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Monde

À la UneMonde

États-Unis: J.D. Vance accepte d’être le colistier de Trump et devient le plus jeune candidat à la vice-présidence

by Sam's Londele 18 juillet 2024
written by Sam's Londele

Le sénateur de l’Ohio James David Vance est officiellement le nouveau colistier du candidat républicain à la présidence Donald Trump. Surtout connu en tant que J.D. Vance, l’homme de 39 ans a accepté ce mercredi 17 juillet au soir sa nomination pour le poste de candidat à la vice-présidence des États-Unis, devant les délégués républicains réunis dans leur convention à Milwaukee, dans l’État du Wisconsin.

En acceptant officiellement sa nomination, J.D. Vance devient l’un plus jeunes candidats au poste de vice-président des États-Unis à 39 ans. Devant la convention républicaine, le sénateur de l’Ohio raconte son histoire, se décrivant comme l’incarnation du « rêve américain ». C’est l’histoire d’un enfant issu de cette Amérique blanche déclassée, élevé dans la pauvreté par une mère toxicomane, puis devenu sénateur de l’Ohio en 2022. « Le Président Trump représente le dernier espoir de l’Amérique de restaurer ce qui ne sera peut-être jamais retrouvé : un pays où un garçon de la classe ouvrière, né loin des allées du pouvoir, peut se tenir sur scène en tant que prochain vice-président des États-Unis d’Amérique », a-t-il déclaré. 

Désormais colistier de Donald Trump, J.D. Vance promet de défendre la classe ouvrière américaine en particulier dans son État-clé de la « Rust Belt » désindustrialisée dont il est issu et qui fait partie des États où se joue l’élection présidentielle. « On va construire de nouvelles usines. On va arrêter d’acheter notre énergie à des pays qui nous détestent et on va le produire ici, avec des travailleurs américains, en Pennsylvanie, en Ohio et dans tout le pays », a-t-il lancé.

Il ajoute : « La vision du président Trump est si simple et pourtant si puissante. Nous en avons fini, Mesdames et Messieurs, avec Wall Street, nous allons nous engager en faveur des travailleurs. Nous en avons fini avec l’importation de main d’œuvre étrangère. Nous allons nous battre pour les citoyens américains pour qu’ils aient de bons emplois et de bons salaires. »

J.D. Vance représente aussi une famille savamment mise en scène : ses trois enfants métis et sa femme Usha, fille d’immigrés indiens, rencontrée lorsqu’ils étaient étudiants en droit à la prestigieuse université de Yale. Il a aussi un passé de vétéran de l’armée passé par l’Irak. Pour les délégués républicains, toutes les cases du parfait colistier sont cochées : « Il représente le rêve américain. À 39 ans, avec un tel parcours, il va devenir un leader de notre pays », lance un Américain présent. « C’est un fort et on voit qu’il aime sa femme quand il la regarde », assure une militante.

L’incarnation de la ligne dure du mouvement trumpiste

Politiquement, J.D. Vance incarne la ligne dure du mouvement trumpiste en étant farouchement anti-immigration, anti-avortement, anti-écologie et favorable à l’arrêt de l’aide militaire à l’Ukraine. 

« Il apporte son expérience de marine vétéran de guerre, celle d’entrepreneur avec une compréhension de la tech avec beaucoup de soutiens dans cette industrie. Et il apporte de l’énergie. Il n’est pas un néo-conservateur. Il est contre de nouvelles guerres. Je crois qu’il peut séduire les électeurs de la classe ouvrière catholique du Midwest. Il a des origines humbles, une histoire extraordinaire. Il incarne le rêve américain. Le Parti républicain a changé, nous ne sommes plus le parti de Wall Street et de l’élite dirigeante. Nous sommes le parti de la classe moyenne et ouvrière américaine, le parti de l’Amérique d’abord. C’est un parti complètement renouvelé. C’est pour ces raisons que je pense qu’il est le parfait colistier », a analysé Roger Stone, conseiller historique de Donald Trump et grande figure républicaine.

En Chine, la nomination de J.D. Vance comme numéro deux de Donald Trump fait des vagues

Avec notre correspondante à Pékin, Clea Broadhurst

En Chine, l’on se prépare à un changement radical des relations entre les deux puissances. Si le duo républicain remporte les élections en novembre, cela pourrait indiscutablement mener à une nouvelle phase de tensions très fortes entre Pékin et Washington.

Pékin a des raisons de s’inquiéter : rappelons qu’en 2018 et 2019, l’administration Trump avait imposé des droits de douane allant jusqu’à 25%, sur des centaines de milliards de dollars de marchandises chinoises. Lors de sa campagne électorale cette année, l’ancien président américain est allé jusqu’à dire que ces droits de douane pourraient grimper jusqu’à 60% sur toutes les importations en provenance de la Chine. 

Et les craintes sont redoublées depuis que Donald Trump a choisi J.D. Vance comme colistier. Ce dernier a expliqué à plusieurs reprises que la Chine était « la plus grande menace » pour les États-Unis. « Je n’aime pas la Chine », a-t-il déclaré, avant d’ajouter : « Je n’aime pas le fait que la Chine ait volé de nombreux emplois américains ».

Le sénateur estime que l’augmentation des droits de douane créera des opportunités économiques dans certains États de la Rust Belt comme le Michigan, l’Ohio et la Pennsylvanie.

J.D. Vance s’est également inquiété de voir les États-Unis perdre du terrain face à la Chine dans la course au développement des technologies de pointe, en particulier si les entreprises américaines continuent de s’associer à la nation asiatique. Beaucoup de signes laissent donc entrevoir que le gouvernement Trump se montrerait à nouveau très dur à l’égard de la deuxième plus grande économie du monde.

