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Monde

À la UneMonde

Émirats arabes unis: un proche allié de la France mis en cause pour ses interventions à l’étranger

by admin9775 22 décembre 2025
written by admin9775

Le président français Emmanuel Macron se rend en fin de semaine aux Émirats arabes unis, où la France dispose d’une base militaire permanente. La traditionnelle visite aux forces armées de la période des fêtes de fin d’année sera doublée d’une rencontre avec les autorités de cette monarchie du Golfe, partenaire stratégique de la France dans de nombreux domaines. Une proximité qui à ce jour ne semble pas troublée par l’implication des Émirats arabes unis dans plusieurs crises. Yémen, Soudan, Libye : dans ces pays déchirés par des conflits internes, les Émirats arabes unis ont choisi de peser en fournissant d’abondants moyens militaires.

La plainte a été rejetée en avril 2025 par la Cour internationale de justice, mais c’est bien de « complicité de génocide » que le Soudan a accusé les Émirats arabes unis (EAU), soutiens des paramilitaires des Forces de soutien rapide (FSR), en lutte contre l’armée régulière du Soudan. Dans ce conflit qui a fait des dizaines de milliers de morts, de nombreuses enquêtes documentent le flux de moyens militaires (armes, mercenaires, carburant) émiriens au bénéfice des FSR de Mohammed Hamdan Daglo, alias Hemedti. Le mois dernier, Amnesty International a accusé les paramilitaires soudanais de « crimes de guerre » lors de la prise de la ville d’El-Facher et dénoncé le « soutien » des Émirats arabes unis.

En Libye également, les Émirats arabes unis ont choisi un camp : celui du général Khalifa Haftar, opposé au gouvernement reconnu par la communauté internationale. C’est notamment à partir du territoire libyen que s’organise le flux d’armes fournies par les Émirats arabes unis à destination des FSR du Soudan.

Le soutien militaire des Émirats arabes unis, on le constate aussi au Yémen, en appui aux sécessionnistes du sud du pays. Ces derniers se sont récemment emparés de territoires, jusque-là contrôlés par le gouvernement officiel. Cette poussée sécessionniste aggrave la fragmentation d’un pays déjà divisé, puisqu’une autre rébellion, celle des Houthis, règne depuis des années sur de vastes territoires du Yémen, y compris Sanaa la capitale. 

« L’analyse des Émirats est qu’il faut soutenir des « hommes forts », souvent issus des rangs militaires, contre ce qui est perçu comme une menace islamiste », analyse Jean-Loup Samaan, chercheur associé à l’Institut Montaigne et spécialiste des pays du Golfe. Menace considérée comme « existentielle » par les Émirats arabes unis et leur dirigeant Mohammed ben Zayed, surnommé « MBZ ». Au Yémen, ce sont d’ailleurs des forces qualifiées d’« islamistes » que les forces sudistes soutenues par les Émirats arabes unis ont récemment fait reculer.

Cette vision idéologique anti-islamiste n’est pas la seule explication de l’interventionnisme émirien. Ainsi, les ressources naturelles du Soudan aiguisent les appétits de tous les États étrangers qui tentent de peser dans le conflit qui ravage ce pays. « Les questions économiques sont secondaires mais comptent aussi », estime Thierry Vircoulon, chercheur associé à l’Ifri, qui mentionne les ressources en or du Soudan. Le chercheur rappelle aussi que l’accès à la mer Rouge est un objectif stratégique des Émirats arabes unis.

Mohammed ben Zayed dit « MBZ »

Les Émirats arabes unis sont une fédération de sept émirats, parmi lesquels Dubai et Abou Dhabi. C’est ce dernier qui porte la politique d’ingérence armée – non reconnue officiellement – des Émirats. Mohammed ben Zayed (MBZ) est à la fois l’émir d’Abou Dhabi et le président de la fédération. C’est à ce dirigeant, militaire de formation, que l’on attribue les choix stratégiques de son pays.

Le monarque a détesté les « Printemps arabes » de 2011, interprétés comme favorables aux islamistes, en particulier à la mouvance des Frères musulmans. Un dirigeant qui, depuis, ne cesse de soutenir un mouvement contre-révolutionnaire qui vise à faire reculer toute idée d’islam politique dans son environnement. Cette politique interventionniste des Émirats arabes unis reposant sur la force a valu au pays le surnom de « Sparte du Moyen-Orient » en référence à la cité grecque, puissance militaire de l’Antiquité.

Visite d’Emmanuel Macron

Mais l’interventionnisme massif des Émirats arabes unis dans des pays déchirés entre factions rivales ne fait aucunement obstacle aux excellentes relations entre ce pays et les Occidentaux. En ce mois de décembre 2025, Emmanuel Macron est ainsi attendu aux EAU pour y rendre visite aux forces armées déployées dans ce pays. Pas moins de 900 hommes y sont stationnés sur une base aérienne (Al Dhafra), dans le port d’Abou Dhabi, et dans un camp terrestre hébergeant le 5e Régiment de cuirassiers.

Le président français profitera de son déplacement auprès de ces troupes pour rencontrer les dirigeants des Émirats arabes unis (mais l’Élysée ne mentionne pas explicitement un entretien avec Mohammed ben Zayed). Emmanuel Macron se rend ainsi chez un partenaire stratégique de la France mais également chez un de ses gros clients, puisque les Émirats arabes unis ont été le premier acheteur d’armements français ces dix dernières années.

« Les Émirats sont un fournisseur d’énergie, mais pas seulement, note le chercheur Jean-Loup Samaan. C’est aussi un partenaire militaire. Et il y a une coopération éducative avec la Sorbonne-Abou Dhabi et une coopération culturelle avec le Louvre. » 

Une nouvelle coopération dans le domaine de l’intelligence artificielle promet d’être « très structurante », selon Jean-Loup Samaan, car « les Émirats sont l’un des principaux investisseurs au niveau mondial ». Pour le chercheur, « cela explique le silence ou la volonté de ne pas froisser les Émirats arabes unis » qui bénéficient effectivement de la plus grande bienveillance de leurs alliés occidentaux.

