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Monde

À la UneMonde

Israël-Hamas: deux résolutions rejetées au Conseil de sécurité de l’ONU, les pays arabes saisissent l’Assemblée générale

by Ruben Yale 26 octobre 2023
written by Ruben Yale

Le Conseil de sécurité est toujours divisé sur la question de la guerre entre Israël et le Hamas. Après les États-Unis qui ont opposé leur veto à une résolution sur le positionnement du Conseil la semaine dernière, ce sont la Russie et la Chine qui ont opposé le leur mercredi 25 octobre, paralysant à nouveau l’instance exécutive de l’ONU. Devant ces blocages, les pays arabes ont saisi l’Assemblée générale et ses 193 membres pour que la communauté internationale puisse tout de même s’exprimer.

Après que Moscou a proposé une alternative qui n’a pas recueilli suffisamment de voix pour être considérée et que les dix membres élus ont expliqué travailler à une nouvelle mouture, dix-neuf jours après les attaques du Hamas contre les civils israéliens, les pays arabes ont saisi l’Assemblée générale et tous ses membres.

C’est le même scénario qui s’est déroulé lorsque le Conseil de sécurité de l’ONU était paralysé lors de l’invasion russe en Ukraine il y a un an et demi, à ceci près que les belligérants ne sont pas membres de l’instance cette fois, rappelle notre correspondante à New York, Carrie Nooten.

Après plusieurs semaines où le Conseil ne parvient pas à se positionner sur un évènement menaçant la paix et la sécurité internationale, à cause du jeu des veto des membres permanents, deux pays peuvent demander à l’Assemblée des 193 membres de se saisir de la question.

Un vote qui donnera le pouls de la communauté internationale

Cette session spéciale s’ouvre donc ce jeudi 26 octobre au matin et une résolution pourrait être mise au vote dès vendredi. Il y a cependant un problème : le texte proposé par les pays arabes ne mentionne ni ne condamne les attaques du Hamas.

« Nous avons décidé de rester concentrés sur l’aspect humanitaire de ce projet de résolution, déclare l’ambassadeur palestinien Riyad Mansour. La position des pays arabes a été exprimée lors de notre réunion ministérielle au Caire, au cours de laquelle nous nous opposons au fait de nuire ou de tuer des civils innocents, tous les civils de tous bords. »

À défaut d’être contraignant, le résultat du vote donnera le pouls de la communauté internationale sur cette crise.

Joe Biden réaffirme le positionnement des États-Unis sur le conflit entre Israël et le Hamas

La situation au Proche-Orient et le conflit entre Israël et le Hamas continue d’inquiéter à travers le monde. En recevant le Premier ministre australien pour une visite d’État à Washington, le président américain Joe Biden a fait le point sur ce conflit et sur le positionnement des États-Unis, rapporte notre correspondant à Washington, Guillaume Naudin.

Israël a le droit et même le devoir de se défendre. Dans sa première déclaration à ce sujet depuis son retour du Proche-Orient, Joe Biden ne change pas de position : il soutient toujours Israël, il demande cependant à l’État hébreu de minimiser les pertes civiles. Mais il le dit, il n’a pas confiance dans les chiffres fournis par le Hamas sur le bilan des frappes de l’armée israélienne.

« Je suis sûr que des innocents ont été tués et c’est le prix d’une guerre. Les Israéliens devraient être très prudents pour s’assurer qu’ils se concentrent sur la lutte contre les gens qui propagent cette guerre contre eux. Et quand ce n’est pas le cas, ce n’est dans l’intérêt de personne. Mais je n’ai pas confiance dans les chiffres avancés par les Palestiniens. »

Ailleurs dans la région, en Irak et en Syrie, des soldats américains ont été blessés dans des attaques de drones menées par des groupes affiliés à l’Iran. Les États-Unis ont renforcé la sécurité de leurs troupes en fin de semaine dernière avec un avertissement direct du président : « Mon avertissement contre l’ayatollah, c’est que s’il continue à agir contre ces troupes, nous répliquerons et il devrait s’y préparer. »

Face au risque d’extension du conflit, l’administration Biden admet depuis quelques jours que des plans pour évacuer les Américains de la région sont prêts et actuellement réactualisés.

RFI

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À la UneMonde

Guerre Israël-Hamas: l’incursion israélienne à Gaza, préambule à une offensive terrestre

by Ruben Yale 26 octobre 2023
written by Ruben Yale

L’armée israélienne poursuit ses bombardements sans relâche contre la bande de Gaza. On dénombre plus de 7 000 morts selon le ministère de la Santé palestinien. Et les frappes ont été accompagnées tôt ce jeudi matin 26 octobre d’une brève incursion terrestre israélienne. Une colonne de chars est entrée dans le nord de l’enclave palestinienne. « Des préparatifs à la prochaine étape de combat », dit l’armée israélienne.

Ce mercredi soir, le Premier ministre, Benyamin Netanyahu, l’a confirmé : il y aura bien une offensive terrestre à Gaza. Mais à quel moment ? Personne ne semble véritablement le savoir, rapporte notre correspondant à Jérusalem, Sami Boukhelifa. Derrière le discours va-t-en-guerre, il y a la réalité du terrain. L’armée israélienne a besoin de temps pour se préparer et c’est ce qu’elle fait en ce moment. Les soldats s’entraînent, il y a également des exercices d’état-major, avec une dimension géopolitique qui accompagne la dimension militaire. Le scénario du pire est évoqué, étudié. Il faut anticiper les réactions régionales, les réactions internationales à une offensive terrestre à Gaza. 

