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Category:

Economie

À la UneEconomie

RDC: 5,3 milliards de dollars de pertes en dix ans, les entreprises publiques devenues un boulet pour l’économie

by admin9775 9 mai 2026
written by admin9775

La Banque mondiale publie un rapport particulièrement critique sur les entreprises publiques en République démocratique du Congo (RDC). Dans ce document consacré à la situation économique du pays, consulté par RFI en exclusivité, l’institution s’arrête notamment sur les sociétés minières détenues par l’État, un des sujets centraux dans cette économie où les mines restent le principal moteur de la croissance et des exportations. L’institution revient également sur les difficultés de la SNEL – pour l’électricité – et de la REGIDESO – pour l’eau.

La RDC affiche une croissance supérieure à la moyenne de l’Afrique subsaharienne, portée par le secteur minier. Mais dans son rapport sur la situation économique du pays publié, en mars 2026, la Banque mondiale dresse un constat sévère sur les entreprises publiques congolaises : pertes financières massives, endettement croissant, gouvernance défaillante, infrastructures vieillissantes.

Pour l’institution, ces fragilités ne concernent plus seulement les entreprises elles-mêmes. Elles pèsent sur les finances de l’État, sur la compétitivité de l’économie et sur les conditions de vie de la population.

Des pertes qui s’accumulent depuis dix ans

Entre 2014 et 2023, les entreprises publiques congolaises ont accumulé environ 5,3 milliards de dollars de pertes, soit plus de 500 millions par an, un montant que la Banque mondiale met en perspective de façon brutale : il correspond presque au budget annuel de la Santé en RDC.

Plus des deux tiers des entreprises pour lesquelles des données sont disponibles ont déclaré des pertes, en 2023. Dans le domaine de l’Energie, des Transports et de l’Eau, SNEL, RVA, SNCC, ONATRA et REGIDESO sont les plus exposées.

Une dette qui menace les Finances publiques

La dette de ces entreprises est passée de 5,7 % du PIB, en 2019, à 7,3 % en 2023. Elle représente désormais environ 42 % de la dette extérieure publique de la RDC. Un défaut de paiement total des onze principales entreprises publiques coûterait au Trésor environ 179 millions de dollars en une seule année. La SNEL concentre à elle seule 75 % de cette dette.

Les difficultés de trésorerie sont chroniques : certaines créances restent impayées, pendant près de quatre ans, et les délais de paiement des créanciers peuvent dépasser trois ans. Résultat : plusieurs entreprises empruntent, non pour investir, mais pour couvrir leurs déficits de liquidités.

Gouvernance : le contrôle dilué, la transparence absente

La Banque mondiale décrit des conseils d’administration politisés, des nominations sans critères de compétence, un contrôle fragmenté entre plusieurs institutions. En 2024, seules dix des vingt principales entreprises publiques ont publié leurs états financiers. Sur les cinq dernières années, seules cinq l’ont fait régulièrement.

Électricité et eau : l’abondance théorique, la pénurie réelle

La RDC n’utilise que 3,2 % de sa capacité hydroélectrique installée. Seuls 22 % de la population ont accès au réseau électrique. La SNEL enregistre 37 % de pertes techniques sur sa production. Les délestages sont permanents, les coûts pour les entreprises élevés.

Dans le secteur de l’eau, la REGIDESO ne couvre que 16 % de la population. Dans les zones rurales et semi-urbaines, l’accès à l’eau potable reste inférieur à 14 %. En 2024, environ 40 % de l’eau produite n’arrive pas jusqu’aux usagers.

Le minier public, paradoxe dans le paradoxe

La croissance congolaise repose sur les mines. En 2025, les exportations de cuivre ont dépassé 3,4 millions de tonnes, mais les entreprises minières publiques sont elles-mêmes fragilisées.

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À la MIBA, les charges salariales représentent 137 % du chiffre d’affaires. La Gécamines concentre environ 16 % de la dette totale des entreprises publiques, même si elle a enregistré le bénéfice le plus important parmi les entreprises observées.

Deux points de croissance en jeu

La Banque mondiale réclame une clarification du rôle de l’État actionnaire, des nominations fondées sur le mérite, une transparence financière réelle et une réduction des interférences politiques.

