L’ancien vice-président de la République démocratique du Congo, Azarias Ruberwa, est monté au créneau contre toute initiative visant à modifier ou remplacer la Constitution de 2006. Dans une déclaration au ton ferme, il a averti que toute réforme constitutionnelle menée sans un large consensus national risquerait de plonger le pays dans une grave crise politique.
Pour l’ancien dirigeant du Rassemblement congolais pour la démocratie (RCD), la Constitution actuelle ne saurait être présentée comme le simple produit du dialogue intercongolais. Il rappelle qu’elle est avant tout l’aboutissement d’un processus de consensus national, avant d’être soumise à référendum et adoptée par le peuple congolais.
Selon Azarias Ruberwa, toute remise en cause de cette Loi fondamentale en dehors des mécanismes prévus et sans adhésion nationale pourrait fragiliser les institutions et compromettre la stabilité du pays.
Dans un avertissement particulièrement appuyé, il estime qu’une révision unilatérale de la Constitution pourrait entraîner une profonde crise politique, allant jusqu’à évoquer le risque d’une interruption du mandat du président Félix Tshisekedi.
« Une telle démarche pourrait conduire à un départ du pouvoir de gré ou de force », a-t-il prévenu.
Un débat qui continue de polariser la classe politique
Cette prise de position intervient dans un contexte de fortes tensions autour du projet de réforme constitutionnelle porté par la majorité présidentielle.
Depuis plusieurs semaines, l’opposition, des organisations de la société civile ainsi que les évêques de la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO) expriment leurs réserves sur l’opportunité d’engager un tel processus alors que le pays fait face à une guerre dans l’Est et à d’importants défis sécuritaires, économiques et sociaux.
De son côté, le pouvoir assure que toute éventuelle réforme viserait à adapter certaines dispositions de la Constitution aux réalités actuelles du pays et qu’elle respecterait les procédures prévues par la loi.
Les déclarations d’Azarias Ruberwa viennent ainsi renforcer les voix qui appellent à privilégier la stabilité institutionnelle et le consensus national, dans un débat qui continue de diviser profondément la classe politique congolaise à moins de trois ans de la fin du second mandat du président Félix Tshisekedi.
Par Marius Bopenga
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