L’adoption, le 30 mars, par Israël d’une loi rétablissant la peine de mort pour les personnes reconnues coupables de terrorisme provoque une onde de choc sur la scène internationale. Au cœur des critiques : le caractère jugé discriminatoire de cette législation, qui, selon de nombreux observateurs, viserait en pratique essentiellement les Palestiniens.
Portée par des courants politiques de l’extrême droite israélienne, cette loi marque un tournant majeur dans l’évolution du système judiciaire du pays. Si elle est présentée comme un instrument de lutte contre le terrorisme, ses détracteurs y voient une remise en cause profonde des principes de l’État de droit.
L’Union européenne n’a pas tardé à réagir, dénonçant « un grave recul de la démocratie ». Plusieurs capitales européennes expriment également leur inquiétude face à une mesure susceptible d’aggraver les tensions déjà vives au Proche-Orient.
En Espagne, le gouvernement a vivement condamné cette décision, la qualifiant de « pas supplémentaire vers l’apartheid ». Une déclaration forte qui illustre l’ampleur du malaise suscité par cette réforme.
Au sein de la classe politique française, les réactions sont tout aussi fermes. Aurélien Taché, député et membre de la Commission des affaires étrangères de l’Assemblée nationale, estime qu’Israël « n’a plus rien à voir avec les modèles démocratiques européens ». Il appelle l’Union européenne à adopter « des sanctions immédiates » afin de mettre fin à ce qu’il qualifie de « fuite en avant criminelle » du gouvernement dirigé par Benyamin Netanyahou.
Pour de nombreux experts en droit international, cette loi soulève des questions majeures. En réintroduisant la peine capitale dans un cadre aussi controversé, Israël prend le risque de s’éloigner davantage des standards internationaux en matière de droits humains. Le caractère ciblé de la mesure, perçu comme discriminatoire, pourrait également renforcer les accusations d’inégalités systémiques dans le traitement des populations.
Interrogé sur ces enjeux, l’avocat pénaliste Emmanuel Daoud, spécialiste en droit pénal international, souligne que ce texte pourrait constituer une rupture avec les engagements internationaux en matière de justice équitable et de protection des droits fondamentaux.
Au-delà des réactions politiques, cette décision intervient dans un contexte déjà extrêmement tendu entre Israéliens et Palestiniens. Pour ses détracteurs, loin de contribuer à la sécurité, cette loi risque d’alimenter davantage les divisions et de compromettre toute perspective d’apaisement durable.
Alors que les condamnations se multiplient, la pression internationale pourrait s’intensifier dans les jours à venir, posant la question d’éventuelles mesures concrètes de la part de la communauté internationale.
Par Pascal Kabeya
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