entre Moscou et Khartoum. En juillet 2022, l’installation d’une base militaire au Soudan a été incluse dans la nouvelle doctrine navale russe. Début février, le chef de la diplomatie Sergueï Lavrov avait rencontré al-Burhan et déclaré que le projet était toujours sur les rails. Le diplomate avait déclaré attendre le feu vert du Parlement soudanais pour lancer la construction. 

Enfin, plusieurs pays du Golfe – Qatar, Émirats arabes unis, Arabie saoudite – utilisent le Soudan pour assurer leur sécurité alimentaire. Les terres arables se font de plus en plus rares au Proche-Orient, et les monarchies pétrolières investissent depuis quelques années dans la création d’annexes extra-territoriales. Ces pays auraient acheté des centaines de milliers d’hectares au Soudan. Raison de plus pour ces pays pour surveiller de près la situation. 

Les puissances étrangères ont pour l’instant choisi une position plutôt équitable, appelant les parties au dialogue. Mais certains craignent que si le conflit dure, ces puissances sortiront de la neutralité. Soudan et Éthiopie ont par exemple un différend frontalier autour du Triangle de Fashaga, dans l’est soudanais. Une zone revendiquée par les deux pays et théâtre d’affrontements réguliers entre l’armée soudanaise et des milices éthiopiennes. Un scénario parmi d’autres serait qu’Addis-Abeba, à cause de sa rivalité avec l’Égypte, pourrait par exemple choisir de s’aligner avec les intérêts du général Hemedti. En tout cas, la fin de la neutralité des puissances impliquées dans le jeu stratégique soudanais marquerait un dangereux tournant dans le conflit.  

RFI via CONGO PUB Online

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À la UneAfrique

En Afrique, la taxation du mobile money risque de freiner les progrès en matière d’inclusion financière (rapport)

by admin9775 19 avril 2023
written by admin9775

Alors que le mobile money a transformé la vie de centaines de millions d’Africains et boosté la croissance économique sur le continent, la taxation des transactions représente un défi majeur pour la pérennité de ce service et pour les progrès qu’il génère en termes d’inclusion financière.

Les taxes sur les transactions de mobile money auxquelles recourent certains Etats africains pour tenter de renflouer leurs caisses risquent de freiner les progrès réalisés en matière d’inclusion financière sur le continent, selon un plaidoyer publié le 31 mars dernier par l’opérateur sud-africain de téléphonie mobile Vodacom Group.  

Le rapport souligne que le succès fulgurant des services d’argent mobile déployés depuis plusieurs années dans de nombreux pays africains a conduit les gouvernements à instaurer des taxes sur les transactions de mobile money dans l’espoir d’augmenter leurs recettes fiscales. Ces taxes ont cependant impacté négativement les consommateurs. D’autant plus qu’elles ont été appliquées sans discernement aux transactions de détail de faible valeur, réalisées par des personnes à revenu modeste.

Etant donné que l’accessibilité et l’abordabilité constituent les principaux atouts de l’argent mobile sur le continent par rapport aux services financiers traditionnels, les taxes ont réduit considérablement le volume et la valeur des transactions dans plusieurs pays. Les populations non bancarisées qui utilisent le mobile money sont en effet très sensibles aux coûts des transactions, de sorte qu’une augmentation même marginale des frais associés à l’utilisation de ces services pourrait les rendre inabordables.

Une augmentation marginale des recettes fiscales

En Tanzanie, où les services de mobile money ont permis l’inclusion financière d’environ 16 millions de personnes entre 2015 et 2021, le gouvernement a introduit le 15 juillet 2021 une taxe sur les transactions de transfert et de retrait d’argent mobile, à l’exception des transactions de paiement impliquant les commerçants, les entreprises et le gouvernement. Cette taxe a engendré des baisses respectives du volume et la valeur des transactions de 17 % et de 28 % entre le 15 juillet et le 30 août 2021, ce qui a obligé les autorités à réduire à trois reprises le taux d’imposition en septembre 2021, puis en juillet et en septembre 2022.

Au Ghana, où le nombre des utilisateurs actifs de mobile money a augmenté de 16% entre 2016 et 2019, l’introduction d’une taxe de 1,5% sur les transferts, les paiements, les retraits d’argent réalisés via les comptes d’argent mobile en mai 2022, a également provoqué une réduction sensible du volumes et de la valeur transactions, étant donné qu’un nombre important d’utilisateurs sont revenus aux transactions en espèces.  

