Au lendemain de la marche organisée mardi 15 septembre à Kinshasa par la Coalition C64, l’ancien ministre des Finances Nicolas Kazadi a livré une lecture critique de la mobilisation de l’opposition et de la situation politique en République démocratique du Congo.
Pour lui, la faible mobilisation observée lors de cette manifestation remet en question l’idée d’une crise politique intérieure majeure dans le pays.
« La faible mobilisation de l’opposition à la marche de ce jour remet les choses à leur juste place : la RDC ne fait pas face à une crise politique intérieure majeure que certains voudraient artificiellement mettre en scène », a déclaré Nicolas Kazadi.
Une lecture différente de la situation politique
La C64 avait organisé cette mobilisation pour dénoncer notamment le projet de changement constitutionnel et faire entendre ses revendications auprès des institutions nationales.
Pour Nicolas Kazadi, toutefois, les tensions politiques observées à Kinshasa ne doivent pas occulter ce qu’il considère comme le principal défi auquel le pays est confronté.
L’ancien ministre estime que la situation sécuritaire dans l’est de la RDC constitue aujourd’hui l’enjeu majeur et que les efforts nationaux devraient prioritairement être concentrés sur la résolution de ce conflit.
« Le vrai problème est ailleurs »
Nicolas Kazadi affirme que la RDC fait face à une guerre venue d’un État voisin, avec, selon lui, l’appui de relais et de groupes locaux.
« Le vrai problème est ailleurs : notre pays subit une guerre venue d’un État voisin, menée avec l’appui de relais et de proxies locaux », soutient-il.
Cette position l’amène à relativiser la portée des affrontements politiques dans la capitale, estimant que l’agitation politique à Kinshasa ne permettra pas, à elle seule, de résoudre la crise sécuritaire dans l’Est.
Les accords de Washington comme voie de sortie
Pour Nicolas Kazadi, la réponse doit passer par la cessation effective des hostilités et par la mise en œuvre des engagements diplomatiques conclus entre les différentes parties.
Il appelle notamment à l’application « intégrale, sincère et de bonne foi » des accords signés à Washington le 4 décembre.
À travers cette réaction, l’ancien ministre oppose ainsi deux lectures de la situation nationale : celle d’une opposition qui place la question constitutionnelle et la défense de la démocratie au cœur de sa mobilisation, et la sienne, qui considère que la priorité doit rester la résolution de la guerre dans l’Est et l’application effective des accords de paix.
Par Marius Bopenga
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