En attendant, l’armée s’efforce de maintenir la pression sur le Hamas, sur Gaza et sa population. D’où les bombardements ininterrompus et cette incursion éclair de blindés qui a eu lieu ce jeudi 26 octobre, avant l’aube. C’est la première fois depuis le début de la guerre qu’Israël engage ses chars à Gaza. L’objectif opérationnel est de tester les défenses du Hamas, de faire du renseignement et de la reconnaissance du terrain. Jusque-là, l’État hébreu avait tenté de mener ces opérations en envoyant des forces spéciales. Elles ont dû rapidement battre en retraite sous des tirs nourris.

Les alliés américains, maîtres du tempo 

L’assaut semblait imminent dans les jours qui ont suivi le 7 octobre. Mais, si l’État hébreu n’a toujours pas lancé d’opération terrestre à Gaza, faut-il voir le résultat de dissensions internes au sein du gouvernement israélien ? Notamment entre le Premier ministre Benyamin Netanyahu et son ministre de la Défense, Yoav Gallant, ainsi qu’avec l’État-major de l’armée israélienne ? « Les relations avec le chef d’État-major ne sont pas excellentes, mais ce n’est pas ça qui peut retarder l’opération terrestre. Ce sont d’autres choses beaucoup plus importantes que les sentiments des uns envers les autres », estime Ilan Greilsammer, de l’université Bar-Ilan à Tel-Aviv, au micro de Vincent Souriau, du service international de RFI.

Le politologue voit avant tout la main des États-Unis et la crainte de mettre en danger la vie des otages détenus à Gaza. « Il est très possible, en tout cas, que les Américains, qui sont des alliés stratégiques de l’État d’Israël, aient demandé au gouvernement israélien de retarder cette opération, pour pouvoir eux-mêmes – les Américains – s’organiser et se préserver. Ils ont des bases dans toute la région, certaines ont été attaquées. Ça peut être une des grandes raisons du retard. L’autre étant qu’Israël cherche avant tout à faire libérer ses plus de 200 otages. Des négociations secrètes se poursuivent et on ne veut pas compromettre leur vie et leur libération, c’est certainement quelque chose qui joue », poursuit-il.

Encore une fois, la guerre armée s’accompagne d’une guerre de l’information. Israël a besoin de montrer qu’il maîtrise la situation. Mais les médias israéliens parlent sans cesse du rôle des États-Unis dans cette guerre. Et c’est Washington qui semble imposer le tempo. Il n’y a pas de feu vert américain pour le moment pour entrer dans Gaza. 

La bande de Gaza plongée dans une crise humanitaire

Depuis l’Egypte où il a rencontré mercredi 25 octobre son homologue Abdel Fattah al-Sissi, Emmanuel Macron a détaillé plusieurs mesures prises par la France pour venir en aide aux populations de la bande de Gaza bombardées sans relâche par Israël depuis l’attaque du Hamas le 7 octobre contre son territoire. Cette annonce intervient alors que depuis plusieurs jours, l’ONU ne cesse de tirer le signal d’alarme à propos des conditions de vie désastreuses des 2,4 millions de Palestiniens encore bloqués dans l’enclave, rappelle Rachel Saadoddine, du service international de RFI.

RFI via CONGO PUB Online

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À la UneMonde

Gaza, Yémen, Somalie… quand la guerre et le dérèglement climatique se rejoignent

by Sam's Londele 25 octobre 2023
written by Sam's Londele

Les personnes qui vivent dans des régions en conflit se retrouvent aussi souvent en première ligne face à la crise climatique car leur pays, du fait de leur instabilité, est mal préparé à faire face à ces défis. C’est le cas de la bande de Gaza, qui pourrait bientôt se retrouver prise dans un nœud gordien.

Cela ressemble fortement à une double peine. Les pays en guerre figurent également parmi les plus vulnérables face à la crise climatique. Parmi les vingt-cinq pays les plus exposés au changement climatique, selon la « Global Adaptation Initiative » de l’université américaine Notre Dame, en 2021, quatorze connaissent actuellement des conflits armés, dont le Yémen, l’Afghanistan, le Soudan et la République Démocratique du Congo.

Pour cause, s’il n’existe pas de corrélation directe entre le changement climatique et les conflits, les pays en guerre sont moins à même à faire face aux effets du réchauffement climatique car leur capacité d’adaptation est affaiblie par les divisions internes ou les violences en cours.

Le dérèglement climatique peut également attiser les tensions relatives à l’accès à des ressources de plus en plus limitées.

« Un problème en exacerbe un autre », explique Yvonne Su, experte en développement international et professeure adjointe à l’Université de York. « Si un endroit est exposé au réchauffement climatique, les gens peuvent être amenés à se battre pour les ressources. »

Alors que la guerre est de retour dans la bande de Gaza, les experts estiment que sa population est plus fragile que jamais.

Un rapport publié en 2020 par le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) a montré que les effets en cascade de la guerre et du réchauffement climatique peuvent faire des ravages, notamment sur les terres et les ressources. Dans un entretien accordé au CICR en février 2021, l’ancien responsable des programmes de sécurité économique de l’organisation, Ibrahima Bah, met en lumière « le cas de la République centrafricaine [qui] montre à quel point les effets du changement climatique et de l’insécurité dans des pays limitrophes, et même au-delà, peuvent avoir des répercussions sur des communautés vivant à plusieurs centaines de kilomètres ».

