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Province

À la UneProvince

Bumba, au cœur de la RDC, reçoit la visite de la Première ministre : promesses de développement et réponses aux urgences

by admin9775 3 février 2026
written by admin9775

La Première ministre Judith Suminwa a effectué, ce lundi, une visite de terrain à Bumba, ville portuaire stratégique mais longtemps marginalisée sur les rives du fleuve Congo. Ce déplacement dans la province de la Mongala s’inscrit dans une série de visites de travail visant à incarner la présence de l’État et à annoncer des projets concrets.

Face à l’urgence : l’érosion menaçante et un port à relancer

Dès son arrivée, la cheffe du gouvernement s’est rendue sur les berges du fleuve pour constater l’ampleur « préoccupante » de l’érosion qui grignote la ville et menace directement les habitations et le bâtiment de l’administration territoriale. « Profondément touchée » par la situation, elle a instruit le lancement immédiat des travaux de protection antiérosive. Elle a également demandé au gouverneur d’identifier et d’indemniser les populations vivant dans les zones à risque pour permettre le démarrage des travaux.

Parallèlement, Mme Suminwa a plaidé pour la relance du port de Bumba, qualifié d’infrastructure « hautement stratégique ». Cette revitalisation est présentée comme un levier pour corriger la marginalisation économique de la région et en faire un pôle de développement intégré.

Des projets structurants annoncés : voirie et ponts

Après les villes de Lisala et Bongandanga, Bumba est la troisième étape de cette tournée à bénéficier d’annonces de projets d’infrastructure. La Première ministre a détaillé un plan comprenant la construction de voirie urbaine et la modernisation de six ponts dans la ville. Ces chantiers, entièrement financés par l’exécutif national, visent à améliorer la mobilité urbaine et le transport des marchandises. « Nous devons vous doter des infrastructures nécessaires pour moderniser la ville. C’est par le développement que le pays s’améliorera », a-t-elle déclaré à la population.

Rappel à l’ordre aux opérateurs télécoms et suivi social

Témoin des difficultés de connexion dans la province, Judith Suminwa a saisi l’occasion pour rappeler à l’ordre les opérateurs de téléphonie mobile. Elle leur a rappelé les instructions du président Félix Tshisekedi, données en Conseil des ministres, exigeant une amélioration significative de la qualité des services, conformément aux obligations légales.

La visite a également été l’occasion d’aborder des questions sociales sensibles, comme la paie des enseignants assurée par Caritas Congo, montrant une volonté de toucher aux préoccupations quotidiennes des citoyens.

Une communication d’action sur un terrain politisé

Cette visite à Bumba s’inscrit dans une stratégie de communication gouvernementale axée sur l’action et la proximité. En annonçant des projets à court terme (travaux antiérosifs) et en pointant des dysfonctionnements (télécoms), la Première ministre cherche à incarner un exécutif à l’écoute et actif, capable de transformer rapidement les promesses en réalisations tangibles.

Cependant, cet affichage intervient dans un contexte politique national tendu, marqué par le rejet par l’opposition de l’initiative de dialogue du président Tshisekedi. Les annonces de développement dans des provinces éloignées peuvent aussi être lues comme une volonté de renforcer l’ancrage territorial et la légitimité du pouvoir en place, en répondant à une demande historique de désenclavement et d’attention de la part des régions périphériques. Le défi sera maintenant la concrétisation et le suivi effectif de ces engagements dans les délais annoncés.

Par Pascal Kabeya
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À la UneProvince

Est de la RDC: les autorités appellent au calme après des attaques de drones sur l’aéroport de Kisangani

by admin9775 3 février 2026
written by admin9775

Dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC), le gouvernement provincial de la Tshopo a accusé dans un communiqué l’AFC/M23 appuyé par le Rwanda d’avoir attaqué l’aéroport international de Bangoka, situé à 17 km du centre-ville de Kisangani. Selon les autorités locales, les attaques par drones kamikazes auraient eu lieu entre le samedi 31 janvier à partir de 5 heures et le dimanche 1er février à 2 heures. Les autorités locales appellent au calme.