RFI via CONGO PUB Online

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À la UneMonde

Présidentielle américaine: «J.D. Vance représente le futur du Parti républicain»

by Sam's Londele 16 juillet 2024
written by Sam's Londele

J.D. Vance a été désigné colistier de Donald Trump dans la course à la Maison Blanche. Un fidèle parmi les fidèles qui confirme un changement radical du Parti républicain et prépare déjà « l’après-Trump », selon Soufian Alsabbagh, spécialiste de la politique intérieure des États-Unis et membre du think tank Forum transatlantique.

Soufian Alsabbagh : Absolument. Encore plus que la sécurité, c’est le choix de quelqu’un qui lui sera totalement fidèle pendant son mandat et effectivement sur la même ligne politique. C’est aussi quelqu’un de très jeune qui, lorsque Trump se retirera en 2028, à la fin de son second mandat, sera un successeur politique, un héritier idéologique tout à fait désigné.

Donald Trump tient en J.D Vance quelqu’un qui va pouvoir faire campagne quasiment dès le premier jour de son mandat, qui sera incontesté au sein du Parti républicain. J.D. Vance représente le futur du Parti républicain, le futur que Trump lui-même a voulu, notamment en termes d’idéologie. Il est sans doute beaucoup plus à droite que Donald Trump lui-même.

J.D. Vance est l’un des représentants de la « new right », cette nouvelle droite américaine. Quels en sont les principaux traits ?

Ce sont des traits tout à fait inédits, absolument différents de tout ce qu’on a connu avant au Parti républicain. J.D. Vance est totalement différent de ce qu’on a connu il y a 40 ans, par exemple. Ronald Reagan était un mondialiste, très interventionniste, qui était pour une Amérique conservatrice, mais qui gardait un certain nombre d’ouvertures sur la société, notamment civile. J.D. Vance, c’est absolument l’inverse.

C’est quelqu’un de très conservateur sur les valeurs morales. Il est notamment partisan d’une loi nationale qui interdirait l’avortement, et ce même en cas de viol. C’est une idée qui n’est pas du tout soutenue pourtant par la population américaine. Ensuite, avec J.D. Vance, c’est la fin de l’interventionnisme. Il explique qu’il veut réduire le financement pour l’Ukraine notamment. Il s’est déplacé jusqu’à la conférence de sécurité de Munich, où, pour la première fois de l’histoire, on a entendu un Américain dire qu’il fallait réduire les financements à un allié à l’international.

Il entend se désengager de l’Europe pour mieux se concentrer sur l’Asie ?

Absolument. Mais je pense que ce qui va vraiment compter, c’est de se concentrer sur l’Amérique avant tout. C’est une plateforme tout à fait nationale populiste. Non seulement l’international, c’est fini – on va arrêter de dépenser de l’argent dans des guerres à l’étranger –, et on va se concentrer uniquement sur « l’aide au peuple américain ». L’autre point, vraiment majeur, c’est la mondialisation. Ce virage avait commencé avec Donald Trump, mais J.D. Vance est un défenseur assumé de l’antimondialisation. C’est un changement radical pour le Parti républicain.

Est-ce qu’à la lumière de ce que vous venez de nous expliquer, ce choix de colistier très à droite ne représente pas aussi pour Donald Trump un risque de s’aliéner une partie de l’électorat américain ?

C’est possible. Mais si on analyse la course à la présidentielle avec les règles qui sont celles des États-Unis, c’est sans doute un choix qui fait sens. Géographiquement, J.D. Vance vient de cette « rust belt », la « ceinture de rouille » du nord de l’Amérique, qui est très industrielle, très ouvrière. J.D. Vance est sénateur de l’Ohio, un État clé que Donald Trump doit capturer. Comme les États voisins, notamment le Michigan, la Pennsylvanie et le Wisconsin.

Si jamais Joe Biden perd l’un de ces trois États clés, il ne sera très probablement pas réélu. Et J.D. Vance présente un profil propice à délivrer à Donald Trump au moins un, voire deux, voire trois de ces États. Son profil très modeste – il a grandi dans une communauté ouvrière très reculée du Kentucky – représente aussi la voix de cette Amérique qui se sent abandonnée.

Une Amérique que Donald Trump a très bien saisie depuis 2006, en colère contre les élites, contre le libéralisme, le capitalisme mondialisé. Le Parti républicain, il y a encore quelques années, était là pour représenter cette voix des élites. Avec J.D. Vance, on a la confirmation d’un grand virage pour le parti.

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Tout cela avec un avenir judiciaire qui se dégage un peu plus pour Donald Trump. Lundi 15 juillet, les poursuites pénales contre lui dans l’affaire des documents classifiés conservés à la fin de son mandat ont été annulées. Que vous inspire cette décision ?

C’est tout à fait extraordinaire. Il y a 10 ou 15 ans, Donald Trump n’aurait pu être que condamné pour ce type d’affaires. Et aujourd’hui, une juge a totalement balayé du revers de la main les accusations pourtant très lourdes qui pesaient sur lui.

Une juge, rappelons-le, que l’ancien président avait lui-même nommée ?

C’est la clé évidemment. Donald Trump a fait un très bon travail de sape du système judiciaire américain, du système démocratique américain de façon plus générale depuis sa première élection en 2016. Et là, je crois qu’il en récolte les fruits.

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JO 2024: la flamme olympique arrive à Paris pour le 14-Juillet

by Sam's Londele 14 juillet 2024
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En ce jour de fête nationale, la flamme olympique continue son périple et arrive dans la capitale, à douze jours du début des Jeux. Plus de deux mois après son débarquement en France et après 55 étapes, la torche sillonne les rues et lieux emblématiques de la Ville-Lumière.