Cette taxe n’a également augmenté que d’une façon très marginale les recettes fiscales du pays. La projection initiale du gouvernement ghanéen était de collecter 7 milliards de cédis (582 millions de dollars) entre mai et juillet grâce à cette taxe baptisé « e-levy », mais le montant collecté n’a pas finalement dépassé 611 millions cédis durant cette période, soit moins de 10% du montant ciblé.

Outre ses effets néfastes sur les consommateurs, Vodacom Group note que la taxation des transactions de mobile money pourrait entraver la capacité des opérateurs télécoms à réaliser des investissements. En Afrique subsaharienne, ces opérateurs sont déjà confrontés à des niveaux d’imposition élevés englobant la fiscalité générale (impôts sur le bénéfice, impôts sur les sociétés, taxe sur la valeur ajoutée) et la taxation spécifique au secteur de la téléphonie mobile comme les droits d’accise de 17 % sur le temps de communication.

Prendre en considération le principe de l’équité fiscale

Vodacom Group recommande dans ce cadre aux gouvernements de prendre en considération le principe de l’équité fiscale dans leurs stratégies de taxation du mobile money, afin de ne pas exacerber les fractures sociales en pénalisant les personnes à faible revenu, et de ne pas freiner les précieux gains réalisés en matière d’inclusion financière.

Le rapport rappelle par ailleurs que le mobile money a eu des effets très bénéfiques sur l’inclusion financière en Afrique, où l’Association mondiale des opérateurs de téléphonie (GSMA) a recensé 621 millions de comptes d’argent mobile à la fin de l’année 2021. Ce chiffre représente 1,3 fois le nombre de comptes bancaires sur le continent.

Outre le transfert de fonds, ce service a permis d’autres opérations financières via un simple téléphone mobile. Au fil des ans, les usages du mobile money se sont étendus pour englober les transferts de fonds internationaux, la consultation des comptes bancaires, le paiement de factures et de salaires, les recharges de cartes téléphoniques, les achats dans les boutiques, les services d’assurance, l’épargne et le même crédit.

Le mobile money a également eu un effet très positif sur le développement économique du continent puisqu’il a, entre autres, contribué à la réduction de la corruption, à l’amélioration l’efficacité de l’administration, à la formalisation des entreprises, à la diminution des coûts des transferts de fonds transfrontaliers et à la réduction de la pauvreté.  

Agence Ecofin via CONGO PUB Online

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À la UneAfrique

Soudan : l’ONU appelle à la fin des hostilités entre l’armée et les FSR

by admin9775 18 avril 2023
written by admin9775

La situation demeure tendue au Soudan au 3e jour des affrontements entre les éléments de l’armée d’Abdel Fatha al-Burhane et les paramilitaires de Mohamed Hamdane Daglo, dit « Hemedti ». Les deux généraux acteurs du coup d’Etat de 2021 se livrent un duel à mort pour le contrôle du pays.

Des colonnes d’épaisse fumée noire qui s’élèvent dans le ciel de Khartoum témoignent de l’intensité des combats. Le secrétaire général de l’ONU appelle à la désescalade.

« Je condamne fermement la flambée de combats qui a lieu au Soudan et j’appelle les dirigeants des forces armées soudanaises et des forces de soutien rapide à cesser immédiatement les hostilités, à rétablir le calme et à entamer un dialogue pour résoudre la crise. La situation a déjà entraîné d’effroyables pertes en vies humaines, dont de nombreux civils. Toute nouvelle escalade pourrait être dévastatrice pour le pays et la région », a déclaré Antonio Guterres.

Des tirs nourris ont éclaté près du quartier général de l’armée. A proximité, des étudiants et membres du personnel sont bloqués dans la bibliothèque de l’école d’ingénieurs de l’université de Khartoum depuis samedi. Pas facile de regagner leur domicile comme le souligne cet étudiant dans une vidéo mise en ligne lundi.

« C’est notre troisième jour ici depuis samedi et nous sommes lundi à 9 h 20. Nous sommes environ 88 personnes, dont une vingtaine de travailleurs, des anciens, cinq étudiantes et deux femmes. La situation est très agitée et les affrontements ont repris et se poursuivent. La nuit dernière, des affrontements ont entraîné la mort d’un étudiant.’’; explique un étudiant soudanais coincé dans la bibliothèque.