Ces attaques de drones, qui seraient survenues entre samedi et dimanche, ont provoqué une vive tension aux alentours de l’aéroport, avant d’être déjouées par l’armée congolaise (FARDC) et ses partenaires. Le gouvernement provincial de la Tshopo, dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC)  a rassuré la population de Kisangani ainsi que celle de toute la province de la Tshopo, et il indique que la situation est totalement sous contrôle. Les forces de défense et de sécurité appellent au calme.

La situation est sous contrôle, selon les autorités locales

Senold Tandia Akomboyo, ministre provincial et porte-parole du Gouvernement de la Tshopo invite la population à regagner leur domicile. « L’aéroport international de Bangboka a été la cible d’une attaque armée par des drones kamikazes. Huit drones ennemis ont été neutralisés et sans qu’aucun n’ait pu atteindre son objectif macabre, explique-t-il. Le gouvernement provincial de la Tshopo condamne avec la plus grande fermeté cette tentative terroriste et félicite chaleureusement les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) pour leur engagement sans relâche dans la défense de notre intégrité territoriale. Cette violation flagrante du droit international traduit pour la énième fois la volonté du Rwanda de torpiller l’accord de paix signé à Washington en toute contradiction avec ses engagements. » Contacté par RFI, le M23 n’a pas souhaité réagir. 

RFI

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À la UneProvince

Rubaya : plus de 200 morts dans l’effondrement d’une mine de coltan sous contrôle du M23

by admin9775 1 février 2026
written by admin9775

Une catastrophe minière d’une ampleur effroyable a frappé ce jeudi le territoire de Masisi, au Nord-Kivu. Au moins 226 personnes ont péri dans l’effondrement de puits d’extraction artisanale de coltan à la mine de Rubaya. Le drame, survenu en pleine saison des pluies, met en lumière les conditions de travail mortelles et l’exploitation incontrôlée des ressources dans une zone sous contrôle rebelle.

Un bilan humain dramatique et encore provisoire

Le glissement de terrain a enseveli des centaines de creuseurs artisanaux alors qu’ils se trouvaient dans les galeries souterraines. Parmi les victimes figurent des mineurs adultes, des enfants et des commerçantes. Le bilan, déjà lourd, pourrait encore s’alournir selon les sources locales, les opérations de secours se poursuivant dans des conditions extrêmement difficiles. Des survivants grièvement blessés ont été transférés vers Goma pour des soins.

L’indignation face à l’exploitation des enfants

Une séquence vidéo diffusée sur les réseaux sociaux a provoqué une vague d’indignation. On y voit Bahati Musanga Erasto, présenté comme le gouverneur de la province du Nord-Kivu nommé par l’AFC/M23, s’étonner lors d’une visite sur place de la présence d’un enfant de deux ans parmi les creuseurs rescapés. « Oui, un creuseur de deux ans ? » s’interroge-t-il, avant de s’inquiéter de l’état des vêtements des survivants plutôt que des causes structurelles de la tragédie.

Ces images illustrent de façon criante le travail des enfants et l’absence totale de normes de sécurité qui règnent sur ces sites, soulignant la responsabilité des autorités de fait dans la gestion catastrophique de cette activité.

Une mine stratégique sous contrôle rebelle

Le drame se produit dans un contexte géopolitique hautement sensible. La zone minière de Rubaya, l’une des plus riches en coltan au monde avec une production estimée à près de 120 tonnes par mois, est sous le contrôle du mouvement rebelle AFC/M23 depuis avril 2024. Selon les rapports des Nations Unies, cette production est majoritairement exportée illégalement vers le Rwanda voisin, alimentant ainsi les finances du groupe armé et les tensions régionales.

