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Category:

Province

À la UneProvince

Le gouverneur du Sud-Kivu appelle à l’unité après le retrait du M23 d’Uvira, malgré des menaces persistantes

by admin9775 20 janvier 2026
written by admin9775

Après la reprise de la ville d’Uvira par l’armée congolaise et les miliciens Wazalendo, le gouverneur du Sud-Kivu, Jean-Jacques Purusi, a lancé un ferme appel à la cohésion sociale, mettant en garde contre les risques de division communautaire exploités par les acteurs du conflit.

Un appel à l’unité face aux manipulations
Dans une déclaration solennelle, le gouverneur a exhorté les populations à ne pas tomber dans le piège des divisions. « Depuis des générations, toutes les communautés du Sud-Kivu ont vécu ensemble en harmonie », a-t-il rappelé, soulignant que les tensions actuelles sont souvent attisées par des manipulations politiques. Il a martelé le caractère républicain et protecteur de l’État : « Personne ne doit être attaqué pour son origine ».

S’adressant aux familles déplacées, M. Purusi a promis que leur retour et leur sécurité seraient assurés. Il a réaffirmé que l’avenir de la province passait par le dialogue : « Notre objectif est de continuer à vivre ensemble et de trouver des solutions durables par la concertation. »

Une victoire fragile sur le terrain
Cet appel intervient dans un contexte sécuritaire encore très instable. Les Forces armées de la RDC (FARDC) ont officiellement confirmé avoir pris le contrôle d’Uvira dimanche 18 janvier, après le retrait de la coalition rebelle M23/RDF. Cependant, elles déplorent le pillage systématique de la ville avant le départ des rebelles. Une vingtaine de civils suspectés de pillage ont été interpellés.

La menace rebelle reste tangible. Selon le député d’Uvira, Justin Bitakwira, les combattants du M23 se seraient redéployés non loin de là, dans l’agglomération de Kabunambo, à seulement 2 km de la cité de Sange. Par ailleurs, des groupes d’hommes armés, présumés être des Wazalendo, ont été signalés dans la cité de Kiliba, à 15 km au nord d’Uvira, alimentant les craintes d’exactions et de tensions intercommunautaires.

Une étape jugée « nécessaire mais insuffisante »
La coalition de la société civile Pamoja Kwa Amani (PKA) a salué le retrait du M23 d’Uvira comme une « étape nécessaire », mais l’a jugée « insuffisante face à une occupation persistante » dans d’autres parties de la province. Cette analyse reflète un sentiment répandu : si la reprise d’Uvira est un succès symbolique et stratégique, elle ne signifie pas la fin de la menace pour la sécurité des civils ou la souveraineté de l’État.

Le gouverneur Purusi a conclu par un appel régional, invitant les peuples congolais, rwandais et burundais à « mettre fin à cette tragédie » et à œuvrer ensemble pour la paix. Un vœu qui contraste avec la réalité militaire sur le terrain, où les positions se recomposent et où le risque d’une reprise des hostilités ou de violences communautaires reste élevé. La consolidation de cette victoire locale dépendra de la capacité des autorités à garantir la sécurité, à faire régner la justice et à prévenir toute vengeance.

Par Marc Kabido, correspondant à Uvira
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20 janvier 2026 0 comments
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À la UneProvince

Route Sake-Masisi : Huit mois après les promesses, le gouffre entre le discours et la réalité

by admin9775 17 janvier 2026
written by admin9775

Les promesses de développement faites par les autorités installées par la rébellion du M23 dans le Nord-Kivu se heurtent à une réalité implacable : l’abandon et la dégradation. Lancés en grande pompe il y a huit mois, les travaux de réhabilitation de l’axe stratégique Sake–Masisi–Walikale sont dans l’impasse, illustrant le fossé entre la communication rebelle et la situation vécue par les populations.

Le 2 mai 2025, Musanga Erasto, désigné gouverneur du Nord-Kivu par le M23, inaugurait solennellement le chantier à Sake. Devant une foule assemblée, il promettait une transformation radicale : des routes asphaltées, l’ouverture imminente des axes vers Kanyabayonga et Kitshanga, et le désenclavement durable du territoire de Masisi.

« Dans quelques jours, nous viendrons ouvrir la route Sake–Kanyabayonga, et cette route sera asphaltée. Après, la route Sake–Masisi que nous lançons aujourd’hui sera également asphaltée », avait-il déclaré, annonçant même l’extension asphaltée jusqu’à Walikale.