L’institution chiffre l’enjeu : des réformes efficaces pourraient faire progresser la croissance potentielle de la RDC d’environ deux points de pourcentage au-dessus des projections actuelles. C’est le prix de l’inaction qui est posé sur la table.

RFI

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9 mai 2026 0 comments
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À la UneEconomie

Eurobond « Mbote » : Félix Tshisekedi exige rigueur et résultats dans la gestion des 1,25 milliard USD

by admin9775 9 mai 2026
written by admin9775

À peine la République démocratique du Congo a-t-elle réussi sa première émission d’eurobond sur les marchés internationaux que le président Félix Tshisekedi fixe déjà les exigences de gouvernance autour des fonds mobilisés.

Lors de la réunion extraordinaire du Conseil des ministres du 15 avril, le chef de l’État a insisté sur la nécessité d’une gestion rigoureuse et transparente des 1,25 milliard de dollars levés à travers l’eurobond baptisé « Mbote ». Selon lui, cette opération financière, largement sursouscrite, représente avant tout un engagement de crédibilité envers les investisseurs internationaux.

« Ce à quoi les marchés ont souscrit, ce n’est pas seulement une obligation financière, mais une promesse : celle d’un État gouverné avec ordre, prévoyance et responsabilité », a déclaré le président congolais.

Pour garantir un suivi strict des ressources mobilisées, Félix Tshisekedi a demandé à la Première ministre Judith Suminwa Tuluka de mettre sur pied une commission interinstitutionnelle chargée de superviser l’exécution des investissements financés par cet emprunt. Cette structure devra associer les ministères du Plan, des Finances, les secteurs concernés ainsi que des représentants de la présidence.

Le chef de l’État a également exigé une « traçabilité irréprochable » des fonds. Le ministre des Finances Doudou Fwamba Likunde Li-Botayi a été chargé d’instaurer un mécanisme de suivi structuré et accessible, tandis que l’Inspection générale des finances assurera des contrôles annuels de conformité. La Cour des comptes devra, de son côté, transmettre au Parlement des rapports détaillés sur l’exécution de l’emprunt.

Le gouvernement produira également un rapport trimestriel détaillant l’état d’avancement des projets, les montants engagés ainsi que les éventuels écarts observés.

Parmi les projets retenus figurent plusieurs infrastructures jugées stratégiques dans le cadre du Programme national stratégique de développement 2024-2028. Le portefeuille comprend notamment la construction d’un nouveau terminal à l’aéroport international de N’djili, la réhabilitation de 750 kilomètres de route entre Kisangani et Beni, ainsi que 300 kilomètres de voiries urbaines et une rocade moderne à Kinshasa.

Le secteur énergétique bénéficiera également d’investissements majeurs, notamment avec une ligne de transmission électrique entre la Zambie et la ceinture cuprifère congolaise, ainsi que le projet hydroélectrique de Katende destiné à renforcer l’accès à l’électricité dans le Kasaï-Central.

Enfin, une partie des ressources sera orientée vers le capital humain à travers la création de centres de formation professionnelle à Kinshasa, Kisangani, Mbuji-Mayi et Lubumbashi, afin d’adapter les compétences des jeunes aux besoins du marché du travail.

À travers cette stratégie, les autorités congolaises entendent démontrer que l’endettement public peut devenir un levier de croissance lorsqu’il finance des projets productifs et générateurs de richesse.

Par Marius Bopenga
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À la UneEconomie

L’administration américaine ouvre son portail de remboursement des droits de douane

by admin9775 21 avril 2026
written by admin9775

L’agence américaine des douanes (CBP) a annoncé lundi que son portail de remboursement des droits de douane, retoqués mi-février par la Cour suprême, est ouvert aux demandes des entreprises, qui devront préciser les produits concernés.

Dans l’immédiat, seules les demandes concernant les démarches douanières non finalisées ou celles concernant des produits entrés il y a moins de 80 jours seront prises en compte.

Dans un communiqué publié lundi, l’entreprise de transport FedEx a annoncé sa volonté de reverser à ses consommateurs les montants remboursés par l’administration américaine.

Selon des documents de justice, près de 56 500 entreprises ont déjà entamé des démarches, au 9 avril, afin de demander un remboursement des droits de douane versés, pour un total d’environ 127 milliards de dollars.