Une tragédie annoncée dans un secteur non régulé

Cette catastrophe n’est malheureusement pas un cas isolé. Les effondrements sont fréquents dans les mines artisanales de l’Est de la RDC en raison de :

  • L’excavation non réglementée et sans soutènement.
  • L’absence totale d’infrastructures de sécurité et de mécanismes de protection des travailleurs.
  • L’impact de la saison des pluies sur des sols déjà fragilisés.
    En juin dernier, un éboulement similaire sur un site voisin à Bibatama avait fait au moins 17 morts.

Des responsabilités multiples et une urgence humanitaire

Cette tragédie pose des questions accablantes :

  1. Responsabilité du M23 : En tant qu’autorité contrôlant la zone depuis près de deux ans, le mouvement rebelle est directement responsable de la sécurité des populations et de la régulation des activités économiques sur son territoire. La fermeture temporaire décrétée après la catastrophe apparaît comme un geste trop tardif.
  2. Complicité des circuits internationaux : Les défenseurs des droits humains dénoncent un système d’exploitation soutenu par des circuits commerciaux internationaux qui ferment les yeux sur les conditions d’extraction pour s’approvisionner en minerais stratégiques.
  3. Urgence humanitaire et protection : Outre les secours, une intervention urgente est nécessaire pour protéger les enfants et les travailleurs de l’exploitation et sécuriser les sites.

Ce drame est un rappel sinistre du coût humain exorbitant de l’exploitation illégale des ressources dans l’Est de la RDC. Il met en lumière l’impératif de traçabilité des minerais et de responsabilisation de tous les acteurs de la chaîne d’approvisionnement, des creuseurs aux consommateurs finaux, tant que persiste un conflit où le contrôle des mines finance la guerre et l’insécurité.

Par Basengezi Ntomo, correspondant à Goma
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Kabimba, Sud-Kivu : une carrière dévastée, symbole du pillage méthodique du M23 et du RDF

by admin9775 30 janvier 2026
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La carrière du groupe ECK, à Kabimba, porte les cicatrices profondes d’un pillage systématique et destructeur. Des bureaux saccagés aux conteneurs éventrés, en passant par les alignements de fûts vidés, le site est le témoin muet d’une razzia attribuée aux rebelles du M23, appuyés par des éléments des Forces de défense rwandaises (RDF). Ce saccage a anéanti des stocks essentiels au développement local et plongé la communauté dans le désarroi et la peur.

Un pillage ciblé et destructeur

Le butin des assaillants a été choisi avec méthode. Le coup le plus dur porte sur le goudron, matériau vital pour les travaux de voirie. Selon les estimations sur place, près de 30% des stocks ont été emportés d’un côté du site, et 25% d’une autre partie représentant la moitié de la réserve initiale. « Chaque fût était empilé. Aujourd’hui, regardez les vides », déplore un responsable local, montrant les espaces vides laissés par des centaines de fûts volés.

La razzia ne s’est pas arrêtée là. Elle a été totale :

  • Équipements : Batteries de groupes électrogènes, ordinateurs.
  • Matériel : Près de quatre-vingts bâches, des boulons, de la graisse.
  • Hydrocarbures : Fûts de pétrole et de mazout emportés, le reste déversé volontairement, causant une pollution environnementale significative.
    « Ils ont tout pris : batteries, boulons, graisse… absolument tout », témoigne un employé, résumant l’ampleur du désastre.

Une terreur qui paralyse et un développement anéanti

L’attaque ne fut pas seulement matérielle. Elle s’est accompagnée d’une violence qui a contraint travailleurs et habitants à la fuite. « Quand ils pillaient, nous avons fui. Le dimanche, nous entendions des crépitements de balles et de fortes détonations », se souvient un employé, la peur encore perceptible. Cette atmosphère de terreur a paralysé toute activité économique et renforcé un profond sentiment d’abandon chez les populations.

