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À la Une

À la UneSociété

RDC : l’insecticide « Sniper » interdit de commercialisation et d’utilisation

by admin9775 27 août 2026

L’Autorité congolaise de réglementation pharmaceutique (ACOREP) a ordonné, le 26 août 2026, le retrait immédiat des autorisations de mise sur le marché des produits contenant du Dichlorvos (DDVP), une substance notamment présente dans l’insecticide commercialisé sous la marque « Sniper ».

La décision interdit désormais en République démocratique du Congo l’importation, la fabrication, la distribution, la commercialisation et l’utilisation de tout produit contenant cette substance.

Cette mesure intervient sur fond d’inquiétudes sanitaires liées au Dichlorvos. L’ACOREP évoque notamment des alertes sanitaires, ainsi que des cas récurrents d’intoxications aiguës pouvant entraîner la mort. Les données scientifiques disponibles font également état de risques toxicologiques importants associés à l’exposition à cette substance.

Les stocks doivent être retirés

L’interdiction concerne l’ensemble de la chaîne de distribution. Importateurs, grossistes, distributeurs et détaillants sont appelés à retirer immédiatement les produits concernés des circuits commerciaux et à les sécuriser en vue de leur destruction sous la supervision de l’ACOREP.

La population est, de son côté, invitée à cesser immédiatement l’utilisation du « Sniper » et de tout autre produit contenant du Dichlorvos et à privilégier des alternatives répondant aux normes de sécurité.

Au-delà de l’annonce réglementaire, le principal défi sera désormais celui de l’application effective de la mesure. La présence largement répandue de ces produits dans les commerces et les ménages pose la question du contrôle des stocks existants et de leur élimination sécurisée.

L’interdiction du Dichlorvos marque ainsi un tournant dans la politique de contrôle des produits chimiques à usage domestique en RDC. Son efficacité dépendra toutefois de la capacité des autorités à assurer un retrait réel du produit des marchés et à empêcher sa réintroduction par des circuits informels.

Par Pascal Kabeya
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27 août 2026
À la UneEconomie

RDC : Washington prêt à investir jusqu’à 1 milliard de dollars dans le corridor ferroviaire de Lobito

by admin9775 27 août 2026

Les États-Unis envisagent de mobiliser jusqu’à 1 milliard de dollars pour soutenir la réhabilitation et l’exploitation, dans le cadre d’une concession de 30 ans, de la partie congolaise du corridor ferroviaire de Lobito. Derrière cet investissement se joue une bataille stratégique pour l’accès aux minerais critiques de la RDC et la diversification des chaînes d’approvisionnement mondiales.

Selon les informations rapportées par Bloomberg, l’entreprise portugaise Mota-Engil devrait prendre le contrôle de la section congolaise de cette infrastructure ferroviaire d’environ 1 000 kilomètres, qui relie les principaux bassins miniers du Katanga, notamment Kolwezi, Tenke et Lubumbashi, au corridor de Lobito en Angola.

Le financement américain serait porté par la U.S. International Development Finance Corporation (DFC), qui avait signé une lettre d’intérêt avec Mota-Engil pour accompagner la réhabilitation et l’exploitation de cette ligne.

Un enjeu qui dépasse le simple transport

Pour Washington, le projet représente bien davantage qu’un investissement dans les infrastructures. La RDC est au cœur de la compétition mondiale pour le cuivre, le cobalt, le lithium et le tantale, des ressources indispensables aux batteries, aux véhicules électriques, aux semi-conducteurs et aux technologies de pointe.

L’objectif américain est notamment de réduire la dépendance des chaînes d’approvisionnement occidentales vis-à-vis de la Chine, qui occupe une position dominante dans l’exploitation et surtout dans la transformation de plusieurs minerais congolais.

La concurrence se joue également sur les infrastructures. Pékin soutient parallèlement la modernisation du chemin de fer Tanzanie-Zambie (TAZARA), évaluée à environ 1,4 milliard de dollars. Deux corridors se retrouvent ainsi au cœur d’une compétition géopolitique : l’un ouvrant aux minerais de la région une voie vers l’Atlantique, l’autre vers l’océan Indien.

Les minerais au cœur de la stratégie américaine

Cette offensive économique s’inscrit dans un rapprochement plus large entre Washington et Kinshasa. Les États-Unis cherchent notamment à associer investissements miniers, développement des infrastructures et efforts diplomatiques visant à stabiliser l’est de la RDC.

Le dossier de Rubaya, riche en coltan et contrôlé par l’AFC/M23, illustre cette imbrication entre sécurité et ressources naturelles. Les Nations unies ont précédemment fait état de revenus importants tirés de l’exploitation et du commerce du coltan dans cette zone.

Pour Kinshasa, l’enjeu est donc considérable : attirer des capitaux occidentaux, moderniser ses infrastructures et mieux contrôler la chaîne de valeur de ses minerais pourrait permettre à la RDC de renforcer sa position dans l’économie mondiale.

Mais cette perspective pose également une question essentielle : la RDC parviendra-t-elle à transformer cette nouvelle compétition entre puissances en véritable levier de développement national, plutôt qu’en simple déplacement des intérêts étrangers autour de ses ressources ?

Le corridor de Lobito pourrait, à terme, devenir l’un des principaux instruments de cette transformation. Mais son succès dépendra autant de la qualité des investissements que de la capacité de l’État congolais à garantir la transparence, la sécurité et une véritable valeur ajoutée locale.

