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À la Une

À la UnePolitique

Bob Kabamba Kazadi : « Le recours aux armes est devenu le péché originel du système politique congolais »

by admin9775 26 juillet 2026
written by admin9775

Le politologue congolais Bob Kabamba Kazadi estime que le recours aux armes s’est progressivement imposé comme l’un des principaux modes d’accès au pouvoir et de règlement des crises en République démocratique du Congo. Selon lui, cette logique, enracinée depuis les premières années de l’indépendance, continue d’alimenter les conflits et de fragiliser les institutions du pays.

Intervenant lors d’un échange sur la plateforme X Spaces avec le journaliste Stanis, consacré au cycle récurrent des rébellions et des négociations politiques en RDC, l’universitaire a qualifié cette pratique de « péché originel » du système politique congolais.

Selon Bob Kabamba Kazadi, de nombreux mouvements armés ont, au fil des décennies, considéré la lutte armée comme le moyen le plus efficace pour obtenir une reconnaissance politique et accéder aux négociations. Il cite notamment les pourparlers de Sun City, au début des années 2000, au cours desquels certains acteurs exclus du processus auraient choisi les armes afin d’obtenir une place à la table des discussions.

Pour le politologue, cette dynamique a durablement marqué la gouvernance du pays. À ses yeux, le recours à la violence a souvent été récompensé par une intégration dans les institutions plutôt que sanctionné, créant un précédent qui continue d’influencer les comportements des acteurs politico-militaires.

Une armée fragilisée par les intégrations successives

Bob Kabamba Kazadi estime que cette logique s’est également traduite dans les différentes réformes des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC). Selon lui, plusieurs responsables de groupes armés ont été intégrés dans l’armée en bénéficiant directement de grades élevés.

« On a créé des généraux sans troupe, tandis que leurs combattants continuaient parfois d’opérer sur le terrain », a-t-il affirmé, estimant que ces intégrations successives ont contribué à fragiliser la professionnalisation de l’armée congolaise.

À ses yeux, ces arrangements politiques ont souvent privilégié la recherche d’une paix immédiate au détriment d’une réforme durable du secteur de la sécurité.

La paix privilégiée au détriment de la justice

Le professeur s’est également exprimé sur la question de la lutte contre l’impunité. Selon lui, les autorités congolaises, avec l’appui d’une partie de la communauté internationale, ont régulièrement privilégié les compromis politiques afin de mettre un terme aux conflits, au détriment des poursuites judiciaires contre les auteurs présumés de crimes.

Il évoque notamment le fonctionnement de la Cour pénale internationale (CPI), rappelant que certaines procédures peuvent être suspendues ou ralenties lorsque des processus de paix sont en cours.

Pour Bob Kabamba Kazadi, cette approche nourrit un sentiment d’impunité et renforce l’idée que la violence peut constituer un moyen d’accéder au pouvoir ou d’obtenir des avantages politiques.

Une critique du traitement des violations des droits humains

Le politologue souligne également que les débats sur la justice restent marqués par des accusations de « deux poids, deux mesures ». Il rappelle que plusieurs rapports nationaux et internationaux ont documenté des violations des droits humains imputées aussi bien à certains groupes armés qu’à des éléments des forces gouvernementales.

Selon lui, une paix durable ne pourra être consolidée qu’à travers un équilibre entre les impératifs de stabilité politique, la réforme des institutions sécuritaires et la lutte contre l’impunité, afin de rompre avec un cycle de violences qui, depuis plusieurs décennies, continue de peser sur la vie politique congolaise.

Par Pascal Kabeya
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À la UneSociété

Sit-in de la C64 : la CNDH ne confirme aucun décès mais documente de nombreuses violations des droits humains

by admin9775 26 juillet 2026
written by admin9775

Plus d’un mois après les violences survenues lors du sit-in organisé le 12 juin 2026 par la Coalition Article 64 (C64) devant le Palais du Peuple à Kinshasa, la Commission nationale des droits de l’homme (CNDH-RDC) a rendu les conclusions de son enquête. Si l’institution indique n’avoir trouvé aucune preuve suffisante permettant de confirmer les allégations de décès avancées à la suite de cette manifestation, elle affirme en revanche avoir établi des « motifs raisonnables de croire » que plusieurs violations des droits humains ont été commises.

Une enquête de trois semaines et 157 auditions

Mise en place à la suite des événements, la commission spéciale d’enquête de la CNDH a travaillé du 22 juin au 14 juillet 2026. Durant cette période, elle a mené 157 auditions et entretiens auprès de victimes, témoins, responsables politiques, autorités administratives, policiers, personnels de santé et observateurs indépendants.

Au total, 135 victimes, dont 131 hommes et quatre femmes, ont été entendues afin de reconstituer le déroulement des faits et d’établir les responsabilités.

Selon la Commission, ces investigations ont permis de confronter les différentes versions des événements et de vérifier les informations largement relayées dans l’opinion publique au lendemain des affrontements.

Les décès annoncés n’ont pas été confirmés

S’agissant du bilan humain, la CNDH indique que les chiffres avancés publiquement par certains responsables de l’opposition n’ont pu être corroborés par les éléments recueillis au cours de l’enquête.

Le rapport précise notamment qu’une personne présentée comme décédée a été retrouvée vivante à l’hôpital militaire du Camp Lufungula.

Dans un autre cas, les investigations n’ont pas permis d’établir avec certitude le décès d’un militant également annoncé comme victime des violences.

En conséquence, la Commission estime qu’aucun élément de preuve suffisant ne permet, à ce stade, de confirmer l’existence de décès directement liés à cette manifestation.

De nombreuses violations des droits humains documentées

Si les allégations de décès n’ont pas été confirmées, les enquêteurs affirment en revanche avoir recueilli des éléments concordants faisant état de plusieurs violations des droits fondamentaux.

La CNDH évoque notamment des arrestations et détentions arbitraires, des atteintes à l’intégrité physique, des actes d’extorsion, des spoliations, des destructions de biens, des actes de vandalisme visant des sièges de partis politiques, ainsi que des traitements susceptibles d’être qualifiés de cruels, inhumains ou dégradants.

Pour la Commission, ces faits nécessitent des investigations judiciaires approfondies afin d’établir les responsabilités individuelles.