La course de la flamme dans la capitale a débuté à la mi-journée sur l’avenue Foch, en clôture d’une parade militaire au format réduit pour l’occasion. Le chef de l’État a descendu l’avenue devant un public clairsemé, l’accès à la cérémonie ayant été restreint pour des questions de sécurité. Les installations nécessaires à la tenue des prochains Jeux olympiques de Paris ont obligé la parade militaire organisée chaque année le 14 juillet à délaisser la célèbre avenue parisienne des Champs-Elysées. C’est le colonel Thibault Vallette, écuyer en chef du Cadre noir de Saumur et médaillé d’or aux Jeux olympiques de Rio, qui a été le premier porteur de la flamme avenue Foch. Il fait le lien entre ces deux célébrations, celle du 14 juillet et les prochains Jeux de Paris.

Thierry Henry, le sélectionneur de l’équipe de France olympique masculine de football, doit lui succéder, à partir des Champs-Élysées (à 11 h TU) pour un parcours avec d’illustres décors en toile de fond : le Panthéon, Notre-Dame-de-Paris, La Bastille ou encore le Louvre.

La Flamme Olympique participe aux festivités du 14 juillet à Paris ! 🔥

Pour faire patienter Paris jusqu’à la Cérémonie d’Ouverture, la Flamme va parcourir de nombreux lieux iconiques en ce jour de fête nationale : elle descendra les Champs Elysées, se promènera au Jardin du… pic.twitter.com/BMToWJaID7

— Paris 2024 (@Paris2024) July 14, 2024

Tout ce que Paris compte comme lieux iconiques va servir à un spectacle assuré par plus de 540 relayeurs.

La fête s’achèvera place de la République lundi soir (20h45), avec un concert gratuit, avant un repos mérité à l’Hôtel de Ville, où la flamme passera la nuit avant un second tour dans la capitale, avec des passages à Montmartre, l’Arc de Triomphe ou Roland-Garros.

Pour chaque porteur, seulement quatre minutes et 200 mètres pour profiter de l’instant, qu’il soit anonyme ou s’appelle Marie-José Pérec, Laura Flessel ou Jamel Debbouze. À partir de mercredi, la torche ressortira de Paris pour montrer en Piacrdie et dans toute l’Ile-de-France, avant de revenir le 26 juillet pour la cérémonie d’ouverture.

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Gaza: le Hamas annonce des dizaines de morts dans une frappe israélienne sur le camp de déplacés d’Al-Mawasi

by Sam's Londele 13 juillet 2024
written by Sam's Londele

Le ministère de la Santé du gouvernement du Hamas a annoncé samedi 13 juillet qu’au moins 71 Palestiniens avaient été tués, et près de 300 autres blessés, dans une frappe israélienne sur le camp de déplacés d’Al-Mawasi dans le sud de la bande de Gaza, revoyant à la hausse son précédent bilan. La frappe israélienne visait un des chefs du Hamas, selon l’armée israélienne.

L’armée israélienne confirme avoir tenté d’éliminer Mohamed Deif, le chef d’état-major du Hamas à Gaza. Et également le commandant de la brigade Khan Younès de l’organisation islamiste, Rafa’a Salameh, rapporte notre correspondant à Jérusalem, Michel Paul. Ce dernier aurait été tué. Mohamed Deif, qui a échappé dans le passé à de nombreuses attaques ciblées, serait grièvement blessé. Une information qui n’est pas encore vérifiée. Les militaires israéliens affirment que les deux hommes se trouvaient dans un bâtiment entre la zone humanitaire d’Al-Mawasi et Khan Younès, dans un environnement civil, mais le porte-parole souligne qu’il ne s’agissait pas d’un camp de tentes pour Palestiniens déplacés.

Côté palestinien, on dément cette information. « Les allégations israéliennes sont absurdes et visent à justifier l’horrible massacre, affirme à l’agence Reuters Sami Abu Zuhri, haut responsable du Hamas. Tous les martyrs sont des civils. »

Une frappe dans une « zone humanitaire censée être protégée »

La zone d’Al-Mawasi, sur la côte entre Rafah et Khan Younès, avait été déclarée « zone humanitaire » par Israël, en théorie sûre pour les déplacés de Gaza. L’Unrwa, agence onusienne pour les réfugiés palestiniens, estime qu’environ 1,5 million de personnes se trouvent dans l’ensemble d’Al-Mawasi, a indiqué une porte-parole à l’AFP. La frappe de ce samedi matin a touché la partie d’Al-Mawasi dans le secteur de Khan Younès.

« Il reste de nombreuses dépouilles de martyrs éparpillées dans les rues, sous les décombres et autour des tentes de déplacés que l’on ne peut atteindre en raison des tirs intenses de l’occupation », a rapporté à l’AFP Mahmoud Bassal, porte-parole de la Défense civile.

Les victimes ont été transférées vers plusieurs hôpitaux de la région. À l’hôpital koweïtien de Rafah, le directeur Suhaib al-Hams, a indiqué que la plupart des blessures étaient graves, et certaines nécessitaient des amputations.

L’ONG Médecins sans frontières (MSF) a des équipes à l’hôpital Nasser de Khan Younès. Caroline Seguin, responsable des opérations d’urgence de MSF pour la bande de Gaza, s’attend à un bilan encore plus lourd, explique-t-elle, jointe par téléphone par Julien Chavanne du service international de RFI.