Un constat d’échec sur le terrain

Huit mois plus tard, l’ambition a cédé la place à un paysage de désolation. La route Sake–Masisi–Nyabyondo est aujourd’hui décrite comme quasi impraticable. Le passage intensif de convois de camions transportant des minerais, notamment en provenance de la zone minière de Rubaya, a laminé la chaussée. Bourbiers profonds, ravines et effondrements partiels caractérisent désormais cet axe vital, loin de toute trace d’asphaltage.

Selon des sources locales et des observations sur place, un détail révélateur est souligné : les travaux de réhabilitation avaient effectivement débuté avant que la zone ne tombe sous le contrôle total du M23. Depuis l’installation de l’administration rebelle, les chantiers sont à l’arrêt. Aucun engin de construction n’est visible, aucune équipe active, aucune avancée tangible.

Des taxes sans services

L’axe promis vers Walikale subit le même sort : les travaux n’y ont jamais commencé. En revanche, les habitants et les transporteurs dénoncent la multiplication des barrières et taxes illégales imposées le long de ces routes délabrées. Cette économie de prédation, où la perception fiscale se substitue à la prestation de services, alourdit le quotidien des populations déjà confrontées à l’insécurité et à l’enclavement.

Pour les communautés de Masisi, cette route est devenue le symbole d’une double peine : l’abandon des promesses de développement et l’exploitation de leur territoire. Le désenclavement annoncé n’a pas eu lieu. À la place, l’extraction minière s’intensifie, priorisant le transport des ressources au détriment des infrastructures et du bien-être des civils.

Une crédibilité mise à mal

Ce fiasco porte un coup sévère à la narration du M23 et de ses représentants, qui cherchent à se présenter comme une autorité de gouvernance légitime et capable de développement. Les engagements ambitieux du 2 mai, présentés comme un tournant, relèvent désormais du discours sans suite, érodant la crédibilité des promesses politiques dans une région épuisée par des décennies de conflit et de négligence.

La route Sake-Masisi cristallise ainsi l’amère réalité : dans les zones sous contrôle rebelle, les priorités semblent orientées vers le contrôle des ressources et des populations, bien loin des projets d’infrastructure et de prospérité locale affichés. Les habitants, eux, restent pris au piège entre un État central distant et une administration de fait qui ne tient pas ses engagements fondamentaux.

Par Basengezi Ntomo, correspondant à Goma
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17 janvier 2026 0 comments
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Sud-Kivu : Accusations de pillage systématique et de crimes de guerre contre l’AFC/M23

by admin9775 16 janvier 2026
written by admin9775

Le Gouvernement provincial du Sud-Kivu accuse formellement le groupe armé AFC/M23 d’avoir organisé et exécuté des opérations de pillage systématique dans le territoire d’Uvira, en violation flagrante du droit international humanitaire. Ces actes interviennent malgré les assurances de bonne foi présentées par la rébellion au Secrétaire général des Nations Unies le 15 janvier 2026.

Selon un rapport détaillé des autorités provinciales, le prétendu « retrait militaire » observé a servi de couverture à une vaste opération de prédation économique. Au total, 162 camions (49 de type Wowo et 113 de type Ben) auraient quitté Bukavu non pour un mouvement tactique, mais pour transporter illicitement vers le Rwanda des biens appartenant à l’État congolais et à des particuliers.

La nature des biens pillés comprend :

  • 34 camions chargés de goudron destiné aux infrastructures publiques.
  • Des matériaux de construction en grande quantité.
  • Des tricycles et autres moyens de transport et de subsistance des populations.
  • Du bétail, soustrait directement aux éleveurs et aux communautés, aggravant l’insécurité alimentaire.

Le gouvernement provincial qualifie ces agissements d’« économie de prédation organisée », soulignant qu’ils répondent à une logique systématique de spoliation des ressources et de destruction du tissu économique local. Il estime que ces actes constituent des crimes de guerre au regard des Conventions de Genève de 1949 et du Statut de Rome de la Cour pénale internationale (CPI), notamment en raison de leur impact délibéré sur les populations civiles.

Les conséquences humanitaires dénoncées sont graves :

  • Aggravation de la crise alimentaire dans la région.
  • Augmentation drastique du coût de la vie pour les civils déjà vulnérables.
  • Imposition d’une punition collective aux populations, privées de leurs biens et moyens de subsistance.