Restent des constats qui posent question, comme la présence de matériel militaire français équipant des blindés émiriens engagés dans la guerre au Soudan, un fait documenté par Amnesty International. « Le Soudan, c’est la plus grande guerre et la plus grande crise humanitaire actuellement en Afrique et les empreintes des Émiriens sont partout sur le champ de bataille », pointe le chercheur Thierry Vircoulon (Ifri) selon lequel « il y a matière à s’interroger sur les obligations de la France en matière de garanties de non-réexport » des équipements militaires made in France.

Divergences entre monarchies du Golfe

Comme l’Arabie saoudite ou le Qatar, les Émirats arabes unis ont su s’imposer comme alliés stratégiques incontournables pour les Occidentaux. Mais chacune de ces richissimes monarchies pétrolières joue sa partition. Ainsi les Émirats arabes unis (comme Bahreïn, autre monarchie arabe du Golfe) ont normalisé leurs relations avec Israël dans le cadre des accords d’Abraham, ce qui n’est pas le cas de l’Arabie saoudite ni du Qatar.

L’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis et le Qatar sont membres du Conseil de coopération du Golfe (avec le Koweït, Oman et Bahreïn) mais leurs différences éclatent parfois au grand jour. C’est le cas actuellement au Yémen, où le soutien des Émirats arabes unis aux séparatistes du Sud défie le gouvernement internationalement reconnu. Ce dernier est, lui, avant tout soutenu par l’Arabie saoudite.

On a même vu ces monarchies du Golfe s’opposer brutalement dans la période récente. Ainsi, en 2017, les Émirats arabes unis ont pris la tête d’un mouvement visant à isoler le Qatar, jugé trop favorable aux mouvements islamistes de la région.

RFI

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À la UneMonde

Trump suspend le programme de loterie de la « Green Card » pour les immigrants

by admin9775 19 décembre 2025
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Le président américain Donald Trump a suspendu, la nuit dernière, le programme de loterie de la « Green Card » qui a permis au suspect des fusillades à l’Université Brown et au Massachusetts Institute of Technology d’entrer aux États-Unis.

La ministre de la Sécurité intérieure, Kristi Noem, a déclaré dans un post sur le réseau social X qu’en vertu des instructions de Trump, elle ordonne aux services de citoyenneté et d’immigration américains de suspendre temporairement le programme. Le programme de visa de diversité offre jusqu’à 50 000 « Green Cards » chaque année par le biais d’une loterie pour des personnes provenant de pays sous-représentés aux États-Unis, dont beaucoup en Afrique.

Noem a poursuivi dans son post sur X :

“Cet individu odieux n’aurait jamais dû être autorisé à entrer dans notre pays”, a-t-elle déclaré à propos du suspect, le ressortissant portugais Claudio Neves Valente.

Neves Valente, 48 ans, est soupçonné des fusillades à l’Université Brown qui ont tué deux étudiants et en ont blessé neuf autres, ainsi que du meurtre d’un professeur du MIT. Il a été retrouvé mort jeudi soir des suites d’une blessure par balle auto-infligée, ont indiqué les autorités.

Neves Valente a obtenu le statut de résident permanent légal en 2017, a déclaré la procureure américaine du Massachusetts, Leah B. Foley a dit.

Le programme de visa de diversité permet de mettre à disposition chaque année par loterie jusqu’à 50 000 cartes vertes à des personnes originaires de pays peu représentés aux États-Unis, dont beaucoup en Afrique. La loterie a été créée par le Congrès et cette décision suscitera presque certainement des contestations judiciaires.Histoires liées.

Une immigrante ayant des liens familiaux avec la porte-parole de la Maison Blanche, Karoline Leavitt, est arrêtée par l'ICE

Près de 20 millions de personnes ont postulé à la loterie des visas 2025, et plus de 131 000 ont été sélectionnées en incluant les conjoints avec les gagnants. Après avoir gagné, ils doivent se soumettre à un contrôle pour être admis aux États-Unis. Les citoyens portugais n’ont remporté que 38 places.

Les gagnants de la loterie sont invités à demander une carte verte. Ils sont interrogés dans les consulats et soumis aux mêmes exigences et contrôles que les autres candidats à la carte verte.

Trump s’oppose depuis longtemps à la loterie des visas de diversité. L’annonce de Noem est le dernier exemple en date de l’utilisation de la tragédie pour faire avancer les objectifs de la politique d’immigration. Après qu’un Afghan a été identifié comme le tireur d’une attaque mortelle contre des membres de la Garde nationale en novembre, l’administration Trump a imposé des règles radicales contre l’immigration en provenance d’Afghanistan et d’autres comtés.

Tout en poursuivant des expulsions massives, Trump a cherché à limiter ou à éliminer les voies d’immigration légale. Il ne s’est pas laissé décourager si ces droits étaient inscrits dans la loi, comme la loterie des visas de diversité ou la Constitution, comme dans le cas du droit à la citoyenneté pour toute personne née sur le sol américain. La Cour suprême a récemment accepté d’entendre sa contestation de la citoyenneté fondée sur le droit de naissance.

AP

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À la UneMonde

Les propos de Donald Trump sur le meurtre de Rob Reiner indignent jusque dans son propre camp

by admin9775 17 décembre 2025
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Le fils du réalisateur américain de renom Rob Reiner a été arrêté pour les meurtres de son père et de sa mère dans leur maison de Los Angeles, Donald Trump semant, lundi 15 décembre, la consternation jusque dans son camp en imputant le drame à l’anti-trumpisme « enragé » du cinéaste.

L’auteur de la comédie romantique à succès Quand Harry rencontre Sally et de The Princess Bride, une parodie de contes de fées à l’humour décalé, a été retrouvé mort dimanche aux côtés de son épouse Michele Singer dans leur maison de Brentwood, un quartier huppé de la métropole californienne. Les médias américains ont rapporté que Rob Reiner, 78 ans, et son épouse avaient été poignardés ou égorgés.

Les premiers éléments de l’enquête « révèlent que Nick Reiner, 32 ans, le fils de Robert et Michele Reiner, est responsable de leur décès », a déclaré la police de Los Angeles dans un communiqué. Il a été arrêté peu après 21h00 dimanche soir et a été placé en détention provisoire pour meurtres, a-t-elle ajouté. Il pourrait être formellement inculpé mardi par le parquet local. Nick Reiner s’est disputé avec ses parents lors d’une fête samedi soir, rapporte le Los Angeles Times, précisant qu’il a longtemps souffert d’addictions. 