« On sait déjà que le bombardement a eu lieu dans une zone appelée “zone humanitaire” par les Israéliens qui est censée être une zone protégée où des millions de déplacés se sont réfugiés. C’est une zone qui est hyper dense. Chaque fois qu’il y a un bombardement, il y a forcément énormément de victimes collatérales. Nous travaillons à [l’hopital] Nasser et depuis le bombardement, il y a un flux incessant de blessés et de morts qui arrivent à l’hôpital. » Elle ajoute que les chiffres donnés par le Hamas sont confirmés « par [leurs] équipes sur place qui avaient [compté] près d’une centaine de morts qui seraient arrivés et les équipes sont encore en train de gérer tout cet afflux de blessés et de décès, donc on n’a pas encore les derniers chiffres parce que le flux n’est pas encore terminé. »

Vue du camp bombardé d'al-Mawasi, dans la bande de Gaza, le 13 juillet 2024.
Vue du camp bombardé d’al-Mawasi, dans la bande de Gaza, le 13 juillet 2024. © Bashar Taleb / AFP

MSF dénonce une « situation insupportable»  pour les Gazaouis 

Caroline Seguin dénonce une « situation insupportable » pour la population gazaouie. « On a du mal à trouver les mots pour décrire cette situation tellement elle est insupportable. Cela fait des mois maintenant que les gens ne font que se déplacer comme des lapins en cage, pour essayer de se protéger des bombardements incessants d’Israël. Tout ça dans un contexte de blocus où l’aide humanitaire arrive au compte-gouttes, la nourriture arrive au compte-gouttes, donc les gens commencent à être plus qu’épuisés, ils sont dans un état de traumatisme avancé qui est insupportable à entendre, avec des morts, des blessés, des enfants, au milieu de tout ça. Et c’est de pire en pire. On ne voit rien qui s’arrange depuis des mois. »

On ne peut pas entendre qu’encore des dizaines, voire des centaines, d’enfants ont été tués et blessés pour une cible potentielle d’Israël. Ce n’est pas possible d’entendre ça. Ce n’est pas possible d’accepter ça.

Caroline Seguin, responsable des opérations d’urgence de MSF pour la bande de GazaJulien Chavanne

Sur place, les équipes de MSF ont de plus en plus de mal à travailler, faute de moyens suffisants. « C’est extrêmement compliqué. Malheureusement, on a des afflux de blessés quasiment toutes les semaines depuis début juin et certains même plusieurs fois dans une semaine. Donc, on est complètement atterrés de cette situation », décrit Caroline Seguin.

« Des afflux de blessés, ce doit être des moments très particuliers, ce sont des choses qui n’arrivent pas souvent dans la vie d’un hôpital, malheureusement, à Gaza, et spécifiquement à l’hôpital de Nasser où nos équipes travaillent, ça devient le lot quotidien », poursuit-elle. « Tout ça dans un contexte où nous n’arrivons quasiment plus à faire rentrer de médicaments et où nous sommes en train de compter la moindre petite compresse pour traiter les patients. Donc, cet afflux-là va encore réduire le peu de stocks qui nous reste dans la bande de Gaza. Là, aujourd’hui, après ce qui vient de se passer, je ne sais même plus ce qui reste dans nos stocks. »

Un développement majeur dans le conflit

Pour le Hamas, la frappe montre qu’Israël n’est pas intéressé par un accord de cessez-le-feu. Tous les détails ne sont pas encore connus, mais il est d’ores et déjà qu’il s’agit d’un développement majeur qui aura des conséquences importantes sur le conflit entre Israël et le Hamas qui perdure depuis 280 jours.

La guerre, entrée dans son dixième mois, a éclaté le 7 octobre après une attaque sans précédent menée par des commandos du Hamas infiltrés depuis Gaza dans le sud d’Israël, qui a entraîné la mort de 1 195 personnes, en majorité des civils, selon un décompte de l’AFP établi à partir de données officielles israéliennes.

En riposte, Israël a juré de détruire le Hamas et lancé une offensive qui a fait au moins 38 345 morts, en majorité des civils, d’après des données du ministère de la Santé du gouvernement de Gaza, dirigé par le Hamas. Cette dernière semaine, quatre écoles abritant des déplacés ont été visées en quatre jours par des frappes, faisant au moins 49 morts, d’après des sources à Gaza dont le Hamas. Israël a dit viser des « terroristes ».

Gaza compte trois checkpoints principaux. Mais, sans permis israélien délivré, le passage de Rafah est la seule sortie possible pour les Palestiniens de la Bande.
Gaza compte trois checkpoints principaux. Mais, sans permis israélien délivré, le passage de Rafah est la seule sortie possible pour les Palestiniens de la Bande. © Anthony Terrade/RFI

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Avec l’Organisation de coopération de Shanghai, la Chine cherche à créer une alternative à l’Otan

by Ruben Yale 12 juillet 2024
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Pour la première fois, l’Otan a accusé publiquement dans le communiqué final du 75e sommet de l’alliance à Washington la Chine de faciliter la guerre russe en l’Ukraine, ce qui n’a pas du tout plus à Pékin qui rejette ses accusations. Pour faire contrepoids à l’Otan, la Chine cherche à renforcer l’influence de l’Organisation de coopération de Shanghai. Dix États en font partie, dont l’incontournable allié russe, mais on est loin du bloc formé par l’Otan.

Juste avant le sommet de l’Otan à Washington, la Chine a envoyé des soldats en Biélorussie, pile à la frontière de la Pologne, membre de l’alliance atlantique. Des exercices militaires inédits avec le principal allié de la Russie dans la région destinés avant tout à adresser un message aux Occidentaux. 

« Comme c’est souvent le cas au moment des grands sommets, on a ce que l’on peut appeler des signalements stratégiques. L’idée, c’est de montrer au moment où l’Otan insiste sur le fait qu’elle renforce ses partenaires avec les voisins de la Chine, les fameux partenaires de l’Info-Pacifique, que la Chine est en capacité de nouer des partenariats et d’être active aux frontières de l’Europe », explique Mathieu Droin, chercheur invité au centre d’études internationales stratégiques à Washington.

« On est très loin d’une organisation de défense collective »

Le Bélarus vient d’intégrer l’organisation de coopération de Shanghai. La Chine cherche à en faire une alternative à l’Otan. Avec l’Inde, la Russie et les pays d’Asie centrale entre autres, la dizaine de pays qui la composent sont loin de former un bloc solide.

