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Crise politique au Sankuru : le gouverneur destitué, l’Assemblée provinciale suspendue

by admin9775 28 mai 2025
written by admin9775

La province du Sankuru est plongée dans une grave crise institutionnelle après une série d’événements politiques tumultueux survenus ce lundi 26 mai 2025. Cette crise ouvre une période d’incertitude pour la gestion de cette province du centre de la RDC.

Destitution du gouverneur Kitenge Kanyama

L’Assemblée provinciale a voté la destitution du gouverneur Victor Kitenge Kanyama à l’issue d’une séance parlementaire particulièrement tendue. Seize députés ont approuvé cette motion de défiance, motivée par plusieurs griefs :

  1. Incompétence notoire dans la gestion des affaires provinciales
  2. Défaillances sécuritaires préoccupantes
  3. Violations répétées de la loi sur la libre administration des provinces
  4. Manquements graves au règlement intérieur de l’Assemblée

Absence remarquée du gouverneur

Convoqué pour s’expliquer devant les élus provinciaux, le gouverneur Kitenge Kanyama ne s’est pas présenté. Selon ses proches collaborateurs, il aurait subi un malaise cardiaque lors du conseil provincial de sécurité la veille. Évacué en urgence vers Mbuji-Mayi, il y recevrait actuellement des soins médicaux spécialisés.

Réaction immédiate du gouvernement central

Dans un geste sans précédent, le vice-premier ministre et ministre de l’Intérieur, Jacquemain Shabani, a ordonné :

  • La fermeture immédiate de l’Assemblée provinciale
  • La convocation à Kinshasa de tous les membres du bureau de cette institution

Cette décision ministérielle plonge la province dans une situation institutionnelle inédite, avec deux organes essentiels (l’exécutif et le législatif) simultanément neutralisés.

Enjeux et perspectives

Plusieurs questions cruciales se posent désormais :

  1. Vacance du pouvoir : Qui assurera l’intérim à la tête de la province ?
  2. Processus de remplacement : Quel mécanisme sera mis en place pour désigner un nouveau gouverneur ?
  3. Stabilité régionale : Quelles conséquences pour la sécurité dans cette province déjà fragile ?

Des observateurs politiques soulignent le caractère exceptionnel de cette double crise institutionnelle, qui intervient dans un contexte national déjà marqué par des tensions politiques accrues. La rapidité de la réaction du gouvernement central témoigne de la sensibilité particulière de cette affaire.

Prochaines étapes

Tous les regards sont désormais tournés vers Kinshasa, où les consultations avec les responsables provinciaux devraient déterminer la suite du processus. Dans l’immédiat, la province du Sankuru se trouve dans une situation de vide administratif préoccupante, alors que les défis sécuritaires et socio-économiques restent entiers.

Par Marc Etumba, correspondant à Kinshasa
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À la UneProvince

Amnesty International accuse le M23 de crimes de guerre dans l’Est de la RDC

by admin9775 27 mai 2025
written by admin9775

Dans un rapport accablant publié ce mardi 27 mai 2025, Amnesty International révèle des violations systématiques des droits humains commises par le groupe armé M23 dans les villes de Goma et Bukavu, dans l’est de la République démocratique du Congo. L’organisation internationale affirme que ces exactions pourraient constituer des crimes de guerre.

Des témoignages accablants de torture et de détentions illégales

L’enquête menée entre février et avril 2025 s’appuie sur les récits de 18 anciens détenus civils, tous des hommes, ayant subi des détentions arbitraires dans des centres contrôlés par le M23. Près de la moitié d’entre eux ont décrit des actes de torture systématiques, avec des méthodes particulièrement cruelles : coups de bâtons, de câbles électriques ou de crosses de fusil, notamment sur les parties génitales. Les preuves recueillies incluent des photos de blessures et des certificats médicaux.

Des conditions de détention inhumaines

Les témoins dépeignent des cellules surpeuplées et insalubres, privées de nourriture, d’eau potable et de soins médicaux. Huit détenus ont rapporté avoir vu des codétenus mourir des suites de mauvais traitements ou des conditions de détention extrêmes. Certains prisonniers étaient maintenus au secret, sans aucun contact avec leur famille ou des avocats.