L’instabilité dans les régions du Sahel et du lac Tchad a poussé de nombreux éleveurs et agriculteurs à se déplacer vers la République centrafricaine, à la recherche de pâturages plus verts pour leur bétail. Mais dans un pays fragile depuis plus de 60 ans et où l’insécurité alimentaire est endémique, ces déplacements constituent une nouvelle source de tensions. Les éleveurs n’empruntent plus les couloirs traditionnels de transhumance en raison des conflits armés dans la région et finissent par s’installer à proximité des villages ou des champs, où ils convoitent le même espace et les mêmes ressources que les habitants s’y trouvant déjà. Les autorités, qui contribuaient d’ordinaire au règlement des conflits, n’interviennent plus dans certaines zones pour des raisons de sécurité. Des affrontements ont inévitablement fini par éclater.

Conflits armés et dérèglement climatique, principales menaces sur la sécurité alimentaire

« On observe une militarisation croissante de l’élevage, avec une implication renforcée des différents groupes armés qui commettent des exactions, car la transhumance est devenue une de leurs sources de revenus », explique Ibrahima Bah.

La Somalie, l’un des pays les plus exposés au dérèglement climatique, a connu des décennies de conflits. Ces années de violence ont été amplifiées par une série de graves sécheresses, exerçant une pression supplémentaire sur le processus de construction de cet État tout en provoquant un déplacement de population de plus en plus important.

En juillet 2023, l’ONU a rapporté que plus de 3,8 millions de personnes sont actuellement déplacées en Somalie en raison des conflits, des sécheresses et des inondations. Les différends liés aux terres et les litiges découlant de ces déplacements massifs ont aggravé les tensions, selon un rapport de la Banque mondiale. Dans le centre de la Somalie, par exemple, l’occupation des terres est un problème récurrent. À leur retour, les habitants ayant été déplacés pendant longtemps retrouvent bien souvent leurs terres occupées par d’autres, ce qui entraîne des affrontements.

Selon l’ONU, les conflits armés et le dérèglement climatique sont les deux principales menaces sur la sécurité alimentaire. La guerre peut avoir des effets dévastateurs, en particulier lorsque les pays impliqués sont des producteurs ou des exportateurs clés de matières premières. Grenier à blé de l’Europe, l’Ukraine représentait environ 15 % de la production mondiale de blé avant l’invasion russe. Ensemble, la Russie et l’Ukraine assuraient 80 % de la production mondiale de tournesol. La guerre a provoqué une pénurie de ces deux produits, contribuant ainsi à l’inflation des prix alimentaires à l’échelle mondiale.

I’ll repeat it again & this time not from the #UNSC but from the middle of the Sahel:

Armed violence is the main driver of food insecurity & the climate emergency is prolonging existing tensions & perpetuating fragility: Poor harvest, water scarce, intercommunal violence etc pic.twitter.com/8iiAhPAjAe

— Patrick Youssef (@PYoussefICRC) October 26, 2022

La guerre peut également causer des ravages sur l’environnement d’un pays. Plus de 80 % des conflits se déroulent dans des points chauds de la biodiversité, qui abritent la moitié des plantes et espèces rares, selon le CICR. La dégradation de l’environnement est un cercle vicieux qui, non seulement contribue au réchauffement climatique, mais qui réduit aussi la capacité de la population à s’y adapter. La multiplication de sites industriels et la destruction d’espaces verts comme les forêts libèrent d’importantes quantités de gaz à effet de serre dans l’atmosphère tout en restreignant le potentiel de la planète à les réabsorber.

La situation à Gaza, « exemple de territoire vraiment pauvre en ressources », rappelle Yvonne Su. Les organisations internationales tirent la sonnette d’alarme depuis des années, pointant le grave manque d’infrastructures, problème bien antérieur à la guerre entre Israël et le Hamas. Abritant 2,2 millions de personnes, la bande de Gaza ne mesure que 41 km de long et 10 km de large, ce qui en fait l’un des territoires les plus densément peuplés au monde. Les habitants sont systématiquement confrontés à des pénuries de nourriture, d’eau, d’électricité et de services de santé.

Mais Gaza connaît aussi des températures en hausse, des précipitations en baisse, une montée du niveau de la mer et des événements météorologiques extrêmes de plus en plus fréquents, tous provoqués par le dérèglement climatique, selon une publication de juin 2022 de l’Institut d’études sur la sécurité nationale de l’Université de Tel Aviv.

« Les conséquences du conflit vont au-delà de ce que nous voyons »

En janvier 2022, de graves inondations à Gaza ont endommagé des centaines de bâtiments et mis hors service l’ensemble du réseau d’égouts, forçant les habitants à quitter leur domicile. Si un événement météorologique extrême venait à frapper la région maintenant, alors que l’accès aux services essentiels est impossible, la population locale n’aurait pas les moyens d’y faire face.

« L’occupation prolongée et le blocus signifient que les habitants de Gaza ont des moyens plus limités qu’ailleurs. Par exemple, l’une des stratégies d’adaptation consiste à déménager pour trouver des terres plus fertiles ou de l’eau, mais ce n’est pas une option pour les habitants de Gaza », explique Catherine-Lune Grayson, conseillère en politique humanitaire au CICR, spécialiste des questions liées au dérèglement climatique.

Même pour les pays les mieux lotis, s’adapter au dérèglement climatique nécessite une bifurcation majeure sur le plan social, économique et culturel. Mais en temps de guerre, les autorités sont trop concentrées sur la sécurité pour avoir le temps de s’occuper des défis climatiques.

« Les conséquences du conflit vont au-delà de ce que nous voyons, comme la mort et la destruction des infrastructures. Cela affecte les institutions elles-mêmes », explique Catherine-Lune Grayson. « Des services essentiels comme l’accès à l’eau, à l’éducation et aux centres de santé peuvent être détruits, ce qui aura un impact sur l’économie, et par ricochet sur la cohésion sociale, ce qui signifie qu’on se retrouve avec une société fragilisée et moins capable de répondre aux chocs, alors même que les chocs liés au climat augmentent. »

L’écart de financement pour l’action climatique entre les pays stables et les pays fragiles doit aussi être pris en compte, juge le CICR. De nombreux États, pourtant parmi les plus exposés, ne reçoivent pas d’aide financière suffisante.