La Cour suprême a annulé le 20 février une large part des droits de douane mis en place par Donald Trump, qui s’était appuyé sur un texte de 1977 (l’IEEPA) pour les instaurer.

La CPB avait demandé dans la foulée un délai auprès d’un juge américain avant de procéder aux remboursements, le temps de mettre en place les procédures adéquates.

L’administration doit en effet vérifier les documents concernant plus de 53 millions d’entrées de produits aux États-Unis.

Au total, l’agence estime que 330 000 entreprises ont importé des produits depuis l’entrée en vigueur des droits de douane voulus par le président américain Donald Trump.

Ces surtaxes douanières ont généré 166 milliards de dollars de revenus et pourraient désormais être remboursées.

Le locataire de la Maison-Blanche a aussitôt annoncé une nouvelle surtaxe de 10 %, effective depuis le 24 février, se basant sur un autre texte de loi.

La Presse

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À la UneEconomie

Kinshasa instaure une taxe spéciale pour financer la reconstruction urbaine

by admin9775 16 avril 2026
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La Kinshasa a franchi un nouveau cap dans la mobilisation de ressources locales avec l’instauration d’une « taxe spéciale » destinée aux opérateurs économiques affiliés à la Fédération des Entreprises du Congo, dans le cadre d’un appui à la reconstruction de la capitale.

Cette mesure, annoncée par la cellule de communication de l’Hôtel de ville, découle d’une convention signée entre les autorités urbaines et la FEC, traduisant une volonté commune de renforcer le financement des projets structurants au bénéfice de la ville.

Selon les termes de l’accord, les fonds collectés seront logés dans un compte co-géré par les parties prenantes, avec pour objectif de soutenir des investissements prioritaires liés notamment aux infrastructures et aux services urbains.

Le partenariat a été formalisé par le gouverneur de la ville, Daniel Bumba Lubaki, et le président national de la FEC, Robert Malumba Kalombo, qui ont convenu des modalités de perception de cette « taxe spéciale conventionnelle pour la reconstruction ».

Au-delà de cette nouvelle contribution, l’accord prévoit également une mutualisation des efforts en matière de sensibilisation et de collecte d’autres taxes existantes, notamment la taxe d’estampillage et de conformité des emballages à caractère industriel ou commercial, ainsi que la taxe d’assainissement et d’enlèvement des immondices.

À travers cette initiative, les autorités de Kinshasa entendent renforcer la capacité financière de la ville et améliorer la prise en charge des besoins urbains, dans un contexte marqué par des défis importants en matière d’assainissement, de gestion des déchets et de modernisation des infrastructures.

Par Pascal Kabeya
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À la UneEconomie

Énergie : la RDC se tourne vers le Nigeria pour sécuriser son approvisionnement en carburant

by admin9775 16 avril 2026
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Face aux tensions sur les marchés pétroliers, la République démocratique du Congo accélère sa stratégie de diversification de ses sources d’approvisionnement en carburant. Le Vice-Premier ministre et ministre de l’Économie, Daniel Mukoko Samba, a conduit une mission officielle au Nigeria pour négocier un partenariat direct avec la Raffinerie Dangote, la plus grande du continent.

Selon un communiqué du ministère de l’Économie nationale daté du 14 avril, cette initiative du gouvernement dirigé par Judith Suminwa Tuluka vise à garantir la disponibilité des produits pétroliers en contournant les circuits traditionnels, souvent soumis à de fortes fluctuations internationales. La délégation congolaise a notamment échangé avec le milliardaire nigérian Aliko Dangote en vue d’établir un canal d’approvisionnement direct.

Malgré d’importantes ressources en hydrocarbures, notamment dans le Graben Albert et en offshore, la République démocratique du Congo reste fortement dépendante des importations de produits raffinés, faute d’infrastructures locales suffisantes. Cette dépendance expose le pays aux chocs des prix mondiaux et aux tensions géopolitiques.

L’objectif affiché par les autorités est de diversifier les sources d’approvisionnement, renforcer la résilience énergétique et mieux anticiper les fluctuations du marché.