Par Marius Bopenga
CONGO PUB Online

27 août 2026
À la UnePolitique

Rdc-Angola : Les présidents Félix Tshisekedi et João Lourenço ont renforcé leur partenariat stratégique autour du corridor de Lobito ‎

by admin9775 27 août 2026

Le Président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, a reçu, ce mercredi 26 août 2026, à la Cité de l’Union africaine, son homologue angolais, João Manuel Gonçalves Lourenço, arrivé plus tôt dans la matinée pour une visite de travail.

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‎Accompagné de la Première Dame Ana Afonso Dias Lourenço, le Président angolais a été accueilli à l’aéroport international de N’djili par le vice-Premier ministre, ministre des Transports, Voies de communication et Désenclavement, Jean-Pierre Bemba Gombo.

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‎Les deux Chefs d’État ont eu un entretien en tête-à-tête, élargi par la suite à leurs délégations respectives. Leurs échanges ont porté sur la coopération bilatérale, la situation politique et sécuritaire dans la région ainsi que sur l’accélération des projets structurants convenus entre Kinshasa et Luanda.

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‎Les Présidents Félix Tshisekedi et João Lourenço ont également examiné la coopération dans les secteurs des hydrocarbures et de l’électricité. Ils ont convenu de donner une nouvelle impulsion à l’opérationnalisation de la Zone d’intérêt commun, à l’approvisionnement de la RDC par la SONANGOL et aux projets d’interconnexion électrique entre les deux pays.

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‎À l’issue de leurs entretiens, les deux dirigeants ont assisté à la signature du contrat de concession relatif à la ligne ferroviaire Dilolo–Sakania entre l’État congolais et Mota-Engil Africa.

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Cette ligne de 1 004,5 kilomètres dessert notamment Kolwezi, Tenke et Lubumbashi avant de rejoindre le réseau angolais conduisant au port de Lobito, sur l’océan Atlantique. Sa réhabilitation, sa modernisation, son extension, son exploitation et sa maintenance nécessiteront un investissement indicatif de près de 1,258 milliard de dollars américains.

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La concession est prévue pour une période d’exploitation de 30 ans. Au terme de celle-ci, les infrastructures seront transférées à l’État congolais conformément aux dispositions du contrat.

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‎La République démocratique du Congo détiendra une participation d’au moins 10 % dans la société chargée du projet et percevra une redevance équivalant à 7,5 % de son chiffre d’affaires annuel brut. Le financement du projet et les risques liés au trafic seront assumés par le concessionnaire, sans garantie souveraine, subvention d’exploitation ni garantie de revenu minimum à la charge de l’État.

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La Société nationale des chemins de fer du Congo (SNCC) conservera l’exclusivité du transport des voyageurs ainsi que son droit de transporter des marchandises. La ligne restera également accessible aux opérateurs qualifiés dans des conditions transparentes, équitables et non discriminatoires.

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‎Au cours du point de presse conjoint qui a suivi la cérémonie, le Président Félix Tshisekedi a assuré que les intérêts de la RDC avaient été préservés et que ce contrat n’entraînait ni la privatisation de la SNCC ni la création d’un monopole ferroviaire.

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‎« Notre ambition n’est pas de construire un simple corridor d’évacuation des matières premières. Nous voulons bâtir un corridor de production, de transformation et de création de valeur », a déclaré le Chef de l’État.

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‎Le projet devra notamment favoriser la création d’emplois, la formation de la jeunesse, le recours aux entreprises locales, le transfert des technologies et la réduction des coûts logistiques. Il permettra de transporter les minerais, les produits agricoles, les intrants industriels, les hydrocarbures, les biens de consommation et les voyageurs.

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‎Les deux Chefs d’État ont, par ailleurs, convenu de travailler à une interconnexion ferroviaire fluide et sécurisée entre Sakania, Lubumbashi, Kolwezi, Dilolo, Luau et le port de Lobito. Un mécanisme conjoint de suivi sera institué pour veiller à l’harmonisation des opérations ferroviaires, à la coordination de la maintenance, à la transparence des tarifs et à l’amélioration du passage frontalier de Dilolo–Luau.

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‎« La signature intervenue aujourd’hui n’est pas un aboutissement. Elle marque le commencement d’une responsabilité commune », a indiqué le Président Félix Tshisekedi, appelant les différentes parties à traduire les engagements pris en résultats concrets.

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‎Cette visite de travail marque une nouvelle avancée dans les relations entre la RDC et l’Angola, déterminés à faire du Corridor de Lobito un levier d’intégration régionale, d’industrialisation et de prospérité partagée.

Cellcom_pres

27 août 2026
À la UneSociété

Wenge Musica Maison Mère : Papy Kakol aurait été suspendu après des accusations de violences conjugales

by admin9775 27 août 2026

Le chef d’orchestre de Wenge Musica Maison Mère, Papy Kakol, aurait été temporairement suspendu par Noël Ngiama Makanda, dit Werrason, à la suite d’accusations de violences conjugales visant son épouse Linda, connue sous le surnom de « Mondele ».

Selon plusieurs sources proches de l’artiste et de l’orchestre, Werrason aurait été informé des faits présumés et aurait décidé de suspendre son collaborateur dans l’attente d’éclaircissements sur cette affaire.