Les principaux centres de torture identifiés

À Goma, Amnesty a localisé plusieurs sites utilisés par le M23 :

  • Le bureau provincial de l’ANR surnommé « Chien Méchant »
  • Un complexe près de la RTNC sur le mont Goma
  • Le bâtiment de l’assemblée provinciale
  • La 34e région militaire
  • Un camp improvisé à Kanyaruchinya

À Bukavu, les détentions illégales ont principalement lieu dans le bureau de l’ANR et dans un camp militaire du quartier Bagira.

Des attaques contre le personnel médical

Le rapport documente également l’enlèvement de plus de 130 personnes dans les hôpitaux Heal Africa et CBCA Ndosho à Goma, incluant des soldats blessés des FARDC et des soignants. Ces actes constituent des violations flagrantes du droit international humanitaire.

Les demandes d’Amnesty International

L’organisation exige :

  1. La libération immédiate de tous les civils détenus arbitrairement
  2. Un accès immédiat aux détenus pour leurs familles et avocats
  3. L’autorisation pour les observateurs indépendants d’inspecter les centres de détention
  4. Une pression internationale accrue sur le Rwanda, accusé de soutenir le M23

Réaction internationale

Tigere Chagutah, directeur régional d’Amnesty pour l’Afrique de l’Est et australe, dénonce l’hypocrisie du M23 : « Sous couvert de rétablir l’ordre, ce groupe se livre à une répression brutale pour éliminer toute opposition ».

Ce rapport intervient dans un contexte de détérioration continue de la situation humanitaire dans l’est de la RDC, où des milliers de civils subissent les conséquences de ce conflit. Amnesty International appelle à une mobilisation urgente de la communauté internationale pour protéger les populations civiles et mettre fin à l’impunité des auteurs de ces crimes.

Par Marc Etumba, correspondant à Kinshasa
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À la UneSociété

L’Union européenne débloque 20 millions d’euros pour soutenir les forces armées congolaises

by admin9775 27 mai 2025
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L’Union européenne a annoncé ce lundi une importante aide financière de 20 millions d’euros destinée à renforcer les capacités de la 31ème brigade de réaction rapide des Forces armées de la République démocratique du Congo. Cette unité d’élite, actuellement déployée dans l’est du pays, a son quartier général à Kindu, dans la province du Maniema.

Le colonel belge Verlinden Dirk, responsable de la mission dans le cadre du mécanisme européen de soutien à la paix (European Peace Facility), a précisé les modalités de ce financement lors de son arrivée à Kinshasa. « Cette enveloppe sera gérée par la Défense belge et servira à équiper la brigade, améliorer ses infrastructures de base à Kindu et optimiser les conditions de vie des militaires », a-t-il expliqué.

Les fonds européens permettront concrètement l’acquisition de nouveaux équipements militaires, la modernisation des installations du camp et le renforcement des programmes de formation. Bien que la brigade soit principalement active dans les zones de conflit de l’est, Kindu demeure sa base arrière pour le repos, l’entraînement et la logistique.

Cette mission de cinq jours du colonel Verlinden marque le début d’un engagement suivi, avec des visites d’évaluation prévues tous les 45 jours en coordination avec l’état-major congolais. La Belgique, par ce programme, renforce ainsi sa coopération militaire de longue date avec la RDC, qui inclut déjà de nombreuses actions de formation menées par des instructeurs belges.

Ce soutien financier important s’inscrit dans la stratégie globale de l’Union européenne visant à consolider la stabilité et la sécurité en République démocratique du Congo. Il témoigne de la confiance des partenaires internationaux dans les efforts de réforme et de professionnalisation des forces armées congolaises. Les autorités espèrent que ce renforcement des capacités de la 31ème brigade contribuera significativement à la pacification des régions orientales du pays.

Par Marc Etumba, correspondant à Kinshasa
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À la UneSociété

Crise au ministère de la Justice : Constant Mutamba défie le procureur général dans un éclat public

by admin9775 27 mai 2025
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Le ministre d’État de la Justice, Constant Mutamba, a déclenché une vive polémique en s’en prenant publiquement au procureur général près la Cour de cassation, Firmin Mvonde, lors d’une sortie médiatique musclée devant les agents de son ministère. Ses propos incendiaires ont suscité des réactions contrastées dans le paysage politique et judiciaire congolais.