Face à cette situation, le Gouvernement du Sud-Kivu lance un appel solennel à la communauté internationale :

  • Aux Nations Unies et à sa mission en RDC (MONUSCO).
  • À l’Union africaine.
  • À la Cour pénale internationale (CPI).
  • Aux principales organisations de défense des droits humains.

Il les exhorte à documenter ces crimes de manière urgente et indépendante, et à engager des poursuites judiciaires contre leurs auteurs et commanditaires. Les autorités réaffirment par ailleurs le ferme engagement du Président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, et du Gouvernement central, à protéger les populations civiles et à défendre l’intégrité territoriale de la République Démocratique du Congo contre toute forme d’agression et de prédation.

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De violents combats entre M23 et Wazalendo signalés à Masisi

by admin9775 13 janvier 2026
written by admin9775

De violents combats ont opposé, toute la matinée du lundi 12 janvier, les rebelles AFC/M23 aux combattants Wazalendo du groupe CMC dans plusieurs villages du groupement de Bukombo, territoire de Rutshuru (Nord-Kivu). Aucun bilan n’a été communiqué.

Selon des sources locales, les affrontements ont débuté à Bumbasha, à quelques kilomètres de Mweso; avant de s’étendre vers Karambi et Chahemba.

Pour ces sources, ces combats ont provoqué la fuite de centaines d’habitants, qui se sont dirigés vers des villages voisins, ainsi que vers le centre de Mweso, dans le territoire voisin de Masisi. Sur place, ils ont trouvé refuge dans des églises et des écoles.

Depuis plusieurs mois, cette zone située à cheval entre les territoires de Masisi, Walikale et Rutshuru, reste hautement instable, en raison des confrontations récurrentes entre les rebelles AFC/M23 et divers groupes Wazalendo.

Radio okapi

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Sud-Kivu : Les FARDC repoussent une attaque du M23-AFC et du Rwanda près d’Uvira

by admin9775 11 janvier 2026
written by admin9775

Les Forces Armées de la République Démocratique du Congo (FARDC) ont annoncé avoir repoussé une attaque majeure de la coalition rebelle M23-AFC et de l’armée rwandaise (RDF) dans la localité de Katongo, en territoire d’Uvira au Sud-Kivu. L’offensive, survenue à l’aube de ce samedi, visait à percer les lignes défensives congolaises pour étendre l’emprise rebelle vers d’autres entités.

Selon le capitaine Sylvain Bijanu, porte-parole de la 33ème région militaire, les assaillants ont été accueillis par une « résistance féroce » des soldats congolais, « bien préparés et en alerte ». « Les Léopards […] ont opposé une résistance féroce, contraignant les assaillants à battre en retraite, jusqu’aux abords de la ville d’Uvira », a-t-il déclaré à l’Agence Congolaise de Presse (ACP).

Un renforcement repéré avant l’assaut

Le porte-parole militaire a révélé que le M23-AFC s’était considérablement renforcé en hommes et en munitions tout au long de la journée de vendredi. Les renseignements militaires ont fait état de « 19 camions Fuso chargés de combattants et de munitions » en provenance de la ville de Bukavu, avec pour objectif d’augmenter les effectifs en vue d’incursions dans les positions loyalistes à Katongo et Kivovo.

« Ils pensaient qu’avec un nombre important de la force spéciale du Rwanda, ils pourraient facilement se lancer dans une nouvelle aventure », a analysé le capitaine Bijanu.

L’objectif affiché : la reconquête totale

Face à cette escalade, la réponse des FARDC se veut ferme et ambitieuse. Le porte-parole a réaffirmé la détermination de l’armée à « récupérer toutes les zones conquises » par la coalition ennemie. « La RDC restera une et indivisible », a-t-il martelé.

Il a ensuite détaillé la feuille de route militaire annoncée : « La prochaine étape est la reconquête des localités sous occupation rwandaise, notamment la ville d’Uvira, Kamanyola, Nyangezi, Bukavu, Goma, Rutshuru, jusqu’à Bunagana. »

Cette déclaration marque une volonté offensive affichée de la part des FARDC, qui ne se contentent plus de défendre leurs positions mais promettent de passer à la contre-attaque pour libérer l’ensemble des territoires occupés dans les provinces du Nord et Sud-Kivu.

Cet accrochage, survenu malgré les multiples processus diplomatiques en cours, illustre l’extreme volatilité du front et la poursuite des opérations militaires à grande échelle, rendant plus incertaine que jamais la perspective d’un cessez-le-feu immédiat.

