Donald Trump a exigé vendredi une « capitulation » de l’Iran et indiqué qu’il entendait s’impliquer à la fois dans le choix des futurs dirigeants du pays et dans sa reconstruction future. Sa porte-parole a toutefois minimisé par la suite la portée de cette déclaration spectaculaire.
« Il n’y aura pas d’accord avec l’Iran, seulement une CAPITULATION SANS CONDITION ! Après cela, et le choix d’un ou plusieurs dirigeants FORMIDABLES ET ACCEPTABLES, avec de nombreux merveilleux et très courageux partenaires et alliés, nous travaillerons sans relâche pour relever l’Iran, le rendre économiquement plus grand, meilleur et plus fort que jamais », a-t-il écrit sur son réseau Truth Social. « MAKE IRAN GREAT AGAIN (MIGA !) » (Rendez sa grandeur à l’Iran !), a ajouté le président américain, détournant son slogan « Make America Great Again ».
Le baril de pétrole au-delà de 90 dollars
Les cours du pétrole se sont envolés après cette promesse de Donald Trump de poursuivre la guerre jusqu’à la « capitulation sans conditions » de l’Iran, les investisseurs s’inquiétant pour l’offre d’« or noir » du Moyen-Orient, en raison des attaques sur les infrastructures énergétiques et de la paralysie du détroit d’Ormuz.
En conséquence, le baril de Brent, la référence internationale, montait à plus de 94 dollars (+10 % par rapport à la veille), un niveau plus vu depuis 2023. Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate (WTI), s’échangeait au-delà de 92 dollars, soit une hausse journalière de plus de 13 %.
Depuis le début du conflit au Moyen-Orient, plusieurs infrastructures énergétiques ont déjà subi des attaques. Et le blocage du détroit d’Ormuz, par où transite environ 20% de la production mondiale d’or noir, cause des problèmes majeurs d’approvisionnement en hydrocarbures. Les capacités de stockage des pays du Golfe étant limitées.
Certains pays du Golfe ont déjà dû ralentir leur activité. L’Irak a réduit la production au sein de l’un de ses principaux champs pétrolifères en début de semaine, et selon un article du Wall Street Journal, le Koweït « a commencé à réduire la production de certains champs pétrolifères après avoir épuisé ses capacités de stockage de pétrole brut ».
La Maison Blanche tente de nuancer les propos de Trump
La porte-parole de la Maison Blanche, Karoline Leavitt, a tenté ensuite de nuancer ce que le président américain, qui a présenté des objectifs et des raisons variées pour l’entrée en guerre, entendait par là.
« Ce que le président veut dire, c’est que lorsqu’il déterminera, en sa qualité de commandant en chef, que l’Iran ne représente plus une menace pour les États-Unis et que les objectifs de l’opération « Fureur épique » ont été remplis, alors l’Iran sera dans une situation de capitulation sans condition, qu’ils le reconnaissent eux-mêmes ou non », a-t-elle dit à des journalistes.
Cette explication ne correspond pas à la définition stricte d’une capitulation en droit de la guerre, qui implique que l’un des belligérants reconnaisse sa défaite et signe une reddition totale.
Au tout début de l’offensive, Donald Trump avait évoqué la possibilité de discussions avec l’Iran mais, comme sur nombre de sujets liés à la guerre, il a depuis changé de rhétorique et se dit désormais opposé à toute négociation. « Ils appellent, ils disent : “Comment pouvons-nous trouver un accord ?”. Je leur ai dit “Vous arrivez un peu tard”. Maintenant nous voulons nous battre plus qu’ils ne veulent se battre », a-t-il lancé jeudi pendant une réception à la Maison Blanche.
L’administration Trump a martelé que l’objectif de l’offensive israélo-américaine en Iran n’était pas de renverser le pouvoir en place, ce que contredisent plusieurs déclarations récentes du président, dont ce message sur Truth Social vendredi. Le dirigeant républicain exige d’avoir son mot à dire sur la succession du guide suprême iranien Ali Khamenei, tué dans une frappe au tout début de l’opération lancée par les États-Unis et Israël contre l’Iran.
Il a dit n’être pas opposé à un nouveau dirigeant religieux dans un entretien avec la journaliste de CNN Dana Bash, qui a rapporté ses propos à l’antenne. « Je n’ai rien contre les dirigeants religieux », a déclaré selon elle le président américain. Dans ce même entretien, il a une nouvelle fois pris l’exemple du Venezuela, où les États-Unis ont enlevé l’ancien président Nicolas Maduro, et traitent désormais avec la dirigeante Delcy Rodriguez, qui était auparavant vice-présidente.
« Cela va fonctionner très facilement (en Iran, ndlr). Cela va marcher comme au Venezuela. Nous avons une dirigeante formidable là-bas. Elle fait un boulot fantastique et cela va fonctionner de la même façon », a affirmé le président américain à la journaliste de CNN.
RFI