Un réquisitoire sans concession

Dans une diatribe sans précédent, le garde des Sceaux a accusé le magistrat suprême de faire partie d’un « groupe de kabilistes mafieux » cherchant à le discréditer. « Dites-lui qu’il faisait partie du même groupe de kabilistes, ce groupe de mafieux », a-t-il lancé, ajoutant : « Le dieu de mes ancêtres est plus fort que leurs dieux ». Le ton était donné.

Mutamba a clairement signifié son refus de se soumettre à toute convocation : « J’ai interdit au secrétaire général de la Justice de répondre à son invitation et jamais il ne me verra devant lui pour me défendre ». Une position qui interroge sur la séparation des pouvoirs.

Un ministre prêt pour la prison ?

Le plus surprenant reste sans doute cette déclaration choc : « Je n’ai pas peur de la prison, je suis prêt ». Des mots qui résonnent comme un défi lancé à l’institution judiciaire, tandis que le ministre retourne l’accusation contre son censeur : « J’attends qu’il justifie tous ses biens. J’attends que les enquêtes sur lui aboutissent ».

Des réactions mitigées

Jean-Claude Katende de l’ASADHO s’interroge sur la légitimité de cette sortie : « Un homme d’État ne peut pas défier une autre institution de cette manière ». L’avocat Kabengele dénonce quant à lui des infractions caractérisées : « Outrage à magistrat et incitation à la révolte contre l’autorité publique ».

Enjeux et perspectives

Cette crise ouverte au sommet de l’appareil judiciaire congolais pose plusieurs questions :

  • La frontière entre règlement de comptes politique et procédure judiciaire régulière
  • L’indépendance réelle des institutions judiciaires
  • Les conséquences sur l’image de l’État de droit en RDC

Le ministre semble jouer une carte populiste en invoquant la protection divine et en se présentant comme victime d’un complot. Reste à savoir comment les autres institutions réagiront à ce bras de fer qui pourrait marquer un tournant dans la gestion de la justice sous l’actuel régime.

Par Marc Etumba, correspondant à Kinshasa
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À la UneProvince

Le gouverneur militaire du Nord-Kivu en visite de travail en Ituri pour s’inspirer du modèle de développement

by admin9775 27 mai 2025
written by admin9775

 Le général-major Evariste Somo Kakule, gouverneur militaire du Nord-Kivu, effectue depuis dimanche une visite de travail à Bunia, chef-lieu de la province de l’Ituri. Ce déplacement s’inscrit dans le cadre d’un atelier consacré au lancement de la phase de sortie du programme « Ensemble pour la sécurité et la paix à l’Est de la RDC – ESPER II ».

Un atelier pour la paix et le développement

L’objectif de cette rencontre est de valider les plans de gestion et les indicateurs de performance du programme ESPER II, qui s’articule autour du deuxième pilier du Plan national stratégique de développement. Ce programme vise notamment à :

  • Renforcer la bonne gouvernance
  • Restaurer l’autorité de l’État
  • Consolider la paix dans les provinces de l’Est

S’inspirer du modèle de développement de l’Ituri

Le général Kakule a profité de son séjour pour visiter plusieurs infrastructures récemment modernisées à Bunia, dont l’aéroport et la voirie urbaine. Impressionné par les réalisations, il a exprimé sa volonté de reproduire ce modèle dans le Nord-Kivu, particulièrement à Beni et Butembo.

*« J’ai vu la voirie et l’aéroport de Bunia. La dernière fois que je suis passé ici, c’était en 2020, il n’y avait pas tout ça. C’est un bon modèle. Le Nord-Kivu est aussi sur la même voie de développement, mais la guerre a tout arrêté, surtout dans le Sud de la province »*, a-t-il déclaré.

Il a ajouté : « Nous allons échanger avec mon collègue de l’Ituri pour comprendre comment il a généré les fonds nécessaires pour asphalter presque toute la ville. Nous voulons faire la même chose à Beni et Butembo. »

À ce jour, plus de 40 km de voirie urbaine à Bunia ont été asphaltés grâce aux entreprises Mont Gabaon et Safricas.