Anti-trumpisme « enragé »

Avant l’annonce de l’arrestation du fils des victimes, Donald Trump s’est déchaîné sur son réseau Truth Social contre Rob Reiner, assurant que son décès était le résultat de son anti-trumpisme « enragé ». Sa mort « serait due à la colère qu’il a suscitée chez d’autres » avec sa « névrose anti-Trump », a écrit le président américain, poursuivant, à la troisième personne : « Il était connu pour rendre les gens FOUS par son obsession enragée contre le président Donald J. Trump. »

Critiqué pour ces propos par des élus de son propre camp, Donald Trump a cependant réitéré ses accusations devant les caméras quelques heures plus tard à la Maison Blanche. « C’était une personne dérangée, de l’avis de Trump », a-t-il dit, toujours à la troisième personne. « Je n’étais pas fan de Rob Reiner du tout, en aucune manière. »

« Un abruti fini »

Son message a indigné de nombreuses personnalités politiques. « L’absence d’empathie et d’élégance envers la famille Reiner dans leur moment de deuil profond et de chagrin est pathétique et révélatrice », a déclaré sur X David Axelrod, ancien conseiller du président démocrate Barack Obama, aujourd’hui analyste politique sur la chaîne CNN. « Il ne connaît pas la honte. Un abruti fini », a cinglé le chef de la minorité démocrate au Sénat, Chuck Schumer.

L’élu républicain Thomas Massie, qui s’oppose fréquemment à Donald Trump, a aussi fustigé la réaction du président. « Qu’importe ce que vous pensiez de Rob Reiner, ce sont des déclarations inappropriées et irrespectueuses à propos d’un homme qui vient juste d’être brutalement assassiné », a-t-il déclaré sur X.

L’élue de la droite radicale Marjorie Taylor Greene, une trumpiste de la première heure mais qui s’est éloignée du président ces derniers mois, a également évoqué la peine des proches du réalisateur et de son épouse. « C’est une tragédie familiale, pas une question de politique ou d’ennemis politiques », a-t-elle déclaré dans un message sur X accompagné d’une image du post de Donald Trump. Don Bacon, un élu républicain qui ne se présentera pas à sa réélection en 2026, a déclaré à CNN s’attendre « à entendre quelque chose comme ça de la part d’un mec bourré dans un bar, pas du président des États-Unis ».

RFI

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À la UneMonde

Australie: au moins 16 morts dans une fusillade visant la communauté juive à Sydney, dont un assaillant

by admin9775 15 décembre 2025
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La police australienne a annoncé la mort d’au moins 16 personnes lors d’une attaque « terroriste » sur la célèbre plage de Bondi à Sydney, dimanche 14 décembre. L’un des deux assaillants a été tué par la police, alors que le deuxième est en état critique. La fusillade visait la communauté juive, qui organisait un événement sur la plage fêtant « le premier jour de Hanoukka », selon les autorités locales. Elle a été qualifiée de « choquante et bouleversante » par le Premier ministre Anthony Albanese. Un Français compte parmi les victimes de cette attaque.

Selon un témoin sur place, « deux tireurs vêtus de noir et armés de fusils semi-automatiques » ont ouvert le feu sur cette plage, la plus célèbre d‘Australie, prise d’assaut durant le week-end par des foules de touristes, nageurs et surfeurs.

Le bilan est lourd : au moins 16 personnes ont alors été tuées, a déclaré la police, dont l’un des deux tireurs. Le deuxième assaillant a été interpellé et serait dans un état critique, a annoncé la police à la BBC. L’attaque a en outre fait au moins 40 blessés, dont deux policiers. Un Français, Dan Elkayam, compterait parmi les victimes, a indiqué dans la soirée Jean-Noël Barrot, le ministre des Affaires étrangères français. 

« Les scènes à Bondi sont choquantes et bouleversantes », a écrit le Premier ministre australien dans un communiqué publié sur les réseaux sociaux. « Mes pensées vont à toutes les personnes affectées », a-t-il ajouté. Anthony Albanese a annoncé que« les drapeaux seront en berne dans tout le pays aujourd’hui en hommage aux victimes et aux blessés. »

Extrait d'une vidéo tournée à Bondi Beach, ce 14 décembre, par Timothy Brant-Coles, un touriste présent sur les lieux. On y voir deux hommes en noir tirant depuis un pont dominant les lieux.
Extrait d’une vidéo tournée à Bondi Beach, ce 14 décembre, par Timothy Brant-Coles, un touriste présent sur les lieux. On y voir deux hommes en noir tirant depuis un pont dominant les lieux. AFP – HANDOUT

Une attaque « visant la communauté juive au premier jour de Hanoukka »

Les autorités affirment qu’il n’y a plus de menace active, mais ont exhorté la population à éviter la zone, selon la chaîne australienne ABC. La police avait initialement annoncé un « incident en cours » sur la plage et ordonné au public d’éviter le secteur et de « se mettre à l’abri ».

L’attaque meurtrière par balles perpétrée dimanche par deux individus sur la célèbre plage de Bondi à Sydney « visait la communauté juive de Sydney le premier jour de Hanoukka », a déclaré le Premier ministre de l’État australien de Nouvelle-Galles-du-Sud, Chris Minns. Un événement était organisé à ce moment-là sur la plage pour célébrer cette fête juive, a ajouté le chef du gouvernement lors d’une conférence de presse. Une affiche pour l’événement, intitulé « Chanuka by the Sea 2025 », indique qu’il devait se dérouler près de l’aire de jeux pour enfants de la plage à partir de 17h AEDT (6h TU) dimanche, organisé par le centre juif Chabad de Bondi.

Il s’agit d’un « acte terroriste », a ajouté le chef de la police de l’État Mal Lanyon. Selon ce dernier, la police a également indiqué avoir « trouvé un engin explosif artisanal dans une voiture liée à l’assaillant décédé », a-t-il déclaré à la presse.

Une attaque contre les juifs australiens est une attaque contre chaque Australien.

