L’affaire Malanga entre dans sa phase judiciaire décisive aux États-Unis : des enquêteurs du FBI à Kinshasa avant le procès de mars

par admin9775

L’impression d’impunité est dissipée. Alors que des images d’un Marcel Malanga menant une vie paisible aux États-Unis avaient pu susciter l’incompréhension en République démocratique du Congo, l’affaire du coup d’État avorté du 19 mai 2024 entre dans une phase judiciaire rigoureuse sous l’égide de la justice fédérale américaine. La présence à Kinshasa, depuis quelques jours, de deux agents spéciaux du Federal Bureau of Investigation (FBI) en est la preuve tangible.

Ces enquêteurs, dépêchés depuis le bureau régional de Nairobi, mènent un complément d’investigations dans la capitale congolaise. Leur mission : finaliser la préparation du procès prévu en mars 2025 devant un tribunal fédéral du district de l’Utah. Ils ont auditionné, selon des sources judiciaires, l’ensemble des acteurs congolais de la procédure – magistrats, enquêteurs, avocats – se penchant sur le déroulement de l’instruction locale et l’évaluation des dommages.

Cette collaboration judiciaire binationale signale une volonté de coordination entre Washington et Kinshasa pour juger les ressortissants américains impliqués dans cette tentative de renversement violent du gouvernement.

Dans le box des accusés à Salt Lake City figureront quatre citoyens américains, précédemment condamnés à mort puis graciés en RDC avant leur extradition :

  • Marcel Malanga, 22 ans, fils du meneur présumé.
  • Tyler Thompson, 22 ans.
  • Benjamin Zalman-Polun, 37 ans.
  • Joseph Peter Moesser, 67 ans.

Ils devront répondre d’accusations fédérales graves, notamment de complot en vue de fournir un soutien matériel à une entreprise terroriste, de complot pour utiliser des armes de destruction massive, et de complot visant à tuer ou enlever des personnes à l’étranger. Ces qualifications pénales confèrent au procès une dimension qui dépasse le cadre d’un simple fait divers criminel, le hissant au rang d’affaire de sécurité nationale et de terrorisme transnational.

Une attaque symbolique mais révélatrice

Dans la nuit du 19 mai 2024, un commando d’une vingtaine d’hommes armés, arborant le drapeau du Zaïre, avait attaqué successivement l’hôtel Pullman (où le président Félix Tshisekedi était attendu), la résidence du vice-Premier ministre Vital Kamerhe, et brièvement investi le Palais de la Nation. L’assaut, revendiqué sur les réseaux sociaux par des membres de la diaspora, avait fait trois morts (deux policiers et un assaillant) avant d’être neutralisé par l’armée congolaise.

Le chef présumé du commando, Christian Malanga Musumari (41 ans), ancien militaire et homme d’affaires américano-congolais, fondateur du mouvement « Nouveau Zaïre », avait été tué lors des affrontements. Son parcours politique et ses connexions avec d’anciens rebelles avaient alimenté les interrogations sur les motivations et d’éventuels soutiens plus larges – des questions qui, en l’absence du principal accusé, pourraient rester en partie sans réponse.

Un double enjeu de justice et de souveraineté

Ce procès américain revêt une importance stratégique à plusieurs niveaux :

  1. Pour les États-Unis : Il s’agit d’affirmer leur juridiction sur leurs ressortissants impliqués dans des activités terroristes à l’étranger et d’envoyer un message dissuasif. Le sérieux des charges vise à éviter toute perception de clémence.
  2. Pour la RDC : La coopération active du FBI valide la version des autorités congolaises sur la gravité des événements. Elle permet à Kinshasa de présenter l’issue judiciaire comme le fruit d’un partenariat d’égal à égal avec une grande puissance, renforçant sa crédibilité dans la lutte contre les menaces à sa stabilité.
  3. Pour la mémoire des faits : Le procès fédéral, réputé pour son formalisme et son exigence probatoire, devrait établir une version judiciairement certifiée des événements, contrant les récits alternatifs ou les théories du complot.

Une étape, mais pas la fin de l’enquête ?

Si le procès de mars se concentrera sur les actions matérielles des accusés, il ne clôturera pas nécessairement toutes les zones d’ombre. Les questions persistantes sur le financement, le recrutement et les éventuels complicités internes ou externes au sein de l’appareil d’État congolais pourraient continuer à alimenter les spéculations. La justice militaire congolaise, de son côté, a déjà rendu ses verdicts pour les autres co-accusés.

La présence du FBI à Kinshasa, quelques semaines seulement avant l’ouverture des débats, démontre que ce dossier reste une priorité de coopération. Elle sonne aussi comme un avertissement : l’image d’une normalité retrouvée pour les principaux suspects n’était qu’une illusion d’optique. Le chemin menant à la salle d’audience du tribunal fédéral de l’Utah est désormais ouvert.

Par Marius Bopenga
CONGO PUB Online

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