Cette décision aurait également été motivée par la volonté du président de Wenge Musica Maison Mère de préserver l’image et les valeurs de paix et de responsabilité qu’il défend publiquement.

L’affaire suscite des réactions dans l’entourage de l’orchestre, mais les circonstances exactes des faits reprochés à Papy Kakol restent encore à établir. Aucune communication officielle détaillée des personnes directement concernées ne permet, à ce stade, de déterminer précisément les circonstances de l’incident ni ses éventuelles suites judiciaires.

Il convient donc de rappeler que les accusations visant Papy Kakol demeurent présumées et ne constituent pas, en elles-mêmes, une preuve de culpabilité.

La suspension, si elle est confirmée, apparaît ainsi comme une mesure interne prise dans l’attente d’une clarification de la situation. Les prochains éléments ou une éventuelle prise de parole officielle de Werrason, de Papy Kakol ou de son épouse pourraient permettre de mieux comprendre les faits à l’origine de cette décision.

Par Pascal Kabeya
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27 août 2026
À la UneSociété

Immeuble Flamboyant : vive tension entre Léon Mulumba et la Task Force d’assainissement

by admin9775 27 août 2026

Une opération d’assainissement menée à l’immeuble Flamboyant, à Kinshasa, a donné lieu à une vive confrontation entre le ministre provincial Léon Mulumba et des éléments de la Task Force présidentielle d’assainissement et du Service national. L’incident, qui s’est soldé par l’évacuation du ministre, relance le débat sur les compétences des différents services engagés dans la lutte contre l’insalubrité.

L’intervention faisait suite à une situation sanitaire jugée préoccupante autour de l’immeuble. Une fosse septique défectueuse aurait notamment provoqué le déversement d’eaux usées et de matières fécales dans les caniveaux de l’avenue, aggravant l’insalubrité du secteur.

Face à cette situation, la Task Force présidentielle et le Service national avaient déployé des équipes pour nettoyer les lieux et rétablir des conditions sanitaires acceptables.

C’est au cours de cette opération que le ministre provincial Léon Mulumba s’est rendu sur place. Selon les témoignages et les images diffusées sur les réseaux sociaux, il aurait contesté les méthodes utilisées, notamment la participation forcée de certains occupants aux travaux d’assainissement.

Le ministre aurait rappelé que la Constitution interdit le travail forcé et estimé que la Task Force ne pouvait imposer de tels travaux sans base légale.

Une confrontation autour des compétences

Les éléments du Service national auraient, de leur côté, refusé de se soumettre aux injonctions du ministre, estimant que celui-ci n’avait pas autorité pour leur donner des instructions. Ils ont rappelé que le Service national relève directement du président de la République.

La tension serait alors montée d’un cran. Face à la mobilisation des jeunes du Service national et aux mouvements de foule, les gardes du corps de Léon Mulumba ont dû intervenir pour l’évacuer rapidement.

Au-delà de l’incident, l’affaire soulève une question importante : comment lutter efficacement contre l’insalubrité tout en respectant les compétences de chaque institution et les droits des citoyens ?

La nécessité d’assainir l’espace public ne semble pas faire débat. En revanche, les méthodes employées et la répartition des responsabilités méritent d’être clarifiées.

L’épisode de l’immeuble Flamboyant rappelle ainsi que la lutte contre l’insalubrité ne peut être efficace et durable que si elle s’appuie sur une coordination claire entre les autorités provinciales, les services spécialisés et les structures relevant directement de la présidence.

Nettoyer Kinshasa est une nécessité. Mais l’assainissement, pour être exemplaire, doit lui aussi se faire dans le strict respect de la loi.

Par Marius Bopenga
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27 août 2026
À la UneSport

Le Marocain Ayyoub Bouaddi, 18 ans et un transfert XXL à Manchester City

by admin9775 26 août 2026

À 18 ans, Ayyoub Bouaddi quitte Lille pour Manchester City et devient le plus gros transfert vers l’étranger de l’histoire de la Ligue 1 et le deuxième joueur africain le plus cher de l’histoire avec un transfert estimé à 100 millions d’euros. Le jeune Lion de l’Atlas débarque en Angleterre avec l’ambition de franchir un cap et de s’imposer au cœur du jeu des Citizens.

À 18 ans, Ayyoub Bouaddi est officiellement depuis ce mercredi 26 aout la plus grosse vente de l’histoire de la Ligue 1 à l’étranger avec un transfert estimé à 100 millions d’euros. Il est également devenu le deuxième joueur africain le plus cher de l’histoire. Il y a quelques semaines, il aurait même pu devenir le plus cher, mais dans sa folie des grandeurs, le Real Madrid a raflé le prodige ivoirien Yann Diomandé pour 140 millions d’euros.

Bouaddi est très jeune, mais il a déjà fait ses preuves. À Lille, après deux saisons complètes au sein du groupe professionnel, il s’est imposé comme titulaire dans le milieu du LOSC, porté par sa classe et sa technique. « On perd un super jeune, un super joueur, mais surtout une belle personne, a témoigné son ex-partenaire, Olivier Giroud. C’était assez émouvant quand il a pris la parole dans les vestiaires. Il va nous manquer, on lui souhaite tout le meilleur »

Bouaddi s’est affirmé comme l’un des plus grands espoirs de sa génération. Alors, lorsqu’est venu le moment de choisir son équipe nationale, tous les regards se sont braqués sur lui. International espoir français et fils de parents marocains, Bouaddi était courtisé par les deux sélections.