Le Premier ministre autralien Anthony Albanese réagit à l’attaque de Bondi BeachMurielle Paradon

Anthony Albanese a également rendu hommage aux « héros » qui sont intervenus pour tenter de mettre fin à l’attaque, qu’il a qualifiée d’un acte qui « dépasse l’entendement ». « Nous avons vu aujourd’hui des Australiens courir vers le danger pour aider les autres. Ces Australiens sont des héros et leur bravoure a sauvé des vies », a déclaré le Premier ministre australien lors d’une conférence de presse, alors que des vidéos diffusées sur les réseaux sociaux montrent des personnes présentes tentant de maîtriser les assaillants à mains nues.

Benyamin Netanyahu lie l’attaque à la reconnaissance de l’État palestinien par Canberra

Le président israélien Isaac Herzog a condamné une « attaque cruelle contre des Juifs », demandant à l’Australie de lutter davantage contre l’antisémitisme. « En ce moment même, nos frères et sœurs de Sydney, en Australie, ont été attaqués par d’ignobles terroristes dans une attaque très cruelle contre des Juifs qui s’étaient rendus à Bondi Beach pour allumer la première bougie de Hanoukka », a-t-il déclaré dans un discours prononcé lors d’un événement à Jérusalem.

Le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahu, a accusé le gouvernement australien d’avoir « jeté de l’huile sur le feu de l’antisémitisme » avant la fusillade. « Il y a trois mois, j’ai écrit au Premier ministre australien pour lui dire que votre politique jetait de l’huile sur le feu de l’antisémitisme », a-t-il déclaré lors d’un discours télévisé prononcé à l’occasion d’un événement dans le sud d’Israël, en référence à une lettre envoyée à Anthony Albanese en août après l’annonce par Canberra de sa décision de reconnaître un État palestinien.

Selon une source sécuritaire israélienne citée par le quotidien israélien Haaretz, il s’agit d’une attaque prévisible : au cours des dernières semaines, des informations ont été reçues concernant des intentions d’attaquer la communauté juive australienne, rapporte notre correspondant à Jérusalem, Michel Paul.

Le chef de la diplomatie israélienne Gideon Saar se déclare « consterné » par cette fusillade meurtrière. « Ce sont les conséquences de la vague d’antisémitisme qui a déferlé dans les rues d’Australie ces deux dernières années », affirme le ministre qui appelle le gouvernement australien à « se ressaisir ». Plusieurs autres ministres israéliens ont directement proposé de venir en aide à la communauté juive australienne, tandis que des sources au sein du ministère de l’Immigration ont renouvelé leurs attentes sur une vague de migration de Juifs vers Israël, face à la dégradation du climat de sécurité dans plusieurs pays occidentaux. Le chef de l’Association juive d’Australie est allé dans ce sens, évoquant une « tragédie (…) tout à fait prévisible ».

Une série d’attaques antisémites a semé la peur parmi les communautés juives d’Australie depuis l’attaque du Hamas contre Israël le 7 octobre 2023 et la guerre qui s’en est suivie à Gaza. Le gouvernement australien a accusé l’Iran d’être à l’origine de deux de ces attaques et a expulsé l’ambassadeur de Téhéran il y a près de quatre mois. Aucune victime n’avait été signalée lors de ces deux attaques.

Cette capture d'écran d'une vidéo UGC prise le 14 décembre 2025 et fournie par Mike Ortiz montre la foule présente à la plage de Bondi, ainsi que des baigneurs fuyant après que des hommes armés ont ouvert le feu, à Sydney, le 14 décembre 2025.
Cette capture d’écran d’une vidéo UGC prise le 14 décembre 2025 et fournie par Mike Ortiz montre la foule présente à la plage de Bondi, ainsi que des baigneurs fuyant après que des hommes armés ont ouvert le feu, à Sydney, le 14 décembre 2025. © Mike Ortiz / UGC / AFP

Réactions internationales

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Le Conseil national des imams australiens a condamné cette « attaque traumatisante ». « C’est le moment pour tous les Australiens, y compris la communauté musulmane australienne, de se serrer les coudes dans l’unité, la compassion et la solidarité », a ajouté cette organisation.

La France « continuera de lutter sans faiblesse contre la haine antisémite », a assuré le président français Emmanuel Macron, peu après l’annonce de cette attaque. « L’Europe est aux côtés de l’Australie et des communautés juives partout. Nous sommes unis contre la violence, l’antisémitisme et la haine », a écrit la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen. Le Premier ministre britannique Keir Starmer a qualifié l’attaque de « répugnante », ajoutant que le Royaume-Uni « sera toujours aux côtés de l’Australie et de la communauté juive ». Quant au chancelier allemand Merz, il se dit « sans voix » après la tuerie de Sydney.

Le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres s’est également dit « horrifié », et a condamné « fermement l’odieuse attaque meurtrière » contre « des familles juives réunies à Sydney pour célébrer Hanoukka ».

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a exprimé sur X la « solidarité » de son pays « face à la brutale attaque terroriste (…) qui visait la communauté juive au début de Hanoukka ». Les États-Unis ont, quant à eux, condamné « fermement » cette attaque. « L’antisémitisme n’a pas sa place dans ce monde. Nos prières sont avec les victimes de cette horrible attaque, la communauté juive, et le peuple d’Australie », a écrit le secrétaire d’État américain, Marco Rubio, sur X. L’Iran a aussi condamné cet acte qualifié de « terroriste ».

Le roi Charles III, chef d’État de l’Australie, s’est dit dimanche « horrifié » par la fusillade meurtrière à Sydney. L’Union a  « condamné fermement l’odieux attentat terroriste perpétré contre une communauté juive à Sydney ». Le ministère palestinien des Affaires étrangères a lui aussi condamné cette attaque, assurant rejeter « toutes formes de violence, de terrorisme et d’extrémisme, qui sont contraires aux valeurs humanitaires et aux principes moraux. »

La communauté juive en Australie

Un peu plus de 100 000 Juifs vivent actuellement en Australie. Ils représentent moins d’1% de la population, mais ils sont bien intégrés dans le pays, selon les représentants de la communauté, implantés principalement à Melbourne et Sydney. 

Les premiers Juifs sont arrivés à la fin du XVIIIe siècle, lors de la colonisation européenne de l’Australie, avec la « Première flotte » en provenance de Grande-Bretagne et l’établissement d’une colonie pénitentiaire dans ce qui est aujourd’hui Sydney. Cette communauté grandit au fil des années, puis au XXe siècle, intègre de nombreux Juifs fuyant les pogroms en Russie et en Pologne puis la montée du nazisme en Allemagne, à la veille de la Seconde Guerre mondiale. Une autre vague de migration, en provenance de l’ex-Union soviétique, a lieu dans les années 1980-1990. 