Avec une capacité de production estimée à 650 000 barils par jour, la Raffinerie Dangote constitue aujourd’hui un acteur clé de l’approvisionnement pétrolier en Afrique, exportant déjà vers plusieurs pays du continent.

Au-delà de l’urgence conjoncturelle, cette démarche s’inscrit dans une logique de coopération sud-sud, alors que le groupe Dangote intensifie sa présence en Afrique centrale. Un éventuel accord pourrait contribuer à stabiliser les prix à la pompe en RDC, où les capacités de stockage demeurent limitées.

Des observateurs saluent cette offensive diplomatique, tout en soulignant la nécessité, à long terme, de développer une industrie nationale de raffinage afin de réduire durablement la dépendance extérieure.

Si aucun détail chiffré n’a encore été rendu public, cette initiative illustre la montée en puissance de la diplomatie économique du gouvernement Suminwa, en cohérence avec les ambitions de la Zone de libre-échange continentale africaine, et pourrait ouvrir la voie à des partenariats énergétiques plus larges sur le continent.

Par Marius Bopenga
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À la UneEconomie

RDC : 1,25 milliard USD levés, cap sur les infrastructures et le développement

by admin9775 14 avril 2026
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La République démocratique du Congo franchit une étape majeure de son intégration financière internationale. Le ministre des Finances, Doudou Fwamba Likunde Li-Botayi, a annoncé lundi la réussite de la toute première émission d’Eurobond du pays, baptisée « Mbote », qui a permis de mobiliser 1,25 milliard de dollars sur les marchés internationaux.

Lors d’une conférence de presse à Kinshasa, l’argentier national a donné à cette opération une portée symbolique forte, établissant un parallèle avec la récente qualification des Équipe nationale de football de la RDC à la Coupe du monde 2026. « Mbote n’est pas qu’une salutation, c’est un message au monde : la RDC est prête et ouverte aux affaires », a-t-il déclaré.

Une reconnaissance des marchés financiers

Au-delà du montant levé, le gouvernement met en avant la dimension qualitative de cette opération. « Nous ne célébrons pas 1,25 milliard USD, mais la reconnaissance par les marchés de l’amélioration du risque de crédit de la RDC », a souligné Doudou Fwamba Likunde Li-Botayi.

Cette évolution est attribuée aux réformes engagées depuis 2019 sous l’impulsion du président Félix Tshisekedi et mises en œuvre par le gouvernement dirigé par la Première ministre Judith Suminwa Tuluka.

Des fondamentaux macroéconomiques jugés solides

Face aux interrogations sur le recours à l’endettement, le ministre a tenu à rassurer. Le déficit budgétaire s’est établi à 2,4 % du PIB en 2025, tandis que le ratio d’endettement reste limité à 18,1 %. Une trajectoire qui, selon les autorités, renforce la crédibilité du pays auprès des investisseurs.

La dynamique économique reste soutenue, avec une croissance moyenne de 7 % sur les quatre dernières années et des perspectives supérieures à 5 % jusqu’en 2027. L’inflation, contenue à 2,3 % en 2025, ainsi que des réserves couvrant au moins trois mois d’importations, témoignent également de cette stabilité.

Des investissements structurants en perspective

Les fonds mobilisés serviront à financer des projets majeurs inscrits dans le Programme national stratégique de développement (PNSD) 2024-2028. Parmi les priorités figurent la modernisation de l’Aéroport international de N’djili, la construction du barrage de Katende et le développement des infrastructures interprovinciales, notamment en matière de mobilité urbaine.

Vers une meilleure structuration du marché financier

Sur le plan de la gouvernance, Doudou Fwamba Likunde Li-Botayi a insisté sur les exigences accrues de transparence et de discipline qu’impose ce type de financement. Il a également annoncé la mise en place prochaine d’une courbe des taux, destinée à faciliter l’accès au crédit pour le secteur privé et à structurer davantage le marché financier domestique.

Une ambition de crédibilité internationale

Le ministre a enfin salué l’implication des experts nationaux dans la réussite de cette opération. « Ce n’est pas une victoire importée, c’est le génie congolais qui a convaincu les marchés », a-t-il affirmé.

