Le nouveau guide suprême iranien, Mojtaba Khamenei, a proclamé vendredi la « victoire » de la République islamique face à ses ennemis, à l’occasion du Nouvel An persan, Norouz. Dans un message écrit, il a salué l’unité du peuple iranien malgré ses divergences internes, estimant que celle-ci avait permis de vaincre les adversaires du pays.
Cette déclaration intervient dans un contexte particulièrement tendu, marqué par la mort de son prédécesseur, Ali Khamenei, tué lors d’une frappe aérienne au début du conflit opposant l’Iran aux États-Unis et à Israël. Le nouveau guide, qui ne s’est pas encore montré publiquement, a également nié toute implication de Téhéran dans des attaques ayant visé la Turquie et Oman, accusant Israël d’en être responsable.
Sur le plan diplomatique, les tensions restent vives. La ministre britannique de l’Intérieur, Yvette Cooper, a mis en garde l’Iran contre toute attaque visant des intérêts britanniques, réaffirmant la priorité de Londres pour la stabilité régionale. De son côté, le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, a dénoncé l’utilisation de bases britanniques par les forces américaines, y voyant une forme de complicité.
En Israël, le Premier ministre Benyamin Netanyahou a insisté sur la coopération étroite avec Washington, tout en rejetant l’idée selon laquelle son pays aurait entraîné les États-Unis dans la guerre. Pourtant, des divergences apparaissent clairement. Devant le Sénat américain, la directrice du renseignement national, Tulsi Gabbard, a reconnu que les objectifs de Donald Trump diffèrent de ceux du gouvernement israélien.
Ces tensions internes ont été accentuées par la démission de Joe Kent, qui a estimé que les États-Unis avaient été entraînés dans le conflit sous pression israélienne, alors que l’Iran ne représentait pas, selon lui, une menace immédiate.
Sur le plan économique, la guerre commence à produire des effets significatifs. La hausse des prix du pétrole et de l’essence alimente l’inquiétude mondiale, alors que les exportations d’hydrocarbures du Golfe sont perturbées. Dans ce contexte, le secrétaire américain au Trésor, Scott Bessent, a évoqué la possibilité d’utiliser les stocks de pétrole iranien — estimés à 140 millions de barils — afin de stabiliser les marchés.
Cette option suscite des réactions en Europe. La ministre allemande de l’Économie, Katherina Reiche, a dénoncé une mesure qui pourrait, selon elle, renforcer un régime en contradiction avec les valeurs occidentales.
Au fil des semaines, la guerre redessine les équilibres géopolitiques et met en lumière des fractures entre alliés occidentaux. Entre objectifs militaires divergents, pressions économiques et risques d’escalade régionale, l’évolution du conflit reste incertaine, avec des conséquences potentiellement durables pour l’ensemble du Moyen-Orient et au-delà.
Par Pascal Kabeya
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