Il y a un an, la communauté juive alertait sur une recrudescence des actes et des menaces antisémites en Australie, dans le contexte de guerre à Gaza. Ses représentants parlaient alors de faits sans précédent, jusqu’à l’attaque de ce dimanche à Sydney.

RFI

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À la UneMonde

États-Unis: la Fed réduit ses taux d’intérêt malgré l’opposition de plusieurs responsables

by admin9775 11 décembre 2025
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La Banque centrale des États-Unis (Fed) a abaissé mercredi 10 décembre ses taux d’intérêt pour la troisième fois d’affilée, une décision largement attendue par les marchés financiers, mais marquée par l’opposition d’un nombre croissant de responsables. Une hausse des salaires est nécessaire pour soutenir le pouvoir d’achat des Américains, pointe le président de la Fed Jerome Powell.

Les taux directeurs américains sont réduits d’un quart de point de pourcentage, pour s’établir dans une fourchette comprise entre 3,50 % et 3,75 %, a annoncé l’institution dans un communiqué. Elle précise que trois des douze votants étaient contre : deux ne voulaient pas de baisse du tout et un voulait une détente plus forte, d’un demi-point.

Le président de la Fed de Kansas City, Jeffrey Schmid, s’était déjà opposé à une détente lors de la précédente réunion, fin octobre. Il a été rejoint mercredi par le président de la Fed de Chicago, Austan Goolsbee. Les deux hommes ont dit publiquement qu’ils s’inquiétaient pour l’heure davantage du niveau de l’inflation que de la santé du marché du travail américain. Quant au responsable en faveur d’une baisse plus forte, il s’agit sans surprise du gouverneur Stephen Miran, récemment nommé par le président Donald Trump. Cette diminution des taux était largement attendue par les investisseurs.

Une hausse des salaires, supérieure au rythme de l’inflation, va être nécessaire pour soutenir le pouvoir d’achat des Américains, alors que la question du coût de la vie est leur première préoccupation, a pointé le président de la Réserve fédérale, Jerome Powell. « La meilleure chose à faire est de ramener l’inflation à 2%, ce que nous tentons de faire, mais également d’avoir une économie solide où les salaires réels augmentent », a déclaré M. Powell en conférence de presse.

« La discussion était serrée »

La décision d’abaisser les taux de la Réserve fédérale n’était pas évidente, compte tenu de la situation économique des États-Unis, a estimé mercredi Jerome Powell. « La discussion était serrée, mais nous devons prendre une décision. On espère toujours que les données vont nous permettre d’avoir une vision claire, mais, dans la situation actuelle », la Fed est confrontée à une inflation et un chômage plus élevé, ce qui représente un conflit entre les deux mandats de l’institution, a souligné Jerome Powell lors d’une conférence de presse.

Les taux directeurs de la Réserve fédérale se situent désormais à un niveau proche du « taux neutre », celui dont l’influence sur l’économie, soit pour la soutenir, soit pour plus la ralentir, est nulle, a jugé Jerome Powell.

Le doute est permis pour la suite. Par rapport à sa précédente réunion, l’institution a ajouté dans son communiqué quelques mots qui n’échapperont pas aux marchés : « l’ampleur et le calendrier » de possibles ajustements supplémentaires dépendront de l’évolution de la situation, est-il écrit.

Une autre baisse des taux prévue en 2026

Les responsables de la Fed continuent de prévoir une autre baisse des taux d’intérêt en 2026, selon la médiane de leurs prévisions actualisées mercredi. D’après ces prévisions, les États-Unis pourraient connaître une croissance du produit intérieur brut (PIB) de 2,3 % sur un an fin 2026 (contre 1,8 % estimé précédemment). L’inflation pourrait être alors aussi meilleure que ce que les responsables avaient auparavant imaginé (2,4 % contre 2,6 % précédemment). Quant au chômage, il resterait au niveau actuel (4,4 %).

La Fed est toutefois confrontée à une difficulté. La longue paralysie budgétaire cet automne aux États-Unis a suspendu la publication de données économiques phares. Certaines sont même définitivement perdues, ne pouvant être compilées rétroactivement. Le dernier taux de chômage connu remonte au mois de septembre. Idem pour l’inflation (à 2,8 %). Des chiffres plus récents concernant l’emploi et le niveau des prix ne seront disponibles que la semaine prochaine.

Donald Trump a estimé que la banque centrale américaine aurait pu « doubler, au minimum » sa baisse de taux. S’en prenant à nouveau au patron de la Fed Jerome Powell, le président américain a déclaré pendant une réunion à la Maison Blanche : « Il a choisi, je dirais, un chiffre plutôt petit qui pourrait avoir été doublé, au minimum. »

RFI

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À la UneMonde

L’UE durcit son pacte asile et migration, sous pression de la droite et de l’extrême droite

by admin9775 9 décembre 2025
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Les pays de l’Union européenne (UE) ont validé, lundi 8 décembre, un net durcissement de la politique migratoire du continent, ouvrant notamment la voie à l’envoi de migrants dans des centres situés hors de ses frontières. Ce tour de vis est défendu par l’immense majorité des 27 États membres, sous pression de la droite et de l’extrême droite. Ces mesures doivent également être approuvées par le Parlement européen.

Réunis à Bruxelles, les ministres de l’Intérieur des 27 ont adopté, lundi 8 décembre, des textes qui réforment le pacte asile et migration de l’Union européenne (UE) dans le sens d’un net durcissement. Ce dernier sera particulièrement sensible sur l’accélération du « retour » des migrants irréguliers, c’est-à-dire le départ de l’UE de ceux qui n’ont pas obtenu de titre de séjour. Selon le Danemark, actuel président du conseil de l’UE, seul un quart des migrants en situation irrégulière quitte effectivement le territoire des 27. 

Les textes doivent encore être adoptés par le Parlement européen, ce qui pourrait se faire pour une entrée en vigueur en 2026. La directive retour, c’est-à-dire la façon dont l’UE traite ceux qu’elle décide de ne pas accepter sur son territoire, est réformée sur trois aspects principaux. Premier point : le renforcement de sanctions, avec un allongement des placements en centre de détention pour ceux qui refusent de quitter l’Union européenne.