Des témoignages mettent en cause la « Force du Progrès »

Le rapport fait également état de plusieurs témoignages attribuant certains actes de violence à des individus présentés comme appartenant à la Force du Progrès, un mouvement proche de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS).

Sans imputer directement ces agissements au parti présidentiel, la CNDH recommande néanmoins à l’UDPS de prendre les mesures nécessaires pour prévenir et condamner tout acte de violence commis par des personnes se réclamant de ce mouvement.

Une montée des tensions avant les affrontements

Dans son analyse des événements, la Commission estime que plusieurs facteurs ont contribué à la détérioration de la situation.

Elle relève notamment que le maintien du sit-in devant le Palais du Peuple, malgré les sites alternatifs proposés par les autorités provinciales, ainsi que la présence de groupes aux positions antagonistes, ont favorisé un climat de forte tension.

La CNDH souligne toutefois que ce contexte ne saurait, en aucune manière, justifier les violations des droits humains constatées au cours de cette journée.

Des versions toujours opposées

Le rapport met également en évidence les profondes divergences entre les différents protagonistes.

Les responsables de la Coalition Article 64 soutiennent que plusieurs de leurs militants ont été blessés lors de la dispersion du sit-in et attribuent une partie des violences aux membres de la Force du Progrès.

De son côté, la Police nationale congolaise affirme n’avoir utilisé que des moyens non létaux pour rétablir l’ordre. Les responsables policiers reconnaissent que des coups de feu ont été entendus au cours des affrontements, tout en assurant qu’ils ne provenaient pas des unités officiellement déployées sur les lieux.

Des recommandations aux autorités

À l’issue de son enquête, la Commission nationale des droits de l’homme formule une série de recommandations destinées aux pouvoirs publics.

Elle appelle le Gouvernement à renforcer les capacités de la Police nationale congolaise en matière de maintien de l’ordre, à interdire toute participation de civils aux opérations de sécurité et à prévenir la création de groupes exerçant illégalement des missions sécuritaires.

La CNDH recommande également la mise en place d’un cadre permanent de concertation réunissant les autorités publiques, les partis politiques, la société civile et la Commission elle-même afin de prévenir les tensions lors des manifestations publiques.

Enfin, elle invite les autorités judiciaires à ouvrir des enquêtes indépendantes pour identifier et poursuivre les auteurs des violations documentées, quelle que soit leur appartenance politique, rappelant que la protection des droits fondamentaux demeure une obligation qui s’impose à tous les acteurs.

Par Marius Bopenga
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À la UneSociété

Cour pénale internationale : le procureur Karim Khan définitivement révoqué, une décision historique qui secoue la justice internationale

by admin9775 26 juillet 2026
written by admin9775

La Cour pénale internationale (CPI) ouvre une nouvelle page de son histoire. Réunis en session extraordinaire au siège des Nations unies à New York, les États parties au Statut de Rome ont décidé, vendredi 24 juillet 2026, de révoquer définitivement le procureur Karim Khan. Suspendu de ses fonctions depuis 2025, le magistrat britannique est officiellement relevé de son mandat pour « faute grave » et « manquement grave aux devoirs de sa charge ».

Rare dans l’histoire de l’institution, cette décision intervient au terme de plusieurs mois de crise interne qui ont profondément ébranlé la crédibilité du Bureau du procureur. Elle met un terme à un mandat commencé en 2021 et marqué autant par des décisions judiciaires majeures que par une affaire personnelle devenue impossible à dissocier de ses fonctions.

Un vote sans appel

La décision a été prise à l’issue d’un vote à bulletin secret organisé lors d’une réunion exceptionnelle tenue à huis clos au siège de l’ONU.

Selon plusieurs sources diplomatiques, 82 États membres ont voté en faveur de la révocation de Karim Khan, bien au-delà de la majorité requise de 63 voix. Treize États seulement se sont prononcés pour son maintien en fonction, tandis que quinze autres se sont abstenus.

Dans un bref communiqué, la Cour pénale internationale a indiqué prendre acte de cette décision, précisant que le fonctionnement du Bureau du procureur restera assuré par les procureurs adjoints, déjà chargés de la gestion des dossiers depuis la suspension de Karim Khan il y a plus d’une année.

Des accusations d’agression sexuelle à l’origine de la procédure

La procédure disciplinaire trouve son origine dans des accusations d’agression sexuelle formulées par une ancienne collaboratrice du procureur.

L’avocate, de nationalité malaisienne, avait décidé de sortir de son silence lors d’un entretien accordé à la chaîne américaine CNN. Elle y décrivait une relation de pouvoir qu’elle estimait incompatible avec toute notion de consentement.

« Il est impossible qu’il y ait consentement quand il existe un tel déséquilibre de pouvoir. Ce que beaucoup de gens ne comprennent pas est que Karim Khan n’était pas seulement mon patron, mais le patron de tout le monde », avait-elle déclaré.

Les faits dénoncés remonteraient au mois d’octobre 2024.

Karim Khan a toujours rejeté l’ensemble des accusations portées contre lui. Une enquête indépendante a toutefois été ouverte, conduisant à sa mise en retrait, puis à sa suspension en attendant que les États membres statuent définitivement sur son avenir.

Karim Khan annonce une bataille judiciaire

L’ancien procureur n’entend pas en rester là.

Peu après l’annonce de sa révocation, son avocat, Tayab Ali, a affirmé que son client utiliserait toutes les voies de recours disponibles pour contester cette décision.

Selon la défense, la procédure n’aurait pas respecté les garanties fondamentales d’un procès équitable. Les avocats reprochent notamment à l’Assemblée des États parties de ne pas avoir permis à Karim Khan de présenter sa défense devant les membres appelés à voter.

Ils dénoncent également une décision prise dans un contexte de fortes pressions politiques susceptibles, selon eux, d’affaiblir l’indépendance de la justice pénale internationale.

Une révocation au cœur de fortes tensions géopolitiques

La chute de Karim Khan intervient alors que son mandat avait placé la CPI au centre de plusieurs crises internationales majeures.

Le procureur britannique avait notamment demandé et obtenu des mandats d’arrêt contre le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou et son ancien ministre de la Défense Yoav Gallant, dans le cadre de l’enquête sur la guerre à Gaza.