Pour la communauté, le choc est aussi celui d’un espoir de développement brisé. Les stocks de goudron pillés représentaient l’assurance de projets routiers attendus pour désenclaver la région et dynamiser l’économie locale. « Nos cœurs saignent. Nous pensions voir notre région avancer », confie un notable de la zone, décrivant un sentiment de désolation collective.

Un crime économique et un casus belli supplémentaire

Au-delà du préjudice immédiat, ce pillage s’inscrit dans une stratégie plus large de déstabilisation économique de la région. En s’attaquant à des infrastructures de production et en volant des matériaux de construction stratégiques, les assaillants sapent les capacités de l’État à fournir des services essentiels et à mettre en œuvre des projets de développement, creusant ainsi le fossé entre la population et les autorités.

Pour le gouvernement congolais et les partenaires internationaux, ce cas constitue une preuve supplémentaire des exactions économiques commises par le M23 et ses soutiens présumés. Il renforce l’accusation selon laquelle leur action ne se limite pas à un conflit territorial, mais inclut une logique de prédation systématique des ressources, entravant toute perspective de paix et de reconstruction durable dans l’Est du pays. La restauration de la sécurité et de l’État de droit apparaît plus que jamais comme un préalable indispensable à tout redémarrage économique dans ces zones martyrisées.

Par Marc Kabido, correspondant à Uvira
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Kongo Central : le gouverneur Grâce Bilolo privé d’immunité et visé par une instruction judiciaire

by admin9775 29 janvier 2026
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Le gouverneur du Kongo Central, Grâce Nkuanga Bilolo, est désormais directement dans le collimateur de la justice. Ce mercredi, le Bureau de l’Assemblée provinciale a autorisé, à l’unanimité, le procureur général près la Cour de cassation à ouvrir une instruction judiciaire à son encontre. Cette décision lève son immunité et marque un tournant potentiel dans la lutte contre l’impunité des hauts responsables provinciaux.

Des accusations graves : détournement et malversations financières

La demande du parquet fait suite à un rapport de l’Inspection générale des finances (IGF), missionnée l’année dernière auprès des institutions provinciales. Les griefs sont lourds : détournement de deniers publics, malversations financières et non-versement des recettes d’impôts et taxes provinciales. Les soupçons de détournement dépasseraient le million de dollars américains.

Des dysfonctionnements pointent notamment la gestion des fonds des services provinciaux, des péages et la création d’une structure parallèle, l’Agence de gestion des droits des péages et de pesages du Kongo central (AGDP), accusée de servir des intérêts personnels.

Une défense qui conteste la procédure et dénonce un manque de contradictoire

Face à ces accusations, le gouverneur Bilolo adopte une posture offensive. Il nie avec fermeté toute implication et conteste la régularité de la procédure. Il affirme n’avoir jamais été officiellement notifié du rapport de l’IGF et que les échanges se seraient limités à son ministre provincial des Finances, dénonçant ainsi un manque de débat contradictoire.

Un contexte politique déjà tendu

Cette mise en examen judiciaire intervient dans un climat politique provincial déjà délétère. Depuis novembre 2025, des notables et représentants des 366 groupements de la province dénonçaient sa gouvernance, pointant du doigt la mauvaise gestion, le népotisme et la création de structures opaques.

Présomption d’innocence et prochaines étapes

Dans son communiqué, le Bureau de l’Assemblée provinciale rappelle que le gouverneur est « présumé innocent » à ce stade. L’autorisation donnée au parquet vise à lui « donner la possibilité de présenter ses moyens de défense » dans le cadre légal d’une instruction.

Cette décision, prise alors que l’Assemblée est en vacance parlementaire, témoigne de l’urgence perçue par les députés provinciaux. Elle place désormais le gouverneur Bilolo sous le « regard scrutateur » de la justice et de l’institution provinciale, scellant peut-être le destin politique de l’ancien pilier de l’exécutif provincial.