« Il y en a un certain nombre d’entre eux qui sont en guerre, certains qui ont des relations très tendues comme la Chine et l’Inde, l’Inde et le Pakistan ou certains pays d’Asie centrale entre eux, donc on est très loin d’une organisation de défense collective comme peut l’être l’Otan, c’est difficilement comparable », estime Mathieu Droin.

L’Otan non plus n’échappe cependant pas aux divisions, à commencer par la priorité à donner au dossier chinois dans l’Indo-Pacifique.

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Des dizaines de corps découverts après une opération israélienne dans un quartier de Gaza-ville

by Ruben Yale 12 juillet 2024
written by Ruben Yale

Environ soixante corps ont été découverts sous les décombres de bâtiments à Choujaïya, un quartier de Gaza d’où l’armée israélienne a annoncé s’être retirée mercredi soir après deux semaines d’offensive militaire, a indiqué jeudi la Défense civile de la bande de Gaza. Une délégation israélienne doit se rendre au Caire pour poursuivre les pourparlers en vue d’un cessez-le-feu, a déclaré le bureau du Premier ministre Benjamin Netanyahu.

Environ soixante corps ont été découverts sous les décombres de bâtiments à Choujaïya, un quartier de Gaza d’où l’armée israélienne a annoncé s’être retirée mercredi soir après deux semaines d’offensive militaire, a indiqué jeudi 11 juillet la Défense civile de la bande de Gaza.

« Lorsque les forces d’occupation israéliennes se sont retirées du quartier de Choujaïya, les équipes de la Défense civile, avec l’aide des habitants, ont réussi à retrouver environ soixante martyrs à ce stade », a affirmé dans un communiqué le porte-parole de la Défense civile, Mahmoud Basal.

Ces personnes ont été exhumées des décombres dans ce quartier est de Gaza-ville, devenu une « zone de désastre », selon lui. Désormais, « 85 % des immeubles (du quartier) sont inhabitables », a-t-il déclaré, sans compter la totalité des infrastructures qui ont été « démolies ».

Mercredi soir, l’armée israélienne a annoncé avoir « achevé » ses opérations lancées le 27 juin à Choujaïya, dans l’est de la ville de Gaza, qui ont permis le démantèlement de « huit tunnels » et l’élimination de « dizaines de terroristes », selon un communiqué.

Cette photo diffusée par l'armée israélienne le 11 juillet 2024 montre un char de combat de l'armée israélienne en mouvement lors d'opérations dans la bande de Gaza.
Cette photo diffusée par l’armée israélienne le 11 juillet 2024 montre un char de combat de l’armée israélienne en mouvement lors d’opérations dans la bande de Gaza. © Armée israélienne, AFP

L’armée a appelé mercredi tous les habitants à évacuer – quelque 300 000 à 350 000 personnes, selon l’ONU. Dans des tracts, elle a averti que la ville, où elle avait annoncé début janvier avoir « achevé le démantèlement de la structure militaire » du Hamas, restait « une dangereuse zone de combat ».

« Destruction immense » à Choujaïya

Jeudi, des habitants commençaient à regagner les ruines du quartier de Choujaïya, selon l’AFPTV. Parmi eux, Mohamad Nairi dit s’être retrouvé face à une « destruction immense » dépassant « tout ce qu’on pourrait décrire ».

L’armée israélienne a aussi indiqué poursuivre ses opérations dans la région de Rafah (sud) frontalière avec l’Égypte, affirmant que ses troupes avaient « éliminé des dizaines de terroristes », dont Hassan Abou Kouik, décrit comme un des chefs de la sécurité opérationnelle des forces de sécurité interne du Hamas ayant « mené de nombreuses attaques terroristes » contre Israël.

Carte de la bande de Gaza localisant les villes de Gaza, Rafah, Khan Younès, Deir el-Balah et Al-Zawayda.
Carte de la bande de Gaza localisant les villes de Gaza, Rafah, Khan Younès, Deir el-Balah et Al-Zawayda. © Sylvie Husson, Sabrina Blanchard, AFP

Quatre morts, dont un enfant, ont été transportés à l’hôpital Nasser de Rafah après des raids israéliens sur le quartier de Tal al-Sultan, dans l’ouest de la ville, selon la direction de l’établissement.

Dans le centre de la bande de Gaza, quatre personnes ont également été tuées dans une frappe israélienne sur le camp de réfugiés de Nousseirat, selon le ministère de la Santé du Hamas.

La situation dans le territoire assiégé est désastreuse : l’aide humanitaire est en attente du côté palestinien du point de contrôle de Kerem Shalom (sud). Les Nations unies et Israël se rejettent la responsabilité du blocage des distributions.

Samantha Power, administratrice de l’agence américaine de développement (USAID), est arrivée jeudi en Israël pour plaider en faveur d’une augmentation du flux humanitaire.

Israël exige le contrôle sur une zone frontalière de l’Égypte

Par ailleurs, Israël exige de conserver le contrôle d’une zone de la bande de Gaza frontalière de l’Égypte conquise début mai, afin d’empêcher la « contrebande d’armes » à destination du Hamas à partir de l’Égypte, a déclaré jeudi le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu.

Cette exigence de conserver le « couloir de Philadelphie et le point de passage de Rafah » fait partie des « quatre principes » posés par Israël dans le cadre des négociations en vue d’un accord de cessez-le-feu à Gaza et de libération des otages, a dit Benjamin Netanyahu, alors que le Hamas exige de son côté l’évacuation de cette zone par l’armée israélienne.