Il avait également engagé des poursuites contre plusieurs responsables du Hamas.

Ces décisions avaient provoqué une vive réaction d’Israël et des États-Unis, Washington allant jusqu’à adopter des sanctions contre Karim Khan en raison de son action judiciaire.

À la suite du vote de vendredi, l’ambassadeur israélien auprès des Nations unies, Danny Danon, a salué publiquement la décision des États membres de la CPI.

Dans un message publié sur le réseau social X, il a estimé que les accusations visant Karim Khan ne pouvaient être éclipsées par les procédures engagées contre Israël, dénonçant ce qu’il qualifie de « chasse aux sorcières politique ».

Une institution confrontée à un défi de crédibilité

Au-delà du cas personnel de Karim Khan, cette affaire met en lumière les défis auxquels est confrontée la Cour pénale internationale.

Depuis plusieurs années, la juridiction fait face à des critiques récurrentes portant aussi bien sur son fonctionnement interne que sur les fortes tensions politiques suscitées par certaines de ses enquêtes.

Pour plusieurs États membres, les accusations visant l’ancien procureur étaient devenues incompatibles avec les exigences d’intégrité et d’exemplarité auxquelles sont soumis les plus hauts responsables de la Cour.

D’autres, en revanche, redoutent que cette révocation crée un précédent susceptible d’exposer davantage encore la CPI aux pressions politiques exercées par certains États.

Quel avenir pour le Bureau du procureur ?

En attendant la désignation d’un nouveau procureur, les procureurs adjoints continueront d’assurer la conduite des enquêtes en cours.

La transition s’annonce particulièrement délicate. Le Bureau du procureur pilote actuellement plusieurs dossiers sensibles portant notamment sur les conflits en Ukraine, au Soudan, en République démocratique du Congo, en Palestine ou encore en Libye.

La désignation du successeur de Karim Khan sera donc scrutée de près par les États parties, les organisations internationales et les défenseurs des droits humains, qui attendent de la Cour qu’elle restaure pleinement la confiance dans son fonctionnement tout en poursuivant sa mission de lutte contre l’impunité des auteurs des crimes les plus graves.

Par Pascal Kabeya
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À la UneSport

Foot: le gardien cap-verdien Vozinha, héros du Mondial, rejoint le championnat chilien

by admin9775 26 juillet 2026
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Le gardien cap-verdien Vozinha, 40 ans, et l’un des héros du dernier Mondial de football, va s’engager avec Colo-Colo, a annoncé ce vendredi 24 juillet le président du club chilien.

« Vozinha va devenir un joueur de Colo-Colo, il viendra au Chili dans les prochains jours, il passera les examens de rigueur et sera ensuite présenté, ici, au Stade Monumental », s’est félicité Anibal Mosa, le président du club, devant des journalistes avant un match de championnat national.

Vozinha a été l’une des principales attractions de la Coupe du monde, avec des performances héroïques du haut de ses 40 ans, notamment en groupes contre l’Espagne (0-0), qui a gagné tous ses matchs du tournoi sauf celui contre le Cap-Vert.

De son vrai nom Josimar José Evora Dias, il a mené une sélection cap-verdienne ébouriffante jusqu’aux 16e de finales, où les Requins Bleus ont poussé les finalistes argentins en prolongations (3-2 a.p). Si le Cap-Vert n’a remporté aucun match lors du dernier mondial (trois matchs nuls en phase de groupe), son portier a impressionné. À tel point que Vozinha, bien qu’il n’ait joué que quatre matchs dans la compétition, a fini dans le « onze de rêve » officiel de la FIFA, une équipe construite à partir des votes des fans du monde entier.

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Passé par Chypre, la Slovaquie, la Moldavie ou encore l’Angola, Vozinha n’a signé son premier contrat professionnel qu’à 26 ans. Il doit arriver à Colo-Colo en provenance du GD Chaves, en deuxième division portugaise.

Un gardien encore « en très bonne forme »

« Sportivement, il est en très bonne forme, c’est pour cela que nous le recrutons », a ajouté Anibal Mosa.

Grâce à ses performances au Mondial, et bien aidé par un coup de projecteur du populaire influenceur brésilien Casimiro, Vozinha est devenu en quelques semaines une personnalité ultra-suivie, passant de 50 000 à près de 30 millions d’abonnés sur Instagram.

RFI

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À la UnePolitique

Devant l’ONU, la RDC appelle à la création d’un « Groupe des amis de la gouvernance des ressources naturelles »

by admin9775 23 juillet 2026
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La République démocratique du Congo a appelé la communauté internationale à repenser la gestion des ressources naturelles à l’échelle mondiale. S’exprimant ce mercredi 22 juillet devant le Conseil de sécurité des Nations unies, la ministre des Affaires étrangères, Thérèse Kayikwamba Wagner, a défendu l’idée d’une nouvelle doctrine internationale faisant de la gouvernance des ressources naturelles un enjeu central de paix, de sécurité et de développement.

Présidant le Conseil de sécurité au cours du mois de juillet, la RDC a inscrit cette question à l’ordre du jour des débats, estimant que la mauvaise gouvernance des ressources naturelles constitue aujourd’hui l’un des principaux facteurs d’instabilité dans plusieurs régions du monde.

Un appel à une coalition internationale

Pour porter cette vision, la RDC propose la création d’un « Groupe des amis de la gouvernance des ressources naturelles ». Cette plateforme réunirait États membres des Nations unies, organisations régionales, institutions financières internationales, pays producteurs, pays consommateurs, acteurs économiques et société civile. Son objectif serait de promouvoir le dialogue, d’échanger les bonnes pratiques et de renforcer les mécanismes internationaux existants.

Thérèse Kayikwamba Wagner a invité la communauté internationale à faire des ressources naturelles non plus des facteurs de rivalité et de confrontation, mais des instruments de coopération et de prospérité partagée. Selon elle, les minerais, l’eau, les forêts, l’énergie et la biodiversité doivent devenir les fondations d’une sécurité collective durable et d’un destin commun pour les nations.