Un message d’unité pour la paix

Cette visite a également été marquée par un moment de fraternité entre les autorités provinciales. Le lieutenant Jules Ngongo Tshikudi, porte-parole des opérations militaires en Ituri, a publié une photo des gouverneurs Kakule et Luboya N’kashama côte à côte, accompagnée du message : « Ensemble, nous sommes forts pour la paix. »

Perspectives

Cette collaboration interprovinciale pourrait ouvrir la voie à de nouveaux projets de développement dans le Nord-Kivu, tout en renforçant la cohésion entre les régions de l’Est. Les échanges entre les deux gouverneurs seront déterminants pour la relance des infrastructures dans une province encore marquée par l’insécurité.

Les conclusions de l’atelier ESPER II et les prochaines étapes du plan de développement du Nord-Kivu.

Par José Lumbala, correspondant à Bunia
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À la UneMonde

Ukraine: Friedrich Merz annonce la fin des restrictions sur la portée des armes livrées à Kiev

by admin9775 27 mai 2025
written by admin9775

Le chancelier allemand a affirmé, ce lundi 26 mai, que les principaux alliés occidentaux de l’Ukraine, dont l’Allemagne, ne fixaient plus de restrictions sur la portée des armes fournies à l’Ukraine, sans toutefois dire concrètement ce que cela signifiait pour les livraisons futures.

« Il n’y a plus de limites de portée pour les armes qui ont été livrées à l’Ukraine. Ni par les Britanniques, ni par les Français, ni par nous. Ni par les Américains », a déclaré Friedrich Merz, lors d’un entretien à la télévision publique WDR à Berlin. « Cela signifie que l’Ukraine peut désormais se défendre, par exemple en attaquant des positions militaires en Russie (…) ce qu’elle ne faisait pas il y a quelque temps, à quelques exceptions près. Elle peut le faire maintenant », a ajouté le dirigeant conservateur allemand, entré en fonction au début du mois.

Le nouveau chef du gouvernement allemand n’a toutefois pas spécifié si ses propos auraient ou non une incidence sur les armes livrées à l’avenir par Berlin à l’Ukraine, en particulier concernant les missiles longue portée Taurus. Sous le précédent gouvernement du social-démocrate Olaf Scholz, l’Allemagne, deuxième fournisseur d’aide militaire à l’Ukraine, a refusé de lui fournir ces missiles Taurus, craignant une escalade des tensions avec la Russie.

Selon Guillaume Encel, ancien officier et chroniqueur de guerre, cette déclaration publique a aussi pour but de « mettre la pression sur Donald Trump », le président américain quelque peu réticent à adopter une position ferme et opposée à Vladimir Poutine. « C’est un message assez crucial qu’envoie le chancelier allemand en révélant que les Américains ont, dans les faits, décidé d’augmenter la pression militaire sur la Russie de Poutine, tout en affichant leur volonté de négocier », explique le spécialiste à Achim Lippold pour RFI.

Moscou dénonce une « décision assez dangereuse »

Avant son entrée en fonction début mai comme chancelier, Friedrich Merz s’était dit favorable à la livraison de ces missiles à portée de plus de 500 kilomètres, permettant d’atteindre le territoire russe en profondeur. Mais depuis, il s’est montré plus ambigu, soulignant qu’il ne détaillerait plus les armes qu’il enverrait à l’Ukraine, pour des raisons stratégiques, afin de ne pas en informer Moscou. Jusqu’à présent, l’Allemagne n’a pas livré à l’Ukraine d’armes d’une portée supérieure à 70 kilomètres environ.

« Ce que Friedrich Merz nous dit aussi, c’est que les États-Unis ont aussi donné leur autorisation, alors que l’on voyait bien que Donald Trump ne voulait pas le dire publiquement », reprend Guillaume Encel, auteur de Petites leçons sur la guerre (éditions Autrement).

Le Kremlin n’a pas tardé à réagir à l’annonce de Friedrich Merz. « Si ces décisions ont vraiment eu lieu, elles vont absolument à l’encontre de nos aspirations à entrer dans un règlement politique (…) Et donc c’est une décision assez dangereuse », a déclaré Dmitri Peskov, le porte-parole de la présidence russe, dans une vidéo diffusée par des médias russes.

