Au lendemain de la lettre ouverte adressée par le Dr Denis Mukwege au président de la République à l’occasion du 66ᵉ anniversaire de l’indépendance de la République démocratique du Congo, le secrétaire général de l’UDPS, Déo Bizibu, est monté au créneau pour répondre au Prix Nobel de la paix.
Dans sa lettre, Denis Mukwege avait notamment écrit au Chef de l’État : « Votre survie politique ne peut prendre en otage plus de 100 millions de Congolais. Il n’est jamais trop tard pour prendre les bonnes décisions, dans l’intérêt général et pour le bien commun de la Nation. »
En réaction, Déo Bizibu affirme que plusieurs questions méritent d’être posées au médecin congolais, tant en sa qualité d’intellectuel que de pasteur.
« Félix Tshisekedi est celui qui tient tête à l’envahisseur »
Sur le plan politique, le secrétaire général de l’UDPS estime que Denis Mukwege devrait reconnaître les efforts entrepris par le président Félix Tshisekedi face à la crise sécuritaire qui secoue l’Est de la République démocratique du Congo depuis plus de trois décennies.
Selon Déo Bizibu, le Chef de l’État est le dirigeant qui, depuis son accession au pouvoir, a consacré des moyens sans précédent au renforcement des Forces armées de la RDC et s’est opposé aux revendications du Rwanda sur le territoire congolais.
Il s’interroge ainsi sur la position de Denis Mukwege :
« Le Dr Mukwege peut-il au moins reconnaître que, de tous les temps, le président Félix Antoine Tshisekedi est celui qui tient tête à l’envahisseur à tous les niveaux, notamment en dotant l’armée d’un budget jamais égalé pour faire échec à l’ennemi ? »
Un plaidoyer en faveur du bilan du Chef de l’État
Déo Bizibu cite également plusieurs réformes engagées sous la présidence de Félix Tshisekedi, notamment la gratuité de l’enseignement primaire et les différents programmes gouvernementaux.
Il se demande si ces initiatives peuvent être considérées comme de mauvaises décisions prises au détriment de la population congolaise.
Le secrétaire général de l’UDPS évoque également les manifestations de soutien observées dans plusieurs villes de l’Est, notamment à Goma et Bukavu, où des habitants scandent régulièrement « Fatshi Béton » ou « Fatshi Président » lors des victoires des Léopards.
Selon lui, ces scènes témoigneraient de la reconnaissance d’une partie de la population envers le Chef de l’État, malgré le contexte sécuritaire difficile.
Des interrogations sur le plan spirituel
S’adressant à Denis Mukwege en tant que pasteur, Déo Bizibu s’interroge également sur la dimension spirituelle de son engagement politique.
Il pose notamment la question de savoir si l’accession de Félix Tshisekedi à la magistrature suprême peut être considérée, selon une lecture chrétienne, comme relevant du dessein de Dieu.
Le dirigeant de l’UDPS ajoute qu’au regard du principe selon lequel nul ne peut exceller dans tous les domaines, Denis Mukwege devrait également s’interroger sur sa propre implication en politique en parallèle de son parcours de médecin.
Une nouvelle passe d’armes politique
Cette réaction de Déo Bizibu intervient dans un contexte de vives tensions politiques, quelques jours après la publication de la lettre ouverte de Denis Mukwege au président Félix Tshisekedi.
Elle illustre la poursuite du débat entre les soutiens du pouvoir et les voix critiques sur le bilan du Chef de l’État, particulièrement en ce qui concerne la gouvernance, la situation sécuritaire dans l’Est du pays et les perspectives politiques de la République démocratique du Congo.
Par Marius Bopenga
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