Le couloir de Philadelphie est une mince zone tampon tracée par l’armée israélienne du temps de sa deuxième occupation de la bande de Gaza (1967-2005), large aujourd’hui d’au moins une centaine de mètres, davantage par endroits, et courant le long des 14 kilomètres de la frontière entre la bande de Gaza et l’Égypte.

Crucial pour le transit de l’aide humanitaire, le point de passage de Rafah est la seule voie de circulation entre la bande de Gaza et un territoire autre qu’Israël. Il est fermé depuis que les troupes israéliennes ont lancé, début mai, une offensive au sol d’envergure contre cette ville, où s’étaient alors réfugiée la majorité de la population de la bande de Gaza.

Délégation en route vers le Caire

Sur le plan diplomatique, les médiateurs ont relancé leurs efforts pour avancer vers un cessez-le-feu. Le Hamas a annoncé dimanche une concession, disant accepter de négocier sur la libération des otages en l’absence d’un cessez-le-feu permanent avec Israël, qu’il avait jusqu’à présent toujours réclamé.

Jeudi, une délégation israélienne doit se rendre jeudi au Caire pour poursuivre les pourparlers, a déclaré le bureau du Premier ministre Benjamin Netanyahu. « Une délégation dirigée par le chef du Shin Bet (service de sécurité intérieure), ainsi que des représentants des FDI (Forces de défense israéliennes), devraient partir pour Le Caire ce soir afin de poursuivre les négociations », a indiqué le communiqué, ajoutant que Benjamin Netanyahu avait rencontré tout au long de la journée les négociateurs qui étaient rentrés de Doha.

Une femme tient une pancarte appelant à libérer un otage détenu dans la bande de Gaza depuis l'attaque du Hamas le 7 octobre, au début d'une marche de protestation de Tel-Aviv vers Jérusalem.
Une femme tient une pancarte appelant à libérer un otage détenu dans la bande de Gaza depuis l’attaque du Hamas le 7 octobre, au début d’une marche de protestation de Tel-Aviv vers Jérusalem pour tenter de faire pression sur leur gouvernement afin qu’il négocie un accord pour libérer leurs proches, le 10 juillet 2024. © Jack Guez, AFP

Benjamin Netanyahu a toujours affirmé vouloir poursuivre la guerre jusqu’à la destruction du Hamas – considéré comme une organisation terroriste par Israël, les États-Unis et l’Union européenne – et la libération de tous les otages.

Un responsable du mouvement islamiste palestinien, Hossam Badran, a toutefois déclaré à l’AFP que l' »intensification » des « massacres » israéliens dans la bande de Gaza ces derniers jours avait pour effet de renforcer les exigences du mouvement islamiste.

Sur un autre front, Israël a affirmé avoir intercepté jeudi plusieurs drones en provenance du Liban, à sa frontière nord, théâtre d’échange de tirs récurrents entre l’armée israélienne et le mouvement islamiste libanais Hezbollah, allié du Hamas.

France via CONGO PUB Online

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Gaza : l’hôpital Al-Ahli rouvre ses portes après des jours de fermeture

by Ruben Yale 12 juillet 2024
written by Ruben Yale

L’un des principaux hôpitaux de la ville de Gaza a partiellement repris ses activités jeudi, quelques jours après avoir évacué ses patients et son personnel suite à l’assaut militaire israélien dans la région.

L’hôpital Al-Ahli avait été vidé de ses occupants. Jeudi, ce centre était de nouveau fréquentable. Patients et personnels médicaux se rencontraient, pour la première fois depuis l’ordre d’évacuer cette zone de la bande de Gaza. Selon l’Église épiscopale du Moyen-Orient, Al-Ahli avait été contraint de fermer en raison de la menace israélienne

Cela fait quatre jours que l’hôpital baptiste a cessé de fonctionner. Aujourd’hui, nous sommes retournés à l’hôpital baptiste pour ouvrir temporairement les services d’accueil et d’urgence, malgré le danger et sous les tirs, afin d’être présents pour les soins primaires dans le nord de Gaza, car le danger existe toujours, et la zone est toujours sous les tirs et les bombardements, et les blessés continuent d’arriver, explique un infirmier.

Pour faire face à la fermeture, les patients avaient été transportés vers l’ hôpital indonésien de la ville de Beit Lahiya , le seul opérationnel dans le nord de la bande de Gaza. Cependant, ce centre hospitalier doit faire face à de grave pénurie de carburant et de matériel médical. Les bombardements de l’armée israélienne ont forcé de milliers de personnes à fuir.

Africanews via CONGO PUB Online

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France: «l’ensemble des femmes afghanes» pourraient être considérées comme réfugiées, une première

by Sam's Londele 11 juillet 2024
written by Sam's Londele

« L’ensemble des femmes afghanes » qui fuient l’Afghanistan en raison des mesures discriminatoires prises à leur encontre par les talibans « peuvent obtenir le statut de réfugiées », a statué jeudi 11 juillet la Cour nationale du droit d’asile (CNDA). Dans sa décision hautement symbolique et inédite, la juridiction considère « les femmes afghanes » comme un « groupe social » à part entière et pouvant subir des discriminations en raison de cette « appartenance ».

Pour la France, « les femmes et jeunes filles afghanes sont, dans leur ensemble, perçues d’une manière différente par la société afghane » et « doivent être considérées comme appartenant à un groupe social susceptible d’être protégé comme réfugié », ont décidé les juges de la Cour nationale du droit d’asile (CNDA), selon un communiqué.

Cette décision a une portée symbolique forte en facilitant leur protection. C’est une première, car jusqu’à présent, « aucun groupe social des femmes n’[était] reconnu », indique-t-on à la CNDA. En bref, le simple fait d’être une femme ou une jeune fille en Afghanistan devrait permettre d’obtenir le statut de réfugié en France, estime la juridiction.