Les ressources naturelles au cœur des conflits contemporains

Les minerais critiques, l’eau, les forêts, les ressources énergétiques, les terres arables et la biodiversité, a rappelé la cheffe de la diplomatie congolaise, occupent désormais une place stratégique dans la transition énergétique mondiale, la révolution numérique et la sécurité alimentaire.

Cependant, a-t-elle souligné, ces mêmes ressources continuent d’alimenter des conflits armés, de financer des groupes rebelles, de renforcer des économies criminelles et de fragiliser les États. Selon elle, tout dépend de la manière dont ces richesses sont gouvernées. « Les ressources naturelles peuvent être le fondement d’une prospérité partagée ou le moteur d’une prédation », a-t-elle affirmé.

Le cas de la RDC, symbole d’un déséquilibre mondial

Thérèse Kayikwamba Wagner a mis en avant la situation particulière de la RDC, l’un des pays les plus riches au monde en ressources naturelles. Le pays dispose notamment de minerais stratégiques indispensables à la fabrication des technologies modernes, d’un immense potentiel hydroélectrique, de vastes terres agricoles et du bassin du Congo, considéré comme l’un des plus importants puits de carbone de la planète.

Malgré ces atouts, cette richesse s’est souvent transformée en facteur de vulnérabilité. Dans l’Est du pays, a rappelé la ministre, l’exploitation illégale des ressources naturelles demeure étroitement liée au financement des groupes armés et à la persistance de l’insécurité. Elle a dénoncé les circuits qui permettent à des minerais issus des zones de conflit d’intégrer les chaînes d’approvisionnement mondiales.

Pour Kinshasa, lorsqu’une ressource stratégique finance la guerre plutôt que le développement, la question dépasse le cadre national et devient une menace pour la paix et la sécurité internationales.

Une transition énergétique « juste » pour les pays producteurs

Dans son plaidoyer, la RDC a insisté sur la nécessité d’une transition énergétique mondiale qui tienne compte des intérêts des pays producteurs de matières premières. La ministre a estimé qu’il ne peut y avoir de transition énergétique véritablement juste si les populations qui produisent les minerais essentiels aux technologies du futur continuent de subir l’insécurité, la pauvreté ou l’exploitation.

Elle a également défendu une vision du développement fondée sur la transformation locale des ressources, estimant que les pays africains doivent dépasser le modèle économique limité à l’extraction pour construire des économies industrielles créatrices d’emplois et de valeur ajoutée.

Six principes pour une nouvelle gouvernance mondiale

La RDC propose l’adoption d’une nouvelle doctrine internationale reposant sur six principes majeurs :

  • respect effectif de la souveraineté des États sur leurs ressources naturelles
  • transparence des chaînes d’approvisionnement
  • renforcement des mécanismes de traçabilité et de certification
  • lutte contre l’impunité économique des acteurs impliqués dans l’exploitation illégale des ressources.
  • promotion des partenariats internationaux plus équitables entre pays producteurs et consommateurs
  • ancrage locale de cette gouvernance, afin que les communautés locales bénéficient directement des richesses exploitées sur leurs territoires.

Radio okapi

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À la UneSociété

Procès du général Christian Tshiwewe : la défense plaide une liberté provisoire et dénonce plusieurs irrégularités de procédure

by admin9775 22 juillet 2026
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Le procès du général d’armée Christian Tshiwewe Songesha, ancien chef d’état-major général des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) et ancien conseiller militaire du président de la République, Félix Tshisekedi, s’est poursuivi ce mardi 21 juillet devant la Haute Cour militaire à Kinshasa.

À cette occasion, les avocats du prévenu ont sollicité de la Haute Cour militaire la mise en liberté provisoire de leur client ou, à défaut, son placement sous un régime de liberté contrôlée, estimant que son maintien à la prison militaire de Ndolo ne se justifie ni au regard des principes du droit ni de sa qualité d’ancien chef de l’armée.

La défense invoque les secrets de la défense nationale

Développant le mémoire unique de la défense, Me Parfait Kanyanga, coordonnateur du collectif des avocats du général Tshiwewe, a rappelé que la liberté demeure le principe et la détention l’exception. Il a surtout insisté sur le statut particulier de son client, détenteur d’informations sensibles relatives à la sécurité nationale.

« En tant que détenteur des secrets de la défense, Monsieur le Premier président, le général d’armée Christian Tshiwewe, mon client, ne doit pas être détenu à la prison militaire de Ndolo. Vous ferez œuvre utile en accordant cette liberté à mon client, Monsieur le Premier président, car il ne peut pas se soustraire à la justice, étant donné que sa résidence, située à Gombe, est bien connue », a déclaré Me Parfait Kanyanga devant la Haute Cour militaire.

Selon la défense, aucune circonstance ne permet de conclure à un risque de fuite, l’ancien chef d’état-major disposant d’une résidence connue des autorités judiciaires et ayant toujours collaboré avec la justice.

Des irrégularités de procédure dénoncées

Au-delà de la question de la liberté provisoire, la défense a également soulevé plusieurs irrégularités qu’elle impute au ministère public avant même la saisine de la Haute Cour militaire.

Me Parfait Kanyanga a notamment contesté la saisie de plusieurs véhicules appartenant à son client, estimant que cette mesure est dépourvue de fondement juridique.

« Ces irrégularités concernent notamment la saisie de quatre jeeps appartenant à mon client par un officier de police judiciaire du ministère public, alors que la Maison militaire elle-même a reconnu que ces véhicules n’appartiennent pas à l’armée. Voilà une deuxième requête que nous formulons devant votre Haute Cour afin que vous puissiez remettre mon client dans ses droits », a plaidé l’avocat.

La défense sollicite ainsi la restitution de ces véhicules, considérant que leur saisie porte atteinte aux droits du prévenu.

Les autres avocats contestent la compétence de la Haute Cour militaire

Au cours de la même audience, les conseils des autres prévenus ont, pour leur part, remis en cause la compétence de la Haute Cour militaire pour connaître de cette affaire.

Ils ont contesté l’ordonnance-loi modifiant la loi n°023/2002 portant Code judiciaire militaire, laquelle attribue compétence à la Haute Cour militaire pour juger les officiers généraux dont le grade est supérieur à celui des magistrats composant la juridiction.