Par Marius Bopenga
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À la UneProvince

Goma : La société civile dénonce les dysfonctionnements de Virunga Énergie

by admin9775 7 janvier 2026
written by admin9775

La fourniture d’électricité dans la ville de Goma est au cœur d’un vif mécontentement populaire. Le noyau de la société civile de Karisimbi a rendu publique une note de dénonciation épinglant plusieurs irrégularités imputées à la société Virunga Énergie, principale pourvoyeuse d’électricité dans la région.

Dans ce document, la société civile dresse une liste accablante de griefs qui pèsent sur le quotidien des habitants de plusieurs quartiers : modification de la tarification, instabilité du courant, imposition arbitraire du taux de change et défaillance de l’éclairage public.

Une facture qui s’alourdit pour les usagers

Le premier point de crispation est économique. Les usagers dénoncent une hausse déguisée du prix du kilowatt-heure (kWh). Alors que la précédente tarification offrait 23,5 kW pour 5 dollars américains, les clients ne recevraient désormais plus que 20 kW pour le même montant, soit une augmentation effective d’environ 17,5%. Une modification perçue comme injustifiée et non communiquée.

Un service jugé défaillant et coûteux

Au-delà du prix, la qualité du service est vivement critiquée. La société civile relève :

  • Des coupures répétitives et une instabilité du courant, à l’origine de dommages sur les appareils électroménagers dans plusieurs ménages.
  • Une imposition arbitraire du taux de change par certains revendeurs, qui fixeraient le dollar à 2.500 Francs Congolais (FC) au lieu du cours officiel, alourdissant encore la facture pour les clients payant en monnaie locale.
  • Des pannes prolongées de l’éclairage public, affectant la sécurité nocturne.
  • Des interventions techniques tardives en cas de problèmes.

Virunga Énergie répond et se justifie

Contactée par la presse la société Virunga Énergie, par la voix de son responsable de communication Daniel Mpeza Mihigo, a apporté des éléments de réponse.

Concernant le taux de change, M. Mihigo a renvoyé la responsabilité à la Banque Centrale, tout en reconnaissant l’existence de « certains revendeurs, non sous la tutelle de Virunga, qui se livrent malheureusement à la fixation du taux à leur gré ». Il a invité la population à la vigilance.

Sur les coupures, il a minimisé leur ampleur, affirmant qu’elles n’étaient « pas généralisées » et que la société œuvrait à y remédier.

La modification de la tarification trouve, selon lui, son explication dans un changement fiscal : « Cela est dû au paiement de la TVA, qui a été remise à la charge de Virunga et qui, automatiquement, pèse sur les clients. » Cette justification n’a, pour l’instant, pas convaincu les usagers qui estiment ne pas avoir été informés de cette répercussion.

Enfin, le responsable a appelé les habitants à « recourir aux bons contacts » officiels de la société pour signaler les problèmes, plutôt que de passer par des intermédiaires, afin d’éviter les délais dans la prise en charge.

Cette polémique met en lumière les tensions récurrentes autour du service public de l’électricité à Goma, entre les attentes légitimes de la population, les défis techniques et les réalités économiques et fiscales. Elle soulève également la question de la régulation des revendeurs et de la transparence dans la communication sur les tarifs.

Par Basengezi Ntomo, correspondant à Goma
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À la UneProvince

Sud-Kivu : L’offensive du M23/RDF s’intensifie, visant les minerais après la chute d’Uvira

by admin9775 5 janvier 2026
written by admin9775

La nuit du samedi 3 au dimanche 4 janvier a été le théâtre d’affrontements d’une rare intensité dans les collines surplombant Uvira, au Sud-Kivu. Les Forces Armées de la RDC (FARDC), en coalition avec les miliciens patriotes Wazalendo, ont engagé de lourds combats contre les rebelles du M23, milicie appuyée par l’armée rwandaise (RDF), selon plusieurs sources concordantes sur le terrain. Malgré une résistance affirmée par les forces gouvernementales, la région reste en proie à une escalade militaire alarmante.

Les combats, utilisant des armes lourdes et légères, ont principalement fait rage dans les localités de Musingwe, Kategere et Kabamulonda. Les sources militaires congolaises affirment que les FARDC et les Wazalendo « se portaient bien » et tenaient leurs positions dimanche soir. Sous la pression, les rebelles M23 et leurs alliés rwandais auraient même dû reculer leur artillerie lourde d’environ 2 km, la repositionnant à Kabimba, localité dont ils ont chassé la population civile.