Les talibans, depuis leur retour au pouvoir en août 2021, ont « porté atteinte » aux « droits et libertés fondamentaux des femmes et des jeunes filles afghanes, notamment en les excluant du gouvernement provisoire, […] ainsi qu’en remettant en cause leur droit à la santé, à l’éducation et leur liberté d’aller et venir », relève la Cour française. Ces « graves mesures discriminatoires » constituent des « actes de persécution » au sens de la convention de Genève, poursuit-elle, s’appuyant également sur les rapports du Haut Comissariat des Nations unies aux droits de l’Homme.

Cette instance statue sur les recours introduits par les étrangers déboutés en première instance par l’Office français de protection des réfugiés et apatrides (Ofpra) de leur demande d’asile en France.

En France, le droit d’asile repose en premier lieu sur la Convention de Genève de 1951 relative au statut des réfugiés. L’article 1 de cette convention internationale, adoptée dans l’après-guerre, dispose que « le terme « réfugié » s’appliquera à toute personne […] craignant avec raison d’être persécutée du fait de sa race, de sa religion, de sa nationalité, de son appartenance à un certain groupe social ou de ses opinions politiques ».

Il revient aux juges de définir ce qui relève d’un « groupe social », moins défini que la religion ou les opinions politiques. La CNDA reconnaît déjà l’existence d’un « groupe social » dans le cas des homosexuels dans certains pays – comme le Mali, la Tunisie ou l’Égypte. Elle le considère également pour des femmes voulant se soustraire à un mariage forcé – dans le cas du Mali, de la Mauritanie, de la Guinée, du Burkina Faso, entre autres -, tout comme pour des femmes risquant l’excision, comme en Égypte ou au Cameroun, entre autres.

Jusqu’ici en France, seules les femmes fuyant un mariage forcé, les fillettes craignant l’excision ou les femmes s’étant extraites d’un réseau de prostitution pouvaient bénéficier de la protection de la Convention de Genève. Cela du fait de leur appartenance à un « certain groupe social ». 

« Uniformiser la jurisprudence pour les années à venir »

En plus de cette question de principe, la question des femmes fait l’objet de trois autres affaires des juges de la CNDA, examinées le 14 juin. Elles concernent une Afghane évoquant la perte de droits depuis l’arrivée au pouvoir des talibans en 2021, une Albanaise redoutant des violences domestiques et une Mexicaine des violences sexuelles. Elle va se prononcer sur ces trois dossiers à part. Mais la question pourra ultérieurement être posée pour d’autres pays, indique-t-elle.

« Cela va uniformiser la jurisprudence pour les années à venir, car les décisions de la Cour en grande formation s’imposent à toutes les formations de jugement et à l’Ofpra », explique-t-on à la CNDA.

La jurisprudence de la Cour de Justice de l’Union européenne (CJUE) a ouvert la voie le 16 janvier 2024 à une telle décision. « Les femmes, dans leur ensemble, peuvent être regardées comme appartenant à un groupe social » et prétendre ainsi à la qualité de réfugiée si « dans leur pays d’origine, elles sont exposées, en raison de leur sexe, à des violences physiques ou mentales, y compris des violences sexuelles et domestiques », selon l’arrêt de la CJUE.

L’Afghanistan est le premier pays d’origine des demandeurs d’asile en France depuis cinq ans : 17 103 premières demandes d’asile ont été déposées en 2022, soit 15 % du total, selon l’Ofpra.

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Sommet de l’Otan: l’Alliance atlantique multiplie les gages de soutien à l’Ukraine

by Sam's Londele 11 juillet 2024
written by Sam's Londele

Des avions F-16, des batteries de défense antiaérienne, une « trajectoire irréversible » vers l’adhésion : les pays de l’Otan ont multiplié ce mercredi 10 juillet les gages d’un soutien renforcé à l’Ukraine, au premier jour d’un sommet historique à Washington marqué par les incertitudes politiques, notamment aux États-Unis.

« La Russie est sur le pied de guerre », avec l’aide de la Chine, de la Corée du Nord et de l’Iran pour son industrie d’armement, a averti le président des États-Unis Joe Biden, lors de ce sommet marquant les 75 ans d’existence de l’Alliance. À cet égard, les dirigeants de l’Otan ont exprimé leurs « profondes préoccupations » face au rapprochement entre la Russie et la Chine et dénoncé le soutien de Pékin à l’effort de guerre russe en Ukraine, selon un communiqué final.

« Nous ne pouvons pas nous permettre de laisser l’Alliance être distancée », a ajouté Joe Biden d’une voix forte après les interrogations sur son état de santé et sa capacité à défendre les couleurs du camp démocrate à quatre mois de l’élection présidentielle américaine.

Dès avant l’ouverture officielle de leur réunion, plusieurs pays de l’Otan ont annoncé avoir commencé à transférer des avions de combat F-16 à l’Ukraine. Ces appareils, en provenance du Danemark et des Pays-Bas, « voleront dans le ciel ukrainien cet été », a assuré le secrétaire d’État américain Antony Blinken.

Renforcement de la défense antiaérienne ukrainienne

La Maison-Blanche a de son côté ajouté que la Belgique et la Norvège s’étaient engagées à fournir d’autres appareils à l’Ukraine qui fait face à un barrage croissant de missiles russes contre ses villes et infrastructures. Après avoir fêté en grande pompe la veille au soir à Washington le 75e anniversaire de l’alliance militaire occidentale, les leaders se sont retrouvés au sein du Conseil de l’Atlantique nord, l’organe politique suprême de l’Otan, avant de rejoindre la Maison-Blanche pour un dîner de gala.

Lors de cet événement marqué par un orage, qui a conduit à l’annulation d’un défilé aérien, Joe Biden a comparé l’Alliance transatlantique au quartier de son enfance : « Quand un voisin avait besoin d’aide, vous lui donniez un coup de main, quand des petites brutes menaçaient le quartier, vous interveniez », a-t-il déclaré.