Le deuxième point concerne la politique dite des « pays sûrs ». L’Union européenne établit une liste des pays tiers où elle juge les conditions de sécurité ou le respect des droits humains et de l’État de droit satisfaisants. Elle s’autorise ensuite à y renvoyer les migrants, même s’ils n’en sont pas originaires.

Un volet « solidarité » sur la répartition des migrants

Le dernier point est le plus compliqué : c’est celui des « plateformes de retour ». À l’instar du centre ouvert par l’Italie en Albanie, les pays de l’UE seront autorisés à passer des accords avec des pays tiers pour y installer des plateformes de retour, c’est-à-dire des centres vers lesquels seraient renvoyés les migrants dont la demande d’asile a été refusée.

Il y a aussi, dans les décisions de ce 8 décembre, un volet « solidarité » sur la répartition des migrants dans l’ensemble des pays de l’UE, afin d’alléger la pression sur les pays par lesquels ils sont entrés en Europe. Pour 2026, l’Italie, la Grèce, l’Espagne et Chypre en seront les principaux bénéficiaires.

RFI

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Bénin: «la situation est sous contrôle», assure le président Talon après la tentative de coup d’État

by admin9775 8 décembre 2025
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Au Bénin, après l’annonce de militaires l’ayant « démis de ses fonctions », le président Patrice Talon s’est exprimé dimanche 7 décembre 2025 à la télévision nationale. Il a indiqué que « cette forfaiture ne restera pas impunie » et que la « situation est sous contrôle ». Tôt dans la matinée, des mutins se sont dirigés vers son domicile et le palais présidentiel. Des tirs ont été entendus, une douzaine de militaires ont été arrêtés d’après des sources sécuritaires. La Cédéao annonce déployer des soldats de la Force en attente après cette tentative de coup d’État.

Le président béninois Patrice Talon est apparu dimanche 7 décembre au soir à la télévision nationale pour prononcer l’échec d’un coup d’État. « Je voudrais vous rassurer que la situation est totalement sous contrôle et vous inviter par conséquent à vaquer sereinement à vos occupations dès ce soir même », a-t-il dit. « Cette forfaiture ne restera pas impunie », a-t-il ajouté.

« Notre pays a vécu aujourd’hui des événements d’une gravité extrême », a expliqué le président Talon, dénonçant « un groupuscule de soldats » qui, « sous prétexte de revendications fallacieuses, a entrepris une mutinerie à l’effet de s’attaquer aux institutions de la République et de déstabiliser notre nation en remettant ainsi en cause l’ordre démocratique ».

« Le devoir républicain m’impose, en ma qualité de président de la République, chef suprême des Armées et garant de la stabilité du pays, de prendre les mesures appropriées pour faire échec à l’œuvre des aventuriers désireux de nous faire retourner dans un passé de triste mémoire. (…) J’ai donc, en coordination avec le commandement des forces de défense et de sécurité, engagé les actions nécessaires au maintien de la paix en vue de garantir la sécurité et la quiétudes de tous », a ajouté le chef d’État.

Notre pays a vécu aujourd’hui des événements d’une gravité extrême

Le président béninois Patrice Talon s’adressant à la télévision nationaleRFI

La Cédéao déploie des militaires

La Communauté économique des États de l’Afrique de l’ouest (Cédéao) a annoncé, dimanche soir, déployer des soldats au Bénin après la tentative de putsch déjouée par les autorités plus tôt dans la journée. Dans un communiqué, l’organisme régional dit avoir « ordonné le déploiement immédiat d’éléments de la Force en attente », des troupes venant du Nigeria, de Sierra Leone, de Côte d’Ivoire et du Ghana, afin de soutenir « le gouvernement et l’armée républicaine du Bénin» et « préserver l’ordre constitutionnel ».

La présidence du Nigeria a confirmé avoir mené des frappes aériennes à Cotonou et déployé des troupes au sol, à la demande de son voisin béninois, pour notamment « sauvegarder l’ordre constitutionnel » et contrer une tentative de putsch. Dans un communiqué, la présidence indique que le chef de l’État nigérian, Bola Tinubu, a ordonné que des avions de combat entrent dans l’espace aérien béninois pour aider « à déloger les putschistes de la télévision nationale et d’un camp militaire où ils s’étaient regroupés », ainsi que le déploiement de troupes au sol « désormais au Bénin ».

Avant la prise de parole de Talon et la prise de position de la Cédéao, la Francea démenti les allégations qui ont circulé selon lesquelles des autorités béninoises auraient trouvé refuge à son ambassade à Cotonou. « Rien de tout cela n’est vrai », a expliqué le Quai d’Orsay, qui a affirmé suivre « la situation au Bénin avec attention ». Paris a appelé ces ressortissants au Bénin « ​​​​​​​à la plus grande prudence », faisant état d’« ​​​​​​​un contexte à cette heure encore volatil ».

L’Union africaine (UA) a quant à elle affirmé condamner « fermement et sans équivoque » la tentative de coup d’État contre le président Patrice Talon et a appelé les militaires à rentrer dans leurs casernes. Le président de la Commission de l’UA, Mahamoud Ali Youssouf, a également exhorté, dans un communiqué publié sur X, « tous les acteurs impliqués dans la tentative de coup d’État à cesser immédiatement toutes actions illégales » et à « retourner sans attendre à leurs obligations professionnelles ».

De fortes détonations dans plusieurs quartiers

Tôt dimanche, une douzaine de militaires ont été arrêtés. Les mutins proviennent principalement de la Garde nationale, du moins ceux identifiés à la télévision, estime notre correspondant à Cotonou, Jean-Luc Aplogan. Ils se sont retranchés dans un camp militaire à Togbin, en périphérie de Cotonou. Un officier supérieur a confié que le camp aurait été repris après plusieurs frappes ciblées. Des informations qui restent, à ce stade, en attente de confirmation officielle. 

Les mutins avaient formulé des revendications à la fois politiques, sociales et militaires. Ils dénonçaient notamment la dégradation persistante de la situation sécuritaire dans le nord du pays et l’abandon, selon eux, de leurs frères d’armes tombés au front.