Le procès qui s’annonce sera suivi de près, car il pourrait établir un précédent dans la relation souvent trouble entre pouvoir exécutif provincial, contrôle parlementaire et justice en République Démocratique du Congo.

Par Pascal Kabeya
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Reprise des activités lacustres sur le lac Tanganyika après le retrait du M23 à Uvira

by admin9775 27 janvier 2026
written by admin9775

Les activités sur le lac Tanganyika ont repris ce mardi 27 janvier 2026, un mois et demi après leur suspension due à l’occupation d’Uvira par les rebelles du M23. Cette décision, annoncée par le gouverneur du Sud-Kivu, Jean-Jacques Purusi, a été mise en œuvre par l’administrateur du territoire de Fizi, Amy Kalonji Badibanga.

Tous les échanges commerciaux lacustres sont désormais autorisés entre Uvira, Fizi, Kalemie, ainsi qu’avec les pays voisins, notamment le Burundi, la Tanzanie et la Zambie. Cette mesure vise selon les autorités, à soulager une population durement touchée et à relancer les activités des commerçants paralysées par le conflit.

L’autorité territoriale rappelle que la suspension initiale avait pour objectif d’empêcher l’infiltration des éléments M23 vers Fizi et Kalemie. L’administrateur déclare : « Aujourd’hui, 27 janvier 2026, j’annonce la réouverture de toutes les activités commerciales lacustres sur le lac Tanganyika. »

Les navires, bateaux et navettes peuvent désormais circuler librement entre Kalemie et Uvira, Fizi et Kalemie, Fizi vers la Zambie, la Tanzanie et le Burundi, sans entrave.

Toutefois, le gouverneur Purusi exhorte les services de sécurité frontaliers à la plus grande vigilance. Selon l’administrateur de Fizi, l’AFC-M23 reste une menace susceptible d’incursions à tout moment.

Radio okapi

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Les FARDC reprennent le contrôle de plusieurs villages occupés par les Wazalendo à Kailo

by admin9775 27 janvier 2026
written by admin9775

Les Forces armées de la RDC (FARDC) ont repris, depuis dimanche 25 janvier, le contrôle de plusieurs localités occupées pendant quelques semaines par les miliciens Wazalendo dans le groupement Kasenga Numbi et Kulu, dans le territoire de Kailo (Maniema). C’est à l’issue d’affrontements intervenus depuis jeudi dernier jusqu’en fin de semaine.  

Les combats entre les FARDC et les Wazalendo se sont déroulés dans les villages de Kasenga, Kibaraka et Ndekemanga, selon les autorités provinciales et la société civile locale. Cependant, aucun bilan officiel de ces combats n’est encore disponible.

Ces hostilités débuté jeudi ont provoqué peur et panique au sein des communautés locales.

Lupungu Milongi Prince, un habitant décrit une situation tendue :

« Les affrontements ont commencé à partir de 15 heures le jeudi. Les militaires ont récupéré toutes les parties que les Wazalendo occupaient, c’est-à-dire les villages Kasenga, Kibaraka, même Ndekemanga. J’interpelle seulement la conscience des autorités de s’impliquer massivement afin que la paix se retrouve dans cette entité ».

A l’issue des combats, l’armée a repoussé les miliciens dont certains se sont repliés vers le village Mabanga,  72 km de la ville de Kindu, dans le territoire de Pangi. D’autres sont en debandade dans les brousses environnantes de Kailo, a fait savoir ce lundi, le ministre provincial de l’intérieur.

Cependant, la situation humanitaire reste préoccupante dans les zones de refuge des habitants. Le vice-président de la société civile de Kailo, Kapamba Willy, alerte sur les conditions difficiles des populations déplacées :

« Aujourd’hui à Kasenga Numbi, la population ne reste plus là-bas, les élèves n’étudient plus, il y a la psychose. C’est ce que nous sommes en train de demander au gouvernement provincial tant national d’aider cette population qui vit sous la belle étoile ».