Au moins 185 personnes ont été tuées et plus de 1800 blessées depuis le début des hostilités selon les chiffres communiqués par le chef de la mission de l’ONU dans le pays. Sur le terrain « La situation est très changeante. difficile d’évaluer dans quel sens l’équilibre évolue », a déclaré lundi un fonctionnaire onusien.

AFRICA NEWS via CONGO PUB Online

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À la UneAfrique

Soudan : au moins 97 morts au 3e jour de combats

by admin9775 17 avril 2023
written by admin9775

Une centaine de civils ont été tués au Soudan où tirs et explosions secouent la capitale sans discontinuer depuis 3 jours . A l’origine de ces combats, la rivalité entre deux généraux : Abdel Fattah Al Burane à la tête du pays et Mohamed Hamdane Daglo à la tête de la milice FSR.  Les deux hommes avaient évincé ensemble les civils du pouvoir lors du putsch d’octobre 2021 avant de retourner leurs armes l’un contre l’autre samedi matin.

#BREAKING Death toll of Sudan clashes rises to 97: doctors union pic.twitter.com/FUvGm2Ssp7

— AFP News Agency (@AFP) April 17, 2023

Lors d’une conférence de presse à Abou Dhabi, l’ancien premier ministre Abdallah Hamdok a déploré une “situation catastrophique” qui risque de s’aggraver : « La paix reste le seul choix envisageable pour le peuple soudanais afin d’éviter que le pays ne soit plongé dans une guerre civile. C’est pourquoi j’appelle à un cessez-le-feu immédiat et à la conclusion d’un accord qui conduise à une cessation permanente (des hostilités). » a-t-il déclaré. 

Pris sous ces feux croisés, les civils paient le prix fort : au moins 97 d’entre eux ont été tués, selon le syndicat officiel des médecins de Khartoum.

Alors que plus du tiers de la population soudanaise avaient besoin d’aide humanitaire avant la récente flambée de violence, le Programme alimentaire mondial (PAM) a suspendu dimanche son aide, suite à la mort de trois de ses employés, tués dans des combats au Darfour (ouest), faisant redouter le pire dans un pays déjà menacé par des pénuries de vivres, d’eau et d’électricité.

Africanews via CONGO PUB Online

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Nigéria : Le président élu, Bola Ahmed Tinubu prêtera serment le 29 mai

by admin9775 14 avril 2023
written by admin9775

Le président élu du Nigeria, Bola Ahmed Tinubu sera investi le 29 mai prochain.

Élu à l’issue de la présidentielle du 26 février, Bola Ahmed Tinubu va prêter serment le 29 mai pour devenir le nouveau président de la République fédérale du Nigeria selon un communiqué du ministre de l’Information et de la Culture, Lai Mohammed.

Selon les résultats publiés par la Commission électorale nationale indépendante du Nigéria (Inec), Bola Ahmed Tinubu (37 % des voix), candidat du Congrès des progressiste (APC), parti au pouvoir, a remporté l’élection présidentielle suivi par son rival du Parti démocratique du peuple (PDP), principal parti d’opposition, Atiku Abubakar (29 % des voix).

Peter Obi, candidat du Labor Party a créé la surprise en remportant notamment l’État clé de Lagos. Cette élection est contestée par l’opposition qui dénonce des fraudes massives en faveur du candidat du parti au pouvoir.

Par Gédéon ATIBU

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À la UneAfrique

En 20 ans, la Côte d’Ivoire a déforesté l’équivalent de la surface du Rwanda pour produire toujours plus de cacao

by admin9775 12 avril 2023
written by admin9775

Plus de 55% des exportations ivoiriennes de cacao sont intraçables. Les sociétés de négoce des matières premières et les entreprises de confiserie sont exposées à des niveaux élevés de déforestation en Côte d’Ivoire (rapport).

La filière cacaoyère ivoirienne, qui représente le principal moteur de la déforestation dans le pays, est encore confrontée à un manque criant de traçabilité et de transparence, selon un rapport publié le 31 janvier dernier par des chercheurs de l’Université catholique de Louvain (Belgique) dans la revue scientifique Environemental Research Letters.

Le rapport qui se base notamment sur des données de Trase, une plateforme qui cartographie les chaînes d’approvisionnement des matières premières agricoles liées à la déforestation, révèle que moins de 45% des exportations ivoiriennes de cacao peuvent être tracées jusqu’aux coopératives de producteurs. L’origine de plus des 55% restants est inconnue, car les négociants s’approvisionnent indirectement auprès d’intermédiaires ou ne divulguent pas d’informations sur leurs fournisseurs.