Impressionnant au Mondial

En mai dernier, à seulement un mois de la Coupe du monde 2026 aux États-Unis, il tranche en faveur des Lions de l’Atlas. Un timing serré, qui lui laisse peu de temps pour découvrir ses nouveaux partenaires, mais suffisant pour convaincre le nouveau sélectionneur Mohamed Ouahbi. Pour son premier match officiel avec le Maroc, Bouaddi est même titularisé en Coupe du monde contre le Brésil.

À Manchester City, les attentes seront forcément plus élevées que dans le Nord de la France. Ayyoub Bouaddi s’y est préparé, lui qui semble imperméable à la pression. En 2023, il a notamment remporté le concours d’éloquence des centres de formation à l’Élysée, preuve d’une maturité rare.

En Angleterre, le nouveau milieu de City va continuer de se forger et de développer son jeu. Précieux à la récupération, capable de dicter le tempo, Bouaddi doit encore progresser dans la surface adverse : il n’a encore jamais marqué dans sa carrière. Un défi de plus pour lui, et une marge de progression qui intrigue autant qu’elle excite. Manchester City ne l’a pas recruté pour ce qu’il est déjà, mais assurement pour ce qu’il peut devenir.

RFI

26 août 2026
À la UnePolitique

Azarias Ruberwa dénonce les amalgames sur les Banyamulenge et s’en prend vivement à certains responsables politiques

by admin9775 26 août 2026

L’ancien vice-président de la République démocratique du Congo, Azarias Ruberwa, rejette l’idée selon laquelle les guerres qui se succèdent dans l’Est du pays depuis près de trois décennies seraient imputables à une seule communauté, en particulier aux Banyamulenge. Interrogé par la journaliste Elysée Odia, il qualifie cette lecture de « fausse et dangereuse » et dénonce les discours politiques qui, selon lui, entretiennent les amalgames entre Banyamulenge, Tutsis congolais et Rwandais.

La question des responsabilités communautaires dans les conflits de l’Est de la RDC demeure particulièrement sensible. Depuis plusieurs décennies, les guerres, rébellions et interventions étrangères ont profondément marqué les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, alimentant parallèlement des tensions autour de l’identité, de la nationalité et de l’appartenance communautaire.

C’est dans ce contexte qu’Azarias Ruberwa a répondu à une question d’Elysée Odia portant sur l’idée selon laquelle ces différents conflits seraient, au fond, l’œuvre d’une seule communauté : les Banyamulenge.

Pour l’ancien vice-président, cette interprétation est historiquement erronée et politiquement dangereuse.

L’exemple de Laurent-Désiré Kabila

Pour démontrer la complexité des acteurs impliqués dans les différentes guerres congolaises, Ruberwa évoque notamment Laurent-Désiré Kabila, figure historique de l’Alliance des forces démocratiques pour la libération du Congo (AFDL).

Il rappelle que Kabila n’appartenait pas à la communauté banyamulenge et qu’il s’était pourtant imposé comme l’un des principaux opposants au régime de Mobutu Sese Seko avant de conduire, en 1996-1997, la rébellion qui allait aboutir à la chute du régime de Mobutu et à son arrivée à la présidence de la République.

L’ancien vice-président insiste ainsi sur la diversité des forces qui ont participé aux différentes séquences de l’histoire politique et militaire de la RDC.

Pour lui, réduire l’ensemble de ces événements à l’action d’une seule communauté revient à effacer la multiplicité des acteurs politiques, militaires et régionaux ayant participé aux crises successives.

Une attaque particulièrement virulente contre certains responsables politiques

Azarias Ruberwa ne s’est toutefois pas limité à une lecture historique de la question. Il a également livré une violente charge contre certains responsables politiques qu’il accuse d’entretenir, dans leurs interventions publiques, une confusion entre les Banyamulenge et le Rwanda.

Dans des propos particulièrement offensifs, il a déclaré :

« Nous ne pouvons pas accepter d’être intimidés ou effacés de la carte congolaise par un groupe d’ivrognes. Ils passent leurs nuits chaque jour dans les boîtes de nuit, derrière les fesses des femmes. Ils se réveillent ivres, ils changent les costumes qu’ils ont dans leurs véhicules pour aller s’asseoir à l’Assemblée nationale et au Sénat, alors que leurs cerveaux sont restés dans les boîtes de nuit.

Et ils passent devant les médias pour citer les Banyamulenge et les Rwandais en désordre. Nous sommes Congolais et nous le resterons. Si vous voyez bien, les Tutsis ont déjà vu qu’ils sont à leur apogée en RDC. C’est pour cette raison qu’ils commencent à s’agiter gratuitement. »

Ces propos, particulièrement durs, traduisent le niveau de tension entourant actuellement la question identitaire dans le débat politique congolais.

« Nous sommes Congolais et nous le resterons »

Au cœur de l’intervention de Ruberwa se trouve une volonté de réaffirmer l’appartenance des Banyamulenge à la nation congolaise.

Sa formule — « Nous sommes Congolais et nous le resterons » — intervient dans un contexte où les débats sur la nationalité et l’identité des communautés d’origine rwandaise en RDC sont régulièrement ravivés par la guerre dans l’Est.