Le double discours de Kigali mis à nu

Cette recrudescence des combats contredit frontalement les affirmations du Rwanda lors de la 1321e réunion ministérielle du Conseil de Paix et de Sécurité de l’Union Africaine, où Kigali vantait un retrait de ses troupes et du M23 de la zone d’Uvira. Des sources locales et sécuritaires font état, au contraire, de la présence d’au moins trois bataillons entiers de troupes rwandaises progressant dans les montagnes du Sud-Kivu. Ces éléments avanceraient sous le couvert des groupes Twirwaneho avec un objectif clair : le contrôle du riche territoire minier de Fizi, puis une descente vers Bendera, dans la province du Tanganyika.

Cette manœuvre constitue une violation flagrante de l’accord de Washington, censé orchestrer le retrait des troupes rwandaises du sol congolais. Elle met également dans une position délicate l’ancien président américain Donald Trump, qui s’était présenté comme l’architecte de cet accord et le « faiseur de paix » ayant mis fin à trente ans de conflit entre la RDC et le Rwanda.

Des défections dans le M23 et des ambitions territoriales affichées

Signe des tensions internes, sept éléments des FARDC ayant précédemment rallié la rébellion sont retournés dans le giron gouvernemental ce 4 janvier. Témoignant anonymement, ils dénoncent une rébellion « entièrement rwandaise » dans laquelle les Congolais « ont souffert ». « C’est une rébellion Rwandaise, rien de Congolais », ont-ils insisté.

Parallèlement, le M23 assume désormais ouvertement ses ambitions expansionnistes. Après la prise d’Uvira, considérée comme un verrou stratégique sur le lac Tanganyika, la rébellion a annoncé samedi son intention de progresser vers le territoire de Mwenga. Ses cibles déclarées : la cité aurifère de Kamituga et l’aéroport stratégique de Kitutu. Le « gouverneur rebelle » du Sud-Kivu autoproclamé, Patrick Busu Bwangwi, a confirmé cette orientation.

À Kamituga, la panique gagne une population craignant d’être « prise au piège » dans ce que des analystes appellent déjà « la bataille pour l’or ». La progression du M23/RDF semble ainsi méthodiquement calquée sur la carte des richesses minières de l’Est congolais, du coltan au nord à l’or au sud, ignorant les mises en garde répétées de la communauté internationale.

Cette offensive remet en cause toute perspective de désescalade immédiate et pose une question cruciale : la communauté internationale, ayant échoué à faire respecter l’accord de Washington, pourra-t-elle empêcher la partition de fait de l’Est de la RDC et la confiscation de ses ressources par une rébellion étrangère soutenue ?

Par Marc Kabido, correspondant à Uvira
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Goma : Une marche pour la souveraineté dans une ville sous occupation

by admin9775 2 janvier 2026
written by admin9775

Ce vendredi 2 janvier 2026, Goma vit sous haute tension et paradoxe. Alors que la ville, sous contrôle du mouvement rebelle M23 depuis février 2025, semblait suivre un rythme socio-économique normal, une mobilisation citoyenne silencieuse mais puissante s’y manifeste. Une marche, organisée par la « Génération Z » contre l’occupation rwandaise présumée dans l’est de la République démocratique du Congo, a révélé les profondes fissures sous la surface d’un calme apparent.

Malgré les menaces et l’annonce du déploiement d’éléments des forces de sécurité pour intercepter les manifestants, un fait marquant se dégage : la population, dans sa grande majorité, adhère silencieusement mais fermement à l’idée de cette mobilisation. Ce soutien populaire diffuse révèle une vérité profonde : le rejet collectif de toute forme d’occupation étrangère sur les terres congolaises. La marche devient alors l’expression d’un ras-le-bol national, et non d’un simple mouvement isolé.

« Le peuple, éveillé, se positionne clairement pour la souveraineté, la dignité, et la fin de l’humiliation sur les sols du Kivu », a déclaré un activiste local sous couvert d’anonymat, résumant l’état d’esprit de nombreux habitants.

Un calme précaire et une répression ciblée

Les autorités installées par le M23 avaient pourtant tout mis en œuvre pour décourager la marche. Le maire de la ville, désigné par la rébellion, était intervenu sur les antennes de la RTNC (sous contrôle) pour assurer que tous les services, y compris la police et l’armée du mouvement, seraient mobilisés pour « assurer la sécurité urbaine » et maintenir l’ordre.

