La société américaine KoBold Metals accélère ses activités d’exploration minière à Manono, dans la province du Tanganyika, où elle recherche notamment du lithium, un minerai stratégique pour la transition énergétique.
Présente en RDC depuis 2025, l’entreprise s’appuie sur l’intelligence artificielle pour analyser les données géologiques et orienter ses équipes vers les zones présentant le plus fort potentiel. Ses géologues utilisent notamment des GPS de haute précision et des tablettes connectées à des outils d’IA capables de générer des cartes interactives.
KoBold dispose actuellement de 14 permis d’exploration couvrant plus de 3 000 km² et prévoit d’investir plus de 50 millions de dollars en RDC d’ici début 2027.
L’IA au service de l’exploration

Depuis avril, les équipes de KoBold prélèvent environ 2 000 échantillons de sol par semaine. Les analyses recherchent des signatures géochimiques pouvant révéler la présence de pegmatites, des roches susceptibles de contenir du lithium.
Ces informations sont croisées avec des cartes géologiques historiques, d’anciens résultats de forage et des images satellitaires. L’IA permet ensuite de produire des modèles prédictifs afin de mieux cibler les futurs forages.
Pour Benjamin Katabuka, directeur général de KoBold en RDC, les premiers résultats sont « très encourageants », même si aucune estimation des ressources n’a encore été rendue publique.
Un nouvel acteur américain à Manono
L’implantation de KoBold intervient dans le contexte du rapprochement entre Kinshasa et Washington autour des minerais critiques. La société cherche à se positionner dans une région déjà convoitée par de grands groupes miniers, notamment le chinois Zijin, présent sur un important projet voisin.
KoBold espère ainsi transformer ses découvertes en exploitation commerciale dans les prochaines années.
À Manono, les attentes sont fortes
Pour les populations locales, l’arrivée de ce nouvel investisseur nourrit surtout l’espoir de voir apparaître des emplois, des infrastructures et des retombées économiques concrètes.
Le territoire reste confronté à d’importants déficits en infrastructures. L’administrateur du territoire, Cyprien Kitanga, souligne notamment le manque d’eau potable et l’absence d’électrification de plusieurs zones.
L’histoire minière de Manono, marquée notamment par l’exploitation de l’étain depuis l’époque coloniale, laisse toutefois un héritage contrasté. Les populations souhaitent désormais que l’exploitation des nouvelles ressources profite davantage au développement local.
À Manono, KoBold joue donc une double partie : confirmer le potentiel en lithium de ses permis et démontrer que l’arrivée d’un nouvel acteur minier peut produire des bénéfices visibles pour les communautés locales.
Par Pascal Kabeya
CONGO PUB Online




















