Emmanuel Ramazani Shadary, secrétaire permanent du Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie (PPRD) de l’ancien président Joseph Kabila, a été arrêté à son domicile aux alentours de 3 heures du matin ce dimanche par un groupe d’hommes armés, dont certains en civil, selon des sources familiales citées par ACTUALITE.CD. Son lieu de détention reste pour l’instant inconnu.
Cette interpellation survient dans un contexte politique extrêmement tendu, moins de trois mois après la condamnation à mort par contumace de Joseph Kabila par la Haute Cour militaire, le 30 septembre 2025. Emmanuel Ramazani Shadary s’était fait remarquer par ses critiques virulentes à l’encontre de ce procès et de la gestion politique du pays par le pouvoir en place.
Des critiques récentes et une position risquée
Dans une interview accordée à Actualité.cd après le verdict, le secrétaire permanent du PPRD avait qualifié le procès de Kabila d’« inopportun » et estimé qu’il risquait de « diviser davantage les Congolais ». Il accusait le président Félix Tshisekedi de vouloir « distraire la population » des « sérieux problèmes » du pays, citant la sécurité, la guerre à l’Est et la crise politique.
Il avait également critiqué les accords de Washington et de Doha, les présentant comme des « revers diplomatiques », et questionné l’utilité d’un procès au détriment, selon lui, de la cohésion nationale.
Une pression judiciaire antérieure
Emmanuel Ramazani Shadary n’en était pas à sa première confrontation avec les autorités. En mars 2025, lui et Aubin Minaku, vice-président du PPRD, avaient été interdits de quitter le territoire national après une convocation de l’auditorat militaire supérieur. Le ministre de la Justice, Constant Mutamba, avait alors évoqué des auditions de hauts cadres du PPRD soupçonnés de « complicité avec la rébellion de l’AFC/M23 ».
Le dirigeant du PPRD avait également été convoqué au ministère de l’Intérieur pour s’expliquer sur une communication du parti faite après une sortie médiatique de Joseph Kabila en Namibie.
Une arrestation qui risque d’enflammer le climat politique
Cette arrestation, menée de manière spectaculaire en pleine nuit, risque de cristalliser encore davantage les tensions entre la majorité présidentielle et l’opposition kabiliste. Elle intervient à un moment où la RDC fait face à une crise sécuritaire majeure avec l’avancée du M23 et à une crise politique latente, alimentant les craintes d’une instrumentalisation judiciaire et d’une répression des voix dissidentes.
Les prochaines heures, avec la communication – ou l’absence de communication – officielle sur les motifs de cette arrestation, seront déterminantes pour mesurer son impact sur la stabilité politique déjà fragile du pays.
Par Pascal Kabeya
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