Au matin, des tirs ont été entendus près dans la zone du port et de la présidence. Une habitante raconte sa surprise : « Ma petite fille disait :  »Oh maman, on dirait que la foudre tombe. » Je lui ai répondu :  »Non, ce n’est pas la foudre, on dirait des tirs. » Alors on s’est couchées. Et puis bon, ça n’a pas duré longtemps, cinq ou dix minutes. »

À Cotonou, des tirs entendus à la surprise générale, une habitante raconteMagali Lagrange

Dans la journée, le signal de la chaîne publique Bénin TV a brièvement cessé de fonctionner avant de reprendre. Le ministre de l’Intérieur béninois, Alassane Seidou, avait ensuite invité « les populations à vaquer normalement à leurs occupations ». En fin d’après-midi, de très fortes détonations ont été entendues pendant de longues minutes dans les quartiers de Fidjrossè et de Togbin.

De nombreuses questions encore sans réponse

Cette tentative de putsch intervient à quatre mois de l’élection présidentielle, à laquelle Patrice Talon ne se représente pas. À Cotonou, l’événement semble avoir pris tout le monde de court. Dimanche soir, de nombreuses interrogations demeuraient. Pourquoi maintenant, à quelques mois d’une présidentielle ouverte ?

Selon des sources proches du dossier, les mutins nourrissaient des griefs politiques contre le pouvoir en place, critiquant notamment une gouvernance qu’ils jugent excluante et qui pousse à l’exil. Reste aussi la question des éventuels commanditaires de cette tentative de coup d’État.

RFI

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Washington suspend les demandes d’immigration en provenance de 19 pays

by admin9775 3 décembre 2025
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L’administration Trump a suspendu toutes les demandes d’immigration provenant de 19 pays jugés à haut risque, quelques jours après une fusillade mortelle à Washington impliquant un ressortissant afghan, a annoncé mardi 2 décembre le ministère américain de la Sécurité intérieure.

La suspension s’applique aux personnes provenant des douze pays dont les ressortissants n’avaient plus le droit de se rendre aux États-Unis depuis juin et aux ressortissants de sept autres pays frappés jusqu’à présent par des restrictions dans la délivrance de visas, selon un mémorandum des services de l’immigration.

Les demandes de « cartes vertes » des ressortissants des pays concernés tout comme les demandes de naturalisation sont interrompues. La liste comprend certains des pays les plus pauvres et les plus instables du monde.

En juin dernier, Donald Trump avait ordonné l’interdiction d’entrée aux États-Unis pour les ressortissants d’Afghanistan, de Birmanie, du Tchad, de la République du Congo, de Guinée équatoriale, d’Érythrée, d’Haïti, d’Iran, de Libye, de Somalie, du Soudan et du Yémen.

Les sept autres pays concernés sont le Burundi, Cuba, le Laos, la Sierra Leone, le Togo, le Turkménistan et le Venezuela.

La ministre de la Sécurité intérieure Kristi Noem avait indiqué, lundi 1er décembre sur X, avoir recommandé au président Donald Trump « une interdiction d’entrée totale pour les ressortissants de chaque satané pays qui a inondé notre nation de meurtriers, de sangsues et d’accros aux aides sociales. […] Nous ne voulons pas d’eux, pas d’un seul d’entre eux », avait-elle dit.

La lutte contre l’immigration, priorité absolue de Donald Trump

Mardi, le président américain s’est lancé à son tour dans une violente diatribe contre la Somalie, affirmant que les migrants de ce pays d’Afrique ne devraient pas être les bienvenus aux États-Unis. « Je n’en veux pas dans notre pays », a-t-il dit.

Depuis l’attaque à Washington le 26 novembre, imputée à un ressortissant afghan, qui a coûté la vie à une militaire de la Garde nationale et grièvement blessé un autre soldat, l’administration Trump a gelé toute décision sur l’octroi de l’asile aux États-Unis.

Donald Trump a érigé la lutte contre l’immigration clandestine en priorité absolue, évoquant une « invasion » des États-Unis par des « criminels venus de l’étranger » et communiquant abondamment sur les expulsions d’immigrés. Mais son programme d’expulsions massives a été contrecarré ou freiné par de multiples décisions de justice, notamment au motif que les personnes visées devaient pouvoir faire valoir leurs droits.

RFI

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UE: l’ex-cheffe de la diplomatie européenne Federica Mogherini placée en garde à vue

by admin9775 3 décembre 2025
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Un nouveau scandale vient ternir l’image de l’Union européenne. Federica Mogherini, qui a exercé le poste de cheffe de la diplomatie de l’UE entre 2014 et 2019, a été placée en garde à vue mardi 2 décembre en Belgique. Elle est visée, avec deux autres collaborateurs, par une enquête pour usage frauduleux de fonds européens.

Federica Mogherini, diplomate italienne de 52 ans, a été placée en garde à vue ce mardi 2 décembre avec Stefano Sannino, un haut responsable de la Commission européenne, ainsi que le directeur adjoint du Collège d’Europe. Ils sont donc trois à avoir été arrêtés dans la capitale belge dans le cadre d’une enquête placée sous l’autorité du parquet européen.

L’enquête qui porte sur des soupçons de favoritisme dans l’attribution d’un programme de formation pour futurs diplomates. En 2021, ce programme a été attribué au Collège de l’Europe de Bruges, la plus prestigieuse institution qui forme les hauts fonctionnaires européens et dont Federica Mogherini a pris la tête il y a cinq ans.

Des perquisitions effectuées par la police belge

Le parquet européen leur reproche les infractions de « fraude dans l’attribution des marchés publics, corruption, conflit d’intérêts et violation du secret professionnel ». Une série de perquisitions a été effectuée par la police belge ce mardi au siège du Service européen pour l’action extérieure, dans plusieurs bâtiments du Collège d’Europe à Bruges, et aux domiciles des trois suspects.

À ce stade, les enquêteurs cherchent à déterminer « si le Collège d’Europe a été informé à l’avance des critères de sélection » pour le programme de formation de neuf mois, proposé par le service diplomatique de l’Union européenne, un contrat de 654 000 euros. Dans un communiqué publié mardi soir, le Collège d’Europe a confirmé les perquisitions menées sur son campus de Bruges et s’est engagé à « coopérer entièrement » avec les autorités.