« La raison pour laquelle les financements climatiques n’atteignent guère les pays en conflit est liée au conflit lui-même. Les institutions de ces pays ne sont pas suffisamment solides et capables de gérer facilement des aides financières, voire même de les demander », estime Catherine-Lune Grayson. « Un pays en guerre a tendance à se concentrer exclusivement – et c’est bien normal – sur le retour de la sécurité dans son territoire. Il n’a pas le temps de prêter attention aux impacts à long terme des risques climatiques. »

Un protocole additionnel a été ajouté aux Conventions de Genève en 1977 pour établir des règles en temps de guerre garantissant la protection de la nature. Le droit humanitaire international interdit les attaques contre ce qui est indispensable à la survie des civils, comme les zones agricoles et les infrastructures d’approvisionnement en eau potable.

Le CICR travaille actuellement au renforcement de la résilience de Gaza face aux défis actuels. « Nous examinons, par exemple, comment garantir qu’un point d’eau puisse continuer à fonctionner même s’il y a un impact sur la production d’électricité », déclare Catherine-Lune Grayson. « Nous devons renforcer la résilience face aux chocs résultant de la guerre, mais aussi face aux chocs liés au dérèglement climatique. »

FRANCE 24 via CONGO PUB Online

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Recep Tayyip Erdogan estime que le Hamas est un «groupe de libérateurs qui protègent leur terre»

by Sam's Londele 25 octobre 2023
written by Sam's Londele

Lors d’un discours devant son groupe parlementaire à la Grande Assemblée nationale de Turquie, le président turc, Recep Tayyip Erdogan, a déclaré qu’il annulait tout déplacement en Israël et a renouvelé son soutien indéfectible au peuple palestinien.

Voilà plusieurs années que le président, Recep Tayyip Erdogan, a fait du dossier palestinien une cause personnelle. Le verbe haut, il s’est d’ailleurs illustré en tenant tête aux dirigeants israéliens dans les grandes instances internationales.

Se posant régulièrement en protecteur du monde musulman, il a dénoncé avec constance la violation des droits des Palestiniens. Aujourd’hui, au Parlement, il a tenu des propos très direct : « Nous n’avons aucun problème avec l’État d’Israël, mais nous n’avons jamais approuvé et n’approuverons jamais les atrocités commises par Israël et la façon dont il agit comme une organisation plutôt que comme un État. Le Hamas n’est pas une organisation terroriste, mais un groupe de libération et de moudjahidines qui se battent pour protéger leurs terres et leurs citoyens. »

La Turquie abritait depuis plusieurs années des dignitaires du Hamas, une situation qui n’a pas empêché les deux pays d’entamer un rapprochement ces derniers mois, mais la situation actuelle hypothèque désormais toute avancée du processus entre Erdogan et Netanyahu. La prise de position de la Turquie isole un peu plus l’État d’Israël dans la région.

Annulation du déplacement en Israël

Dans le même temps, président turc Recep Tayyip Erdogan a annoncé mercredi renoncer à tous ses projets de déplacement en Israël et stigmatisé l’incapacité des Occidentaux à arrêter la guerre à Gaza. « Nous avions le projet de nous rendre en Israël mais c’est annulé. Nous n’irons pas », a déclaré devant le Parlement le chef de l’État, qui avait rencontré le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu pour la première fois en septembre à New York. J’ai serré la main de cet homme, nous avions de bonnes intentions mais il nous a abusés », a-t-il poursuivi dans ce discours virulent, devant des députés enflammés, qui scandaient « À bas Israël » et « Allah Abkar! » (Dieu est grand). « Les relations auraient pu être différentes, mais cela n’arrivera plus, malheureusement », a ajouté le président turc.

RFI via CONGO PUB Online

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USA : encourager la diversité ethnique chez les chirurgiens spécialisés en transplantation

by Ruben Yale 24 octobre 2023
written by Ruben Yale

Teresa Belledent vient de terminer sa première année de médecine et va passer quelques semaines dans cet hôpital de Nashville, dans le sud des Etats Unis. L’étudiante fait partie d’un programme mis en place par son université pour encourager les étudiants non-blancs à se spécialiser dans les greffes d’organes.

 » J’ai grandi en Haïti et j’ai vu beaucoup de gens mourir à cause de maladies rénales. Mon père a des amis qui sont génétiquement prédisposés aux maladies rénales et certains sont décédés très jeunes à cause de cela. Il n’y a pas beaucoup de chirurgiens spécialisés dans les greffes », explique l’étudiante en médecine.

Les organes ne sont pas attribués en fonction des caractéristiques ethniques. Mais l’hôpital insiste sur l’importance d’avoir des chirurgiens de toutes les couleurs de peau pour inspirer les étudiants.

« La mission de la faculté de médecine de Meharry est de veiller à ce que les communautés que nous servons bénéficient du même niveau de soins que les autres. C’est un problème de longue date : il existe des disparités dans la manière dont les greffes sont effectuées ou pour les personnes à qui elles sont destinées. Il s’agit d’un problème à multiples facettes. Il n’y a pas assez d’Afro-Américains ou de personnes issues de minorités ethniques qui sont chirurgiens spécialisés dans les transplantations. Il en va de même pour les néphrologues. Je crois donc fermement que les étudiants ne peuvent pas être passionnés par quelque chose qu’ils ne connaissent pas », explique le Dr James Hildreth, du Meharry Medical College.