Les chercheurs ont également examiné l’approvisionnement en cacao de huit grands négociants qui ont traité 60% des exportations ivoiriennes en 2019, en l’occurrence Cargill, Barry Callebaut, Olam, Touton, Sucden, S3C, ECOM et Africa Sourcing. Ils ont constaté que la part de l’approvisionnement indirect chez ces négociants, et dont la source est naturellement impossible à identifier, varie entre 25% (ECOM) et plus de 70% (Sucden), ce qui pose « de sérieux problèmes de traçabilité ».

De plus, un tiers du cacao a été exporté par de grands négociants, dont S3C et Africa Sourcing, ainsi que de nombreuses petites entreprises qui ne divulguent aucune information sur leurs fournisseurs.

Une très faible traçabilité jusqu’aux plantations  

Le rapport souligne d’autre part que la traçabilité des exportations de cacao jusqu’aux exploitations agricoles est encore plus faible. Les sept négociants membres de l’Initiative Cacao et Forêts (Cocoa and Forests Initiative/CFI), un partenariat entre 35 entreprises de la chaîne d’approvisionnement du cacao et les gouvernements de Côte d’Ivoire et du Ghana, qui vise à atteindre une traçabilité de 100% de la chaîne d’approvisionnement, ont cartographié 69 % des volumes de leurs approvisionnements directs auprès de coopératives en 2019. Mais lorsqu’on ajoute les approvisionnements indirects, les négociants membres la CFI n’ont cartographié qu’environ 40% de la totalité des plantations ivoiriennes qui les approvisionnent, ce qui représente moins de 5% des exportations de cacao du pays en 2019.  

Millions d’hectares

Le rapport indique par ailleurs que la production de cacao constitue une source majeure de déforestation en Côte d’Ivoire. Entre 2000 et 2019, environ 2,4 millions d’hectares de forêt ont été remplacés par des plantations de cacao, une superficie presque équivalente à la taille du Rwanda. Cela représente 45 % de la déforestation totale et de la dégradation des forêts du pays.

En outre, 25 % de la superficie utilisée pour la production de cacao en 2019 était située dans des zones « protégées » et des réserves forestières, telles que répertoriées par la législation environnementale locale, qui est rarement appliquée en raison de la faiblesse de la gouvernance.

Forte exposition de quatre groupes de négoce

Les sociétés de négoce des matières premières et les entreprises de confiserie qui achètent du cacao en Côte d’Ivoire sont ainsi confrontées à des risques réglementaires et de réputation croissants du fait de leur association à la déforestation.

Trase a d’ailleurs calculé l’exposition à la déforestation des négociants en cacao en Côte d’Ivoire entre 2000 et 2015 grâce à l’analyse de la production de cacao et des données commerciales, combinées à une cartographie satellite de la déforestation, afin de relier les régions productrices de cacao aux marchés où il est consommé.

Ces calculs montrent que les exportations de Cargill ont été exposées à 183 000 hectares (ha) de déforestation, devant celles d’Olam (165 000 ha), de Barry Callebaut (158 ​​000 ha) et de Touton (99 000 ha).

Selon les mêmes calculs, l’Union européenne et le Royaume-Uni, qui absorbent près des deux tiers des exportations ivoiriennes, étaient associée à la déforestation de 838.000 ha qui ont été transformés en plantations de cacao.

Le rapport conclut que les mesures visant à accroître la traçabilité axée sur la demande, telles que la nouvelle réglementation « zéro déforestation » de l’Union européenne (UE), qui oblige les entreprises de mener un processus de diligence raisonnable dans leurs chaînes d’approvisionnement et de démontrer que leurs produits ne causent pas de déforestation, sont insuffisantes pour lutter contre la déforestation, en particulier concernant le cacao, pour lequel une grande partie de l’approvisionnement provient de sources indirectes.

Les chercheurs de l’Université catholique de Louvain recommandent dans ce cadre aux négociants d’œuvrer au-delà de leurs chaînes d’approvisionnement individuelles pour améliorer la gouvernance et la planification de l’utilisation des terres, grâce à une collaboration formelle avec les parties prenantes, notamment le gouvernement central, les autorités locales, les agriculteurs, les communautés et les organisations de la société civile pour sauver les dernières forêts d’Afrique de l’Ouest.

Agence Ecofin via CONGO PUB Online

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