Ces grandes affaires de corruption qui ont touché les institutions européennes

Cette affaire d’usage frauduleux de fonds européens vient s’ajouter à la liste des scandales retentissants qui ont touché les institutions européennes ces dernières années. Des scandales de corruption qui mettent à mal la crédibilité de Bruxelles.

Des innombrables liasses de billets d’euros découverts au domicile d’eurodéputés, mais aussi des cadeaux provenant du Qatar, de la Mauritanie et du Maroc, l’affaire du Qataragate a ébranlé le Parlement européen en décembre 2022. Plusieurs députés et assistants parlementaires sont soupçonnés d’avoir reçu des pots-de-vin et des avantages en échange de leur influence sur certaines décisions du Parlement. La vice-présidente de l’époque, la Grecque Eva Kaili, a passé six mois en détention et en résidence surveillée. Elle continue de nier les faits et l’enquête est toujours en cours.

Cette année, Bruxelles a aussi été secouée par des accusations d’ingérence chinoise. Huit personnes ont été inculpées début avril dans le cadre d’une enquête pour corruption présumée au Parlement européen impliquant Huawei. Selon les accusations, des lobbyistes du groupe de télécommunication chinois voulaient obtenir un soutien politique et ont payé des parlementaires ou leur ont offert des cadeaux. Dans cette affaire-là aussi, l’enquête est toujours en cours. 

Plusieurs autres scandales font régulièrement surface au sein des États européen, en particulier pour détournements de fonds européens. Selon le dernier rapport du Parquet européen, l’utilisation abusive des fonds européens reste très répandue dans les 27 pays de l’Union.

RFI

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Israël: Benyamin Netanyahu demande une grâce présidentielle dans son procès pour corruption

by admin9775 30 novembre 2025
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Le Premier ministre Benyamin Netanyahu a créé la surprise, dimanche 30 novembre, en soumettant une demande de grâce au président Isaac Herzog. Une requête exceptionnelle, d’autant plus que Benyamin Netanyahu, toujours en plein procès, n’y reconnaît aucune culpabilité.

Dans sa lettre au président, le Premier ministre affirme que cette grâce présidentielle « permettrait de réparer les divisions entre les différentes parties du peuple et d’apaiser les tensions », renforçant ainsi la « résilience nationale », rapporte notre correspondant à Jérusalem, Michel Paul. « Je suis persuadé, comme de nombreux Israéliens, que la fin immédiate de ce procès permettra de réduire les flammes et permettra de réaliser une large réconciliation dont nous avons tant besoin. Je m’attends que tous ceux qui aspirent au bien de l’État apportent leur soutien à cette requête », a estimé Benyamin Netanyahu.

Benyamin Netanyahu, qui nie toute faute dans ces affaires, est régulièrement entendu dans le cadre d’au moins trois procédures judiciaires, dans lesquelles aucun jugement n’a encore été rendu. Tout en affirmant vouloir mener le procès à terme pour prouver son innocence, le Premier ministre a ensuite justifié cette demande au nom de « l’intérêt public » dans une vidéo diffusée par ses services, mettant en avant les « immenses défis » que le pays doit relever. Rappelant que son procès avait débuté il y a près de six ans, il a aussi affirmé que témoigner trois fois par semaine était « une exigence impossible à satisfaire ».

Le Premier ministre a également souligné que la fin de son procès lui permettrait de consacrer toute son énergie à « renforcer l’État d’Israël » et de s’attaquer à des problèmes comme le système judiciaire et les médias.

La demande se distingue par l’absence inédite d’aveu de culpabilité. Benyamin Netanyahu a même fait référence à la grâce accordée à l’ancien président américain Richard Nixon par Gerald Ford, où aucune culpabilité n’avait été reconnue.

Une demande examinée « avec responsabilité et sérieux »

Le président Herzog a indiqué qu’il examinerait la demande « avec responsabilité et sérieux ». Cependant, la conseillère juridique du gouvernement, Gali Baharav-Miara, devrait s’y opposer fermement. Benyamin Netanyahu affirme placer l’intérêt général avant son intérêt personnel, malgré sa conviction d’être totalement acquitté. Le président américain avait déjà demandé au président Herzog d’accorder cette grâce à Benyamin Netanyahu.

En septembre, Isaac Herzog avait laissé entendre qu’il pourrait accorder une telle grâce, déclarant dans un entretien à la radio de l’armée que le procès du Premier ministre « pesait lourdement sur la société israélienne ».

À 76 ans, il est le Premier ministre israélien ayant passé le plus grand nombre d’années en exercice, avec plus de 18 ans à la tête d’Israël depuis 1996. Il a annoncé qu’il se présenterait aux prochaines élections, qui auront lieu avant la fin de l’année 2026. Au cours de son mandat actuel, qui a débuté fin 2022, le leader du Likoud a proposé des réformes judiciaires de grande envergure qui, selon ses détracteurs, visaient à affaiblir les tribunaux. Son projet a déclenché des manifestations massives qui n’ont pris fin qu’après le début de la guerre dans la bande de Gaza, déclenchée par l’attaque sans précédent du Hamas en Israël le 7 octobre 2023.

Le Premier ministre Benyamin Netanyahu comparaît dans trois dossiers :

Dans la première affaire, M. Netanyahu et son épouse, Sara, sont accusés d’avoir accepté pour plus de 260.000 dollars de produits de luxe (cigares, bijoux, champagne) de la part de milliardaires, notamment du producteur hollywoodien d’origine israélienne Arnon Milchan et l’homme d’affaires australien James Packer, en échange de faveurs politiques.

Dans la deuxième, le Premier ministre est poursuivi pour avoir tenté de négocier une couverture plus favorable de la part d’Arnon Mozes, éditeur du quotidien Yedioth Aharonoth, premier quotidien national payant, en échange de la promesse d’une loi qui aurait entravé la circulation du journal gratuit Israel Hayom, titre le plus lu en Israël.

Dans le dernier dossier, M. Netanyahu est accusé d’avoir tenté de faciliter une fusion souhaitée par un ami proche, Shaul Elovitch, alors actionnaire majoritaire de Bezeq, le plus grand groupe de télécommunications du pays, en échange d’une couverture favorable de sa politique sur le site web d’information populaire Walla, également propriété de M. Elovitch.

(AFP)

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