Le président américain avait confirmé mardi soir que les alliés allaient aussi fournir à l’Ukraine un total de cinq systèmes de défense antiaérienne supplémentaires, dont quatre batteries de type Patriot, des missiles sol-air particulièrement efficaces pour intercepter les missiles balistiques russes. L’Allemagne, les Pays-Bas, la Roumanie et l’Italie doivent également y contribuer.

40 milliards d’euros d’aide pour l’année à venir

Plus de deux ans après l’invasion russe de l’Ukraine, les alliés se sont aussi engagés à développer leur industrie de défense, a indiqué ce mercredi 10 juillet le secrétaire général sortant de l’Otan, Jens Stoltenberg. « Ce nouvel engagement envoie au monde un message sans ambiguïté », a souligné sur ce point Joe Biden, se félicitant que 23 pays sur les 32 que compte l’Alliance allaient désormais consacrer 2% de leur produit intérieur brut aux dépenses militaires. Les alliés ont également décidé que leur aide militaire à l’Ukraine pour faire face à la Russie atteindrait au minimum 40 milliards d’euros sur l’année à venir, selon leur déclaration commune.

L’Ukraine souhaitait recevoir une invitation formelle à rejoindre l’Otan, mais devra encore attendre face à l’opposition de plusieurs pays, dont les États-Unis. Les membres de l’organisation sont toutefois d’accord pour reconnaître que l’Ukraine est sur une « trajectoire irréversible » vers son adhésion à l’Alliance atlantique, selon le communiqué final. Pour le chancelier allemand Olaf Scholz, les décisions prises par l’Otan « procurent à l’Ukraine la clarté dont elle a besoin ».

L’OTAN également traversée par des incertitudes

Emmanuel Macron, arrivé ce mercredi, n’a fait aucune déclaration à la presse, malgré les inquiétudes chez ses partenaires européens sur un affaiblissement potentiel de la France après les élections législatives. Le sommet de Washington intervient aussi dans un climat d’incertitudes politiques aux États-Unis, où le président Biden a fait face à une fronde de démocrates le sommant d’abandonner la course à un second mandat en novembre face à Donald Trump.

L’ombre de l’ancien président républicain, qui s’est souvent montré critique de l’Otan et dont certains propos ont semblé fragiliser le principe d’assistance mutuelle prévu par l’article 5 du traité, plane sur le sommet. « Je m’attends à ce que, quel que soit le résultat des élections, les États-Unis restent un allié solide et loyal de l’Otan », a toutefois déclaré mercredi Jens Stoltenberg. Le président finlandais Alexander Stubb n’en a pas moins reconnu que la polarisation aux États-Unis était « très toxique ».

Le Premier ministre hongrois Viktor Orban est également présent au sommet après ses récents déplacements à Moscou et à Pékin, qui ont été très mal perçus notamment à Washington et Bruxelles.

RFI via CONGO PUB Online

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Nouvelle-Calédonie : un homme tué par les gendarmes, dixième mort depuis le début des violences

by Ruben Yale 10 juillet 2024
written by Ruben Yale

Un homme a été tué mercredi par les forces de l’ordre lors d’une opération de déblocage d’une route dans le sud de la Nouvelle-Calédonie. Il s’agit du dixième décès lié aux violents troubles qui secouent l’archipel depuis près de deux mois.

Nouveau décès sur le « Caillou ». Un homme a été tué, mercredi 10 juillet, par les forces de l’ordre dans le sud de la Nouvelle-Calédonie, ce qui porte à dix le nombre de morts depuis le début des troubles dans l’archipel il y a près de deux mois, a appris l’AFP auprès du parquet de Nouméa.

Les faits se sont produits à la tribu kanak Saint-Louis sur la commune du Mont-Dore, dans l’est de l’agglomération de Nouméa, a indiqué la même source.

La victime a été touchée par un tir de riposte à longue distance effectué par un gendarme du GIGN (Groupe d’intervention de la gendarmerie nationale) lors d’une opération de déblocage d’une route, a indiqué une source proche de l’enquête.

Alors que les gendarmes étaient ciblés par des tirs d’armes à feu, le GIGN, engagé en appui de cette opération, a localisé le tireur et a riposté, selon la version relayée par cette source.

D’après une deuxième source proche de l’enquête, les gendarmes étaient en opération pour aller interpeller des auteurs de tirs d’armes à feu, très réguliers dans cette tribu, et ont été pris à partie au niveau d’une église lors d’une opération de sécurisation d’un axe routier.

L’archipel du Pacifique sud est en proie à de violents troubles depuis le 13 mai, nés de la contestation d’un projet de réforme du corps électoral aux scrutins provinciaux, cruciaux en Nouvelle-Calédonie.

Ce projet de loi constitutionnelle, accusé par les indépendantistes de marginaliser le poids du peuple autochtone kanak, a été suspendu par Emmanuel Macron en juin, trois jours après la dissolution de l’Assemblée nationale.

Mais les troubles perdurent depuis dans le territoire océanien, qui a connu ces deux derniers mois les plus graves violences survenues localement depuis les années 1980. Elles ont fait à ce jour dix morts, dont deux gendarmes, et des dégâts matériels considérables (incendies, destructions, pillages…).

Un regain de tension a été constaté après un vaste coup de filet dans les milieux indépendantistes mené à partir du 19 juin.

Treize personnes, auxquelles il est reproché un rôle dans l’orchestration des émeutes sur le « Caillou », ont été mises en examen. Cinq d’entre elles demeurent incarcérées en métropole, dont Christian Tein, le leader de la Cellule de coordination des actions de terrain (CCAT), accusée par les autorités d’avoir organisé les violences.

France 24 via CONGO PUB Online

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