Certains avocats ont qualifié cette situation de « non-sens juridique », tandis que d’autres ont soutenu que le texte invoqué n’aurait jamais été promulgué par le président de la République.

Ils ont également estimé que les préventions retenues contre leurs clients sont formulées de manière insuffisamment précise, ce qui porterait atteinte à leur droit à un procès équitable.

La Cour renvoie l’affaire au 30 juillet

À l’issue des différentes plaidoiries, le lieutenant-général magistrat Joseph Mutombo Katalayi Tiende, premier président de la Haute Cour militaire, a indiqué que l’ensemble des moyens soulevés par les différentes parties serait examiné lors du délibéré.

La juridiction a ensuite décidé de renvoyer la cause au jeudi 30 juillet 2026 afin de permettre aux trois derniers conseils des prévenus de présenter leurs mémoires.

« Nous renvoyons cette cause au 30 juillet pour la poursuite des exposés des mémoires uniques par les trois conseils des prévenus restants », a déclaré le premier président de la Haute Cour militaire.

Plusieurs officiers généraux poursuivis

Le général Christian Tshiwewe comparaît aux côtés de dix autres officiers généraux et supérieurs, ainsi que d’un civil.

Parmi les prévenus figurent notamment le général d’armée John Numbi Banza Ntambo (en fuite), le général-major Maurice Nyembo Kufi, les généraux de brigade Chinyabuuma Kamukinde, Ngoy wa Kabila John et Sangwa Muhemedi John, les colonels Mukombozi Zahinda Guy, Sangwa Lumbu Pathy et Tshinabo Kenge Christophe (en fuite), ainsi que Pascal Nyembo Muyumba, ancien directeur général du Centre d’expertise, d’évaluation et de certification des substances minérales précieuses et semi-précieuses (CEEC), également en fuite.

S’agissant des prévenus absents, l’auditeur général des FARDC, le lieutenant-général Lucien-René Likulia Bakumi, a demandé que le défaut soit retenu à leur encontre conformément aux articles 326 et 327 du Code judiciaire militaire, ceux-ci étant considérés comme fugitifs.

Les différents prévenus sont poursuivis notamment pour complot, trahison, désertion, propagation de faux bruits et détention illégale d’armes de guerre.

Selon l’accusation, une perquisition effectuée le 9 juillet 2025 à la résidence du général Christian Tshiwewe, dans la commune de Gombe à Kinshasa, aurait permis la saisie de 92 fusils d’assaut de type Kalachnikov, 12 lance-grenades RPG-7 ainsi que de plusieurs milliers de munitions.

Ce nouveau procès s’inscrit dans un contexte sécuritaire particulièrement sensible, marqué par la poursuite de la guerre dans l’est de la République démocratique du Congo, où les FARDC affrontent la rébellion de l’AFC/M23, soutenue par le Rwanda selon les autorités congolaises. Il vient également allonger la liste des procédures judiciaires visant des officiers généraux, sur fond de réformes et de renforcement de la discipline au sein des forces armées.

Par Pascal Kabeya
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À la UneAfrique

Cameroun : plus de six semaines après son départ pour l’Europe, l’absence prolongée de Paul Biya relance le débat sur la continuité du pouvoir

by admin9775 22 juillet 2026
written by admin9775

Parti du Cameroun le 7 juin 2026 pour ce que la Présidence avait présenté comme un « court séjour privé en Europe », le président Paul Biya n’est toujours pas rentré dans son pays plus de six semaines après son départ. Cette absence prolongée du chef de l’État, âgé de 93 ans, alimente les spéculations sur son état de santé et ravive le débat sur les mécanismes constitutionnels de continuité du pouvoir.

Alors qu’une partie de l’opposition a saisi le Conseil constitutionnel afin qu’il examine la question d’une éventuelle vacance du pouvoir, le Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC), parti au pouvoir, affirme que le président continue d’exercer pleinement ses fonctions.

Une absence qui suscite interrogations et spéculations

Quarante-quatre jours après son départ du Cameroun, aucune date officielle de retour n’a été annoncée par les autorités. Depuis plusieurs semaines, les rumeurs concernant l’état de santé du président circulent abondamment dans les médias et sur les réseaux sociaux.

En dehors de plusieurs messages diplomatiques publiés par les services de communication de la Présidence, aucune apparition publique ni communication officielle relative au déroulement de son séjour n’ont été diffusées.

Cette situation nourrit les interrogations d’une partie de l’opinion publique et de la classe politique sur la capacité du chef de l’État à exercer effectivement ses responsabilités.

L’opposition demande au Conseil constitutionnel de constater une vacance du pouvoir

Face à cette absence prolongée, le député de l’opposition Jean-Michel Nintcheu a saisi le Conseil constitutionnel afin qu’il examine la possibilité de constater une vacance du pouvoir.

Cette initiative intervient dans un contexte où plusieurs formations politiques s’interrogent sur les mécanismes institutionnels applicables lorsqu’un président demeure durablement absent du territoire national.

L’Union démocratique du Cameroun (UDC) s’est également exprimée sur cette question. Sans spéculer sur la situation personnelle de Paul Biya, le parti estime que la continuité de l’État et l’exercice effectif des prérogatives présidentielles doivent être pleinement garantis par les institutions de la République.

Une Constitution qui ne fixe aucune durée maximale d’absence

Pour l’UDC, une absence prolongée du territoire national ne constitue pas, à elle seule, une vacance du pouvoir.

Le parti souligne qu’aucune disposition de la Constitution ou de la législation camerounaise ne fixe une durée maximale pendant laquelle le président peut séjourner à l’étranger ni ne prévoit qu’une telle absence entraîne automatiquement la vacance de la présidence.

Cette situation met toutefois en lumière un vide juridique concernant les modalités d’exercice du pouvoir en cas d’empêchement temporaire ou d’absence prolongée du chef de l’État.

L’UDC rappelle également que la révision constitutionnelle d’avril 2008 avait introduit la possibilité de créer un poste de vice-président de la République afin d’assurer une meilleure continuité des institutions.

Près de deux décennies après cette réforme, cette disposition n’a jamais été appliquée et aucun vice-président n’a été nommé.

Le parti plaide ainsi pour l’ouverture d’une réflexion institutionnelle visant à préciser les mécanismes de continuité du pouvoir exécutif.