Cependant, dans l’ombre, la répression s’est organisée. Les organisateurs de la marche ont dénoncé, dans la soirée de jeudi, plusieurs arrestations de jeunes dans différents quartiers de la ville, attribuées aux services de renseignement de la rébellion. S’exprimant sur la situation, Sankara Bin Kartumwa, porte-parole des manifestants, a condamné ces arrestations et réaffirmé le caractère pacifique de la mobilisation.

« Nous exerçons un droit fondamental : celui d’exprimer notre opposition à l’occupation et de réclamer le respect de notre dignité et de notre souveraineté », a-t-il insisté.

Une solidarité qui dépasse Goma

L’écho de cette mobilisation a franchi les limites de la ville occupée. À Butembo, ville voisine restée sous contrôle gouvernemental, plusieurs jeunes ont exprimé leur soutien aux manifestants de Goma. Contacté par téléphone, Musa Kasereka, étudiant, a salué cette initiative citoyenne :

« Je suis satisfait de voir les jeunes de Goma se lever. C’est la voix des opprimés qui s’élève pour défendre les sans-voix. Cette mobilisation permettra d’attirer l’attention de la communauté internationale et des décideurs de ce pays longtemps meurtri. »

Cet élan de solidarité illustre la dimension nationale que prend la question de l’occupation du Kivu, transcendant les clivages géographiques et devenant un symbole de la lutte pour l’intégrité territoriale congolaise.

Une vie quotidienne sous contrainte

Depuis près d’un an, la population de Goma vit sous l’administration du M23, une situation qui, selon plusieurs organisations locales et internationales, limite considérablement l’exercice normal des droits fondamentaux, dont la liberté d’expression et de réunion pacifique.

Malgré la répression et les intimidations, l’esprit de résistance et de mobilisation demeure vivace au sein de la population. Les habitants continuent de revendiquer, par des moyens détournés ou silencieux, une solution pacifique et durable à une crise qui dure depuis des décennies, mais qui a pris une tournure nouvelle avec l’occupation ouverte de leur ville.

Alors que la journée s’achève, Goma reste le théâtre d’une lutte à deux niveaux : celle, visible, pour le contrôle militaire et territorial, et celle, plus subtile mais tout aussi déterminée, pour la légitimité et le droit inaliénable d’un peuple à disposer de lui-même. La marche de ce 2 janvier, qu’elle ait pu se déployer massivement ou qu’elle ait été étouffée dans l’œuf, marque un nouveau chapitre dans la résistance civile à l’est de la RDC.

Par Marius Bopenga
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Mbuji-Mayi célèbre le retour de la lumière à la veille du Nouvel An

by admin9775 2 janvier 2026
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À la veille des festivités du Nouvel An, la ville de Mbuji-Mayi a retrouvé un bien essentiel et trop rarement présent : l’électricité. Depuis mardi 29 décembre, après plus de six semaines d’obscurité et de privations, les habitants célèbrent le rétablissement du courant, un événement qui a redonné de la joie et un soulagement considérable dans la capitale diamantifère.

La panne, qui avait plongé la ville dans le noir le 13 novembre 2025 suite à la défaillance d’un transformateur principal de la Société nationale d’électricité (SNEL), a finalement été résolue grâce à l’installation d’un nouvel équipement. Les autorités techniques assurent que ce remplacement garantit une reprise durable de la fourniture d’énergie, mettant fin à une longue période de délestages subis par des centaines de milliers de personnes.

Un impact au-delà de la lumière : l’eau potable aussi revient

La bonne nouvelle ne s’arrête pas à l’éclairage des rues et des foyers. Selon la Régie de distribution d’eau (REGIDESO), le rétablissement du courant électrique est directement lié à une amélioration de la desserte en eau potable dans la ville. En effet, plusieurs stations de pompage, dépendantes de l’électricité, peuvent à nouveau fonctionner à plein régime.

« La remise en service du transformateur va permettre d’améliorer significativement la distribution d’eau potable », a confirmé Didier Mbudi Lelo, directeur régional de REGIDESO. Cette annonce a été accueillie avec un immense soulagement par les habitants qui, en plus de l’électricité, devaient faire face à des pénuries d’eau aggravées.