Les alliés européens feront encore « tout ce qui est en (leur) pouvoir pour continuer à soutenir militairement l’Ukraine », a assuré de manière générale Friedrich Merz. Après l’échec de récents pourparlers pour aboutir à un cessez-le feu en Ukraine, le chancelier allemand a par ailleurs jugé que le président russe Vladimir Poutine considérait les offres de discussions comme une « faiblesse ». « Si même une proposition de réunion au Vatican ne rencontre pas » l’approbation de la Russie, « nous devons nous préparer à ce que cette guerre dure plus longtemps que nous ne le souhaitons ou ne pouvons l’imaginer », a-t-il ajouté.

RFI

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À la UnePolitique

Analyse de Thabo Mbeki sur la crise en RDC : absence de leadership et divisions persistantes

by admin9775 27 mai 2025
written by admin9775

L’ancien président sud-africain Thabo Mbeki a partagé une analyse approfondie de la situation en République Démocratique du Congo, mettant en lumière plusieurs problèmes fondamentaux qui entravent le développement du pays. Son diagnostic sévère pointe du doigt l’absence d’un leadership visionnaire capable de surmonter l’héritage colonial.

Selon Mbeki, les dirigeants congolais actuels manquent cruellement de la compréhension profonde qui caractérisait les pères de l’indépendance comme Patrice Lumumba. Cette méconnaissance se manifeste par une incapacité à appréhender la nature complexe du Congo postcolonial et à dépasser les divisions ethniques et régionales savamment entretenues pendant la période coloniale. Pour l’ancien président sud-africain, cette situation explique en grande partie l’impossibilité d’établir une paix durable en RDC.

Le témoignage de Liz, rapporté par Mbeki, vient étayer cette analyse en révélant plusieurs réalités préoccupantes. Il apparaît que le mouvement M23 gagne en popularité dans certaines régions, perçu par une partie de la population comme la seule force capable de s’opposer à un pouvoir central accusé de favoritisme envers les originaires du Kasaï. Ce constat alarmant souligne la profonde crise de confiance entre les citoyens et leurs dirigeants.

Mbeki met particulièrement en garde contre la décision de lever les immunités de Joseph Kabila, qu’il considère comme une fausse bonne solution. Selon lui, cette mesure risque d’avoir des effets contre-productifs en exacerbant les tensions régionales. Elle pourrait notamment provoquer un ressentiment au Katanga et renforcer la sympathie pour Kabila dans les Kivus, où l’ancien président a choisi d’établir sa base politique.

La solution proposée par l’ancien dirigeant sud-africain passe par un changement de paradigme. Il plaide pour l’émergence d’un leadership unificateur capable de rompre avec les clivages artificiels hérités de la colonisation. Cette nouvelle génération de dirigeants devrait s’inspirer de la vision des pères de l’indépendance tout en développant une approche moderne des défis nationaux.

En conclusion, l’analyse de Thabo Mbeki souligne l’urgence pour la RDC de renouer avec l’esprit des leaders historiques, de rejeter les manipulations ethniques et de privilégier des solutions structurelles plutôt que des mesures symboliques ou des poursuites personnelles. Ce diagnostic sans concession appelle à une profonde réflexion sur l’avenir politique du pays.

Par Marc Etumba, correspondant à Kinshasa
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À la UnePolitique

Firmin Yangambi répond à Kabila : « Celui qui m’a condamné à mort n’a pas de leçons à donner »

by admin9775 26 mai 2025
written by admin9775

L’ancien opposant politique Firmin Yangambi a réagi avec véhémence aux récentes déclarations de Joseph Kabila, exprimant son indignation face à ce qu’il considère comme une hypocrisie de l’ancien chef de l’État.