Ce lundi, le ministre provincial de l’Intérieur confirme que la situation est redevenue normale dans la matinée dans les villages récupérés par l’armée, même si certains ménages continuent de fuir par crainte de nouveaux affrontements. 

Radio okapi

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Uvira après le retrait du M23 : HRW alerte sur les risques d’exactions des milices contre les civils

by admin9775 21 janvier 2026
written by admin9775

Le retrait du groupe armé M23 de la ville d’Uvira, dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC), le 17 janvier, a ouvert la voie à une nouvelle menace pour les civils : les exactions des milices locales, dites Wazalendo (Patriotes). C’est l’alerte lancée mercredi par l’organisation non gouvernementale Human Rights Watch (HRW).

Selon un rapport détaillé de l’ONG, le vide sécuritaire laissé par le départ des rebelles du M23 – qui avaient pris le contrôle de la ville le 10 décembre – a été rapidement comblé par des violences. Des menaces, du harcèlement et des agressions contre des habitants, particulièrement redoutés par la communauté tutsie congolaise des Banyamulenge, ont été signalés. La crainte de représailles a poussé de nombreuses familles à fuir avec les combattants du M23, bien qu’un nombre indéterminé de civils soit resté sur place.

Bien que l’armée congolaise (FARDC) se soit déployée dans Uvira tard le 18 janvier, HRW estime que sa seule présence ne suffit pas à garantir la sécurité des populations. L’organisation affirme que les milices Wazalendo, qu’elle décrit comme étant soutenues par l’armée, continuent d’opérer sans contrôle.

Pillages systématiques et violences documentées

HRW déclare avoir documenté, dans les heures et jours suivant le retrait du M23, des pillages généralisés de maisons, de commerces, d’églises et de bâtiments publics. Des biens appartenant à la communauté banyamulenge auraient été spécifiquement visés. L’ONG s’appuie sur des vidéos et photos vérifiées montrant des scènes de saccage au tribunal, dans une église méthodiste, un restaurant, un bâtiment administratif et au port de Kalundu.

Les violences ne se limitent pas aux destructions matérielles. Des sources locales font état de nombreux blessés, et HRW indique enquêter sur des informations faisant état de tueries de civils depuis le départ du groupe rebelle. Des habitants ont également rapporté des exactions attribuées à des soldats ou à des combattants Wazalendo, les accusant de rackets et de tirs délibérés contre des civils.

Par ailleurs, l’ONG a recueilli des informations crédibles selon lesquelles des milices auraient empêché des civils de fuir vers les Hauts Plateaux, une zone du Sud-Kivu, tandis que la frontière avec le Burundi reste fermée, piégeant ainsi les populations.

Appels à la protection et à l’enquête

Face à cette situation, Human Rights Watch presse les autorités congolaises de protéger toutes les communautés civiles sans distinction. L’ONG demande l’écartement des milices abusives et l’ouverture d’enquêtes impartiales sur les crimes commis, qu’ils aient eu lieu sous le contrôle du M23 – période durant laquelle la société civile locale a signalé des meurtres, disparitions forcées et recrutements contraints – ou après son retrait.

L’organisation rappelle qu’en 2025, des soldats congolais et des combattants Wazalendo avaient déjà été impliqués dans des exécutions sommaires et des violences sexuelles contre des civils dans le Sud-Kivu.

Interrogé par HRW le 20 janvier, le ministre congolais de la Défense, Guy Kabombo Muadiamvita, a déclaré que les Banyamulenge « ne doivent pas être déplacés de force » et doivent pouvoir « retourner librement à Uvira » s’ils le souhaitent. Le gouvernement, qui a annoncé le 19 janvier une « restauration progressive de l’autorité de l’État » à Uvira, est appelé à traduire ces engagements en actes concrets.