Le Dr Marty Sellers est l’un des chirurgiens qui travaille avec ces étudiants.

« L’objectif dans ce contexte, puisque nous sommes déjà sur place, est de prélever les organes de la manière la plus sûre possible, puis d’examiner la masse dans le poumon. Et il s’est avéré qu’il s’agissait d’un cancer. Les organes n’étaient donc pas utilisables », explique, à sa sortie de la salle d’opération, le Dr Marty Sellers, du Tennessee Donor Services.

 » Il m’a par exemple demandé ce qu’était une artère ou de quelle artère il s’agissait ? Je n’avais jamais vu cela dans un corps humain. Je ne l’avais vu que dans les livres et sur les cadavres que nous avons à l’école de médecine. Mais ils sont différents. Voir cela dans un vrai corps, c’était très stimulant pour moi en tant qu’étudiant en médecine », explique Emmanuel Kotey, étudiant en médecine.

Sam est aussi étudiant en médecine. Dans le cadre du programme, lui et les autres étudiants doivent rencontrer les familles des donneurs d’organes décédés pour comprendre leur choix.

« Il y a beaucoup de grâce et d’attention dans le traitement non seulement des organes donnés, mais aussi des familles qui sont touchées par cette situation. Vous rencontrez ces familles, à un moment qui pourrait être le pire de leur vie. Et vous leur offrez une chance pour que le membre de leur famille puisse améliorer la vie de quelqu’un d’autre », explique Sam Ademisoye.

Malgré le nombre record de transplantations réalisées ces dernières années, des milliers de personnes meurent dans l’attente, faute de dons d’organes suffisants.

Africanews via CONGO PUB Onine

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Le journaliste palestinien Roshdi Sarraj, « fixeur » pour Ouest-France, a été tué à Gaza

by Sam's Londele 23 octobre 2023
written by Sam's Londele

Dix-huit journalistes palestiniens ont été tués à Gaza, depuis le 7 octobre, par les frappes israéliennes. Roshdi Sarraj, 31 ans, décédé ce dimanche 22 octobre, avait été « fixeur » pour Ouest-France. Il refusait de quitter la ville de Gaza pour continuer à faire son métier.

Roshdi Sarraj, 31 ans, a été tué par une frappe israélienne, dimanche 22 octobre 2023 au matin, dans ou à proximité de son domicile de Tal al-Hawa, un quartier de la ville de Gaza. Son épouse Shorouq, avec qui il avait fondé l’agence photo et vidéo Aïn Media, a été blessée, ainsi que leur petite fille Dania, qui aura un an dans quelques jours.

Photographe, vidéaste et documentariste pour des chaînes étrangères et des ONG, Roshdi Sarraj était aussi  fixeur  pour de nombreux médias, dont Radio-France. Il y a un an, en octobre 2022, il avait réalisé ce travail de  facilitateur  et de  traducteur  pour Ouest-France et avait permis la réalisation d’un reportage au long cours auprès de la population de Gaza.

C’était alors une période de relative accalmie pour Gaza, dont Roshdi souhaitait qu’on parle  autrement .  Parce que Gaza, ce n’est pas que la guerre et la politique. Ce sont d’abord des gens qui souffrent mais qui veulent garder leur dignité , confiait-il à l’époque.

« Si on part, ce sera par le ciel »

Dès le début des bombardements israéliens sur le petit territoire surpeuplé de 2,3 millions d’habitants, en réponse aux attaques terroristes du Hamas du 7 octobre, Roshdi Sarraj avait fait le choix de rester dans la ville de Gaza, de continuer à faire son métier de journaliste en l’absence de médias étrangers. L’ultimatum posé par Israël d’évacuer le nord de la bande de Gaza ne l’avait pas fait fléchir. Il y avait répondu sur X (Twitter) :  On ne partira pas… Si on part, ce sera par le ciel. 

À sa volonté de témoigner, s’ajoutait un ressort plus intime, partagé par les centaines de milliers de réfugiés et de descendants de réfugiés, installés dans la bande de Gaza, victimes de la Nakba ou la « catastrophe » que constitua pour les Arabes de Palestine, expulsés de chez eux, la création de l’Etat d’Israël en 1948. À la création d’Israël, la famille Sarraj avait fui la région de Jaffa ; il était pour lui hors de question de vivre un second exode.

Malgré la peur

Comme tous les Gazaouis, il disait  avoir peur  pour sa vie, pour sa famille, devait se démener pour trouver de l’eau, de la nourriture. En plus de l’électricité et des communications Internet pour son métier.

 Il y a un manque de couverture médiatique depuis Gaza, en raison de la mort de plus de douze journalistes, des bombardements et des coupures d’électricité et d’internet. Cependant, nous essayons de résister et de continuer notre travail pour que le monde puisse voir les crimes israéliens à Gaza , a-t-il écrit le 17 octobre sur X (Twitter).

A lack of media coverage from Gaza ..
due to the killing more than 12 journalists, the bombing, and the blackout of electricity and the Internet.
However, we are still trying to withstand and continue coverage so the world can see the israili crimes in Gaza. pic.twitter.com/ELlmUN2984

— Roshdi Sarraj (@RoshdiSarraj) October 17, 2023

Selon le décompte du syndicat des journalistes palestiniens, Roshdi Sarraj est le dix-huitième journaliste tué depuis le 7 octobre. Parmi eux, Ibrahim Lafi, tué le 8 octobre, était un ami de Roshdi Sarraj et de ses collaborateurs à l’agence Aïn Media.