Avec cette première émission d’Eurobond, la République démocratique du Congo ambitionne de renforcer son attractivité auprès des investisseurs internationaux et de poser les bases d’une croissance plus inclusive, dans un contexte où les enjeux de développement restent considérables.

Par Marius Bopenga
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À la UneEconomie

La Banque Centrale du Congo abaisse son taux directeur et suscite un débat sur sa stratégie monétaire

by admin9775 11 avril 2026
written by admin9775

La Banque centrale du Congo (BCC) a annoncé une réduction de son taux directeur de 1,5 point de pourcentage, le faisant passer de 15,0 % à 13,5 %, à l’issue de la réunion de son Comité de politique monétaire (CPM). Cette décision, rendue publique dans un communiqué consulté vendredi, s’inscrit dans une volonté affichée de soutenir l’activité économique tout en maintenant le cap sur la stabilité des prix.

Selon la BCC, cet ajustement vise à préserver un taux d’intérêt réel « largement positif », estimé à 11,3 points de pourcentage par rapport à l’inflation en glissement annuel. L’institution monétaire entend ainsi maintenir l’attractivité des placements en monnaie nationale et renforcer l’ancrage des anticipations inflationnistes.

Dans un contexte marqué par la volatilité des prix des matières premières et des pressions persistantes sur le taux de change, la banque centrale poursuit ses efforts pour consolider la stabilité macroéconomique. Le taux directeur, principal levier de la politique monétaire, influence directement le coût du crédit, les conditions de financement des entreprises et, plus largement, le rythme de l’activité économique.

Vers un encadrement plus strict des flux en devises

Parallèlement, la BCC a annoncé une mesure structurante : à compter du 9 avril 2027, aucune banque commerciale ne sera autorisée à importer physiquement des devises étrangères. Pour André Wameso, gouverneur de l’institution, cette décision vise à renforcer la sécurité des approvisionnements en devises et à lutter contre les risques de blanchiment de capitaux ainsi que le financement du terrorisme.

Des propositions controversées sur le rôle économique des églises

Au-delà des mesures strictement monétaires, le gouverneur a suscité le débat en appelant les églises à s’impliquer davantage dans le financement de l’économie. André Wameso a ainsi comparé les offrandes religieuses — communément appelées « Mabonza » — à une forme de financement participatif (crowdfunding), suggérant qu’une partie des dîmes pourrait être orientée vers le financement des petites et moyennes entreprises (PME).

« Imaginez ce que les PME pourraient recevoir chaque dimanche si une partie des offrandes était consacrée à leur financement. Cela transformerait profondément notre économie », a-t-il déclaré, plaidant pour une contribution accrue des institutions religieuses au développement économique.

Vives critiques dans le monde académique et politique

Ces orientations ne font toutefois pas l’unanimité. Godé Mpoy a exprimé son désaccord avec la stratégie du gouverneur, tandis que plusieurs économistes dénoncent des « incohérences » dans l’approche globale de la BCC.

Ce professeur d’économie met en garde contre les effets potentiellement contre-productifs de certaines mesures. « Dans un pays à faible couverture bancaire, imposer la bancarisation des transactions en dollars relève d’une approche économicide », estime-t-il. Il souligne également que la digitalisation accrue des flux en devises pourrait freiner la fluidité des échanges dans un environnement encore peu équipé en infrastructures électroniques.

Selon cet expert, une pression accrue sur la demande de franc congolais, dans un contexte économique fragile, pourrait paradoxalement alimenter les tensions inflationnistes que la BCC cherche précisément à contenir.

Entre stabilisation et relance, un équilibre délicat

La réduction du taux directeur et les réformes annoncées traduisent la volonté de la Banque centrale du Congo de naviguer entre impératifs de stabilisation et besoins de relance économique. Toutefois, les débats qu’elles suscitent illustrent les défis complexes auxquels font face les autorités monétaires dans un environnement marqué par des contraintes structurelles et une forte sensibilité aux chocs externes.

Dans ce contexte, la crédibilité et la cohérence des politiques mises en œuvre apparaissent plus que jamais déterminantes pour asseoir durablement la stabilité macroéconomique du pays.