Cette question est devenue encore plus sensible avec la progression de l’AFC/M23, soutenue par le Rwanda selon Kinshasa et plusieurs rapports internationaux, et les accusations portées contre Kigali.

Dans une partie de l’opinion congolaise, la proximité entre certains acteurs du conflit et le Rwanda nourrit des amalgames entre les groupes armés, l’État rwandais et certaines communautés présentes depuis plusieurs générations sur le territoire congolais.

Ruberwa estime manifestement qu’une telle confusion est dangereuse, puisqu’elle peut transformer une confrontation essentiellement politique et militaire en conflit communautaire.

Ne pas confondre mouvement armé et communauté

L’un des enjeux majeurs soulevés par cette déclaration est précisément la distinction entre les responsabilités politiques ou militaires et l’appartenance communautaire.

Les guerres qui ont ravagé l’Est de la RDC depuis les années 1990 ont impliqué une multitude d’acteurs : groupes rebelles congolais, forces gouvernementales, pays voisins, mouvements politiques, milices locales et acteurs internationaux.

Attribuer collectivement leurs conséquences à une communauté revient donc à simplifier considérablement une histoire particulièrement complexe.

Cela ne signifie pas que les responsabilités individuelles ou politiques doivent être ignorées. Mais elles doivent être établies sur la base des actes et des décisions des acteurs concernés, plutôt que sur leur appartenance ethnique.

Une déclaration qui intervient dans un contexte explosif

La sortie d’Azarias Ruberwa intervient alors que le débat politique congolais est marqué par une forte polarisation autour de la guerre dans l’Est.

Les accusations de soutien du Rwanda à l’AFC/M23, les revendications territoriales, les déplacements de populations et les tensions communautaires ont considérablement durci le discours public.

Dans ce contexte, toute déclaration faisant référence aux Banyamulenge, aux Tutsis congolais ou aux Rwandais est susceptible de provoquer de fortes réactions.

La prise de position de Ruberwa peut donc être comprise comme une dénonciation des amalgames visant une communauté, mais également comme une intervention dans un débat politique beaucoup plus large sur l’identité congolaise et la responsabilité dans les conflits de l’Est.

Le paradoxe d’une réponse elle-même très polémique

Les propos de l’ancien vice-président soulèvent néanmoins un paradoxe.

Alors qu’il dénonce les discours susceptibles de stigmatiser une communauté, il adopte lui-même un ton extrêmement virulent à l’égard de certains responsables politiques, les qualifiant notamment d’« ivrognes » et mettant en cause leur comportement.

Cette rhétorique risque de déplacer le débat du terrain des faits et des responsabilités vers celui de l’affrontement personnel.

Or, la question soulevée par Elysée Odia est particulièrement importante pour la stabilité du pays : peut-on analyser trente années de conflits dans l’Est de la RDC à travers le prisme d’une seule communauté ?

La réponse exige davantage qu’une confrontation de discours. Elle suppose un examen historique des différentes rébellions, des acteurs congolais et étrangers, des intérêts politiques et économiques ainsi que des dynamiques régionales qui ont façonné la crise.

Un débat qui mérite de sortir des amalgames

Au-delà de la polémique provoquée par ses déclarations, Ruberwa pose donc une question de fond : la RDC peut-elle parvenir à comprendre et à résoudre la crise de l’Est en continuant à confondre appartenance communautaire et responsabilité politique ?

La réponse est probablement négative.

Une communauté ne peut être tenue collectivement responsable des actes de certains individus ou groupes armés qui s’en réclament ou auxquels elle est associée dans le débat public.

À l’inverse, la dénonciation des amalgames ne doit pas empêcher l’établissement des responsabilités précises des acteurs politiques, militaires ou étatiques impliqués dans les conflits.

Entre la stigmatisation collective et le déni des responsabilités individuelles, l’enjeu pour la RDC est de parvenir à construire un débat fondé sur les faits, l’histoire et le droit.

Les propos d’Azarias Ruberwa, par leur virulence, relancent ainsi une question qui dépasse largement sa personne : dans une RDC confrontée à une nouvelle phase de guerre dans l’Est, comment préserver l’unité nationale sans occulter les responsabilités réelles et sans transformer les appartenances communautaires en critères de culpabilité collective ?

Par Pascal Kabeya
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26 août 2026
À la UnePolitique

Arrestation de Marley Vuvu : accusations contradictoires et inquiétudes autour des motifs de son interpellation

by admin9775 26 août 2026

L’interpellation de Marley Vuvu, responsable politique et activiste pro-démocratie, suscite de vives réactions à Kinshasa. Alors que certains proches du pouvoir affirment que son arrestation serait liée à des propos jugés diffamatoires envers l’Inspecteur général des finances, Christophe Bitasimwa, l’opposition dénonce une privation de liberté dont les motifs officiels restent, à ce stade, insuffisamment clarifiés.

L’arrestation de Marley Vuvu ouvre une nouvelle séquence de tension dans le climat politique congolais. Selon Exaucé Kiala, porte-parole du MRC, les forces de l’ordre se sont rendues au domicile du responsable politique avant de l’interpeller et de le conduire vers son lieu de détention actuel.

Les circonstances précises de cette interpellation restent cependant sujettes à controverse.

