L’ex-président sud-coréen Yoon Suk-yeol a été déclaré coupable, jeudi 19 février, d’avoir dirigé une insurrection, en imposant brièvement la loi martiale et en envoyant l’armée au Parlement en décembre 2024. « Concernant l’accusé Yoon Suk-yeol, le crime de direction d’une insurrection est établi », a déclaré en lisant son verdict le juge Ji Gwi-yeon, du tribunal du district central de Séoul. Il a été condamné à la prison à perpétuité.
« Nous condamnons Yoon à la prison à vie » pour avoir mené une insurrection, a déclaré le juge Ji Gwi-yeon, du tribunal central du district de Séoul, en lisant son verdict, jeudi 19 février. L’ancien dirigeant conservateur a donc échappé à la peine capitale, qui avait été requise par le parquet, même si aucune exécution n’a eu lieu en Corée du Sud depuis 1997.
Yoon Suk-yeol est le cinquième chef d’État sud-coréen condamné par la justice depuis 1996, mais il y a de fortes chances que sa peine ne soit pas entièrement exécutée, précise notre correspondant à Séoul, Célio Fioretti. Si la Corée du Sud n’hésite pas à condamner ses chefs d’État, elle est aussi connue pour les gracier ou réduire leurs peines quelques années plus tard sous l’impulsion d’un nouveau gouvernement.
Malgré la décision rendue par la justice, la société sud-coréenne est encore profondément divisée. Le Parti conservateur, duquel l’ex-président est issu, lui reste en grande partie fidèle. Et certains appellent déjà à son retour dans la vie politique.
Dans une allocution surprise le soir du 3 décembre 2024, Yoon Suk-yeol avait déclaré la loi martiale et ordonné à l’armée d’investir l’Assemblée nationale. Un nombre suffisant de députés avait toutefois réussi à se faufiler dans l’hémicycle cerné par les soldats et à voter une résolution contre ce coup de force, obligeant le président d’alors à faire marche arrière.
Le régime civil n’avait finalement été suspendu que six heures, mais ce coup de force a déclenché une profonde et longue crise politique dans le pays. Yoon Suk-yeol, qui comparaissait détenu, avait déjà été destitué en avril pour ces faits.
Des anciens ministres aussi condamnés
Âgé de 65 ans, Yoon Suk-yeol est au cœur de plusieurs autres procès. Il a toujours nié tout méfait, affirmant avoir agi pour « préserver la liberté » et restaurer l’ordre constitutionnel contre ce qu’il a qualifié de « dictature législative » de l’opposition, qui domine le Parlement et bloquait ses projets.
Il avait déjà été condamné à cinq ans d’emprisonnement pour des faits moins graves liés à son coup de force. D’anciens collaborateurs, en poste au moment de sa décision choc, se sont aussi vu infliger des peines de prison, ou attendent leur jugement.
Déclaré coupable par le tribunal, l’ex-ministre de la Défense Kim Yong-hyun a été condamné à 30 ans de prison. Fin janvier, l’ex-Premier ministre Han Duck-soo a écopé de 23 ans d’incarcération (contre quinze requis) et le ministre de l’Intérieur de l’époque, Lee Sang-min, a été condamné à sept ans de prison la semaine dernière, pour leur rôle dans ce scandale.
RFI