Par Pascal Kabeya
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À la UneEconomie

La RDC fait une entrée remarquée sur les marchés financiers internationaux avec une émission obligataire record

by admin9775 10 avril 2026
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Kinshasa a levé 1,25 milliard de dollars lors de sa première émission d’euro-obligations, dépassant largement ses objectifs initiaux et confirmant l’appétit des investisseurs pour les ressources stratégiques du pays.

La République démocratique du Congo a franchi, jeudi 9 avril 2026, un cap historique en réalisant sa toute première émission obligataire sur les marchés financiers internationaux. Une opération qui consacre l’entrée du géant d’Afrique centrale dans le cercle restreint des États émetteurs actifs à l’échelle mondiale.

Un succès au-delà des attentes

Initialement calibrée pour mobiliser 750 millions de dollars — dans le cadre d’un programme global pouvant atteindre 1,5 milliard —, l’opération a finalement permis de lever 1,25 milliard de dollars, selon des informations rapportées par Reuters. Ce dépassement significatif des objectifs témoigne d’un intérêt marqué de la communauté financière internationale pour la signature congolaise.

Deux tranches ont été proposées aux investisseurs :

  • Échéance 2032 (5 ans) : rendement indicatif d’environ 9,125 %
  • Échéance 2037 (10 ans) : rendement proche de 10 %

Les fonds mobilisés seront orientés en priorité vers le financement de projets d’infrastructures, considérés comme essentiels pour soutenir la croissance et améliorer la compétitivité de l’économie congolaise.

Les ressources stratégiques, moteur de l’attractivité

Cette réussite intervient dans un contexte de regain d’intérêt mondial pour les ressources naturelles de la RDC. Le pays détient des réserves considérables de cobalt et de cuivre, deux minerais indispensables à la transition énergétique et à l’électrification des transports.

Dans un contexte où les États-Unis et leurs partenaires occidentaux cherchent à diversifier leurs chaînes d’approvisionnement pour réduire leur dépendance vis-à-vis de la Chine, la RDC s’impose comme un acteur incontournable. Cette position stratégique a manifestement pesé dans la décision des investisseurs.

Des fondamentaux en amélioration

L’agence S&P Global Ratings souligne plusieurs facteurs ayant contribué à renforcer la confiance des marchés :

  • Une croissance économique soutenue
  • Une consolidation des réserves de change
  • Des efforts accrus de mobilisation des recettes publiques

Par ailleurs, une accalmie récente sur la scène internationale — notamment liée à une détente entre Washington et Téhéran — a contribué à améliorer les conditions de financement pour l’ensemble des économies émergentes, après une période de fortes tensions géopolitiques.

Des défis structurels persistants

Malgré cette avancée majeure, plusieurs facteurs de risque demeurent. L’économie congolaise reste fortement tributaire des exportations minières, ce qui l’expose à la volatilité des cours des matières premières. À ces vulnérabilités s’ajoutent :

  • L’instabilité sécuritaire persistante dans l’Est du pays
  • Le poids important des financements concessionnels dans la structure de la dette extérieure
  • La dépendance commerciale vis-à-vis de partenaires clés, en particulier la Chine
  • Les tensions régionales récurrentes

Un tournant stratégique

Cette première émission d’euro-obligations marque un tournant décisif dans la stratégie financière de la RDC. En accédant aux marchés internationaux de capitaux, Kinshasa diversifie ses sources de financement et affirme sa volonté de s’intégrer davantage dans l’économie mondiale.

Cette nouvelle donne impose toutefois des exigences accrues en matière de gouvernance, de transparence et de gestion rigoureuse de la dette publique — autant de défis que les autorités congolaises devront relever pour pérenniser la confiance des investisseurs.

Par Pascal Kabeya
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À la UneEconomie

Kinshasa : lancement de la souscription et de la formalisation à l’approche du nouveau marché central

by admin9775 8 avril 2026
written by admin9775

À l’approche de l’ouverture officielle du nouveau marché central, les autorités provinciales de Kinshasa ont enclenché, ce mardi 7 avril, une opération combinée portant sur la souscription aux étals et la délivrance des documents légaux d’exercice des activités commerciales.

À travers cette démarche, le gouvernement entend à la fois moderniser les espaces de négoce et renforcer l’encadrement du tissu économique local.