Le RDPC rejette toute idée de vacance du pouvoir

Le parti présidentiel rejette catégoriquement les accusations de vacance du pouvoir.

Pour Christophe Mien Zok, directeur de la propagande du RDPC, les institutions continuent de fonctionner normalement.

« Le pouvoir n’est pas vacant » et « le Lion n’est pas parti », a-t-il déclaré, dénonçant les critiques formulées par certains responsables de l’opposition.

Le responsable du RDPC reproche notamment à ses adversaires de suivre quotidiennement la durée du séjour du président à l’étranger afin d’alimenter la polémique.

Selon lui, le chef de l’État continue d’assumer ses responsabilités à travers les actes officiels diffusés par la Présidence.

Une activité diplomatique maintenue

Depuis son départ, les services de la Présidence ont continué de publier plusieurs messages adressés à des chefs d’État étrangers.

Paul Biya a notamment adressé ses félicitations au président français Emmanuel Macron à l’occasion de la fête nationale du 14 juillet, ainsi qu’au président du Monténégro lors de la célébration de la fête nationale de ce pays le 13 juillet.

Ces communications sont mises en avant par le pouvoir comme la preuve de la continuité de l’exercice des fonctions présidentielles.

Toutefois, elles n’ont pas mis fin aux interrogations sur l’absence prolongée du chef de l’État, aucun élément officiel n’ayant été communiqué concernant son état de santé ou la date de son retour.

Plus de quarante ans à la tête du Cameroun

Paul Biya dirige le Cameroun depuis le 6 novembre 1982, date à laquelle il a succédé au premier président du pays, Ahmadou Ahidjo.

Avec plus de quatre décennies au pouvoir, il figure parmi les chefs d’État en exercice ayant la plus grande longévité au monde.

Au cours des dernières années, plusieurs de ses séjours privés à l’étranger avaient déjà suscité des interrogations en raison de leur durée et des rumeurs récurrentes sur son état de santé.

À chaque fois, les autorités camerounaises avaient affirmé qu’il s’agissait de déplacements privés, tout en assurant que les activités institutionnelles de la Présidence se poursuivaient normalement.

Aujourd’hui, alors que son absence dépasse les six semaines, le débat dépasse la seule question de son séjour en Europe. Il porte désormais sur les garanties constitutionnelles permettant d’assurer la continuité de l’État et sur l’opportunité d’adapter le cadre institutionnel camerounais aux situations d’absence prolongée du chef de l’État.

Par Marius Bopenga
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À la UneEconomie

Contrat Sino-Congolais : Le Directeur de cabinet du Chef de l’État lance l’évolution du partenariat

by admin9775 22 juillet 2026
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Sur instruction du Président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, le Directeur de cabinet du Chef de l’État, Anthony Nkinzo Kamole, a dirigé, ce mardi 21 juillet 2026, au Palais de la Nation, une réunion consacrée à l’évaluation du contrat sino-congolais, conformément à l’article 18 de la Convention de collaboration et à l’article 1er de l’avenant n° 5 signé en 2024.

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‎Cette rencontre stratégique, tenue autour du Directeur de cabinet du Président de la République, a réuni l’ensemble des parties prenantes au contrat sino-congolais, également appelé « infrastructures contre mines ». Elle a permis de définir la méthodologie de l’évaluation approfondie qui débutera le jeudi 23 juillet 2026 et se poursuivra jusqu’à la mi-août.

‎

‎Pour cette première réunion, le Directeur général de l’Agence de pilotage, de coordination et de suivi de la Convention de collaboration (APCSC), également coordonnateur du programme sino-congolais, le Président du Conseil d’administration et le Directeur général de la Gécamines, ainsi que les représentants de l’Agence congolaise des grands travaux (ACGT), de la Primature et des ministères des Finances, des Infrastructures et des Mines, ont tous pris part aux travaux.

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‎Revenant sur l’importance de cette réunion, le Directeur général de l’APCSC a indiqué que « le contrat sino-congolais est à l’origine de plusieurs infrastructures majeures, notamment la rocade de Kinshasa, la Route nationale n° 1 (RN1), la route Kalamba-Mbuji et plusieurs autres ouvrages ». Il a souligné qu’il est important de procéder à cet exercice au moins une fois par an afin de permettre aux parties prenantes d’identifier les difficultés rencontrées et d’y apporter des solutions.

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‎Selon lui, cette évaluation approfondie du contrat sino-congolais permettra d’apporter une réponse globale aux différents obstacles qui ralentissent l’exécution des travaux sur le terrain, notamment ceux liés à l’administration douanière.

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‎Présente à cette séance de travail, la partie chinoise s’est réjouie du lancement de cette évaluation. Selon elle, celle-ci permettra non seulement de présenter les contributions des différentes parties prenantes, les réponses apportées et les résultats de ce vaste projet au bénéfice de la République démocratique du Congo, mais aussi de mettre en lumière les difficultés rencontrées ainsi que les défis qui restent à relever.

Presidence.cd

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À la UneMonde

Ukraine : Zelensky limoge le commandant en chef de l’armée, Oleksandre Syrsky

by admin9775 22 juillet 2026
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Volodymyr Zelensky a annoncé mardi le départ du commandant en chef de l’armée ukrainienne, Oleksandre Syrsky, très critiqué et visé par des manifestations depuis plusieurs jours en Ukraine. Le président ukrainien a désigné Mykhaïlo Drapaty pour prendre sa succession.

Son départ était massivement réclamé par les Ukrainiens. Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a annoncé mardi 21 juillet le limogeage du commandant en chef de l’armée Oleksandre Syrsky, qu’il a remplacé par le populaire commandant des forces interarmées, Mykhaïlo Drapaty, sur fond de grogne après le départ du ministre de la Défense.

« J’ai décidé que le nouveau commandant en chef des Forces armées d’Ukraine serait Mykhaïlo Drapaty… Je remercie Oleksandre Syrsky et tous nos combattants pour les solides positions de première ligne de l’Ukraine », a déclaré Volodymyr Zelensky mardi soir dans un message sur Telegram.

