Dans le cadre prestigieux du 56e Forum Économique Mondial à Davos, le Président de la République Démocratique du Congo, Félix Tshisekedi, a prononcé un discours remarqué ce mercredi, positionnant fermement son pays comme un acteur indispensable et un « pays-solutions » pour les défis globaux que sont la transition énergétique et la lutte contre le changement climatique.
Devant un parterre de dirigeants mondiaux, de PDG et d’investisseurs lors de la session « Partenariat stratégique sur les minerais et investissements », le chef de l’État congolais a articulé une vision audacieuse et exigeante pour l’avenir de l’industrie des minerais critiques, essentiels à la fabrication des batteries et technologies vertes.
De la dépendance au partenariat stratégique
Le Président Tshisekedi a d’emblée fixé le ton, rejetant le rôle traditionnel de simple fournisseur de matières premières. « Le moment est venu de substituer la dépendance par le partenariat », a-t-il affirmé, appelant à une refonte des relations économiques internationales autour de trois engagements clés :
- La sécurité par la diversification : Il a plaidé pour des investissements massifs dans l’exploration de nouveaux gisements en RDC pour renforcer la robustesse et la pluralité des chaînes d’approvisionnement mondiales.
- La prospérité par la transformation locale : Insistant sur la fin de l’ère de « l’extraction pure », il a lancé un appel ferme à la « délocalisation des segments de valeur » – comme le raffinage et la fabrication de composants – au cœur des zones de production africaines. « En transformant nos ressources sur notre sol, nous passons d’une économie d’extraction à une économie d’industrialisation durable », a-t-il déclaré.
- L’innovation financière et industrielle : Le Président a souligné la nécessité de mécanismes financiers innovants pour attirer des capitaux à long terme vers des projets intégrateurs et des corridors de développement industriel en RDC.
Davos, vitrine d’une souveraineté économique revendiquée
Cette participation à Davos, placée sous le thème « Un esprit de dialogue », est stratégique pour la RDC. Elle lui permet de capitaliser sur son statut de membre non permanent du Conseil de Sécurité de l’ONU pour promouvoir le multilatéralisme, tout en présentant des atouts concrets comme l’initiative « Couloir vert Kivu-Kinshasa » pour le climat et son immense potentiel en hydroélectricité et minerais.
Le discours du Président Tshisekedi intervient dans un contexte où la RDC cherche à consolider et à équilibrer ses partenariats internationaux. Il a fait référence à l’accord de partenariat stratégique signé avec les États-Unis, visant à accélérer l’industrialisation et à sécuriser les chaînes d’approvisionnement. Cependant, il a implicitement répondu aux critiques internes – comme celles de l’archevêque de Lubumbashi, Fulgence Muteba Mugalu, qui dénonce un « bradage » – en insistant sur des partenariats « mutuellement bénéfiques, respectueux de la souveraineté des États et porteurs de prospérité partagée ».
Un appel à bâtir avec l’Afrique
Le message final a été un appel clair à l’action et à la confiance : « L’Afrique n’attend plus seulement d’être entendue, elle est prête à bâtir. La RDC est ouverte à ceux qui voient loin et acceptent de prendre des risques avec elle. »
Par cette intervention, le Président Tshisekedi a dépassé le cadre traditionnel de la sollicitation d’investissements. Il a présenté une feuille de route exigeante pour une coopération économique réinventée, où la RDC entend être un partenaire stratégique et non un simple réservoir de ressources, affirmant ainsi sa volonté de jouer un rôle central et souverain dans la transition énergétique mondiale.
Par Marius Bopenga
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