Intervenant lors de la cérémonie, le ministre provincial du Commerce, Fiston Lukwebo, a expliqué que cette initiative marque le début concret du processus d’intégration des commerçants dans le nouveau marché, tout en insistant sur l’obligation pour chaque opérateur de se conformer aux exigences légales, notamment la détention de la patente.

Pour faciliter cette opération, plusieurs sites ont été retenus à travers la ville, notamment le Jardin botanique de Kinshasa ainsi que les communes de Matete, Gombe, Bandalungwa et Limete, permettant ainsi un enregistrement de proximité pour les commerçants.

Représentant le gouverneur Daniel Bumba, le ministre provincial des Finances et de l’Économie, MaGloire Kabemba, a mis en avant la portée de cette initiative, qu’il considère comme une étape clé dans la transformation du commerce urbain.

Selon lui, il s’agit d’un engagement mutuel entre les autorités et les opérateurs économiques : offrir des infrastructures modernes et organisées, en contrepartie d’une meilleure conformité aux obligations fiscales.

Les modalités d’attribution des étals reposent sur des critères bien définis, notamment la nationalité congolaise, l’âge minimum de 18 ans, la détention d’une patente valide et la présentation d’un quitus fiscal, des conditions présentées comme des garanties de transparence dans le processus.

À l’issue de la cérémonie, MaGloire Kabemba a effectué une descente au Jardin botanique de Kinshasa afin de constater le déroulement des opérations sur le terrain.

Cette initiative a mobilisé plusieurs membres de l’exécutif provincial, des partenaires ainsi que de nombreux commerçants, venus s’informer et adhérer à cette réforme visant à structurer durablement les activités commerciales dans la capitale.

Par Pascal Kabeya
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À la UneEconomie

RDC : la guerre à l’Est pèse lourdement sur les finances publiques

by admin9775 26 mars 2026
written by admin9775

La dégradation de la situation sécuritaire dans l’est de la République démocratique du Congo a eu un impact significatif sur les équilibres budgétaires du pays, selon les dernières données disponibles.

Les dépenses de défense ont ainsi fortement augmenté, triplant en une année pour atteindre 3,4 % du PIB en décembre 2025. Cette hausse s’explique par l’intensification des opérations militaires face à l’insécurité persistante, notamment liée aux activités des rebelles du M23. Dans ce contexte, le gouvernement a également procédé au doublement de la rémunération des militaires et des policiers, afin de renforcer leur moral et de limiter les risques de défection.

Un déficit budgétaire en hausse

Cette pression sécuritaire a directement affecté les finances publiques. Le déficit budgétaire global est passé de 1,9 % du PIB en 2024 à environ 2,9 % en 2025. Cette dégradation résulte à la fois de l’augmentation des dépenses de sécurité et de la masse salariale publique, mais aussi de la baisse des recettes fiscales dans les zones affectées par le conflit.

La masse salariale de l’État a progressé de 0,6 point pour atteindre 4,9 % du PIB, représentant désormais près d’un tiers des dépenses totales.

Des recettes en baisse dans les zones en conflit

Les pertes de recettes sont également notables. La fermeture temporaire de plusieurs bureaux de l’administration fiscale dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, combinée au ralentissement de l’activité économique, y compris à Kinshasa, a entraîné un manque à gagner estimé à environ 0,5 % du PIB.

Des mesures d’austérité pour contenir la pression

Face à ces contraintes, les autorités ont mis en place des mesures d’ajustement budgétaire. Celles-ci ont permis de générer des économies équivalentes à 0,5 % du PIB, notamment à travers la réduction des dépenses en biens et services, une baisse de 20 % des salaires des hauts fonctionnaires, ainsi que la diminution de certains transferts et subventions.

Une priorité sécuritaire confirmée pour 2026

Dans le budget 2026, la priorité accordée à la sécurité se confirme. Les dépenses liées aux opérations sécuritaires et humanitaires sont estimées à 2,5 % du PIB, soit environ 12,3 % des dépenses totales. Le secteur de la sécurité représente à lui seul 15 % du budget sectoriel global.

Ces chiffres illustrent le coût élevé de la guerre pour l’économie congolaise, dans un contexte où la stabilité sécuritaire demeure un préalable essentiel au redressement économique et à la mobilisation des ressources publiques.

Par Marius Bopenga
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