Rôle crucial de la communauté internationale

HRW formule plusieurs recommandations à la communauté internationale. Elle préconise un déploiement rapide d’experts en droits humains et en protection des civils par la Mission des Nations Unies en RDC (MONUSCO). Bien que celle-ci se soit retirée du Sud-Kivu en 2024, une résolution du Conseil de sécurité de décembre 2025 lui permet de reprendre certaines activités de surveillance du cessez-le-feu dans la province.

Enfin, l’ONG exhorte l’Union européenne, l’Union africaine et les États-Unis à accroître l’aide humanitaire d’urgence, à faire pression sur les gouvernements de la région pour garantir la protection des civils et l’accès des acteurs humanitaires, et à envisager des sanctions ciblées contre les responsables d’exactions, quel que soit leur camp.

La situation à Uvira illustre le cycle de violence et l’impunité persistante dans l’est de la RDC, où le retrait d’un groupe armé ne signe pas nécessairement la fin des souffrances pour les civils, mais ouvre parfois un nouveau chapitre tout aussi périlleux.

Par Marc Kabido, correspondant à Uvira
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À la UneProvince

Le gouverneur du Sud-Kivu appelle à l’unité après le retrait du M23 d’Uvira, malgré des menaces persistantes

by admin9775 20 janvier 2026
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Après la reprise de la ville d’Uvira par l’armée congolaise et les miliciens Wazalendo, le gouverneur du Sud-Kivu, Jean-Jacques Purusi, a lancé un ferme appel à la cohésion sociale, mettant en garde contre les risques de division communautaire exploités par les acteurs du conflit.

Un appel à l’unité face aux manipulations
Dans une déclaration solennelle, le gouverneur a exhorté les populations à ne pas tomber dans le piège des divisions. « Depuis des générations, toutes les communautés du Sud-Kivu ont vécu ensemble en harmonie », a-t-il rappelé, soulignant que les tensions actuelles sont souvent attisées par des manipulations politiques. Il a martelé le caractère républicain et protecteur de l’État : « Personne ne doit être attaqué pour son origine ».

S’adressant aux familles déplacées, M. Purusi a promis que leur retour et leur sécurité seraient assurés. Il a réaffirmé que l’avenir de la province passait par le dialogue : « Notre objectif est de continuer à vivre ensemble et de trouver des solutions durables par la concertation. »

Une victoire fragile sur le terrain
Cet appel intervient dans un contexte sécuritaire encore très instable. Les Forces armées de la RDC (FARDC) ont officiellement confirmé avoir pris le contrôle d’Uvira dimanche 18 janvier, après le retrait de la coalition rebelle M23/RDF. Cependant, elles déplorent le pillage systématique de la ville avant le départ des rebelles. Une vingtaine de civils suspectés de pillage ont été interpellés.

La menace rebelle reste tangible. Selon le député d’Uvira, Justin Bitakwira, les combattants du M23 se seraient redéployés non loin de là, dans l’agglomération de Kabunambo, à seulement 2 km de la cité de Sange. Par ailleurs, des groupes d’hommes armés, présumés être des Wazalendo, ont été signalés dans la cité de Kiliba, à 15 km au nord d’Uvira, alimentant les craintes d’exactions et de tensions intercommunautaires.

Une étape jugée « nécessaire mais insuffisante »
La coalition de la société civile Pamoja Kwa Amani (PKA) a salué le retrait du M23 d’Uvira comme une « étape nécessaire », mais l’a jugée « insuffisante face à une occupation persistante » dans d’autres parties de la province. Cette analyse reflète un sentiment répandu : si la reprise d’Uvira est un succès symbolique et stratégique, elle ne signifie pas la fin de la menace pour la sécurité des civils ou la souveraineté de l’État.

