Washington est secoué par une onde de choc politique trois jours après la mort d’Alex Pretti à Minneapolis, tué par des agents de la police aux frontières (ICE). Les républicains demandent des comptes, les démocrates menacent de bloquer le budget des agences de maintien de l’ordre. Et pourquoi pas, même si c’est voué à l’échec, lancer une procédure de destitution contre Kristi Noem, la ministre chargée de la Sécurité intérieure.
Le camp républicain s’inquiète et réclame des explications. Au moins une demi-douzaine de sénateurs républicains demandent une enquête approfondie, une convocation des responsables d’ICE, de la police aux frontières. Une demi-douzaine, cela n’a l’air de rien, mais c’est déjà beaucoup plus d’agitation que d’habitude au sein du parti de Donald Trump. On avait par exemple presque rien entendu au moment de l’enlèvement de Nicolas Maduro, quelques commentaires feutrés sur le Groenland.
Cette fois, c’est plus compliqué, parce que ce sont aussi les élections de mi-mandat qui sont en train de se jouer. Et comme le disent plusieurs analystes politiques, ces images vont peser contre les candidats républicains, en particulier dans le Minnesota. Il y a déjà une défection majeure. Un avocat républicain qui s’était lancé dans la course au poste de gouverneur abandonne, ne se sent plus en phase avec la politique sécuritaire de son parti.
Dans les sondages, même dans l’électorat qui approuve la politique migratoire de la Maison Blanche, 60 % des sondés estiment que les agissements des agents fédéraux vont beaucoup trop loin.
Les démocrates mobilisés pour bloquer une partie du budget au Congrès
Les démocrates lancent donc une offensive sur le budget au Congrès. C’est leur seule arme et ils sont en train de se mobiliser pour bloquer une partie des fonds dévolus à la sécurité intérieure. Ils s’apprêtaient à voter ce budget et puis il y a eu la mort d’Alex Pretti.
L’admnistration Trump est en mauvaise posture et les démocrates estiment qu’ils ont l’opinion avec eux. Ce qu’ils réclament : des mandats obligatoires de la justice pour réaliser des descentes anti-immigration, la fin du port du masque pour les agents fédéraux et la coopération obligatoire entre le ministère de la Sécurité intérieure et les autorités locales lorsque des drames comme celui de Minneapolis se produisent. En clair, les démocrates demandent qu’en cas d’incident ou de bavure, la police locale puisse avoir accès aux éléments de l’enquête.
On est parti pour un bras de fer jusqu’à vendredi soir, la date limite. Et s’il n’y a pas de consensus, on se dirige vers un shutdown partiel puisqu’une partie des agences fédérales ne sont pas financées. Mais attention, si on parle d’ICE par exemple, le budget de base de cette agence a été gonflé dans le cadre de la loi fiscale qui est passée l’an dernier avec 75 milliards de dollars. Donc, ICE pourrait aller chercher dans ce trésor de guerre pour continuer de fonctionner.
RFI