Un passé douloureux rappelé
Yangambi, connu pour son opposition au régime Kabila, a rappelé les persécutions subies :

  • « J’ai combattu Kabila et son système qui m’ont finalement accusé de tentative de renversement par les armes »
  • « Condamné à mort, j’ai perdu 10 ans de ma vie pour la patrie »

Une amertume face au retournement de situation
Son message souligne une profonde amertume :
« Ma douleur double aujourd’hui de voir cet individu donner des leçons justifiées à Tshisekedi »

Contexte
Cette sortie intervient alors que Joseph Kabila, après sa visite controversée à Goma, multiplie les critiques contre le gouvernement actuel, se présentant comme défenseur des valeurs démocratiques – une posture que contestent vivement ses anciens opposants.

La réaction de Yangambi illustre les divisions persistantes dans la classe politique congolaise et rappelle les sombres pages de l’ère Kabila. Elle met aussi en lumière le difficile exercice de réconciliation nationale dans un pays marqué par des décennies de tensions politiques.

Par Marc Etumba, correspondant à Kinshasa
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À la UnePolitique

Joseph Kabila effectue une visite controversée à Goma sous contrôle rebelle

by admin9775 26 mai 2025
written by admin9775

L’ancien président de la RDC Joseph Kabila a réalisé ce dimanche 25 mai 2025 une entrée remarquée dans la ville de Goma, actuellement sous le contrôle du mouvement rebelle M23. Cette visite, confirmée par ses proches collaborateurs et les dirigeants de la rébellion, constitue un geste politique fort dans le contexte des tensions persistantes dans l’est du pays.

Les porte-paroles du M23, Lawrence Kanyuka et Willy Ngoma, ont salué cette arrivée sur les réseaux sociaux, souhaitant à l’ancien chef de l’État « un agréable séjour dans les zones libérées ». Cette formulation témoigne de la perception qu’ont les rebelles de leur emprise territoriale.

Dans ses déclarations, Joseph Kabila a vivement critiqué l’action du gouvernement central, l’accusant d’avoir « abandonné » les populations de l’est du pays. Il a particulièrement dénoncé deux mesures : la déconnexion des institutions financières locales du réseau bancaire national et les restrictions imposées aux mouvements des personnes et des biens. « Ces décisions vous asphyxient et rendent votre vie plus précaire que jamais », a-t-il affirmé.

Cette visite s’inscrit dans un contexte politique particulièrement tendu. En se rendant dans une zone échappant au contrôle de Kinshasa, l’ancien président envoie plusieurs messages. D’une part, il manifeste son refus de se laisser intimider par les menaces de poursuites judiciaires à son encontre. D’autre part, il réaffirme sa volonté de rester un acteur incontournable dans les négociations visant à résoudre le conflit dans l’est du pays.

Sur le plan diplomatique, Joseph Kabila a adopté une position nuancée. Tout en se disant favorable au dialogue engagé entre le M23 et les autorités congolaises à Doha, il a apporté son soutien plus marqué à la médiation conduite par les évêques congolais. Cette dernière initiative prône un dialogue strictement intercongolais, option jusqu’ici rejetée par le gouvernement de Kinshasa.

L’ancien président a par ailleurs maintenu un certain flou sur ses intentions réelles. Ses références au « sacrifice suprême » et à la défense de la patrie ont pu être interprétées comme une menace voilée de recourir à des moyens plus radicaux. Il a par ailleurs soigneusement évité de mentionner le rôle du Rwanda dans le conflit, préférant insister sur ce qu’il présente comme les responsabilités du gouvernement congolais dans « la déliquescence de la situation sécuritaire ».

Cette visite s’accompagne d’un phénomène parallèle préoccupant : l’exil progressif de nombreux membres de l’entourage politique et familial de Joseph Kabila. Son frère Zoé Kabila, ancien gouverneur du Tanganyika, sa sœur Jaynet Kabila, ex-députée nationale, et son épouse Marie-Olive Lembe ont ainsi quitté le pays au cours de l’année écoulée. Ils ont été rejoints par plusieurs figures marquantes de l’ancien régime, dont l’ex-conseiller diplomatique Kikaya Bin Karubi et l’ancien directeur de cabinet Nehémie Mwilanya.

Ces départs, souvent effectués dans la discrétion, seraient motivés selon des sources proches par des craintes pour leur sécurité et celle de leurs familles restées en RDC. Ce mouvement migratoire des élites kabilistes dessine en creux les tensions politiques qui traversent actuellement le pays et la radicalisation des positions entre l’ancien et le nouveau pouvoir.