Dans un communiqué publié vendredi, Reporters sans frontières (RSF) dénonce une volonté de  black-out  de la part d’Israël sur l’information en provenance de Gaza.  Journalistes tués ou blessés, rédactions détruites, coupures d’Internet et menace de censure de la chaîne internationale Al Jazeera : Israël étouffe progressivement depuis près de deux semaines l’information dans la bande de Gaza. 

OUEST FRANCE via CONGO PUB Online

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Présidentielle au Venezuela : Maria Corina Machado remporte les primaires de l’opposition

by Ruben Yale 23 octobre 2023
written by Ruben Yale

La libérale Maria Corina Machado, frappée d’inéligibilité par le régime en place, a remporté dimanche les primaires de l’opposition au Venezuela en vue de l’élection présidentielle de 2024 que briguera le président Nicolas Maduro.

Frappée d’inéligibilité, mais en tête pour représenter l’opposition vénézuélienne. La libérale Maria Corina Machado a remporté dimanche 22 octobre les primaires de l’opposition au Venezuela en vue de la présidentielle de 2024, selon la commission qui organisait le scrutin.

Celle qui appartient à l’aile la plus radicale de l’opposition l’a emporté avec 26 % des voix d’après la commission, qui a dépouillé près de 92 % des bulletins de vote.

Son plus proche rival, Carlos Prosperi, qui avait dénoncé des irrégularités dans le processus, a obtenu 5 % des suffrages, les autres ayant obtenu moins de 1 % des voix.

« Nous faisons partie d’une histoire citoyenne et ce que nous avons vu aujourd’hui [dimanche] est une avalanche citoyenne à l’intérieur et à l’extérieur du Venezuela », a déclaré Maria Corina Machado avant l’annonce des résultats, évoquant les électeurs dans le pays et de l’étranger.

Libérale et fervente opposante au chavisme

Cette ingénieure de 56 ans et ex-députée s’est, cependant, vue interdire en juin d’exercer toute fonction publique pendant 15 ans. Une inéligibilité que les États-Unis, qui ont allégé cette semaine les sanctions contre le Venezuela au lendemain de la reprise du dialogue entre le pouvoir et l’opposition, poussent à faire lever.

Maria Corina Machado, qui s’est imposée par ses discours directs et sans concessions, est accusée par le régime de Caracas de corruption et d’avoir soutenu les sanctions de la communauté internationale contre le Venezuela.

Fervente opposante au chavisme – du nom de Hugo Chavez, figure de la gauche radicale latino-américaine et défunt prédécesseur de Nicolas Maduro –, elle veut imposer une économie libérale, avec notamment la privatisation des entreprises publiques.

« Peu à peu, elle s’est arrogé le monopole de l’alternative à l’opposition classique », dont les échecs répétés ont lassé les militants, analyse Luis Vicente Leon, directeur de l’institut de sondage Datanalisis.

Les primaires se sont tenues au terme d’une semaine riche en annonces, avec un accord entre le pouvoir et l’opposition pour que se tienne une présidentielle au second semestre 2024, la libération de cinq prisonniers politiques, le déblocage de 3 milliards de dollars de fonds gelés pour des dépenses sociales et, surtout, une levée temporaire des principales sanctions américaines.

Le dialogue entre opposition et gouvernement, qui s’est tenu à La Barbade sous les auspices de la Norvège, n’a cependant pas suffi à résoudre la question de l’inéligibilité de la plupart des leaders de l’opposition, notamment celle de Maria Corina Machado. Washington lie l’allègement prolongé des sanctions à une amélioration de la situation politique dans le pays et a dit s’attendre à ce que « tous » les candidats puissent se présenter aux élections générales de 2024.

Des bureaux de vote improvisés dans la rue

L’opposition n’a pas reconnu la réélection de Nicolas Maduro, en 2018, lors d’un scrutin largement considéré comme frauduleux et non reconnu par de nombreux pays.

L’année suivante, Washington a renforcé contre Caracas les sanctions imposées pour la première fois en 2015 en raison de la répression brutale de manifestations antigouvernementales.

Bien que son parti ne l’ait pas encore officiellement proclamé, Nicolas Maduro briguera sans doute un troisième mandat de six ans l’année prochaine.

Les primaires visant à désigner son prochain rival ont été organisées dans une improvisation relative, après des mois de tergiversations, mais aussi d’opérations de « sabotage » orchestrées par le pouvoir, selon l’opposition. Cette dernière a renoncé à faire appel au Conseil national électoral (CNE) pour organiser le vote, jugé trop proche du pouvoir. Certains bureaux de vote ont ainsi dû être improvisés dans la rue, d’autres chez des particuliers.

« Je veux un changement, pour mes enfants, pour mon pays », a témoigné Margarita Fuenmayor, une habitante d’un quartier de la capitale Caracas, bastion progouvernemental, qui a proposé sa maison comme bureau de vote.

Le Venezuela a vu son PIB se contracter de 80 % en dix ans, ce qui a poussé plus de sept millions de personnes a fuir le pays depuis l’effondrement de son économie, selon l’ONU.

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À la UneMonde

Présidentielle en Argentine : Sergio Massa et Javier Milei s’affronteront au second tour

by Ruben Yale 23 octobre 2023
written by Ruben Yale

Les Argentins ont porté, dimanche, le candidat antisystème Javier Milei (30 % des voix) et le ministre de l’Économie Sergio Massa (36,6 %) au second tour de l’élection présidentielle, selon des résultats partiels communiqués par l’Autorité électorale. Ils se départageront le 19 novembre.