Dans le camp proche du pouvoir, certains soutiennent que Marley Vuvu n’aurait pas été arrêté en raison de ses prises de position politiques contre le président Félix-Antoine Tshisekedi, mais à la suite de propos considérés comme incohérents et diffamatoires à l’égard de l’Inspecteur général des finances, Christophe Bitasimwa.

Certains vont jusqu’à appeler les personnes qui s’estimeraient victimes de propos offensants de l’activiste à saisir à leur tour la justice afin de faire valoir leurs droits.

Cette lecture est toutefois contestée par l’opposition, qui réclame avant tout la clarification des motifs juridiques de l’arrestation et le respect des droits du prévenu.

L’opposition dénonce une dérive inquiétante

Dans les rangs de l’opposition, l’affaire est perçue comme un nouveau signal préoccupant concernant le climat politique en RDC.

Salomon Idi Kalonda Dela, figure proche d’Ensemble pour la République, a condamné l’arrestation, estimant qu’elle intervient dans une période où les autorités devraient privilégier l’apaisement politique.

« L’arrestation de Marley Vuvu, activiste pro-démocratie et membre de C64, est un signal très inquiétant », a-t-il déclaré, appelant au strict respect de ses droits.

Pour Salomon Idi Kalonda, le pouvoir prendrait ainsi le risque d’alimenter davantage les tensions politiques au lieu de favoriser la décrispation.

Olivier Kamitatu, également proche de la famille politique de Moïse Katumbi, a adopté une position similaire. Il estime que, quelles que soient les divergences politiques, aucune personne ne devrait être privée de liberté sans que les motifs de cette mesure soient clairement établis.

« Les motifs doivent être clarifiés et ses droits respectés. L’État de droit n’est pas négociable », a-t-il affirmé.

Une affaire désormais entre les mains de la justice

Au-delà de la controverse politique, l’enjeu principal réside désormais dans la procédure judiciaire.

Si Marley Vuvu fait effectivement l’objet de poursuites pour diffamation ou pour d’autres infractions, les autorités judiciaires devront préciser les faits qui lui sont reprochés, leur qualification juridique ainsi que les éléments justifiant son maintien en détention.

À l’inverse, si aucune charge formelle ne lui est notifiée, la persistance de sa détention risque d’alimenter les accusations d’arrestation arbitraire formulées par l’opposition.

L’affaire met donc à l’épreuve la capacité des institutions judiciaires congolaises à établir une distinction claire entre la liberté d’expression politique, aussi critique soit-elle, et les éventuels abus susceptibles de relever de la justice pénale.

Dans un contexte politique déjà marqué par de fortes tensions, la transparence de la procédure sera déterminante.

La question n’est désormais plus seulement de savoir pourquoi Marley Vuvu a été interpellé, mais de savoir si les autorités seront en mesure d’établir publiquement, sur une base juridique claire et vérifiable, les faits qui justifient sa privation de liberté.

Par Marius Bopenga
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26 août 2026
À la UneProvince

Universités de Goma et Bukavu : Kinshasa suspend les activités académiques sur fond de confrontation avec l’AFC/M23

by admin9775 26 août 2026

Kinshasa durcit le ton face à l’AFC/M23. Le ministère de l’Enseignement supérieur, universitaire, de la Recherche scientifique et de l’Innovation (ESURSI) a décidé de suspendre jusqu’à nouvel ordre les activités académiques dans plusieurs établissements d’enseignement supérieur de Goma et de Bukavu, officiellement en raison de la situation sécuritaire. Mais cette décision intervient surtout après les nominations de responsables universitaires opérées par l’AFC/M23 dans les zones qu’elle contrôle.

L’arrêté ministériel concerne notamment l’Université de Goma, l’ISC-Goma, l’ISTM-Goma et l’ISP-Goma, ainsi que l’Université officielle de Bukavu, l’ISC-Bukavu, l’ISTM-Bukavu, l’ISP-Bukavu, l’ISDR-Bukavu et l’ISAM-Bukavu.

Les inscriptions, réinscriptions, enseignements, évaluations, délibérations et autres actes académiques liés à l’année 2026-2027 sont suspendus.

Une exception est toutefois prévue pour les étudiants finalistes de l’année académique 2025-2026, qui pourront poursuivre les activités nécessaires à l’achèvement de leur cursus dans d’autres établissements légalement reconnus par l’État congolais.

Une bataille qui dépasse l’université

Cette décision intervient quelques semaines après que l’AFC/M23 a annoncé la désignation de nouveaux membres des comités de gestion de plusieurs établissements publics de Goma et Bukavu.

Le mouvement rebelle avait présenté ces nominations comme nécessaires pour assurer la continuité du fonctionnement des institutions dans les territoires qu’il contrôle. Kinshasa les a, pour sa part, rejetées, considérant que l’AFC/M23 ne dispose d’aucune compétence légale pour administrer les établissements publics de l’État.

Le différend révèle ainsi une question fondamentale : qui détient réellement l’autorité sur les institutions publiques dans les territoires contrôlés par la rébellion ?

En nommant des responsables universitaires, l’AFC/M23 ne cherche pas seulement à gérer des établissements. Elle exerce, de fait, une prérogative normalement réservée à l’État. La réaction de Kinshasa apparaît donc comme une volonté d’empêcher que cette administration parallèle ne se normalise.

Le dilemme de Kinshasa

La décision gouvernementale comporte toutefois un coût. La suspension des activités risque de perturber les parcours de nombreux étudiants et de fragiliser davantage le fonctionnement de l’enseignement supérieur dans une région déjà durement affectée par la guerre.