Oleksandre Syrsky, 60 ans, occupait ce poste depuis 2024. Il a notamment dirigé la défense de Kiev au début de l’invasion russe en 2022.  Sa destitution intervient après plusieurs jours de manifestations en soutien au ministre de la Défense Mykhaïlo Fedorov, évincé le 14 juillet après seulement six mois en fonction. Celui-ci a accusé Oleksandre Syrsky de l’avoir poussé vers la sortie et d’avoir entravé sa tentative de réforme de l’armée. 

Mykhaïlo Fedorov, 35 ans, issu du monde de la tech et n’ayant jamais servi dans l’armée, militait pour un recours massif aux nouvelles technologies pour décupler le potentiel des drones et réorganiser en profondeur les forces armées.

« Un nouvel espoir » dans le combat contre la Russie

« Servir l’Ukraine a toujours été un honneur pour moi », a réagi sur Facebook le général Drapaty, ancien commandant de l’armée de terre, âgé de 43 ans.

Le limogeage du général Syrsky insuffle « une bouffée d’air frais » et « un nouvel espoir » dans le combat contre la Russie, a de son côté salué Mykhaïlo Fedorov.

Né en Russie et formé à Moscou, Oleksandre Syrsky n’est en effet jamais parvenu à se défaire de sa réputation de général à la mentalité soviétique: ses détracteurs lui reprochent de faire peu de cas des pertes humaines, lui valant le surnom de « boucher ».

Ce chamboulement à la tête de l’armée ukrainienne intervient alors que le nombre de civils tués ou blessés a augmenté de 37 % sur les six premiers mois de cette année, a alerté mardi le Haut-Commissariat aux droits de l’homme.

« Nous avons recensé 1 396 civils tués et 7 978 blessés » dans les deux pays, ce qui « représente une hausse de 37 % par rapport à la même période de l’année précédente, et près du double du niveau observé en 2024 », a déclaré devant la presse à Genève Danielle Bell, représentante de la Mission de surveillance des droits de l’homme des Nations unies en Ukraine.

Nombre toujours croissant de victimes civiles

Plus de quatre ans après le début de l’offensive russe à grande échelle contre l’Ukraine, les frappes des deux côtés du front montent en puissance et font un nombre toujours croissant de victimes civiles.

En Russie « au cours des six premiers mois de cette année, nous avons recensé, sur la base d’informations provenant de sources ouvertes de la Fédération de Russie que nous jugeons crédibles, 250 civils tués et 1 596 blessés. Cela représente une augmentation de 121 % » par rapport à la même période de l’année dernière, a ajouté Danielle Bell depuis Kiev.

Selon elle, « cette escalade est alimentée par deux facteurs principaux: d’une part les missiles balistiques et les drones à longue portée et, d’autre part, les drones et les bombes planantes à courte portée utilisés dans les zones de front ». Ainsi, les pertes civiles dans les deux pays « dues aux attaques menées par des drones à courte portée ont augmenté de 65 % », a-t-elle ajouté.

Incident en mer Noire

Par ailleurs, dans la nuit de lundi à mardi, une frappe contre un navire en mer Noire transportant du propane vers le port ukrainien de Reni a ainsi provoqué un important incendie à bord au large des côtes roumaines, blessant trois marins et contraignant l’équipage à évacuer. Deux navires de secours roumains sont intervenus pour évacuer les 17 membres d’équipage, dont trois « nécessitant une prise en charge médicale d’urgence », selon les services de secours.

Alors que les autorités s’efforcent encore de déterminer l’origine de la frappe, le président roumain Nicusor Dan a estimé que l’incident était « très probablement lié à la guerre d’agression illégale menée par la Fédération de Russie contre l’Ukraine ». Le navire transportait plus de 3 790 tonnes de propane depuis le port égyptien d’Alexandrie.

La mer Noire est régulièrement le théâtre de confrontations entre l’Ukraine et la Russie depuis le déclenchement de l’invasion russe à grande échelle en 2022.

Mardi également, l’Inde a convoqué le chargé d’affaires russe à New Delhi, Vladimir Ladanov, pour protester contre une attaque menée durant le week-end contre un cargo quittant le port ukrainien d’Odessa, sur la mer Noire, qui a coûté la vie à quatre ressortissants indiens.

Avec AFP

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À la UneProvince

Nord-Kivu : une accalmie précaire sur les lignes de front pendant que le mécanisme de vérification du cessez-le-feu se met en place

by admin9775 22 juillet 2026
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Après plusieurs semaines de combats particulièrement violents, une relative accalmie est observée depuis environ une semaine sur plusieurs lignes de front situées à la frontière entre les territoires de Walikale et Masisi, dans la province du Nord-Kivu. Si les affrontements ont momentanément cessé dans plusieurs secteurs, la situation demeure extrêmement fragile, les différentes forces poursuivant le renforcement de leurs positions en prévision d’une éventuelle reprise des hostilités.

Une trêve de fait sur plusieurs axes

Dans le groupement Kisimba, en territoire de Walikale, les derniers combats remontent au 7 juillet 2026 dans la localité de Mindjendje. Ce jour-là, les rebelles de l’AFC/M23 avaient tenté de reprendre cette agglomération, mais leur offensive avait été repoussée par les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC), appuyées par les combattants wazalendo. Depuis, aucun affrontement majeur n’a été signalé dans cette partie du secteur des Wanianga.

La même tendance est observée dans le groupement voisin de Bashali Mokoto, en territoire de Masisi. Les derniers combats y ont été enregistrés les 12 et 13 juillet dans les villages de Nkingwe et Malemo. À l’issue de ces affrontements, les FARDC et leurs alliés wazalendo se sont repliés de plusieurs positions, ouvrant une période de calme relatif.

Sur l’axe Kashebere-Kibati, dans le groupement Luberike, aucune confrontation importante n’a été rapportée ces derniers jours. Toutefois, plusieurs sources locales indiquent que les rebelles de l’AFC/M23 renforcent progressivement leurs positions en hommes, en munitions et en équipements militaires depuis le week-end dernier, alimentant les craintes d’une nouvelle offensive.

Une situation similaire prévaut sur la ligne séparant le groupement Waloa Yungu (Walikale) du secteur d’Osso Banyungu (Masisi), où les deux camps restent solidement retranchés sur leurs positions respectives, chacun surveillant les mouvements de l’adversaire.