Le ministre argentin de l’Économie face à un ultralibéral antisystème qui veut « tronçonner » l’État. Sergio Massa et Javier Milei sont arrivés en tête, dimanche 22 octobre, du premier tour de la présidentielle argentine, selon des résultats officiels partiels. Ils disputeront le second tour le 19 novembre, en vue d’une investiture le 10 décembre.

Sergio Massa, 51 ans, candidat du bloc gouvernemental de centre-gauche, a surmonté le handicap d’une inflation record en arrivant en tête avec 36,6 % des voix, devant Javier Milei, 53 ans, à 30 %, qui confirme sa percée depuis son irruption sur la scène politique il y a deux ans, selon les chiffres communiqués par l’Autorité électorale, avec 97 % des votes décomptés.

La candidate de l’alliance d’opposition (centre-droit) Patricia Bullrich, une ex-ministre de la Sécurité et protégée de l’ancien président libéral Mauricio Macri (2015-2019), est distancée, avec 23,8 % des voix.

Le taux de participation est estimé à 74 % en Argentine.

Une population aux abois

Les Argentins ont voté dans un climat d’incertitude et d’inquiétude, comme rarement depuis le retour de la démocratie il y a 40 ans, sur fond d’endettement chronique et d’un taux d’inflation qui compte désormais parmi les plus élevés au monde.

Autour des bureaux de vote, les mots de « ras-le-bol », « anxiété », « pas de formule magique » revenaient chez les électeurs approchés par l’Agence France-Presse (AFP), traduisant une atmosphère partagée entre désir de changement et peur d’un « saut dans le vide ».

« On a besoin d’un changement. Ce pays est un désastre, vraiment. Entre la pauvreté, l’inflation, les gens ne vont pas bien », se désolait Gabriela Paperini, 57 ans, près d’un bureau de vote du quartier de Palermo.

Déception au QG de Javier Milei

Les sondages, qui par le passé avaient sous-estimé l’ascension de Javier Milei, l’avaient placé en tête des intentions de vote ces dernières semaines, devançant Sergio Massa.

« Nous sommes préparés à faire le meilleur gouvernement de l’histoire », a lancé Javier Milei au moment de voter. Il a suivi depuis un fil rouge « dégagiste » contre la « caste parasite », composée selon lui des péronistes (centre-gauche) et libéraux qui alternent au pouvoir depuis vingt ans. « Qu’ils s’en aillent tous, qu’il n’en reste plus un ! », a-t-il lancé.

Le candidat du parti La Libertad Avanza, Javier Milei, célèbre ses résultats avec ses partisans, le 22 octobre 2023 à Buenos Aires.
Le candidat du parti La Libertad Avanza, Javier Milei, célèbre ses résultats avec ses partisans, le 22 octobre 2023 à Buenos Aires. © Luis Robayo, AFP

À son QG de campagne dimanche soir, la déception était manifeste, après l’espoir suscité par les sondages depuis deux mois. « Mais je suis sûr qu’on va retourner ça. Beaucoup de voix qui n’ont pas porté sur lui reviendront au second tour », déclarait Nahuel Pasquale, 27 ans, en référence à des électeurs de Patricia Bullrich.

Dimanche soir, Javier Milei a salué « la meilleure élection de l’histoire du libéralisme », un « jour historique car deux tiers [des Argentins] ont voté pour un changement », en référence à ses électeurs et ceux de Patricia Bullrich. Et il a tendu la main à la candidate battue, pour que « tous ceux qui veulent ce changement travaillent ensemble pour récupérer notre pays ».

Sergio Massa, un centriste qui s’était déjà présenté à la présidentielle en 2015 contre ses alliés péronistes d’aujourd’hui, a pris soin en campagne de se distancer de l’exécutif – ni le président Alberto Fernandez ni l’ex-cheffe de l’État Cristina Kirchner ne sont apparus à ses côtés.

Il a tenté de convaincre que « le pire de la crise » est passé, grâce à un prochain boom des exportations et la fin d’une sécheresse historique en 2022-23 – la pire en 100 ans – qui a privé l’Argentine, géant agro-exportateur, de 20 milliards de dollars de recettes.

Ces derniers mois, il a surtout multiplié les largesses budgétaires : réduction du nombre de personnes imposables, subventions, exemptions de TVA pour amortir le choc de l’inflation. « Irresponsabilité électoraliste », ont hurlé ses adversaires, alors que l’Argentine peine a rembourser au FMI un prêt de 44 milliards de dollars.

Dimanche soir, Sergio Massa a promis, s’il est élu, de convoquer un « gouvernement d’unité nationale », qui serait une première dans l’Argentine démocratique. Il a lancé un appel aux radicaux, l’aile modérée de l’alliance d’opposition, « à tous ceux qui partagent nos valeurs démocratiques ».

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Gaza dans l’attente d’un «flux continu» d’aide, alors que les frappes israéliennes s’intensifient

by Sam's Londele 23 octobre 2023
written by Sam's Londele

La bande de Gaza, assiégée par l’armée israélienne, va pouvoir bénéficier d’un « flux continu » d’aide humanitaire, ont promis le président américain Joe Biden et le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahu, qui se sont parlés par téléphone quelques heures après l’entrée dans l’enclave d’un deuxième convoi d’aide dimanche. 

« On ne dort pas, alors on compte les bombes par dizaines, par centaines ». C’est le message reçu à 3h ce lundi matin par notre correspondant à Jérusalem, Sami Boukhelifa. Il est envoyé par Assia, une jeune grand-mère palestinienne qui veille sur ses enfants et sa petite-fille. Elle est dans le centre de la bande de Gaza, terrifiée par les frappes qui se sont encore intensifiées sur l’enclave palestinienne.