Kinshasa se trouve ainsi face à un dilemme : maintenir les activités sous une administration qu’il considère illégitime ou les suspendre au risque de pénaliser la population.

Le choix fait par le gouvernement est clairement celui de la défense de l’autorité de l’État.

Cette nouvelle confrontation intervient alors que Kinshasa et l’AFC/M23 poursuivent leurs discussions dans le cadre du processus de Doha. Elle montre surtout que, même au-delà des négociations militaires et diplomatiques, la bataille porte désormais sur l’administration quotidienne des territoires.

À Goma et Bukavu, les universités deviennent ainsi un nouveau terrain de confrontation entre contrôle de fait et souveraineté de droit.

Par Pascal Kabeya
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26 août 2026
À la UneNouvelles nécrologiques

Dolly Parton, idole américaine de la musique country, est morte à l’âge de 80 ans

by admin9775 26 août 2026

Légende américaine de la musique country, la chanteuse Dolly Parton est morte à 80 ans, a annoncé mardi 25 août 2026 sa famille dans une vidéo. Issue d’un milieu pauvre, cette icône de la country s’est hissée jusqu’au firmament de la pop avec des tubes comme « Jolene » ou « I Will Always Love You ». Derrière un physique de Barbie se cachait une songwriter au caractère bien trempé qui a réussi dans la musique comme dans les affaires.

Dolly Parton, légende américaine de la musique country, est décédée à l’âge de 80 ans, a annoncé sa famille ce mardi 25 août 2026. « Ma famille et moi avons partagé toute une vie de beaux souvenirs avec Dolly, mais vous aussi. Elle a toujours été présente sur votre télévision, votre tourne-disque, vos CD ou dans la playlist de votre téléphone, devenant ainsi un membre à part entière de votre famille », a déclaré son neveu dans une vidéo publiée sur le compte X de la star, que l’on savait malade depuis un certain temps. Citant des représentants de l’artiste, les médias américains ont précisé, un peu plus tard dans la journée, qu’elle était décédée après « un bref combat contre le cancer ».

À première vue, Dolly Parton était cette chanteuse à la chevelure platine et aux ongles interminables, qui avait quelque peu forcé sur la chirurgie esthétique. Mais cette image volait en éclats dès que ce petit bout de femme apparaissait sur scène ou prenait la parole. « La magie, c’est que j’ai l’air artificielle mais je suis totalement vraie, confiait-elle au journal USA Today en 2020 (*). Les gens peuvent le voir. Ils me pardonnent d’être tape-à-l’œil. Ils me pardonnent de ne pas être élégante. Ils me pardonnent de ne pas être aussi intelligente que des gens éduqués. Je veux qu’ils me voient. Je ne suis pas timide. » 

Quatrième d’une fratrie de douze enfants, la fille originaire du Tennessee est née le 19 janvier 1946 dans une famille très pauvre. Elle grandit au pied des Appalaches entre un père cultivateur de tabac et une mère au foyer. C’est un oncle, Bill Owens, qui lui apprend la guitare et la pousse très jeune sur scène. La jeune Dolly chante pour la télé locale. À 13 ans, elle est présentée par Johnny Cash au Grand Ole Opry, une importante émission de radio country. 

Des débuts télévisés

Avec l’équivalent du bac en poche, elle prend à dix-huit ans le bus pour Nashville, la capitale musicale du sud des États-Unis. Elle pense devenir une star, mais elle place surtout les chansons de son oncle Bill et enchaîne les petits boulots.  

C’est dans cette ville qu’elle rencontre aussi Carl Dean, un entrepreneur en travaux publics qui deviendra vite son mari. Son premier album, Hello, I’m Dolly, voit le jour trois ans plus tard et s’ouvre par le malicieux « Dumb blonde » – « Blonde idiote », en français-, l’histoire d’une « blonde » pas si dupe du double jeu de son amant. 

La jeune femme attire l’attention d’une figure de la country, Porter Wagoner, qui devient son producteur et manager. Durant 7 ans, elle apprend les ficelles du métier dans le Porter Wagoner Show à la télévision et chante en duo avec lui. La relation tourne au vinaigre quand elle s’émancipe de son pygmalion et devient n°1 des charts country avec « Jolene ».  

Elle lui écrit en guise d’adieu une chanson d’amour, « I Will Always Love You », qui rencontre un succès planétaire vingt ans plus tard lorsqu’elle est reprise par Whitney Houston pour le film Bodyguard.

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Avant cela, ce titre déchirant aurait dû être interprété par Elvis Presley, mais miss Parton a refusé de céder ses droits à l’entourage de la star. Il n’y aura jamais de version d’Elvis ; celle de Whitney Houston lui permet en revanche d’empocher près de 6 millions de dollars et d’être redécouverte sur le tard.

De la country vers Hollywood 

En 1977, la chanteuse de country à l’allure de pin-up se tourne vers la pop puis gagne Hollywood.  Au cinéma, elle joue dans des comédies populaires dont elle compose souvent la chanson titre. C’est le cas dans Comment se débarrasser de son patron (9 to 5, en VO) avec Jane Fonda et Lily Tomlin. Elle enchaîne ensuite avec La cage aux poules et Rhinestone, aux côtés de Sylvester Stallone. Mais dans ces années 1980 où sa musique devient pop, Dolly est rattrapée par des problèmes de santé et une dépression tenace.