Sur l’axe Katoy, les FARDC et les wazalendo conservent le contrôle de la localité depuis la reprise de Katoy Centre, il y a près de deux semaines. Selon plusieurs sources locales, les lignes militaires sont demeurées pratiquement inchangées depuis cette avancée.

Une accalmie qui pourrait masquer une phase de réorganisation

Pour plusieurs analystes indépendants, cette diminution des combats ne traduit pas nécessairement une amélioration durable de la situation sécuritaire.

Ils estiment que cette période de calme relatif pourrait permettre aux différents protagonistes de réorganiser leurs unités, de renforcer leurs capacités logistiques et de préparer de nouvelles opérations militaires.

Les mouvements de troupes signalés sur plusieurs axes, ainsi que les informations faisant état d’un renforcement des positions de l’AFC/M23, illustrent la fragilité de cette accalmie.

Pendant ce temps, les populations civiles continuent de vivre dans une grande incertitude, redoutant une reprise soudaine des affrontements après plusieurs mois de déplacements, de destructions et de crise humanitaire.

Le mécanisme conjoint de vérification du cessez-le-feu entre dans sa phase opérationnelle

Cette relative accalmie intervient alors que les partenaires internationaux engagés dans les efforts diplomatiques pour mettre fin au conflit souhaitent accélérer le déploiement du Mécanisme conjoint élargi de vérification du cessez-le-feu (EJVM+).

Kinshasa a récemment désigné trois officiers des FARDC pour intégrer cette structure, qui comprend également des représentants de l’AFC/M23, de la MONUSCO et de la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs (CIRGL).

Créé dans le cadre du processus de paix de Doha, sous la médiation de l’État du Qatar, ce mécanisme est chargé de surveiller l’application du cessez-le-feu, d’enquêter sur les violations signalées et d’en assurer le suivi. L’Union africaine, le Qatar et les États-Unis y participent en qualité d’observateurs.

Formalisé lors des pourparlers de Montreux, en Suisse, en avril dernier, l’EJVM+ constitue aujourd’hui l’un des principaux instruments prévus pour tenter de stabiliser durablement les lignes de front entre les parties.

Patrick Muyaya : « Le dialogue national ne suspend pas le processus de Doha »

L’annonce, par le président Félix Tshisekedi, de la tenue prochaine d’un dialogue national inclusif avait suscité des interrogations sur l’avenir du processus de Doha.

Le porte-parole du gouvernement, Patrick Muyaya, a tenu à lever toute ambiguïté lors d’un briefing de presse organisé le 17 juillet.

« Ce n’est pas suspensif », a-t-il déclaré, soulignant que le dialogue national et les négociations de Doha poursuivent des objectifs complémentaires.

Le ministre a également confirmé le début des opérations préparatoires du mécanisme de vérification.

« Certains de nos officiers se trouvent à Goma dans le cadre de cette mission pour la mise en place du mécanisme de vérification du cessez-le-feu », a-t-il précisé.

Selon le gouvernement, des avancées sont également enregistrées concernant le mécanisme d’échange de prisonniers entre Kinshasa et la rébellion de l’AFC/M23.

La MONUSCO autorisée au Nord-Kivu, mais pas encore au Sud-Kivu

Le déploiement de l’EJVM+ bénéficie de l’appui logistique et technique de la MONUSCO, conformément à la résolution 2808 (2025) du Conseil de sécurité des Nations unies, qui prolonge le mandat de la Mission jusqu’au 20 décembre 2026.

Cette résolution autorise notamment la MONUSCO à soutenir la mise en œuvre du cessez-le-feu permanent ainsi que les activités du mécanisme conjoint de vérification.

Toutefois, son mandat opérationnel demeure principalement limité au Nord-Kivu et à l’Ituri, après son retrait du Sud-Kivu en 2024.

Cette situation soulève une difficulté majeure, puisque les combats opposant les FARDC, leurs alliés wazalendo et les rebelles de l’AFC/M23 se poursuivent également dans plusieurs territoires du Sud-Kivu.

Pékin et Moscou rappellent les limites du mandat de la MONUSCO

Lors de la réunion du Conseil de sécurité consacrée à la RDC le 26 juin 2026, plusieurs membres permanents ont rappelé que tout déploiement de la MONUSCO au Sud-Kivu nécessiterait une nouvelle autorisation du Conseil.

Au nom de la Chine, l’ambassadeur Fu Cong a insisté sur le strict respect du mandat actuel.

« Conformément à son mandat, la MONUSCO devrait utiliser ses capacités existantes pour fournir un appui logistique et technique au mécanisme conjoint. S’agissant du Sud-Kivu, une approbation préalable du Conseil de sécurité est indispensable », a-t-il déclaré.

Une position partagée par la Russie.

La représentante russe, Anna Evstigneeva, a rappelé que toute extension du rôle de la Mission devait être approuvée par le Conseil de sécurité.

« Toute modification importante de sa participation à la surveillance du cessez-le-feu, notamment un éventuel déploiement au Sud-Kivu, doit être examinée par le Conseil de sécurité », a-t-elle affirmé.

Elle a également mis en garde contre toute interprétation qu’elle juge « arbitraire » de la résolution 2808, estimant qu’une décision formelle du Conseil demeure indispensable.

Une question toujours en suspens

Alors que le mécanisme conjoint élargi de vérification du cessez-le-feu est désormais pratiquement opérationnel, une interrogation demeure : pourra-t-il exercer pleinement sa mission au Sud-Kivu sans une nouvelle décision du Conseil de sécurité des Nations unies ?

Cette question apparaît aujourd’hui comme l’un des principaux enjeux diplomatiques des prochaines semaines.

Pour de nombreux observateurs, une clarification rapide du Conseil de sécurité serait indispensable afin de permettre une surveillance effective du cessez-le-feu sur l’ensemble des zones concernées par les affrontements.

Cette perspective revêt une importance particulière alors que la République démocratique du Congo assure, durant ce mois de juillet, la présidence tournante du Conseil de sécurité des Nations unies et que les parties continuent de s’accuser mutuellement de violations du cessez-le-feu malgré les efforts de médiation engagés à Doha et à Washington.

Par Pascal Kabeya
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