Il y en a eu 320 durant ces dernières 24 heures, selon l’armée israélienne. Ce dimanche, l’armée israélienne a également bombardé une position du côté égyptien de la frontière. Une « erreur » dont elle s’est dit « désolée ». Le ministère de la Santé du Hamas, a déclaré que les raids les plus meurtriers ont eu lieu à Deir al-Balah, où 80 personnes dont des femmes et des enfants ont péri et plusieurs immeubles ont été détruits. Des raids ont également visé Khan Younès et Rafah, dans le sud. Ces opérations menacent l’acheminement de l’aide humanitaire qui a commencé samedi.

« La bombe qui nous tuera sera silencieuse » 

Dans le nord de Gaza, Ahmed fait partie de ceux qui ont refusé de quitter leur maison malgré l’ordre d’évacuation émis par l’armée israélienne. Le jeune père de famille n’a plus accès à internet. Au téléphone, il décrit la fin du monde, « mais pas question d’être gagné par le désespoir : je dois tenir, survivre pour mes enfants », assure-t-il.

Tamer lui aussi est dans le nord de l’enclave. Il affirme que les bombardements ciblent Gaza depuis les airs, « les navires de guerre israéliens nous tirent également dessus depuis la mer, et au sol l’artillerie est en action ». Face à la tragédie, il emploie l’humour noir : « On se dit qu’entendre les déflagrations, c’est finalement rassurant, cela signifie que les bombardements sont autour de nous. La bombe qui nous tuera sera silencieuse, elle s’abattra sur notre maison, explosera et nous emportera avant qu’on ne l’entende », conclut-il. 

D’après le ministère de la Santé du Hamas, au moins 4 651 Palestiniens, en majorité des civils dont près de 1 900 enfants, ont été tués dans la bande de Gaza à cause des bombardements israéliens depuis le 7 octobre. Côté israélien, Plus de 1 400 personnes ont été tuées, la plupart des civils fauchés par balle, brûlés vifs ou mutilés le jour de l’attaque, d’après les autorités.

« Il y aura dorénavant un flux continu » d’aide à Gaza

Dans l’enclave administrée par le Hamas, les habitants, soumis à un « siège total » depuis le 9 octobre, manquent de tout : eau, nourriture, électricité… Dimanche, dix-sept camions d’aide humanitaire sont arrivés à Gaza depuis l’Égypte : c’est trois de moins que lors du premier convoi de la veille. Un nombre loin d’être suffisant selon les Nations Unies, qui estiment qu’il en faudrait en moyenne 100 par jour pour venir en aide aux Gazaouis, démunis après plus de deux semaines de bombardements israéliens en réponse à l’attaque sanglante du Hamas le 7 octobre dernier.

Le président américain Joe Biden et le Premier ministre israélien ont « affirmé qu’il y aurait dorénavant un flux continu dans Gaza de cette assistance cruciale », lors d’une conversation téléphonique, selon un communiqué de la présidence américaine.

Ce lundi 23 octobre, le chef de la diplomatie européenne, Josep Borrell, a quant à lui réclamé « plus d’aide, plus rapidement » pour la bande de Gaza. Il s’est dit à titre personnel, favorable au cessez-le-feu humanitaire réclamé par le patron de l’ONU Antonio Guterres. « Personnellement, je pense qu’une pause humanitaire est nécessaire pour permettre à l’aide humanitaire d’être distribuée », a-t-il déclaré, soulignant que ce sujet serait débattu par les ministres des Affaires étrangères des 27 réunis au Luxembourg ce lundi.

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Haïti: arrestation de Joseph Félix Badio, suspect clé dans l’assassinat du président Jovenel Moïse

by Sam's Londele 20 octobre 2023
written by Sam's Londele

En Haïti, la police nationale a procédé, en fin de soirée, ce jeudi 19 octobre, à l’arrestation de Joseph Félix Badio. Il est soupçonné d’être l’un des auteurs intellectuels de l’assassinat du président Jovenel Moïse dans sa résidence, dans la nuit du 6 au 7 juillet 2021.

La nouvelle est confirmée par le porte-parole de la police nationale, Garry Desrosiers. Activement recherché par la police, Joseph Félix Badio a été appréhendé à Pétion-Ville, banlieue de Port-au-Prince, rapporte notre correspondante à Port-au-Prince, Marie André Bélange. Le suspect, qui aurait donné l’ordre d’exécuter Jovenel Moïse, était chargé de coordonner l’assassinat du président haïtien, selon des rapports.

Ancien cadre de l’Unité de lutte contre la corruption, Joseph Félix Badio avait prêté ses services également à d’autres institutions étatiques. Il est considéré comme un ami du Premier ministre haïtien actuel, Ariel Henry, avec qui il a eu des échanges téléphoniques la nuit du meurtre, toujours selon des rapports.

Plusieurs suspects ont été arrêtés dans le cadre de ce dossier. Certains sont détenus aux États-Unis. Il s’agit de l’ancien sénateur John Joël Joseph, qui a plaidé coupable devant un tribunal à Miami, et l’homme d’affaires haïtien Rodolph Jaar, condamné à perpétuité. Joseph Félix Badio est arrêté deux ans après l’assassinat du président Jovenel Moïse. Autre détenu clé, German Rivera, un ex-militaire colombien qui a plaidé coupable, début septembre, devant un tribunal fédéral de Floride, de « complot » et de « soutien au complot ». La justice américaine l’accuse d’avoir aidé un groupe de mercenaires à assassiner Jovenel Moïse le 7 juillet 2021 à son domicile. Sa peine sera annoncée le 27 octobre et il risque la prison à vie.

RFI via CONGO PIUB Online

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