Le gouverneur Purusi a conclu par un appel régional, invitant les peuples congolais, rwandais et burundais à « mettre fin à cette tragédie » et à œuvrer ensemble pour la paix. Un vœu qui contraste avec la réalité militaire sur le terrain, où les positions se recomposent et où le risque d’une reprise des hostilités ou de violences communautaires reste élevé. La consolidation de cette victoire locale dépendra de la capacité des autorités à garantir la sécurité, à faire régner la justice et à prévenir toute vengeance.

Par Marc Kabido, correspondant à Uvira
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À la UneProvince

Route Sake-Masisi : Huit mois après les promesses, le gouffre entre le discours et la réalité

by admin9775 17 janvier 2026
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Les promesses de développement faites par les autorités installées par la rébellion du M23 dans le Nord-Kivu se heurtent à une réalité implacable : l’abandon et la dégradation. Lancés en grande pompe il y a huit mois, les travaux de réhabilitation de l’axe stratégique Sake–Masisi–Walikale sont dans l’impasse, illustrant le fossé entre la communication rebelle et la situation vécue par les populations.

Le 2 mai 2025, Musanga Erasto, désigné gouverneur du Nord-Kivu par le M23, inaugurait solennellement le chantier à Sake. Devant une foule assemblée, il promettait une transformation radicale : des routes asphaltées, l’ouverture imminente des axes vers Kanyabayonga et Kitshanga, et le désenclavement durable du territoire de Masisi.

« Dans quelques jours, nous viendrons ouvrir la route Sake–Kanyabayonga, et cette route sera asphaltée. Après, la route Sake–Masisi que nous lançons aujourd’hui sera également asphaltée », avait-il déclaré, annonçant même l’extension asphaltée jusqu’à Walikale.

Un constat d’échec sur le terrain

Huit mois plus tard, l’ambition a cédé la place à un paysage de désolation. La route Sake–Masisi–Nyabyondo est aujourd’hui décrite comme quasi impraticable. Le passage intensif de convois de camions transportant des minerais, notamment en provenance de la zone minière de Rubaya, a laminé la chaussée. Bourbiers profonds, ravines et effondrements partiels caractérisent désormais cet axe vital, loin de toute trace d’asphaltage.

Selon des sources locales et des observations sur place, un détail révélateur est souligné : les travaux de réhabilitation avaient effectivement débuté avant que la zone ne tombe sous le contrôle total du M23. Depuis l’installation de l’administration rebelle, les chantiers sont à l’arrêt. Aucun engin de construction n’est visible, aucune équipe active, aucune avancée tangible.

Des taxes sans services

L’axe promis vers Walikale subit le même sort : les travaux n’y ont jamais commencé. En revanche, les habitants et les transporteurs dénoncent la multiplication des barrières et taxes illégales imposées le long de ces routes délabrées. Cette économie de prédation, où la perception fiscale se substitue à la prestation de services, alourdit le quotidien des populations déjà confrontées à l’insécurité et à l’enclavement.

Pour les communautés de Masisi, cette route est devenue le symbole d’une double peine : l’abandon des promesses de développement et l’exploitation de leur territoire. Le désenclavement annoncé n’a pas eu lieu. À la place, l’extraction minière s’intensifie, priorisant le transport des ressources au détriment des infrastructures et du bien-être des civils.

Une crédibilité mise à mal

Ce fiasco porte un coup sévère à la narration du M23 et de ses représentants, qui cherchent à se présenter comme une autorité de gouvernance légitime et capable de développement. Les engagements ambitieux du 2 mai, présentés comme un tournant, relèvent désormais du discours sans suite, érodant la crédibilité des promesses politiques dans une région épuisée par des décennies de conflit et de négligence.

La route Sake-Masisi cristallise ainsi l’amère réalité : dans les zones sous contrôle rebelle, les priorités semblent orientées vers le contrôle des ressources et des populations, bien loin des projets d’infrastructure et de prospérité locale affichés. Les habitants, eux, restent pris au piège entre un État central distant et une administration de fait qui ne tient pas ses engagements fondamentaux.

Par Basengezi Ntomo, correspondant à Goma
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