Une ville qui respire et célèbre

L’ambiance dans la ville est à la fête. Sur la terrasse Kingakati, à l’entrée du Camps N’Sele, la population s’est rassemblée pour marquer l’événement. Gédeon Kapiamba, propriétaire des lieux, n’a pas caché sa gratitude : « Nous remercions sincèrement toutes les personnes qui se sont impliquées pour résoudre ce problème. Cela change tout pour nos vies et nos activités. »

Dans de nombreux quartiers, les familles constatent déjà les effets positifs de ce retour à la normale, avec un accès facilité à l’eau et la possibilité de conserver les aliments, d’utiliser des appareils électroménagers et de vaquer à leurs occupations après la tombée de la nuit.

Un espoir pour une stabilité durable

Si la joie est palpable, l’épisode rappelle aussi la vulnérabilité des infrastructures de base en RDC. Le long délai de réparation – plus d’un mois et demi – souligne les défis logistiques et techniques auxquels font face les services publics.

Le rétablissement à la veille du 1er janvier est perçu comme un symbole fort d’espoir pour l’année à venir. Les habitants de Mbuji-Mayi espèrent désormais que cette réparation marque le début d’une période de stabilité plus longue pour les services essentiels, permettant à la ville de se concentrer sur son développement économique et le bien-être de sa population. Pour le moment, ils profitent simplement de la lumière retrouvée pour entamer 2026 sous de meilleurs auspices.

Par Marius Bopenga
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NORD-KIVU – Une marche citoyenne interdite à Goma, un organisateur arrêté dans un climat de tension

by admin9775 1 janvier 2026
written by admin9775

Une manifestation pacifique prévue le 2 janvier 2026 à Goma pour exiger le retrait des troupes rwandaises et des rebelles du M23 des zones occupées dans l’Est de la RDC se heurte à une interdiction ferme des autorités locales et à l’arrestation d’un de ses organisateurs. Cette séquence illustre le climat de répression et de contrôle qui règne dans la capitale du Nord-Kivu, sous influence de la rébellion.

Une marche citoyenne annoncée, puis interdite

Des jeunes issus de mouvements citoyens et de groupes de pression avaient annoncé l’organisation d’une marche pacifique pour réclamer le départ immédiat des forces rwandaises (RDF) et du M23. Cependant, le maire de Goma, Katembo, considéré comme étant sous l’autorité du M23, a publiquement interdit toute manifestation mercredi 31 décembre sur la RTNC.

« Nous avons trois services qui seront déployés : l’armée, la police et les services de renseignements pour remettre de l’ordre dans la ville », a-t-il averti, affirmant n’avoir reçu aucune notification officielle des organisateurs – une version contestée par la société civile qui dénonce une « intimidation ».

Arrestation d’un organisateur et réactions de la société civile

Avant même l’interdiction officielle, Mugisho Chimanuka Fabrice, l’un des coordonnateurs de la marche, a été arrêté. Son interpellation a suscité de vives réactions parmi les militants de Goma et Bukavu, qui y voient une « répression contre des citoyens qui s’expriment publiquement ».

Des acteurs locaux soulignent le contraste saisissant avec la récente manifestation présentée comme un « soutien populaire » au M23, qu’ils estiment avoir été organisée sous la contrainte. Pour eux, l’arrestation et l’interdiction confirment que les autorités installées par la rébellion n’acceptent aucune expression dissidente.

Un test pour les libertés fondamentales en zone sous contrôle rebelle

Les organisateurs de la marche interdite invoquent les droits constitutionnels à la liberté d’expression et de manifestation pacifique. Ils appellent les responsables du M23 à respecter ces droits et à privilégier le dialogue.

Cet épisode est un test révélateur de la nature de l’administration mise en place par le M23 dans les territoires qu’il contrôle. Il met en lumière :

  1. L’impossibilité pour la société civile locale d’exprimer librement une opposition à l’occupation rwando-rebelle.
  2. La stratégie de communication double du M23 : organiser des manifestations de soutien forcées tout en réprimant toute voix critique.
  3. La militarisation de l’espace public à Goma, avec la menace d’un déploiement conjoint de l’armée, de la police et des services de renseignement pour étouffer la contestation.

Alors que la communauté internationale appelle à un dialogue inclusif, la situation à Goma montre la difficulté pour la population civile de faire entendre sa voix dans un environnement sous contrôle militaire et politique d’un groupe armé.

Par Basengezi Ntomo, correspondant à Goma
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