Dolly Parton entourée de Les Paul (à dr.) et Chet Atkins ( à g.), lors des Grammy Awards, à Los Angeles, le 19 février 1977.
Dolly Parton entourée de Les Paul (à dr.) et Chet Atkins ( à g.), lors des Grammy Awards, à Los Angeles, le 19 février 1977. ASSOCIATED PRESS – George Brich

Faisant mentir ceux qui ont vu en elle une « plouc », Dolly Parton assume son ambition avec une bonne dose d’autodérision. Femme d’affaires redoutable, elle ouvre un parc d’attraction à sa gloire, Dollywood, dans sa région d’origine. Au milieu des montagnes russes se trouve alors une reproduction de la cabane en rondins qui l’a vu grandir et une chapelle au nom du prêcheur itinérant qui l’a fait naître.  

« Dolly » lance son parfum, s’adosse à une marque de gâteaux, ou signe une ligne d’accessoires pour chiens. Sans qu’on le sache vraiment, elle est aussi productrice de documentaires, de comédies populaires, ou de la série télé Buffy contre les vampires. 

Son univers rose bonbon et son amour des papillons tranchent avec la densité d’un songwriting qui raconte ses montagnes du Tennessee (« My Tennessee Mountain Home »), ses origines très modestes (« Coat of Many Colors »), touche à la soul (« The Seeker ») comme au disco (« Baby I’m Burnin’ »). 

Mamie adorée des réseaux sociaux

Ce n’est certainement pas un hasard que son prénom, Dolly, ait été choisi pour nommer la première brebis clonée. Elle traverse le temps grâce à ses chansons pour le cinéma ou des apparitions dans Hannah Montana, la série télévisée avec sa filleule chérie Miley Cyrus. Miss Parton devient également une icône LGBT et les féministes s’approprient ses textes. Elle parle de l’avortement comme de l’adoption, des femmes qui luttent pour se faire respecter au bureau dans « 9 to 5 », mais ne s’affirme pas féministe. La mamie adorée des réseaux sociaux se dit favorable au mouvement Black Lives Matter. 

Profondément croyante et très secrète sur son intimité, Dolly Parton se retranche derrière un amour des autres œcuménique. À la tête d’une fortune de plus de 500 millions de dollars, la philanthrope fait largement profiter son Tennessee de ses affaires.  

Avec son programme Library Imagination, elle distribue des livres aux jeunes enfants dans tous les États-Unis comme dans les pays anglo-saxons. Elle finance aussi des hôpitaux et au moment du Covid-19, fait un don d’1 million de dollars pour la recherche sur un vaccin. Quand Beyoncé reprend « Jolene » sur son disque Cowboy Carter, celle qui est rebaptisée Dolly P l’adoube sans se soucier d’un milieu country très blanc. 

Dans une Amérique clivée autour de la figure de Donald Trump, elle se garde cependant bien de prendre des positions politiques fermes pour continuer de parler à tout le monde. « J’ai autant de fans républicains que démocrates. Je ne veux pas les offenser », répète-t-elle à USA Today (*). « Je ne suis pas politique et je ne veux pas être entraînée dans des affaires politiques. Je regarde et je pense ce que j’ai à penser. Je me dis juste : « Seigneur, que font ces gens ? C’est de la folie ! Ils s’en foutent de nous. » » 

La touchante Dolly peut bien affirmer qu’elle est une rockstar à l’aube de ses 80 ans ; sa vie est adaptée dans une comédie musicale jouée à Broadway. Avec ses 3 000 chansons et ses 100 millions d’albums vendus, elle aura influencé Miley Cyrus, Taylor Swift, les White Stripes ou été l’étincelle pour la Française Pomme. À sa manière, la blonde avait largement pris sa revanche. 

(*) Dolly Parton : « The whole magic about me is that I look artificial, but I’m totally real », USA Today, 27 août 2020. 

« Dolly », une figure aimée de tous les Américains

Aux États-Unis, Dolly Parton a dépassé les clivages politiques, religieux, régionaux ou même ethniques. La chanteuse reste très aimée et pour beaucoup, elle ferait pratiquement partie de la famille. Selon la spécialiste de la musique du sud du pays, Tracy Laird (*), elle a incarné « cet idéal selon lequel le travail acharné, la confiance en soi, ainsi qu’une bonne dose de talent et de chance, peuvent permettre à quiconque de réaliser ses rêves ». 

Mettant un point d’honneur à rester neutre politiquement, Dolly Parton n’en est pas moins devenue une conscience morale. Sur de nombreux tee-shirts, mugs, et produits dérivés au kitsch tapageur, on peut ainsi lire « What would Dolly do ? » (« Que ferait Dolly (à ma place) ? ») ou « Dolly for president » (« Dolly présidente »).  

Au fil de sa carrière, Dolly Parton a régulièrement rappelé sa croyance en « l’égalité de tous et en la place centrale de l’amour dans une vie de foi : l’amour pour l’étranger, l’amour pour son prochain et l’amour pour la personne que l’on serait instinctivement tenté de juger ou de condamner », note Tracey Laird. 

Celle qui aspirait à devenir « une star universelle » sera simplement devenue « Dolly » pour bien des Américains et aura été un exemple de réussite. 

RFI

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