La visite de Joseph Kabila à Goma marque ainsi un tournant dans la crise politique congolaise, posant avec acuité la question du rôle des anciennes élites dans la résolution des conflits actuels et de leur place dans le paysage politique national.

Par Basengezi Ntomo, correspondant à Goma
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À la UneMonde

Droits de douane: la pause pour l’UE prolongée jusqu’au 9 juillet, annoncent Donald Trump et Ursula von der Leyen

by admin9775 26 mai 2025
written by admin9775

À l’issue d’une conversation téléphonique ce dimanche 25 mai, le président américain et la présidente de la Commission européenne ont tous deux annoncé que les droits de douane de 50% sur les produits européens importés aux États-Unis annoncés par Donald Trump vendredi n’entreraient pas en vigueur avant le 9 juillet, afin de laisser le temps aux deux partenaires de conclure un accord. Washington avait initialement indiqué que ces nouveaux tarifs seraient effectifs à compter du 1er juin.

Donald Trump et Ursula von der Leyen ont tous les deux annoncé, dimanche 25 mai, une prolongation jusqu’au 9 juillet de la pause dans les droits de douane de 50% imposés par les États-Unis à l’Union européenne (UE). La présidente de la Commission européenne a appelé le président américain au sujet de ces droits de douane qui étaient initialement suspendus jusqu’au 1er juin et auxquels l’UE a menacé de répliquer par des taxes sur certaines importations américaines.

« Elle vient de m’appeler et elle a demandé une prolongation de la date du 1er juin, et elle a dit qu’elle voulait entamer des négociations sérieuses », a déclaré Donald Trump avant d’embarquer dans Air Force One, au retour de son week-end dans le New Jersey. « Nous avons eu une très bonne conversation et j’ai accepté de déplacer la date au 9 juillet. […] J’ai accepté, et elle m’a dit que nous allions rapidement nous rencontrer et voir si nous pouvions trouver une solution », a poursuivi ce dernier.

les États-Unis doivent mener des « négociations sérieuses »

Juste avant, Ursula von der Leyen avait, de son côté, fait état d’un « bon appel » avec le président américain. « L’Europe est prête à faire avancer les négociations de manière rapide et décisive. Pour parvenir à un bon accord, nous aurons besoin de temps jusqu’au 9 juillet », a-t-elle déclaré sur le réseau social X, rappelant que « L’UE et les États-Unis entretiennent les relations commerciales les plus importantes et les plus étroites au monde ».

Vendredi 23 mai, Donald Trump avait affirmé qu’il ne « cherchait pas d’accord » commercial avec Bruxelles et avait menacé d’imposer des droits de douane de 50% sur les importations en provenance des Vingt-Sept dès le 1er juin. La Commission européenne, qui négocie les accords commerciaux au nom de l’UE, avait aussitôt réagi en réclamant du respect de la part de Washington. Dimanche 25 mai, le ministre allemand des Finances, Lars Klingbeil, a quant à lui exhorté les États-Unis à mener des « négociations sérieuses ». « Les droits de douane américains mettent en danger l’économie américaine tout autant que l’économie allemande et européenne », a-t-il affirmé dans un entretien à l’édition dominicale du quotidien Bild.

L’UE frappée à trois reprises par des droits de douane américains depuis la mi-mars

Au début du mois de mai, l’UE avait menacé de taxer pour 95 milliards d’euros d’importations américaines, dont les voitures et avions, en cas d’échec des négociations commerciales avec Trump. La Commission avait aussi annoncé qu’elle allait saisir l’Organisation mondiale du commerce (OMC) contre les mesures commerciales dont elle est victime de la part des États-Unis.

Au cours des derniers mois, l’UE a été frappée à trois reprises par des droits de douane de l’administration américaine : 25% sur l’acier et l’aluminium, annoncés mi-mars, 25% sur les automobiles, puis 20% sur tous les autres produits européens, en avril. Cette dernière surtaxe, pour l’UE comme pour de nombreux autres pays, a été suspendue jusqu’au 9 juillet pour engager une négociation. Mais des droits de douane de 10% restent appliqués sur la plupart des biens exportés aux États-Unis par les Vingt-Sept.

RFI

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